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Quand Le nouvel Observateur épingle Audrey Pulvar…

9 Avr

…crachant dans le potage ! Ou l’imposture ordinaire de la gauche caviar.

 » Les aveux de Cahuzac ont engendré deux moments de télévision qui feront date pour ce qu’ils disent de l’époque. Le désarroi de Gérard Filoche, sur LCI, militfrançoisnt socialiste de toujours découvrant la réalité des faiblesses humaines, et la colère d’Audrey Pulvar, éditorialiste moderne, cinglant la gauche française pour ses errements des 30 dernières années.

Ces deux moments de télévision sont l’incarnation de la réduction par l’émotion de tout ce qui touche à notre vie publique. Acteurs et commentateurs privilégiés des événements ne vivent plus que par la passion, hors la raison. D’abord l’émotion, avant toute chose, et tant pis pour la réflexion. Acteurs et commentateurs politiques sont tous devenus des « hesseliens » : de l’indignation avant toute chose. La « Hessel attitude » a fini par supplanter la « Aron attitude ». C’est ainsi.

La passion avant la réflexion

Passons vite sur la prestation de Gérard Filoche sur LCI. Tout a été dit, tant par Michel Field que par François Jost, décrypteurs lucides de notre vie médiatique.

L’émotion de Filoche a une vertu, elle excuse ceux des socialistes qui sont pris au dépourvu par Cahuzac, mais elle est aussi porteuse d’un terrible vice : comment un responsable politique du PS, membre de la direction du premier parti de la gauche française, peut-il à ce point afficher tant de candeur ?

Comme le dit François Jost, « même si je comprends le choc de Gérard Filoche, il ne faudrait pas que les larmes qui se sont répandues à flots sur la télévision contemporaine deviennent la seule marque de vérité face au mensonge ». Un temps pour l’émotion, un temps pour la réflexion, sinon on n’affiche plus que de la faiblesse et de l’impuissance.

La prestation d’Audrey Pulvar est toute aussi intéressante. Cette dernière, et c’est tout à son honneur, ne cache pas d’être une commentatrice engagée. C’est au nom de cet engagement, du reste, que dans une diatribe d’une rare violence empreinte d’émotion et de colère, qu’elle s’est livrée à un impitoyable réquisitoire contre la gauche de gouvernement à l’œuvre dans ce pays depuis 1981.

De la même façon que l’acteur politique Filoche, le commentateur politique Pulvar en appelle à l’émotion, à la passion. Audrey Pulvar n’a pas de mots assez sévères pour fustiger les mensonges de Jérôme Cahuzac, et à travers lui tous les manquements de la gauche au pouvoir en matière d’exigence de vérité depuis les deux septennats de François Mitterrand.

« Depuis 30 ans, la gauche n’a cessé de nous cocufier », assène Audrey Pulvar. Et pour donner plus de légitimité à ces propos, elle use d’un argument d’autorité censé être irréfragable :

« J’étais place de la Bastille le soir du 10 mai 1981… C’est à ce moment que j’ai compris ce que la politique pouvait changer dans la vie des gens, j’ai cru que les socialistes allaient changer la vie, c’est ce qu’ils avaient promis »

L’exploit politique considérable de Pulvar

L’argument est en effet, à bien des égards, accablant pour la gauche. Une petite mise en perspective s’impose afin de bien appréhender le sens et la portée des propos d’Audrey Pulvar.

En 1981, Audrey Pulvar avait 9 ans, elle résidait d’ordinaire en Martinique, sa terre de naissance, à 7.000 km de Paris, Paris où elle ne commencera à résider, par intervalles plus ou moins longs, qu’à partir de l’âge de 14 ans (un portrait d’elle paru en 2008 dans « Libération » en atteste).

Il lui fallait déjà être dotée d’une conscience politique de gauche particulièrement développée pour se retrouver, le soir de l’élection de Mitterrand à l’Élysée, place de la Bastille, le soir du 10 mai, afin de saisir, si vite, si jeune, les aspirations du peuple de gauche enfin victorieux.

C’est un exploit politique considérable, hors du champ commun de l’humanité, d’autant qu’à 9 ans elle devait avoir école le lendemain. La modestie de chacun de nos parcours respectifs, à nous tous, sans exception, impose le respect devant tant de mérite républicain.

L’éveil de la conscience de gauche d’Audrey Pulvar n’a pas attendu la majorité légale, c’est à ce point rare que c’en est exceptionnel, donc méritoire. Il est donc normal, évident, inéluctable que 32 ans après, l’enfant trahi devenu adulte en vienne demander des comptes à la gauche.

Un mensonge ?

Quand on a célébré, à 9 ans, la victoire de Mitterrand place de la Bastille, à 7.000 km de son domicile de l’époque, une veille de jour d’école, quand la conscience de gauche s’éveille si tôt, alors oui, on est fondé à exiger la vérité des politiques de gauche !

Oui, on est en droit de dénoncer ces mensonges inadmissibles, proférées devant l’Assemblée nationale, de la part d’un ministre de gauche ! Oui, on a le devoir même de vilipender ces postures factices prises par des personnalités qui se prétendent de gauche ! Oui, on a l’obligation de s’en prendre à ces mensonges de gauche qui nous font tant de mal quand on vit dans la vérité de l’esprit du peuple de gauche depuis l’âge 9 ans !

Pascal Jardin avait découvert la Guerre à 9 ans. Audrey Pulvar a découvert la gauche au même âge. De son point de vue, on peut comprendre, compte tenu du tort immense et irréparable qui lui a été causé, que le commentaire qu’elle consacre ainsi à un événement politique mettant en jeu l’éthique de la gauche en politique, soit aussi empreint de passion et d’émotion que la réaction d’un Gérard Filoche.

Le mensonge qui n’a d’autre but que de promouvoir des intérêts égoïstes et narcissiques, il n’y a rien de pire. Comme le disait Edmond Rostand :

« En politique, on ne flétrit le mensonge d’hier que pour flatter celui d’aujourd’hui ».

Ces règlements de compte entre gauchistes des beaux quartiers de Paris sont décidément pathétiques. Heureusement qu’ils ne trompent désormais plus personne. Ils sont morts.

Et nous,  » Messieurs, sommes la jeunesse du monde !… »  

Le 9 avril 2013.
Conseil dans l’Espérance du Roi.