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Jean-Yves Le Gallou : « Anne-Sophie Lapix, qui va remplacer David Pujadas au 20 h. de France 2, est à la charnière du pouvoir médiatique et du pouvoir financier ».

21 Mai

Bronca des journalistes contre Emmanuel Macron  remplacement de David Pujadas par Anne-Sophie Lapix… Jean-Yves Le Gallou revient sur les tempêtes qui ont agité le paysage médiatique cette semaine.

Voilà deux jours que les journalistes et les sociétés de journalistes s’énervent contre le nouveau président élu parce qu’il a dit vouloir choisir les journalistes qui l’accompagneraient dans ses voyages selon leur spécialité notamment.
Est-ce que comme certains vous y voyez une menace pour la liberté d’informer ou la démocratie ?

Non, aucunement.
Je ne suis pas macroniste, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais j’ai aussi publié il y a quelques années un ouvrage qui s’intitule La tyrannie médiatique dans lequel je dénonce, entre autres choses, la domination que les médias exercent sur d’autres pouvoirs comme le pouvoir économique, le pouvoir religieux, voire politique.
En l’occurrence, la démarche de Macron consiste à refuser en tant que président de la République d’être placé un petit peu sous la domination des médias.
Ça ne me choque pas!
Alors évidemment, tout cela est assez ambigu parce que Macron n’a été élu que parce qu’il a eu le puissant soutien des médias, et en particulier des propriétaires de médias.
Je crois qu’il faut noter qu’il y a ici une petite nuance à apporter. Les propriétaires de médias, que ce soit Drahi, Niel, Pigasse, Arnault et beaucoup d’autres sont ouvertement macronistes. Par contre, les journalistes étaient macronistes dans la mesure où Macron leur paraissait le meilleur candidat contre  Marine Le Pen  Mais au fond d’eux-mêmes, beaucoup étaient peut-être un peu plus à gauche, un peu plus pour Hamon, un peu plus pour Mélenchon.
Alors là, la contradiction apparaît entre les journalistes de base et les propriétaires de journaux, et le président de la République lui-même.

Il a une autre actualité médiatique, le départ un peu forcé apparemment de David Pujadas du 20h de France 2. Certains ont évoqué d’un timing un peu malheureux laissant croire que le pouvoir avait influencé cette décision. Mais le SNJ a déclaré, quant à lui, qu’il y avait notamment beaucoup de journalistes qui étaient contre David Pujadas au sein de la rédaction, et a parlé de deux « dérapages » ou deux « dérives » journalistiques, et notamment le reportage qui avait été fait dans le journal de 20h sur les cafés de Sevran (93270)  dans lesquels les femmes ne pouvaient pas se rendre.
Qu’est-ce que vous pensez de la déclaration du SNJ, notamment sur ce qu’ils appellent une « dérive » journalistique ?

Je pense que le SNJ est toujours dans un rôle de commissaire politique.
De même qu’à l’époque de l’Union soviétique, ceux qui garantissaient le conformisme dans les médias, ce n’était pas directement le pouvoir politique, mais les syndicats de journalistes.
Et bien le syndicat national des journalistes est toujours dans cette ligne-là. Il traque ce qui lui paraît aux limites du politiquement correct. Et donc ce reportage qui n’a pas vraiment été démenti depuis d’ailleurs, qui montrait que les femmes n’étaient pas toujours bienvenues dans certains cafés de Sevran, c’était politiquement incorrect. Donc le syndicat national des journalistes est monté en ligne contre ce reportage.
Il est en quelque sorte dans son rôle de commissaire politique.
Ceci étant, c’est quand même tout à fait excessif d’accuser Pujadas de ne pas être politiquement correct parce qu’il est évidemment très politiquement correct. Même s’il a pu, à tel ou tel moment, laisser passer des choses qui l’étaient un peu moins. C’est l’exception qui confirme la règle.

On a appris par ailleurs que Pujadas serait remplacé par Anne-Sophie Lapix. Faut-il, selon vous, y voir la raison de l’éviction de David Pujadas ?

Vous savez, quand on remplace un ministre, qu’on remplace un préfet ou qu’on remplace un présentateur de télévision, c’est un peu la même chose.
C’est moins par le souci de faire partir quelqu’un que par le souci de faire arriver quelqu’un d’autre.
Je crois qu’il y a avait le souci de faire arriver Anne-Sophie Lapix.
La raison est que c’est une femme qui est à la charnière du pouvoir médiatique, du pouvoir financier et du pouvoir publicitaire.
Elle réunit, dans son salon peut-on dire, ou à diner, chaque semaine, avec son mari Arthur Sadoun, patron de Publicis, les grands du CAC 40, les grands du politiquement correct. Au fond, ces gens-là ont fait un petit « pou-putsch » sur France 2, en disant: «  ce sera Anne-Sophie Lapix qui est le mieux à même de nous remplacer ».
C’est d’ailleurs une journaliste qui a un certain talent, en même temps que de grandes qualités de politiquement correcte.
Elle a à son crédit d’avoir défini, il y a plus de cinq ans maintenant, début 2012, la bonne stratégie d’attaque contre le Front National en insistant sur les failles ou les difficultés de son programme économique.
Au fond, elle a fait un bon boulot pour le politiquement correct. Il est assez normal qu’elle soit récompensée.

Pour défendre la liberté d’expression, ( 😊 ) et moi…qui trouvais que Pujadas s’était amélioré en ne hurlant plus avec les hyènes…habituelles aux quelles nous nous sommes habitués. G.

 

Lettre ouverte à l’éditorialiste politique de France Inter et autres lieux.

28 Mar

A Monsieur Thomas Legrand, éditorialiste politique de France Inter et autres lieux.

Monsieur,

Votre éditorial de ce jour, dans le cadre du 7/9 de Patrick Cohen, se voulait  en quelque sorte dédié au président de la République qui doit s’adresser ce soir aux Français, alors que les douleurs de la France mais aussi l’incapacité de l’oligarchie au pouvoir à y remédier atteignent des sommets. Vous vous attardez notamment sur ce que vous appelez pudiquement la « nervosité de la société » (avouez cependant qu’elle pourrait l’être à moins !). Et, pour ce faire vous nous dites ceci:

 » L’un des révélateurs de l’état psychologique d’une nation c’est son débat public. Et ce débat est, en ce moment, particulièrement agressif et acrimonieux. Un état de crise de nerfs. »

Permettez-nous, avant tout, de rappeler la définition usuelle d’une crise de nerf :  » Expression populaire pour désigner des manifestations paroxystiques à caractères neuro-psychiatriques et comportant plus particulièrement des manifestations psychomotrices, et des troubles de la conscience et du comportement « . Pensez-vous raisonnablement que l’expression que vous employez soit particulièrement adaptée au drame à la fois culturel, politique, économique et social que vivent nos compatriotes et soit un reflet exact de ce que vous appelez  » l’état psychologique d’une nation  » ?

Alors vous avez décidé de nous offrir quelques  exemples (parmi beaucoup d’autres sans doute) de cet état de crise de nerf. Nous vous citons encore:

«  La violence des réactions des amis de Nicolas Sarkozy après sa mise en examen, les invectives de Jean-Luc Mélenchon contre les membres du gouvernement sont inédites. Ceux qui hurlent disent qu’ils relaient un ras-le-bol ! Tout est outré à l’image d’un Wauquiez par exemple, qui peut dire « on a tiré sur nos enfants » à la fin de la manif pour tous, les catholiques se disent méprisés pendant le débat sur le mariage homosexuel… Les homosexuels voient une partie de la population descendre dans la rue contre l’extension d’un droit ! Les musulmans dénoncent une « islamophobie » ambiante. La mécanisme qui devait nous faire passer d’une « société du conflit » à une société du « compromis social », pour l’instant, ne marche pas. L’exemple de l’accord national interprofessionnel est frappant. C’est un accord entre syndicats et patronat. C’est donc, normalement le résultat de négociation, d’une entente. Eh bien, ça ne passe pas ! Il est considéré par une bonne partie de la gauche comme une capitulation, une violence de plus. »

On pourrait effectivement en ajouter bien d’autres et de plus avisés, c’est à dire plus proches de la vie et des préoccupations des Français aujourd’hui. Mais vous allez encore plus loin dans la métaphore :

«  Le terme de « dépression collective », formulé en 2010 par Jean-Paul Delevoye, le président du Conseil économique et social, est plus vrai que jamais. La France est comme un chômeur déprimé. Un chômeur déprimé a plus besoin d’un emploi que d’un psychiatre. Mais un psy peut l’aider à retrouver la sérénité qui convient pour avoir plus de chances de retrouver un emploi. Pour un peuple, c’est pareil… mais le Président n’est ni un employeur ni un thérapeute ! Le problème de notre organisation politique – la Vème République- c’est que depuis 1962, le président se fait élire en faisant croire qu’il est les deux… Et tous les sept ans, et maintenant tous les cinq ans… nous ne demandons qu’à le croire !  » (ndcer: le surlignage est de notre fait)

Alors, là, nous crions de joie et nous disons : BRAVO ! 

Pourquoi ?

D’abord, parce qu’en proposant, de manière inédite, une psychothérapie à nos compatriotes confrontés à la perte d’emploi, à une pression fiscale confiscatoire, à la violence ordinaire (que bien sûr vous ne rencontrez jamais dans les beaux quartiers de la capitale), aux turpitudes politico-financières généralisées, à l’acculturation rendue obligatoire et, finalement, à la désespérance relève non plus de l’audace mais du triomphe intellectuel !

Ensuite, parce qu’en mettant enfin le doigt sur l’absurdité institutionnelle qui consiste à élire tous les cinq ans le président de la République et à rendre incontournable l’adage selon lequel « Les promesses n’engagent que ceux qui les entendent« , vous touchez presque au but !

Alors, Monsieur, encore un effort. Un tout petit effort et vous découvrirez que la solution, la seule solution, pour en finir avec  » l’état de crise de nerfs  » que vous pointez du doigt…c’est tout simplement de mettre un terme à l’expérience désastreuse de la République en France et de demander, avec nous, le retour du Roi légitime. Car, comme vous ne pouvez plus l’ignorer, «  le changement, c’est maintenant ! « 

De grâce, ne vous étouffez pas…Entendez plutôt ceci que publiait, il y a quatre jours seulement, l’un des nôtres, le professeur Olivier Tournafond :

 » Opposer la monarchie à la démocratie n’a guère de sens pour les monarchistes. Les monarchistes ne sont pas hostiles à la démocratie dès lors qu’elle ne prétend pas devenir une sorte de religion de substitution, chassant la religion véritable, celle qui est fondée non pas sur l’adoration du nombre, de la quantité et de l’argent, mais sur la transcendance et la valeur et aussiMonarchie évidemment l’amour puisque là réside l’essence même de Dieu.

D‘une manière générale, contrairement à la pensée révolutionnaire et républicaine qui fonctionne sur le modèle de la « logique formelle » sources d’oppositions et d’exclusions (gauche ou droite, Roi ou Peuple, progressiste ou réactionnaire, capitaliste ou anticapitaliste, etc…), la pensée royaliste fonctionne à l’inverse sur le modèle de la « logique paradoxale », celle qui accepte d’associer des éléments contraires.

Ainsi, pour nous, les droits du peuple ne sont pas antinomiques des pouvoirs du Souverain, de même que l’inégalité n’est pas incompatible avec la solidarité collective. De même nous considérons que l’autorité et les règles de droit ne sont nullement incompatibles avec les libertés. Que bien au contraire, elles protègent et encadrent la liberté des hommes.

En deux mots, le royalisme est beaucoup plus qu’une simple doctrine politique, c’est une approche philosophique différente de celle qui domine actuellement notre civilisation matérialiste. Les royalistes sont des « antimodernes », ce qui ne signifie pas qu’ils rejettent l’idée de progrès, mais qu’ils considèrent que l’Occident matérialiste s’est engagé il y a deux cents ans dans une fausse voie.

Cette voie pouvait paraître séduisante de prime abord, car elle flattait les tendances naturelles de l’homme (soif de richesses, de pouvoir, de liberté… espérance dans un progrès facile et illimité… jalousie et ressentiment des foules aussi…), mais le recul de l’histoire montre qu’elle reposait sur une erreur intellectuelle fondamentale qui est la facilité, le dogmatisme et le refus du réel.

Aujourd’hui ce modèle est à bout de souffle. Il est en ruine même. Voyez la Grèce, Chypre, le Portugal, l’Italie, l’Espagne…et la France bientôt !

Et l’effondrement menaçant de cette gigantesque escroquerie intellectuelle, qui porte le nom de « démocratie parlementaire », risque fort de faire des dégâts. C’est à juste titre qu’Arnaud Colbert, économiste et lointain descendant du ministre du Roi, déclarait il y a quelques années : « Attendons- nous au pire. Et le pire n’est jamais décevant ! ».

Au fond, l’alternative est aujourd’hui simple pour nos compatriotes :

Soit ils cessent de se battre pour se laisser mollement aller aux forces fatales et mortifères qui rongent notre civilisation, et pour devenir à terme les esclaves économiques des nouvelles puissances comme la Chine, car la nature n’aime pas les faibles…

Soit ils se redressent pour créer un nouveau modèle de civilisation en puisant dans leurs traditions et leur patrimoine collectif. Et pour permettre l’éclosion d’une nouvelle Renaissance. N’oublions pas que la Renaissance a d’abord été la résurrection du pouvoir politique et de la souveraineté. »

Et répétez-vous chaque matin, comme nous le faisons : « Ceux qui se battent peuvent perdre mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu « .

Le 28 mars 2013.

Conseil dans l’Espérance du Roi.

La majesté (affichée) du pouvoir républicain. Le délit d’offense au Président de la République !

19 Mar

Lu sur le blogue de M. Jean-Luc Mélanchon, co-président du Parti de Gauche :

(Communiqué du 14 mars 2013.)

 » Abrogez le délit d’offense au Président de la République !

Après 4 ans de bataille acharnée de notre camarade Hervé Eon dans les tribunaux et du Parti de Gauche au Parlement contre le délit d’offense au chef de l’Etat, la Cour européenne des droits de l’homme vient de confirmer que ce délit porte atteinte à la liberté d’expression.

Auteur dès novembre 2008 au Sénat d’une proposition de loi visant à abroger cette survivance absurde du crime de lèse majesté (proposition également déposée en mai 2010 par Martine Billard à l’Assemblée nationale), je demande au gouvernement d’inscrire cette proposition de loi du Parti de Gauche à l’ordre du jour du Parlement. La loi doit faire disparaître au plus vite cette atteinte aux libertés publiques.

Alors que ce jugement de la Cour européenne était parfaitement prévisible comme je l’indiquais dans ma proposition de loi dés 2008, je déplore que l’obstination du précédent gouvernement et l’inertie de l’actuel aient nécessité une condamnation de la France pour faire respecter la liberté d’expression. »

Voilà pourquoi nous sommes royalistes : c’est pour éviter que les hommes politiques se prennent pour des rois !

Le 19 mars 2013.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (1er mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

1 Mar

*  Faut-il s’indigner ?

Disons-le sans ambages, la démarche qui s’esquisse à l’égard des plus pauvres d’entre nous non seulement nous indigne (car pourquoi eux et pas l’ensemble des consommateurs) mais aussi nous inquiète (compte tenu des incertitudes qui règnent encore).

Les plats cuisinés qui ont été retirés de la vente en raison de la fraude sur la viande de cheval pourront être redistribués aux associations caritatives, qui seront informées de leur contenu, a indiqué jeudi le ministre de la Consommation, Benoît Hamon. Interrogé sur RMC, Benoît Hamon a précisé qu’il existait «une disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage». Mais c’est là jouer sur les mots car il s’agit de bien plus que d’un défaut d’étiquetage. Ces plats contiennent en effet de la viande de cheval à la place de viande de boeuf, ce qui n’est pas en soi un obstacle à la consommation. Malheureusement nul ne sait aujourd’hui d’où viennent les chevaux utilisés ni s’ils étaient propres à la consommation (maladies, administration de médicaments, etc.). Les découvertes très récentes de viandes avariées chez certains fournisseurs de ces plats posent d’ailleurs question sur ce plan. Les distribuer avant d’être formellement rassurés sur leur qualité sanitaire n’est pas acceptable, même pour des raisons économiques.

«Ensuite, c’est aux associations de décider si oui ou non elles acceptent ces dons», a poursuivi le ministre. Mais «ceux qui bénéficieront de ces produits alimentaires ont droit à la réalité sur ce qu’ils mangent», a insisté le ministre. Il a reconnu qu’un tel don pouvait être coûteux pour ces associations, notamment dans le cas des produits surgelés qui nécessitent un transport frigorifique. «On peut aussi comprendre que les associations refusent», a-t-il admis. Bref, lançons un ballon d’essai, ça ne mange pas de pain, si l’on ose dire…

La semaine dernière, plusieurs associations avaient indiqué qu’elles seraient intéressées par ces produits à la condition que les garanties sanitaires soient réunies. «On reste sur la même position» ont confirmé jeudi les Restos du Cœur. «On ne ferme pas la porte, mais on attend des assurances», selon une porte-parole. «C’est aux professionnels de veiller à ce que le produit soit conforme à la règlementation sanitaire», a déclaré jeudi une porte-parole de la Direction générale de la concurrence, la consommation et de la répression des fraudes.

Mardi, la ministre de la lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti rencontrera les associations en charge de l’aide alimentaire (Croix Rouge, Secours Populaire, Banques alimentaires et Restos du Cœur) «pour discuter de l’opportunité de récupérer ces produits». «Si un consensus est trouvé, il serait inutile d’ajouter le gaspillage à la fraude», précise la ministre dans un communiqué.

«L’ensemble des produits retirés des rayons ont été conservés et non détruits. Ils ont été stockés dans des chambres froides (…), respectant toutes les conditions sanitaires nécessaires», a assuré la Fédération du Commerce et de la distribution . «On est actuellement en discussions avec les associations caritatives et les administrations pour voir dans quelle mesure ces produits peuvent être donnés», a déclaré une porte-parole.

Ne nous donnons pas rendez-vous au prochain scandale sanitaire !

*  Une loi d’amnistie qui « interpelle » :

Le Sénat a adopté une proposition de loi communiste d’amnistie sur les délits commis dans le cadre de mouvements sociaux depuis 2007. Le PS en a limité la portée mais, comme on pouvait s’y attendre, le Medef dénonce « un appel au cassage » et la droite un geste « clientéliste ».

Une semaine après l’abrogation du jour de carence sur les arrêts maladie des fonctionnaires, l’adoption au Sénat, hier soir, de la proposition de loi communiste d’amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvement sociaux, relance les critiques sur les arbitrages d’un gouvernement soucieux d’apaiser les tensions croissantes avec les syndicats.

Lors des débats, le sénateur UMP Pierre Charon, ex proche conseiller de Nicolas Sarkozy, a donné le ton en accusant la gauche d’ « excuser ce qui ne doit pas l’être pour des raisons idéologiques et clientélistes. » Les sénateurs centristes se sont aussi opposés en vain à une « proposition inopportune, dangereuse » qui donne « un signal de mauvaise augure à tous les manifestants professionnels »« La violence devient excusable ? Silence assourdissant et irresponsable de François Hollande », a ajouté Valérie Pécresse (UMP) dans un tweet, ce matin !

Le patronat est aussi monté au front. Très prompte à donner de la voix à l’approche des élections au Medef, Laurence Parisot s’est insurgée dès hier soir, sur BFM TV, contre « un signal en faveur de l’antagonisme, du conflit, un appel au cassage » alors que « c’est exactement le contraire dont nous avons besoin.» « La violence ou la dégradation de l’outil de travail ne sont pour finir, au regard de ce texte, pas si graves que cela et ne méritent plus en France en 2013 de sanctions ! Clémence pour les syndicalistes ! », a abondé ce matin la CGPME, évoquant une justice à deux vitesses et réclamant, « si ce texte scandaleux doit être maintenu, son élargissement aux dirigeants d’entreprises notamment pour les délits d’entrave ».

Anticipant ces attaques, le PS s’est attaché, lors des débats au Sénat, à chercher « un équilibre » entre « droit syndical » et « respect de la légalité républicaine », comme l’annonçait la veille, sans rire, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Ou, autrement dit, entre un geste assez marqué pour envoyer un signal à la gauche de la gauche et aux syndicats, CGT en tête, mais assez limité pour ne pas trop braquer l’opinion. Ne sont ainsi concernés que les faits commis entre le 1er janvier 2007 et le 1erfévrier 2013, période à laquelle la gauche estime que la concordance de la montée de la crise et de la mise en oeuvre par le précédent gouvernement d’une « politique pénale très répressive » a pu conduire à des condamnations excessives. Une exception symbolique et historique a toutefois été ajoutée : le texte amnistie les mineurs condamnés lors des grèves de 1948 et 1952, dont sept sont encore vivants.

Cette amnistie ne concernera que les faits passibles de 5 ans de prison au plus. Cela exclut du champ de l’amnistie les violences physiques, que les sénateurs socialistes et écologistes ont jugé central de ne pas cautionner. Pas de clémence non plus pour les atteintes volontaires aux personnes et les infractions commises à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité publique -menaces ou outrages à agents par exemple. Même logique de filtrage resserré dans le champ des bénéficiaires potentiels. Sont concernés les faits commis par des salariés, du privé comme du public, lors de conflits du travail et d’activités syndicales, y compris lors de manifestations, mais les professions libérales et les exploitants agricoles ont été exclus du champ de la loi. Les salariés licenciés pour une faute ayant fait l’objet d’une amnistie devront être réintégrés sauf, autre mesure tempérant le texte initial, s’il s’agissait d’une « faute lourde constituant une atteinte à l’intégrité physique ou psychique des personnes. » De même, les infractions commises lors de mouvement lié au logement seront amnistiables, mais pas celles intervenues dans le cadre d’actions liés à l’éducation, la santé, l’environnement et le droit des migrants.

« Exit donc les faucheurs d’OGM, désobéissants, antipubs, militants antinucléaires, Notre Dame des Landes, ligne THT, Base Elèves et RESF… », regrette dans un communiqué le Front de gauche. Il salue toutefois ce « premier geste » après que Jean-Luc Mélenchon a mis une forte pression sur les sénateurs socialistes, avec l’appui de la CGT, en manifestant hier devant le Sénat avant l’ouverture des débats. Pierre Laurent, leader du PC, se félicite d’un « acte de justice, de réparation qui va être entendu par les salariés qui veulent faire valoir leur droit à l’expression syndicale sans avoir la peur au ventre » mais appelle à « un élargissement de la loi dans les prochaines semaines. » Ben voyons !…

Anticipant aussi les accusations de laxisme et soucieuse de ne pas voir le débat tomber dans « la démagogie » et les « simplifications outrancières », la sénatrice socialiste Virginie Klès a aussi rappelé la portée réelle limitée d’une loi d’amnistie : « Une loi d’amnistie efface l’infraction mais n’efface pas les faits. Et surtout n’éteint pas l’action en civil et n’empêche donc pas la réparation en civil. Si une personne s’est contentée de briser une vitre, cette personne sera amnistiée. Elle devra payer une vitre neuve mais il n’y aura plus d’inscription sur son casier judiciaire ».

Le texte doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale. Le Front de gauche réclame son inscription rapide à l’ordre du jour.

En tout état de cause, il est évident que le pouvoir socialiste n’a pas mesuré la portée symbolique de cette loi. Dans le contexte économique et social où se trouve notre pays elle est un signal puissant et pourtant inconscient en direction des révoltes qui s’annoncent. Une brèche vient d’être ouverte dans les dernières lignes de protection de l’Etat républicain.

Dans notre Histoire, nombreux furent ces « petits faits », ces « décisions marginales » ou simplement « légères » qui firent sauter les verrous et favorisèrent les chocs les plus violents. Chacun devrait ici se souvenir de la métaphore de Benjamin Franklin:

 » À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou. « 

*  Ils ont appelé ça « une chance », c’est une honte pour la France :

Une fois encore des coups de feu ont été tirés à bout portant et ont blessé trois ouvriers d’une entreprise de BTP, le 18 février dans une cité de Pierrefitte-sur-Seine. La préfecture de Seine-Saint-Denis, maintes fois alertée sur les agressions subies sur les chantiers de rénovation urbaine dans les cités du département, a fini par réagir. Il était temps : c’est en effet la troisième agression grave en trois mois qui intervient dans le département. Tous les acteurs parlent d’une escalade de violences à l’égard des chantiers de rénovation lancés dans le cadre de la « politique de la ville ».

L’agression de Pierrefitte, dans ce quartier au doux nom de cité des Poètes, a été particulièrement traumatisante. Sur la vidéo filmée par les caméras de surveillance, un homme gros, casqué et cagoulé, entre dans l’Algeco où se préparent les ouvriers et ouvre le feu à quatre ou cinq reprises avant de s’enfuir en scooter, raconte leur employeur, la Coredif, une entreprise de travaux publics. Le chef de chantier et un conducteur de travaux ont été blessés aux jambes et hospitalisés. « On a l’habitude des insultes et des menaces mais c’est la première fois qu’on atteint ce niveau de violence », assure le directeur général de la société de BTP. Le chantier a été aussitôt interrompu, tout comme celui de l’entreprise GTM, filiale du groupe de Vinci, à quelques rues de là.

Dans cette même cité, en décembre 2012, deux agressions – un vol d’ordinateur et de portable, puis l’incendie de deux engins de travaux – avaient révélé le regain de tension autour de ce chantier de construction de logements HLM. Et voici deux ans, la première tranche de ce projet de réhabilitation avait été le théâtre d’une opération de racket organisé : quatre jeunes, d’origine étrangère, avaient été arrêtés et trois incarcérés pour extorsion de fonds sur cinq entreprises du bâtiment dont Coredif, la société à nouveau visée.

Alors voila où nous en sommes, en France: avec ses 42 milliards d’investissement en travaux, la rénovation urbaine a constitué depuis son lancement en 2003 une aubaine pour les quartiers. Les pressions sur les chantiers de rénovation ont toujours existé tant ces derniers constituent un enjeu pour les petits caïds : faire embaucher quelques jeunes ou prélever sa dîme sur le matériel de chantier est monnaie courante. Et les entreprises l’ont intégré dans leur budget.

Mais le chantage a changé d’échelle. Depuis quelques mois, les tensions et intimidations sont devenues systématiques et plus violentes. « Cela a pris des proportions inquiétantes et c’est devenu un système très organisé comme on peut le connaître en Corse », assure Stéphane Peu, président de Plaine commune habitat, office de HLM. Rares pourtant sont les entreprises qui portent plainte. Par prudence pour leurs salariés. Et aussi parce que, la rénovation urbaine étant vitale pour leurs carnets de commandes, elles préfèrent payer« Tant que ça ne touche pas l’intégrité des salariés, les entreprises n’en parlent pas et préfèrent s’arranger », reconnaît le dirigeant d’une entreprise de travaux publics et ancien patron du Medef local.

Dans ces quartiers miséreux et détériorés de la banlieue parisienne, les opérations de réhabilitation dérangent certaines activités souterraines. Le schéma est classique : c’est souvent dans ces cités enclavées, bâties comme des lieux clos dont les accès peu nombreux sont facilement contrôlables (un peu sur le modèle des médinas de la rive sud de la Méditerranée !) que les dealers installent leurs trafics. Quand, dans un quartier, il est décidé d’ouvrir une voie, d’aménager les halls ou simplement de revoir les parcelles de jardins, les travaux bouleversent les habitudes, les repères. Les dealers n’aiment pas le changement ni les intrusions dans leur monde« J’ai déjà vécu ça en 2000 en Seine-et-Marne et à Montfermeil. C’est fréquent dans le 93 », remarque le dirigeant de Coredif. Depuis quelques mois, plusieurs autres attaques de chantier ont défrayé la chronique locale, provoquant l’arrêt des travaux.

En octobre 2012, à la cité Karl-Marx (ça ne s’invente pas mais, après, on s’étonne…) au centre de Bobigny, un ouvrier est frappé de plusieurs coups de marteau. Quinze jours plus tard, des jeunes menacent à nouveau sérieusement les ouvriers. Le chantier est arrêté.

Aux Francs-Moisins à Saint-Denis, le 30 janvier, c’est aussi sous la menace d’une arme blanche que deux individus font descendre un ouvrier de son tractopelle. Engins incendiés ou ouvriers molestés, le mois de janvier a été particulièrement violent sur les chantiers de Saint-Denis. Les entreprises sont par ailleurs soumises à un racket systématique. Dans un quartier, c’est une société de gardiennage « locale » que les caïds locaux conseillent pour surveiller le matériel. Coût annoncé : 150 euros la nuit pour protéger une machine à goudron.

Sur un autre quartier, l’entreprise doit changer l’ensemble des fenêtres des 450 logements. « Les racketteurs ont touché 80 000 euros après avoir revendu les châssis à un ferrailleur »témoigne un élu. Les noms des cités sont tus, « par sécurité pour les salariés », dit la ville. Même les sociétés d’éclairage ont pris des mesures de prudence et ne travaillent que « de 5 heures du matin, moment où les dealers se couchent, à midi, heure à laquelle ils se lèvent »témoigne un patron local. Car les mesures de rétorsion sont devenues plus violentes : « On ne raye plus les voitures ni ne crève les pneus, on tire »raconte un adjoint municipal.

Les entreprises victimes de ces chantages ne souhaitent pas témoigner. Ni Vinci, Eiffage, Bouygues, ni ISS Espaces verts « ne souhaitent réagir sur le sujet ». Les élus se sont aussi longtemps tus. « De la police aux patrons en passant par les bailleurs et les élus, tout le monde a fermé les yeux. Il faut aujourd’hui réagir et une vraie réponse policière et judiciaire face à cette dérive mafieuse » a-t-on entendu dire récemment sur le sujet !

Jusqu’où iront la lâcheté et l’impéritie du pouvoir républicain qui sévit en France ?

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

 
La Oración en el huerto con el donante Luis I de Orleans (después de la restauración), ¿Colart de Laon? Temple graso, 56,5 x 42 cm, 1405 -07 – 1408. Madrid, Museo Nacional del Prado

La Oración en el huerto con el donante Luis I de Orleans (después de la restauración), ¿Colart de Laon? Temple graso, 56,5 x 42 cm, 1405 -07 – 1408. Madrid, Museo Nacional del Prado

Le 11 février, le Musée du Prado a dévoilé avec fierté La Oracion en el huerto con el donante Luis I de Orleans [« La Prière dans le jardin des oliviers avec le donateur Louis Ier d’Orléans »], « l’une des plus importantes découvertes de la peinture primitive française, a annoncé l’institution madrilène. Le nombre de peintures françaises de cette époque est très faible. Et très peu, voire aucune, n’atteignent la qualité et l’importance de celle-ci. D’où son caractère exceptionnel. »

Cette peinture, qu’aucun musée n’a jamais exposée, trônait jusqu’à l’année dernière dans le salon d’une famille madrilène d’origine française. Elle aurait été réalisé quelques mois à peine avant ou après la mort du duc d’Orléans, en 1407, assassiné dans les rues de Paris sur ordre de son cousin et rival politique, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur.

Rien ne laissait présager que le tableau, déposé au Prado en février 2011 pour une expertise, avant une possible mise aux enchères, recélait tant de surprises. Sa propriétaire a toujours vu l’oeuvre chez elle. Elle ne sait ni quand ni comment elle est arrivée dans sa famille installé en Espagne à l’époque napoléonienne.

Quoi qu’il en soit, l’oeuvre a tout de suite attiré l’attention de Pilar Silva et de la restauratrice Maria Antonia Lopez de Asiain. Dans la moitié supérieure, le Christ agenouillé sur une colline adresse une prière au Seigneur. Dans la moitié inférieure, sur le quart droit, se trouvent les apôtres Jacques, Pierre et Jean. Sur la gauche, en revanche, rien. Ou, plutôt, une masse de terre. Une épaisse couche de peinture marron qui contraste avec la finesse du reste de l’oeuvre. « J’ai tout de suite pensé qu’il y avait quelque chose sous la peinture, et nous l’avons donc passée sous infrarouge », raconte Pilar Silva. Et son intuition est bonne.

Grâce à une radiographie de l’oeuvre, l’équipe du laboratoire technique du Prado découvre que sous l’épaisse couche de peinture marron sont dessinés deux personnages : un homme agenouillé au sol et une femme qui le protège.

La figure féminine est rapidement identifiée comme sainte Agnès, reconnaissable à la brebis qui l’accompagne. L’homme doit être le commanditaire du tableau, celui à qui il est dédié. Mais qui est-il ? Pilar Silva se plonge dans une étude documentaire et historiographique. Le cadre est en chêne baltique, un bois noble qui laisse penser que le donateur est une personne très importante. Le ciel d’un bleu dense, constitué de pigment lapis-lazuli, représente un autre signe de la richesse du commanditaire. Ses habits, avec de larges manches recouvertes de feuilles d’or, correspondent à la mode en vigueur à la cour royale française dans les années 1400-1415, où, entouré de son frère le duc d’Orléans, règne le roi Charles VI, qui a sombré dans la folie.

Pendant ce temps, l’analyse scientifique du tableau débouche sur une très bonne nouvelle pour Maria Antonia Lopez de Asiain. « Une couche de vernis séparait la peinture originale de l’aplat marron, ajouté sans doute deux siècles plus tard,explique la restauratrice qui travailla durant un an sur l’oeuvre. Ce vernis était essentiel pour permettre de restaurer la peinture originale sans l’endommager. Il garantissait aussi que cette partie du tableau était en bon état, et même en meilleur état que le reste. »

Pour découvrir l’identité du donateur, Pilar Silva s’intéresse à sainte Agnès. Elle apprend qu’elle fut la patronne des ducs de Milan, mais aussi la protectrice du roi Charles V. « J’ai eu une intuition : le donateur devait être Louis Ier d’Orléans (1372-1407), fils de Charles V et marié à Valentine Visconti, fille du duc de Milan. Par son père et son épouse, il avait une double raison d’être sous la protection de sainte Agnès. »

Une intuition n’est pas suffisante. Aucun tableau de Louis Ier d’Orléans n’existe. Pilar Silva finit par trouver une preuve lors d’un voyage à Paris, en épluchant les ouvrages sur l’époque à la Bibliothèque nationale de France. Sur une miniature, elle reconnaît la forme particulière des feuilles qui se trouvent sur les manches des habits du donateur : des feuilles d’ortie.

Tout concorde alors pour désigner le donateur comme étant Louis Ier d’Orléans. « Il avait pris pour devise l’ortie, symbole héraldique de l’épine de la mort, à mesure qu’augmentaient ses ambitions politiques et ses désaccords avec les ducs de Bourgogne, son oncle Philippe le Hardi et son cousin Jean sans Peur. »

Restait à déterminer qui en fut l’auteur. Pilar Silva est convaincue qu’il provient de l’école parisienne car la ligne, le style, le rythme et la composition du tableau sont très différents des tableaux bourguignons ou flamands. Il est « plus élégant », les personnages sont « plus fins », les plis des vêtements plus « délicats ». Une chose est sûre : aucun des rares tableaux de l’époque n’est réalisé par la main qui a peint cette oeuvre conservée à Madrid.

Pilar Silva penche alors pour Colart de Laon« peintre reconnu et valet de chambre de Louis Ier d’Orléans de 1391 jusqu’à sa mort ». Mais aucune peinture de cet artiste ne nous est parvenue. Son nom est donc accompagné d’un point d’interrogation sur le cartel qui accompagne l’oeuvre accrochée dans le musée.

La République dépense des centaines de millions d’Euros pour financer la campage de candidats à la Présidence qui font des promesses qu’ils ne tiennent pas . AU ROI… ET VITE !

31 Jan

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Sur les dix candidats en lice lors de la présidentielle de 2012, seul Nicolas Sarkozy n’a pas vu ses comptes de campagne validés et publiés, ce mercredi, au Journal Officiel.

Pour les neuf autres, leurs comptes ont été approuvés après réformation et publiés. Voici ce qu’ils ont dépensé et ce que l’Etat va leur rembourser. Ce classement ne prend donc pas en compte Nicolas Sarkozy qui a toutefois déclaré avoir dépensé 21 339 664 euros. Ce qui, si ces comptes n’avaient pas été rejetés, lui aurait permis d’être remboursé à hauteur de 10 ou 11 millions d’euros

      François Hollande (PS): 10,6 millions d’euros

Le compte de campagne du candidat du PS, vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,6% des voix au second tour, s’établit à 21 719 956 euros en dépenses et à 21 843 728 euros en recettes.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 10 691 775 euros, dont 153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.
 

      Marine le Pen (FN) : 8 millions d’euros

Le compte de campagne de la candidate du FN, troisième de cette élection avec 17,90% des voix, s’établit en dépenses à 8 487 743 euros et en recettes à 8 496 765 euros.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 8 004 225 euros, dont
153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.

      Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) : 8 millions d’euros                                                                              

Le compte de campagne du candidat du Front de Gauche, quatrième de cette élection avec 11,11% des voix, s’établit en dépenses à 9 427 731 euros et en recettes à 9 468 161 euros.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 8 004 225 euros, dont
153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.

      François Bayrou (MoDem) : 5,8 millions d’euros

Le compte de campagne du candidat du MoDem, cinquième de cette élection avec 9,13% des voix, s’établit en dépenses à 6 818 894 euros et en recettes à 7 400 210 euros.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 5 981 729 euros, dont 153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.

      Eva Joly (EELV) : 800 423 euros

Le compte de campagne de la candidate d’EELV, sixième de l’élection avec 2,31% des voix, s’établit en dépenses à 1 808 473 euros et en recettes à 1 811 965 euros.
Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 800 423 euros, dont 153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.

      Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République): 776 408 euros

Le compte de campagne du candidat de Debout la République, septième de l’élection avec 1,79% des voix, s’établit en dépenses à 1 104 597 euros et en recettes à 1 123 682 euros.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 776 408 euros, dont
153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.

      Philippe Poutou (NPA) : 791 391 euros

Le compte de campagne du candidat du NPA, huitième de l’élection avec 1,15% des voix, s’établit en dépenses à 803 807 euros et en recettes à 803 898 euros.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 791 391 euros, dont 153 000
euros ont déjà été versés, précise le JO.

      Nathalie Arthaud (LO): 779 871 euros

Le compte de campagne de la candidate de Lutte Ouvrière, neuvième de l’élection avec 0,56% des voix, s’établit en dépenses à 1 010 391 euros et en recettes à 1 010 621 euros.
Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 779 871 euros, dont 153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.

      Jacques Cheminade :  401 899 euros

Le compte de campagne de Jacques Cheminade, dernier de cette élection avec 0,25% des voix, s’établit en dépenses à 471 677 euros et en recettes à 472 495 euros.Le montant du remboursement dû par l’État est arrêté à la somme de 401 899 euros, dont 153 000 euros ont déjà été versés, précise le JO.
 

http://www.sudouest.fr/2013/01/30/l-argent-de-la-presidentielle-ce-que-l-etat-va-rembourser-au-vainqueur-et-aux-vaincus-951310-4705.php#xtor=EPR-260-%5BNewsletter%5D-20130131-%5Bzone_info%5D

 

 

 

N° 9 du 31 mai 2012. TOUT VA BIEN, LA REPUBLIQUE SE PERFECTIONNE !

31 Mai

À l’occasion des législatives anticipées de 1997 suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale par J. Chirac, nous nous sommes invités dans la campagne électorale par le biais d’une affiche portant en lettres blanches sur fond bleu « droite, gauche le choc des partis, le vide des idées…un Roi pourquoi pas ?»

Déjà au début de notre ère Tite Live écrivait dans son Histoire de Rome (des origines jusqu’à l’an 9 avant J.C) : « La lutte entre les partis est et sera toujours un malheur bien pire que la guerre, la famine, la peste ou n’importe quel autre courroux divin» Plusproche de nous le grand A. Soljenitsyne repartait à la charge dans son ouvrage Comment aménager notre Russie « Parti signifie part. Se diviser en partis c’est se diviser en parts. Un parti, part du peuple, à qui s’oppose t-il ? Evidemment au reste du peuple qui ne l’a pas suivi. Chaque parti se donne de la peine avant tout pour lui-même, pour ses membres et non pour la nation entière. L’intérêt national est estompé par les fins particulières : avant tout ce qui est nécessaire au parti pour être réélu la prochaine fois ; si quelque mesure utile à l’État et au peuple a pour provenance un parti à nous hostile, il est admissible de ne pas le soutenir. La lutte des partis remplace la recherche de la vérité, c’est une bataille pour le prestige du parti et la conquête de morceaux du pouvoir exécutif. Les groupes dirigeants des partis politiques se transforment en une oligarchie. Et à qui les partis rendent-ils des comptes, si ce n’est à leurs propres comités ? Une instance qui n’est prévue dans aucune constitution… Le principe même de l’appartenance à un parti étouffe la personnalité et son rôle. Tout parti est simplification et grossissement de la personne. L’homme a des conceptions, le parti une idéologie. » (1) 

Ne pas chercher la vérité est une forme de mensonge joyeusement perpétuée par les descendants des partis de la République Romaine.

En 1736, Voltaire, dans une lettre à Thiriot, écrivait : « Il faut mentir comme un diable, non pas pour un temps, mais hardiment, et toujours ! ». Nul doute que beaucoup de politiciens aient suivi le précepte. Mais J.L. Mélenchon a dépassé ce qu’on croyait possible, en affirmant le 6 mars, à Rouen : « Non, les Communistes n’ont pas de sang sur les mains ! Le seul qu’ils aient, c’est celui de l’envahisseur qu’ils ont repoussé ! » (2)

Sous la V eme  République, hormis Pompidou, tous les présidents ont brigué un second mandat selon la même tactique : le nouveau prétendant cherche à démontrer que le président sortant n’a pas concrétisé ses promesses pendant que ce dernier pousse le premier dans ses retranchements afin qu’il précise comment il compte honorer les siennes.

Une fois passée la bataille des chiffres la vie reprend son cours, les électeurs élisent et les problèmes demeurent ; de sorte qu’en 30 ans de gauche-droite la dette française a quadruplé dans l’indifférence générale jusqu’à la triple crise financière, économique et européenne de 2008. La question étant toujours d’actualité au soir du 2 mai 2012, il était normal que N. Sarkozy et F. Hollande en débattissent. Ont-ils convaincu les Français ?

Un sondage réalisé les 22 & 23 mars par Viavoice-BPCE pour le compte de France Info et les Echos, révélait que les Français estimaient que les candidats :

   parlent trop du couple dette-déficit public et de l’insécurité

   ne parlent pas suffisamment de l’emploi et du pouvoir d’achat.

Au passage vous noterez que personne ne relève le silence des prétendants sur les questions européennes ou de politique étrangère et leur discrétion sur les sujets de société (homo, recherche médicale, respect de la vie, éducation…)

Pour le reste ce sondage a le mérite de mettre en évidence que les chers électeurs ne comprennent pas que sans régler le problème dette-déficit, la France s’apprête à rejoindre la Grèce, pays où la notion de pouvoir d’achat est reléguée au musée des bonnes adresses du passé.

Il faut être lucide : la hausse des prélèvements obligatoires et sans doute une certaine remise en cause de notre système de protection sociale sont au menu des prochains mois. Situation difficile mais pas dramatique sous réserve que le fardeau soit équitablement réparti…sans oublier que pour l’heure les épaules de nos Messieurs de la République sont fort peu chargées.

Enfin la dette pèse doublement sur l’emploi :

   les quelque 45 milliards € d’intérêts annuels pourraient être affectés à l’entretien du patrimoine et à celui d’infrastructures dramatiquement vieillissantes (entre autres le réseau de distribution électrique et les voiries locale et départementale)

   pour nombre d’investisseurs la dette publique constitue un placement juteux au détriment des investissements vers l’appareil productif.

Il est étrange de constater qu’après avoir mondialisé les idéaux de 1789, le village gaulois rêve maintenant de résister encore et toujours à la mondialisation.

Une fois posés les droits de l’homme et le principe selon lequel la loi du nombre prévaut sur toute autre, la Révolution industrielle et celles des moyens de transport et de communication ont ouvert une voie royale à l’essor du commerce international : il devenait normal que chacun ait le droit de fabriquer de tout n’importe où et de le vendre partout pour répondre au besoin de consommation enfin librement exprimé par tous les peuples « joyeusement démocratisés » au nom « de l’égalité en droit, de la liberté, de la moralité subjective et du bien être. » (3)

Rien n’étant parfait en ce bas monde on est bien obligé de reconnaître que les impératifs commerciaux, industriels et financiers écornent un tantinet l’idéal démocratique ; au moment d’acheter quelques barils de pétrole à l’Arabie Saoudite et de s’accommoder du « capitalo communisme » chinois nous devions bien savoir où nous mettions les pieds !

N’est-il pas normal que la belle histoire de la démocratie connaisse quelque accroc temporaire ? D’autant qu’inversement à l’ancien Régime qui, en dépit de quelques maladresses propres à la nature humaine, fondait sa politique selon un ordre reçu de Dieu, les sociétés modernes, après avoir nié l’existence d’un monde métaphysique et enfermé la religion dans la sphère privée, sont désormais libres de tout essayer au gré des modes et des connaissances scientifiques.

Ainsi l’histoire du monde présent n’est plus assise sur la Création mais sur un devenir, sur une transformation perpétuelle, sur la réforme des réformes au hasard de la lutte des partis politiques. Lutte reconnue d’utilité publique par ceux qui, en admettant l’acte de foi de Darwin, « et la matière s’est faite esprit », pensent que l’histoire n’est pas dénuée de sens puisque la compétition politique s’accorde avec celle de la sélection naturelle vers un ordre de plus en plus élaboré et parfait.

Dans la vie quotidienne, à chaque type de compétition correspond une règle du jeu ; les choses sont simples aux échecs où chacune des pièces se déplace selon une règle établie et reconnue par les joueurs ; l’affaire devient un peu plus difficile dans un match de rugby qui nécessite la présence d’un arbitre pour veiller au respect des règles également admises par les deux équipes.

Et franchement complexes dans le cas d’une confrontation entre partis politiques arbitrée par le Conseil Constitutionnel, avec pour seule règle d’apprécier la validité présente d’une loi humaine écrite dans un passé plus ou moins proche pour répondre aux « valeurs républicaines à géométries variables » promues par le parti majoritaire à l’époque de sa rédaction. Le résultat est sous nos yeux : 5 Républiques, 5 Constitutions fondamentales, 5 échecs. Et une seule cause, la négation des Lois de Dieu qui, elles, sont éternelles.

Au lieu de s’obstiner sur la voie de l’échec la France aurait meilleur compte à renouer avec sa vocation de fille aînée de l’Église et de porter à sa tête un chef qui reconnaisse la primauté des Lois divines afin que les lois écrites ne contreviennent pas aux Dix Commandements et favorisent le Onzième.

Reconquête difficile…mais Jeanne d’Arc a suffisamment prouvé que rien n’est impossible avec l’aide de Dieu. Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres…

Aussi vrai qu’il y aura toujours des pauvres parmi nous, il se trouvera toujours des indifférents et des hostiles envers lesquels il serait vain, et sans doute néfaste, de vouloir imposer une pratique religieuse chrétienne ; de même il serait injuste d’exercer une discrimination sociale à leur égard. Au fond il s’agit de cantonner le laïcisme dans la sphère privée et de laisser se diffuser le témoignage public d’une France Catholique.

France catholique…telle est bien la nécessaire condition préalable au retour d’un roi qui règne et gouverne. Maintenant est-elle suffisante pour répondre à la question « un roi pourquoi faire ? » à une époque qui requiert des arbitrages inconnus de nos premiers rois ?

Inutile de reprendre tout ce qui a déjà été écrit sur ce sujet ; sauf à insister sur un vieux mot qui n’a plus cours dans une société « libérale avancée » et gavée de promesses électorales, confiance. Confiance dans les grâces conférées par le Sacre de Reims.

Par lesquelles, en contrepartie des efforts à fournir pour s’extraire du bourbier nous sommes certains que le roi de France n’accorderait pas quelques arrangements avec la morale, qui seraient contraires au but du pèlerinage terrestre.

Inversement, au vu des ministres et ministres délégués nommés le 15 mai, il est probable que la République découvre quelques nouveaux droits de l’homme peu compatibles avec l’identité nationale et la foi catholique.

Il est vrai qu’à l’instar de ses prédécesseurs, le président fraîchement élu a peut-être des convictions mais plus sûrement l’obligation de remercier les camarades du parti momentanément vainqueur. Du côté des vaincus on prépare la contre attaque avec de nouvelles propositions pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Vous devez avoir confiance, tel sera bien le cas puisque selon la théorie de Darwin, c’est grâce à la lutte féconde des partis que l’humanité républicaine évolue vers la perfection.

Autre est l’enseignement de Saint Paul « c’est en oeuvrant en vue de la construction du corps du Christ que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme parfait. » (Eph.4 7-13)

Au fond le choix politique est simple : étant tous d’accord sur le nom perfection, il n’est qu’à trancher entre deux adjectifs, divine ou républicaine.

Pour nous le choix est fait, « Dieu et le Roi », reste simplement à militer. 

P. Jeanthon 

(1)           Merci à A. Brassié d’avoir mis ces textes sur son blog (annebrassie.fr)

(2)           …et à A. Arette pour Voltaire et Mélenchon

(3)           M. Hecquard  « Les fondements philosophiques de la démocratie moderne »