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Politique : retour du roi ou République?

20 Jan

La chronique du médiateur « Quand nos lecteurs s’engagent » (Le Monde du 12 décembre) m’a donné l’envie d’ écrire moi aussi pour faire part de ma « sensibilité » politique particulière. D’abord, je remarque depuis longtemps que, dans la presse sérieuse -dont Le Monde est un exemple et mon journal quotidien depuis des décennies- il est un sujet politique tabou. Ici je ne fais pas cas de « la presse« pipol », ni de sites internet. Je prends le mot « tabou » dans son acception première: « Système d’interdictions de caractère religieux appliquées à ce qui est considéré comme sacré ou impur »(Petit Robert, 1993) Nuance: il ne s’agit pas de religion mais de politique. Et ce tabou politique est vraiment« impur » et absolu…On n’écrit rien sur le sujet qui m’occupe ici, ni en bien ni en mal. Silence! Ce thème n’existe pas!

Or, je vis ce non-dit comme un silence étouffant….Je ne crois pas être le seul. Depuis des mois, les candidats se pressent, se bousculent, s’invectivent réciproquement, nous promettent chacun monts et merveilles à la grande vente aux enchères publiques qu’est l’élection présidentielle. Celui qui sera le plus offrant -en voix!- emportera la place. Cette vente a lieu tous les cinq ans, après divers avatars historiques nombreux et bien souvent tragiques en coûts humains, depuis le 10 août 1792, l’assassinat du Roi le 21 janvier 1793 et tant d’autres tueries génocidaires non reconnues par le pouvoir…

Je n’écris pas que ces candidats sont indignes, ils sont tous probablement très honorables, c’est le système dans lequel ils évoluent et proposent leurs programmes politiques que j’accuse. Face à cette dramaturgie grotesque et indigne, qui peut nous faire rire parfois, mais qui humilie profondément les citoyens que nous sommes, il me semble que devrait s’établir un débat en France, dans la presse écrite, télévisée, radiodiffusée et sur les réseaux sociaux. Le thème pourrait se lire: « Reconnaître ou non la légitimité historique de la dynastie capétienne à la tête de l’Etat ». Ce grand, vrai et profond débat pourrait être suivi d’un référendum: « Sixième ( ?) République ou retour du Roi »

Evidemment, je propose ce grand changement constitutionnel dans un cadre démocratique et à la suite du débat démocratique national que je souhaite ici. La très haute fonction de Roi de France –ou de Reine, Chef d’Etat- que j’appelle de mes voeux ne pourrait recevoir la définition du Dictionnaire Furetière de 1690 (SNL Le Robert, 1978) : « Monarque qui gouverne seul et souverainement à une région de la terre » Nous ne pouvons ni ne voulons revenir à l’Ancien Régime. Le Roi de France à venir, héritier de la dynastie capétienne historique, serait le Chef de l’Etat, le premier Serviteur de la Nation constituée par le peuple français, le Souverain symbolique, incarnation personnelle de la souveraineté populaire, le premier des Français dans l’ordre protocolaire. Il serait son premier Représentant à l’intérieur de nos frontières et à l’extérieur.

A sa tâche symbolique devrait probablement s’ajouter un droit d’arbitrage qui s’exercerait dans les conditions à prévoir par la Constitution. Il ne serait pas l’otage du parti vainqueur puisque, héritier de la légitimité historique, donc non élu mais reconnu par la légitimité démocratique… Eduqué pour régner, pour être à l’écoute de ses compatriotes, il irait là où le peuple travaille pour magnifier le résultat de son travail, là où le peuple souffre pour manifester sa compassion et souffrir avec lui, là où le peuple se réjouit pour partager sa joie, lors de ses voyages officiels, accompagné de préférence par un membre du gouvernement. Il manifesterait discrètement sa proximité avec les couches sociales les plus défavorisées, aux périphéries : les jeunes chômeurs par exemple… Il ne serait évidemment pas le chef du pouvoir exécutif puisque ce serait le Premier Ministre, nommé formellement par lui, mais élu démocratiquement par le Parlement, qui exercerait ce pouvoir. Je vois plusieurs avantages à cette renaissance de la royauté capétienne : notre peuple envisagera plus sereinement son avenir, car il retissera le lien avec le passé lointain, retrouvant ainsi son identité après avoir rejeté la funeste maxime révolutionnaire : « du passé faisons table rase ». Les hommes politiques légitimement ambitieux et croyant en leur programme ne chercheront plus à s’emparer de la première place pour la simple raison qu’elle sera toujours prise. « Les rois ne meurent pas en France, Madame. Le Roi vivant, le voici ! » Ils  consacreront leurs forces à faire face aux problèmes et aux projets vitaux du pays, à convaincre les électeurs de la justesse de leurs idées. L’Etat fera l’économie des frais occasionnés par les campagnes électorales présidentielles à répétition tous les cinq ans. Les chiffres de comparaison avec les monarchies européennes démontrent que la République française coûte bien plus cher aux citoyens que ces monarchies. De tout temps et dans tous les régimes politiques, il y a des corrupteurs et des corrompus ; le Roi, lui, ne peut être tenté d’être l’un ni l’autre. Il occupe la première place, il est la source formelle des ordres et honneurs de l’Etat bien que les bénéficiaires doivent être choisis par le pouvoir exécutif, comme il est normal en démocratie. Son devoir est de servir son peuple avec une dignité simple et honnêteté : son service national ne prendra fin qu’avec sa mort.

Symbolique, sa mission éminente va bien au-delà de « l’inauguration des chrysanthèmes » ! Un symbole unit, rapproche les uns des autres. Et le Roi ne peut être que le plus haut symbole de la nation. Présent dans la durée, et non pas pour un court laps de temps, il contribue à son niveau élevé à faire de l’ensemble des citoyens une grande famille, fière d’elle-même, comme on le voit ailleurs en Europe, à donner une cohérence à la présence de la France dans un monde changeant et dangereux.

Et la laïcité de l’Etat ? Elle sera sans doute à redéfinir mais à conserver précieusement dans la société multiculturelle qu’est la nôtre. La dynastie capétienne est de tradition catholique ; à elle de reconnaître symboliquement mais officiellement la légitimité des autres spiritualités dans le respect des lois. Elle contribuera ainsi à ce que cette laïcité ne dégénère pas en laïcisme agressif qui considère les religions comme une sous-culture, vestige d’un passé révolu. Et l’hymne national ? La Marseillaise, avec remplacement des paroles guerrières : que de nouvelles paroles s’inspirent de celles, fraternelles, de l’hymne européen. Respect de la langue française : le français du Roi ! que des encouragements officiels soient faits pour remplacer les mots « franglish » en suivant les conseils de l’Académie française.

Avec le Roi, la France aura confiance en elle-même, elle retrouvera un nouveau dynamisme économique, culturel, diplomatique, et la langue française un rang respecté. En guise de conclusion, je rappellerai un humoriste de grand talent et de grande culture du milieu du vingtième siècle : Pierre-Jean Vaillard * (sauf erreur): « Les Français passent leurs dimanches à se proclamer républicains et le reste de la semaine à adorer la Reine d’Angleterre » et « les Français numérotent leurs Républiques comme d’autres numérotent leurs Rois ».Faisons donc comme les nautres : numérotons à nouveau nos Rois. Votre article s’intitulait : « Quand nos lecteurs s’engagent ». Voilà : je me suis engagé dans cette profession de foi politique.

Hugues Noel, Colayrac-Saint-Cirq  (Lot-et- Garonne

http://mediateur.blog.lemonde.fr/2016/12/16/politique-retour-du-roi-ou-republique/

                                                                                         CQFD. Ce Que le Roi Fera Demain.

 Il vous suffit pour le savoir de relire avec attention cet article  et les innombrables suggestions  qu’il contient.

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19 septembre 2016. Sauve-qui-peut à l’Elysée et dans les ministères : 57 départs en cent jours.

23 Sep

Un peu plus de 10% des membres des cabinets ministériels et de la présidence de la République ont cessé leurs fonctions en trois mois, selon « Le Monde ».

franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 19/09/2016 | 15:49
publié le 19/09/2016 | 15:44

Courage, fuyons ? En l’espace de cent jours, pas moins de 57 personnes, membres de cabinets ministériels ou travaillant  à la présidence de la République, ont quitté leurs fonctions, soit un peu plus de 10% des effectifs, révèle le Monde  Un mouvement de fuite bien plus important qu’en 2011 sur une période identique : ils n’étaient que 28 à être partis quelques mois avant l’élection présidentielle de 2012, soit moitié moins, selon le journal.

A la tête de ces départs, note encore le quotidien, les hauts responsables des cabinets. « Depuis le 1er juin, huit directeurs de cabinet ont mis fin à leurs attributions, ainsi que deux directeurs adjoints, un chef de cabinet et trois chefs de cabinet adjoints. Là aussi, c’est le double du nombre de départs de cette nature enregistrés cinq ans plus tôt », écrit le journaliste Patrick Roger.

…. Article complet en activant  le lien ci-après….
http://www.francetvinfo.fr/politique/gouvernement-valls-2/sauve-qui-peut-a-l-elysee-et-dans-les-ministeres-57-departs-en-cent-jours_1831955.html#xtor=CS1-746

…. Et un résumé enraciné en activant celui-là….(« Et les rats continuent de quitter le navire »)

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/20/bulletin-climatique-quotidien-20-septembre-2016-de-la-republique-francaise/

Lettre ouverte à Madame Françoise Fressoz qui confond les notions de Patrie et de République

30 Nov

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Madame,

Nous lisons toujours avec intérêt vos chroniques politique publiées dans Le Monde et adhérons parfois aux points de vue que vous y exprimez. Mais permettez-nous aujourd’hui de dire notre colère à la lecture de celle du samedi 28 novembre 2015, intitulée « Le temps perdu ne se rattrape jamais » (Le Monde n°22042).

Commencer, en effet, cette chronique par ces mots « Cette fois ils ont compris. La République est en danger » nous apparaît d’une violence intolérable pour tous ceux qui ont payé de leur vie un tel aveuglement, pour leurs proches (y compris désormais plusieurs dizaine d’orphelins) comme pour tous ceux qui avaient compris depuis longtemps quelles étaient les menaces qui pesaient sur notre pays et réclamaient les mesures préventives qui s’imposaient. Nous sommes de ces derniers.

Nos publications sur le blog du Conseil dans l’Espérance du Roi en témoignent depuis sa fondation, il y aura bientôt quatre ans. Et pour mémoire, nous rappellerons au moins deux de nos textes les plus importants : d’abord celui qui proclamait le 11 octobre 2012 « La Patrie en danger« , et non pas la République, comme vous l’écrivez en confondant république et démocratie, car pour nous la monarchie française, c’est aussi la République par sa recherche et sa défense constantes du bien commun, (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/01/16/consilium-consulte-n-2012007-du-11-octobre-2012-proclamant-la-patrie-en-danger/) et ensuite celui qui ordonnait, métaphoriquement, le 1er janvier 2013 « La mobilisation générale » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=mobilisation+générale&submit=Recherche).

Vous écrivez aussi « Tout ce qui n’a pas été entrepris entre janvier et novembre, alors que le pays avait déjà subi une tragique alerte, est mis au passif de l’exécutif (…). » Comment voudriez-vous qu’il en fût autrement tant votre constat pointe la cécité et l’inertie des pouvoirs politiques successifs qui refusent depuis si longtemps (nous pourrions même dire depuis des décennies) d’entendre ceux qui, à l’évidence, avaient raison avant tout le monde. Il serait trop facile de reprendre ici les paroles d’Emile de Girardin, « Gouverner c’est prévoir« , et pourtant…

Mais il y a pire que « ce qui n’a pas été entrepris« . Il y a tout ce qui est fait, depuis plus longtemps encore, pour créer les conditions de l’émergence de ces tragédies. De l’ouverture irresponsable des frontières à l’accueil laxiste de toute la misère du monde, des aides sociales inconsidérées qui sont autant d’illusions d’un eldorado inatteignable à l’emploi subreptice mais toléré et si fréquent de migrants clandestins dans trop de nos entreprises, des simagrées indécentes de nos dirigeants ou de nos édiles lors des ruptures du jeûne de ramadan aux folles politiques de la ville qui sont des abîmes financiers sans espoir, des reculs de l’Etat de droit face à la violence dans les banlieues aux trahisons de la justice qui libère tant de criminels, du refus affligé de voir partir nos djihadistes en Syrie ou au Yemen à l’accueil bon enfant de ceux qui nous feraient la joie de revenir, des bombardements irréfléchis de la Lybie au dangereux copinage avec le Qatar ou l’Arabie saoudite, etc.

Nous pourrions hélas multiplier presque à l’infini les marques de l’irresponsabilité autant que de l’incurie des détenteurs du pouvoir en France depuis des dizaines d’années.

Comment voulez-vous donc que les Français, après qu’ils aient avalé tant de couleuvres, ne souffrent pas d’indigestion et ne versent pas ces constats « au passif de l’exécutif » ?

Faut-il rappeler ici qu’en 1793 par exemple (année de référence pour beaucoup de républicains aujourd’hui au pouvoir), on trancha la tête de beaucoup de malheureux pour beaucoup moins que cela…

Veuillez néanmoins croire, Madame, à notre respect pour votre travail ainsi qu’à nos sentiments les plus distingués.

Jean-Yves Pons, CJA, pour le Conseil dans l’Espérance du Roi.

la nouvelle carte des régions de france. Aussitôt dit, aussitôt défait !

3 Juin

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À peine son projet de réforme des régions annoncé, François Hollande fait déjà l’unanimité…contre lui. 

En voici des miscellanées :

Après l’annonce de François Hollande, les élus expriment leur colère sur Twitter. Chaque jour, le meilleur (et le pire) du web.

Faire bouger la France n’est pas chose aisée. François Hollande voulait réduire de moitié le nombre de régions de métropole. Sa nouvelle carte de France en comptera finalement 14 au lieu de 22 . Avant que le président ne tranche le cas de la Bretagne et des Pays de la Loire, la pression montait déjà sur Twitter après que Ouest-France révélait une possible fusion Pays-de-la-Loire/Poitou-Charentes, schéma soutenu par Ségolène Royal.

Mardi en fin de journée, Jean-Marc Ayrault montait au créneau sur le réseau social. L’ancien Premier ministre et député PS de Loire-Atlantique, lançait : « Pour l’Ouest, l’intérêt des populations est la fusion Pays de la Loire-Bretagne autour des métropoles Nantes et Rennes« . « Où est l’intérêt général ? Mobilisons-nous pour une fusion Pays de la Loire/Bretagne« , renchérissait Marie-Françoise Clergeau, députée socialiste de Loire-Atlantique. Une fois n’est pas coutume, François Fillon se rangeait du côté de l’ancien Premier ministre : « Fusion des Pays de la Loire et Poitou-Charentes : absurde et irréalisable« .

Idem du côté des Verts : « A force de nier les évidences et de refuser les solutions de bon sens comme la réunification de la Bretagne, les élites politico-technocratiques vont encore plus mériter le rejet populaire dont elles sont l’objet« , a écrit François de Rugy, député EELV de Nantes. Finalement, la Bretagne et les Pays de la Loire ne fusionneront avec aucune autre région. Dans la soirée , Hollande a décidé de ne pas trancher, ce que lui reproche souvent l’opposition.

Illustration avec Marc Le Fur. Sur son blog, le député UMP des Côtes d’Armor a dénoncé le « manque de courage » du président. « Hollande confirme Vichy qui avait créé, en 1941, la région des Pays de la Loire, isolant ainsi Nantes du reste de la Bretagne« . Conséquence : la région Poitou-Charentes a été mariée avec les régions Centre et Limousin. Au grand dam de l’ancien ministre et député de la Charente-Maritime Dominique Bussereau. Celui-ci est entré mardi soir en résistance sur Twitter : « Poitou-Charentes veut s’allier avec l’Aquitaine et c’est Centre et Limousin!Je refuse ce mariage forcé/Résistance« . Il dénonce « un arrangement entre copains » : « Poitou-Charentes Centre Limousin : n’importe quoi Non! Petit arrangement entre 3 copains promotion Voltaire:FH (François Hollande) SR (Ségolène Royal) MSap (Michel Sapin)« . Le député UDI du Loir-et-Cher Maurice Leroy est sur la même ligne : « Région Centre + Poitou-Charentes et Limousin = tripatouillage politique« .

Dans le Sud, le conseil régional du Languedoc-Roussillon a eu beau voter à l’unanimité fin mai le lancement d’un manifeste et d’une pétition en ligne sur son site contre la suppression de la région. Peine perdue, Languedoc-Roussillon fusionnera avec Midi-Pyrénées. Déçu, Christian Bourquin, président PS de Languedoc-Roussillon dénonce lui aussi « une carte de la France des copains« .

Plus au Nord et à l’Est, le chef de l’Etat a également fait des mécontents. Des élus picards sont tombés des nues après l’annonce de la fusion des régions Picardie et Champagne-Ardenne. « Les ciseaux de Mr Hollande sont devenus fous ! La Picardie avec Champagne-Ardenne ! Et pourquoi pas la Guadeloupe ?« , s’est emporté le maire-adjoint de Beauvais et conseiller régional de Picardie Franck Pia. Message retweeté par la maire et sénatrice de Beauvais Caroline Cayeux. Eric Loiselet, conseiller régional EELV de Champagne-Ardenne, lui, s’en contente : « Champagne Ardenne + Picardie : 1ère région éolienne terrestre de France : c’est déjà ça ! #vivelevent« .

En résumé, « il n’est pas exclu que le projet de réforme territoriale mécontente ceux qu’il intéresse, navre les indifférents et divise tout le monde« , a conclu le député PS du Finistère, Richard Ferrand.

Des propos illustré par  Plantu, dans Le Monde

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Reste un détail à régler : quid des logos figurant sur les plaques d’immatriculation des automobiles ?

Nous avons une proposition à faire : tout simplement, les armoiries de la France « d’azur à trois fleurs de lys d’or ». C’est beau et, en plus, c’est vrai.

Unknown

Marche contre le racisme et pour l’égalité (1983-2013). « Ils » vont devoir trouver autre chose.

6 Déc

Devant le micro d’un journaliste, un manifestant de la « marche contre le racisme » du 30 novembre  2013  au bord des larmes déclare « je ne comprends pas qu’on soit si peu ». Effectivement, malgré la présence de quelques représentants de la diversité, il y avait peu de monde.

Le bide de la marche anti raciste est en fait un événement. Ca ne marche plus. La réduction du discours politique à la dénonciation du racisme, c’est bien sûr le niveau zéro de l’analyse politique et tout le monde a fini par s’en rendre compte. Ce qui est nouveau, personnellement je pensais que la mayonnaise pourrait prendre encore une fois grâce au matraquage « Taubira ». Même le journal Le Monde qui en a fait son fonds de commerce depuis des années et des années, le reconnait. « La gauche anti raciste loupe la marche ». « Si la gauche n’avait plus que l’antiracisme pour l’extirper de son sommeil doctrinal, il ne lui resterait vraiment pas grand-chose. C’est pourtant ce que laisse penser l’intervention de Manuel Valls au meeting républicain organisé par le Parti socialiste, à Paris, mercredi 27 novembre.: Ceux qui ont insulté Christiane Taubira, s’est enthousiasmé le ministre de l’intérieur, ont fait la démonstration que la gauche pouvait enfin se réveiller, que la gauche était capable d’indignation »

Trente ans après la Marche contre le racisme et pour l’égalité, ce repère se révèle être le lieu de la plus grande confusion, voire d’un certain obscurantisme. Bien sûr, cet état de fait ne date pas d’hier. Quelques années seulement après la fameuse marche, le politologue Pierre-André Taguieff lançait déjà cet avertissement aux antiracistes : » si vous ne voulez pas nourrir la bête immonde que vous prétendez chasser, vous devez ouvrir les yeux sur son nouveau visage ; car le racisme n’invoque plus la biologie pour délirer sur l’inégalité entre les hommes, il fait désormais l’éloge de la différence culturelle et proclame l’incompatibilité des mœurs ; là où le raciste old school opposait des surhommes à des sous-hommes, le raciste new age distingue des assimilables et des non-assimilables. Avec l’apparition d’un racisme différentialiste et culturel, nous sommes entrés dans une zone d’ambiguïté ».

La célébration quasi officielle de la marche d’il y a trente ans par des anti- racistes obsolètes, c’est faite donc dans l’indifférence générale de l’opinion malgré une médiatisation indécente. Confirmation de ce désintérêt avec le bide du film de circonstance malgré un cirage de pompes médiatiques hors du commun. Le film « La Marche », hallucinante propagande antiraciste faisait un bide royal dans les 20 salles parisiennes où il était présenté : 552 entrées. Il n’est même pas sûr que Drucker lui-même y soit allé.

http://metamag.fr/metamag-1701-L’anti-racisme-ca-ne-marche-plus-Quand-plus-rien–ne-marche–rien-ne-marche.html

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (11 avril 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

11 Avr

*  M. Pierre Bergé nous donne encore la nausée :

Un encart publicitaire, en pleine page, signé « La manif pour tous« , pour demander aux sénateurs « le rejet du texte » ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Voilà ce qu’on pu découvrir les lecteurs duMonde, en page 11 de l’édition datée de jeudi, parue mercredi soir. Le texte appelle au refus du « mariage pour tous« , désigné comme le « choc de démocratie que tout le pays attend« .

Cette incursion des opposants au mariage pour tous n’a pas plu à Pierre Bergé, président du conseil de surveillance du Monde et par ailleurs connu pour son engagement en faveur de la cause homosexuelle. L’homme d’affaires, par l’intermédiaire de son compte Twitter, s’est révolté à trois reprises (à l’heure du goûter !) contre la parution de cet encart.

profondément scandalisé que le journal  ait publié une publicité pour  contraire aux valeurs de ce journal. 1/2

  j’ai demandé des explications à Louis Dreyfus. A suivre. 2/2

 
Pierre Bergé devrait donc demander des explications à Louis Dreyfus, président du directoire du Monde. Mais l’affaire pourrait aller plus loin : dans un troisième tweet publié quelques minutes plus tard, le président du conseil de surveillance menace à demi-mot les responsables de la parution de cette publicité de sanction, les qualifiant de « pas dignes de travailler dans ce journal« , et terminant par un « A suivre« .

Cette pub dans  est tout simplement une honte et ceux qui l’ont acceptée ne sont pas dignes de travailler dans ce journal. À suivre.

Nous lui dédions cette maxime , en espérant qu’il sache encore lire la langue de Shakespeare :

*  Après les bandits de grands chemins du RER, les pilleurs du musée du Louvre :

Le Louvre a été fermé mercredi quand ses agents ont cessé le travail pour protester contre la recrudescence d’agressions par des pickpockets, une première pour le plus grand musée du monde.

Le musée rouvrira jeudi, la direction ayant promis des mesures (on aimerait savoir lesquelles), mais cette action reste un coup dur pour l’image touristique de Paris, déjà mise à mal par l’inquiétude des autorités chinoises face aux agressions de leurs ressortissants. Il est vrai que notre belle capitale est depuis trop longtemps, mise en coupe réglée par des bandes de malfaiteurs issue des pays de l’est européen ou des Balkans et entrés dans notre pays grâce aux bienfaits de l’Union européenne. Les mêmes qui subtilisent vos bijoux et vos sacs à main dans le métro ou pillent vos domiciles. Les mêmes encore qui ont rendue particulièrement florissante la prostitution dans les bois péri-urbains…

L’arrêt de travail spontané des agents faisait suite à leur « ras-le-bol ». Ils « sont, eux-mêmes, de plus en plus victimes d’agressions, crachats, menaces, coups et insultes de la part de voleurs en bandes, souvent mineurs, qui dérobent les visiteurs et que rien n’arrête« , dénoncent les syndicats (CGT, FO, SUD).

Ces voleurs, ont témoigné plusieurs agents, sont souvent des mineurs d’Europe de l’Est qui entrent dans le musée (gratuit pour les moins de 26 ans) « à 20 ou 30 » et parfois des adultes, qui bien qu’arrêtés par la police, recommencent à sévir quelques jours plus tard, après qu’ils aient été libérés par la justice.

A la préfecture de police de Paris, on se dit conscient du problème et on relève une recrudescence du phénomène depuis début mars (de quelle année ?…). Mercredi, le commissaire de l’arrondissement a assisté à un Comité d’hygiène et de sécurité au musée, promettant un renforcement « des dispositifs de sécurité dans l’enceinte et aux abords » du musée dans les jours à venir, avec des policiers en tenue et en civil.

Dès mercredi, une opération a été menée, conduisant à onze interpellations, nous dit-on sans rire ! « Ce type d’opération va s’intensifier » (on peut les croire), prévient-on à la préfecture de police, insistant également sur le travail d’enquête mené pour tenter de démanteler les réseaux.

Selon Mme Guyader (Syndicat SUD, la même qui prêche pour la « libre circulation des individus et l’accueil des immigrés clandestins« ), les agents « viennent parfois la peur au ventre au travail« . Plusieurs ont fait état de « visiteurs dévalisés qui se retrouvent sans papiers , déboussolés, dont les agents doivent s’occuper auprès des instances consulaires afin de les aider, ce qui n’est pas leur mission« .

« Il y a toujours eu des pickpockets au Louvre et dans les endroits touristiques du centre de Paris mais depuis un an et demi , ils sont de plus en plus violents, en bandes et leur mode opératoire est rodé. Rien ne les arrête« , a déploré Sophie Aguirre, agent de surveillance dans l’espace muséographique et syndicaliste à SUD.

Selon la direction du Louvre qui s’est dite « très préoccupée » (on le serait à moins. Mais qu’en pensent les visiteurs du musée ?) et a porté plainte elle-même en décembre auprès du parquet de Paris, « 200 agents ont exercé leur droit de retrait » sur le millier qui travaillent au total dans le musée et les 470 présents en moyenne quotidiennement.

Mercredi soir, cependant, les syndicats ont estimé avoir obtenu l’engagement de la direction que des mesures seraient prises dès jeudi et ont décidé de reprendre le travail, a expliqué à l’AFP Christelle Guyader, représentante du syndicat SUD.

Outre l’action policière, les effectifs à l’intérieur du musée devraient être réorganisés tandis que l’entrée sera interdite aux personnes identifiées comme des pickpockets par ses agents. (La Halde ne va pas tarder à monter au créneau !)

Un groupe de travail sur les agressions, que l’administrateur général du Louvre s’est engagé à piloter, sera également mis en place.

« Nous seront vigilants sur la mise en place effective de ces mesures« , a ajouté Mme Guyader (la raison lui viendrait-elle enfin ?)

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti devait contacter son homologue de l’Intérieur, Manuel Valls « afin de mettre en place un dispositif de sécurité adapté à cette situation inacceptable et des moyens policiers supplémentaires à l’extérieur du musée« , selon son ministère.

Elle s’est aussi engagée à « sensibiliser le ministère de la Justice au sujet des plaintes » déposées par les agents et les visiteurs, nombreuses à être « classées sans suite« , selon plusieurs agents.

Alors là, on éclate de rire !

*  L’acier lorrain…est mort !

Malgré l’annonce que l’on peut lire sur le caque de cet ouvrier de Florange, un comité central d’entreprise doit entériner ce jeudi la mort des hauts de fourneaux de l’usine ArcelorMittal. Une mort programmée qui intervient après une série de rebondissements: à l’automne le gouvernement avait notamment évoqué une nationalisation temporaire, puis un possible repreneur, avant de faire marche arrière. Aujourd’hui, les métallos de Florange sont désabusés, ils ne croient plus en la parole des politiques.

Cet arrêt definitif des hauts fourneaux n’a rien d’une surprise . C’est ce qui était prévu dans l’accord signé le 30 novembre dernier entre le gouvernement et ArcelorMittal. Malgré prés de deux ans de lutte et de mobilisation pour la sauvegarde des derniers hauts fourneaux de Lorraine.

Aujourd’hui, les salariés font part de leur amertume. Ils se sentent trahis. « Et même plus que trahis« , s’énerve un ancien des hauts fourneaux. Un autre renchérit : « ça me fait mal toutes ses promesses non tenues par un gouvernement de gauche, enfin qui se dit de gauche« . Un troisième conclut : « à droite comme à gauche, les politiques, c’est tous des menteurs« .

Et si la déception est si grande, c’est qu’à Florange on se souvient trés bien des promesses non tenues. Celles de Nicolas Sarkozy d’abord, qui s’etait engagé a maintenir l’acierie voisine de Gandrage, que Mittal a finalement fermé en 2009.

Les métallos n’ont pas oublié non plus que Francois Hollande (peut-être hanté par l’image de Lionel Jospin avouant à propos d’une fermeture d’usine que l’Etat ne peut pas tout) a fait de Florange LE symbole fort de sa campagne.

Le 24 fevrier dernier, juché sur une camionnette, le candidat socialiste à la présidence était venu dire sa détermination aux salariés. Le chef de l’Etat avait alors promis rapidement une loi sur la reprise des sites rentables. Plusieurs fois repoussée, elle doit finalement être examinée avant l’été.

«  Je viens devant vous prendre des engagements. Je ne veux pas me retrouver dans la situation d’être élu un jour sur une promesse et ensuite, ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue », affirmait il y a tout juste un an François Hollande. Il n’ y a rien pour l’instant dans le dossier Florange qui pourrait permettre une visite triomphale du chef de l’Etat.  Photo archives RL/Julio PELAEZ

Mais ce que les métallos n’arrivent surtout pas à digérer ce sont les rebondissements de l’automne dernier, cette hypothèse de la nationalisation temporaire, à laquelle les salariés se sont accrochés et que l’executif a finalement ecarté.

C’est cet espoir déçu que Lionel Burriello, le délégué CGT de Florange ne pardonne pas à Francois Hollande : « C‘est lui qui est venu nous voir, c’est lui qui nous a fait espérer. Pour quoi au final ? Un copié collé de la politique de Nicolas Sarkozy. En signant l’accord avec Mittal, Hollande est complice de la fermeture de nos hauts fourneaux« .

Le FN a lui bien saisi le profit qu’il pouvait tirer de l’espoir deçu des « Florange ». Un candidat Front National est déja en lice pour les municipales de l’année prochaine.

Il y a trois semaines, Marion Maréchal Le Pen, la toute jeune députée FN du Vaucluse, a fait le déplacement jusqu’en Lorraine pour une opération de tractage au pied des hauts fourneaux. Pas de quoi réjouir Philippe Tarillon, le maire socialiste de Florange.

Quoiqu’il en soit, Edouard Martin, le delégué CFDT, qui a été le meneur du combat des Florange, entend bien pousser Francois Hollande à veiller au respect de l’accord signé avec Mittal et à, dit-il, « solder le dossier Florange« .

Sait-il seulement que nous sommes passés, entre 1981 et 2012, de  » La force tranquille «  de François Mitterrand à  » La farce peinarde «  de François Hollande !

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Quand La Voix de la Russie s’intéresse à la royauté en France

Nous proposons à nos lecteurs des extraits d’un entretien accordé par le professeur Olivier Tournafond (lire aussi notre précédent article : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/03/26/loriginalite-de-la-pensee-royaliste/ ) à un important organe de presse russe, La Voix de la Russie http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/74538918/110162908.html à propos d’une éventuelle réinstauration de la monarchie en France.

La monarchie sauverait-elle la France ?

A un moment donné la monarchie semblait être vouée aux oubliettes en France. Elle n’existait qu’à travers les livres d’histoire où l’auréole des temps jadis resplendissait dans les grands agissements des aïeux. Pour ceux qui sont âgés de plus de 30 ans, on se souvient encore de Du Guesclin ou de Charles Martel, ou encore de l’époque glorieuse de Louis XIV. Certains d’entre nous savent qu’à l’échafaud le dernier Bourbon a demandé à son bourreau des nouvelles du marquis de La Pérouse. La monarchie française a su féconder le monde, car bien que banni par ses égaux, le Marquis de Lafayette, noble français par excellence, sut contribuer à l’éclosion des Etats-Unis. En un sens, la monarchie incarnait et incarne toujours d’ailleurs le règne personnalisé d’un être humain face à la démocratie, système bureaucratique privé de toute humanité qui, selon Bertrand de Jouvenel, grand politologue français, rendit les impôts beaucoup plus lourds et enfanta le vingtième siècle avec toutes ses horreurs indicibles.

Nous en avons discuté avec Olivier Tournafond, monarchiste et fier de l’être, Professeur de droit à Paris, qui a bien voulu se pencher avec nous sur une analyse approfondie des deux modèles sociétaux, à savoir la démocratie et la monarchie, cette dernière pouvant revêtir d’ailleurs des formes assez diverses.

LVDLR. Que pensez-vous de la mise aux enchères du sang séché du dernier Roi de France ?

Olivier Tournafond. Je pense qu’il y a d’une part une volonté de sensationnel et même peut être de spéculation. Je crois que s’il y avait à vendre du sang séché de Lénine ou d’Hitler, cela attirerait également des investisseurs ! Les autographes, les costumes et même les mèches de cheveux sont autant des souvenirs historiques. Mais il y a également un autre sentiment qui s’y trouve mêlé : les gens ont l’impression de prendre possession d’une relique, d’un objet exceptionnel comme le Saint-Suaire qui ouvre sur une autre dimension, celle d’un passé terriblement chargé en drames qu’est la Révolution française. Donc les deux sont intrinsèquement mêlés et, à mon sens et ils expliquent le succès de telles ventes. Cela étant la question est de savoir si l’on doit autoriser ou non ces mises aux enchères d’objets sacrés et symboliques ? Le débat est ouvert.

LVDLR. Le fait sociologique est bien là : les gens s’intéressent aux reliques. Ce qui prouve l’intérêt toujours vivant du commun des mortels à l’égard de la monarchie même si ce sentiment révèle un caractère tant soit peu sacrilège. Que ce soit en France ou en Russie…

 En effet ! Je constate que les sentiments des peuples, russe, français, ou encore européens sont des sentiments mêlés et parfois paradoxaux. Pendant 200 ans, on leur a dit sans discontinuer que la démocratie allait assurer leur bonheur. Cela a été un peu la même chose avec la propagande en faveur de l’Union Européenne et de l’Euros qui devaient eux aussi assurer la prospérité du continent. Et aujourd’hui les gens déchantent ! Qu’il soit démocratique ou européen, ils voient bien que ce système est en grande difficulté. Et ils sont amèrement déçus car ils s’aperçoivent qu’ils n’ont rien gagné du tout et qu’ils ont en outre perdu la dimension sacrée de la fonction politique avec la chute des monarchies. Des sondages réalisés ils y a quelques années démontraient qu’environ 20% de Français éprouvaient une grande sympathie pour la royauté et ne désapprouveraient pas le retour à une monarchie constitutionnelle en France. C’est un chiffre considérable, car 20% correspond à l’audience électorale de grands partis politiques comme l’UMP, le PS ou le FN.

La monarchie peut d’ailleurs revêtir une infinité de formes.

Il existe d’abord les monarchies absolues où le monarque règne sans partage. Certains Etats sont encore gouvernés de cette manière, à ne citer que l’Arabie Saoudite. Malgré son caractère féodal marqué, ce système reste finalement efficace de nos jours. On notera que lors des printemps arabes, les monarchies du Golf ont su résister en jugulant l’insurrection tandis que l’on assistait à la mort des dictatures laïques, pourtant sanguinaires…

Il faut d’ailleurs nuancer. Dans la monarchie absolue qui fut le système politique de la France à l’âge classique et notamment sous le règne de Louis XIV, le roi ne rend pas de comptes à un quelconque parlement. Mais « absolu» n’est pas synonyme de « despotique ». Ce terme signifie seulement « libre de tout lien » ce qui ne veut pas dire « tyrannique ». Le roi de France n’aurait pas eu le pouvoir de marier des personnes du même sexe ou de prélever des impôts confiscatoires…

A l’autre opposé on trouve la monarchie constitutionnelle qui n’est rien d’autre qu’une démocratie couronnée. A titre d’exemple on peut citer le Royaume-Uni, les pays scandinaves, l’Espagne, la Belgique. Dans ce système le roi règne mais ne gouverne pas. Il se contente d’assurer la continuité de l’Etat et la fonction symbolique attachée à la Couronne. C’est une monarchie diminuée mais qui a tout de même le mérite d’exister car elle assure l’unité de la nation. Que serait la Grande Bretagne sans sa Reine. Que seraient devenus les belges sans leur roi ? La Belgique serait-elle restée un havre de sécurité pour les riches contribuables ?

Et entre ces deux modèles opposés il existe une infinité de situations intermédiaires. Des régimes mixtes qu’on peut appeler « monarchies statutaires » ou encore « monarchies institutionnelles », dans lesquelles le pouvoir du roi est réel mais partagé. On en a vu beaucoup d’exemples au XIXeme Siècle et jusqu’à la guerre de 1914. Par exemple en France la Restauration ou le Second Empire correspondent à ce modèle ; le pouvoir appartenait pour partie au Parlement et pour partie au souverain. L’empire des Habsbourg en est un autre illustration remarquable, tout comme l’Empire allemand crée par Bismarck. Dans ces Etats on pratiquait le suffrage universel et la protection sociale ! Actuellement il y a un minuscule Etat en Europe, la Principauté de Lichtenstein, qui continue à fonctionner selon ce modèle. La souveraineté politique appartient conjointement au Prince et au Peuple. Le Prince dispose de la direction politique et d’un droit de veto ; il peut aussi provoquer des référendums. Le peuple de son côté peut s’adresser au Prince pour provoquer une votation exactement comme en Suisse. Et ce système d’alliance du Prince et du Peuple s’avère efficace car ces dernières années il a permis de tenir en échec les puissantes oligarchies parlementaires et financières qui souhaitaient avoir les coudées franches…

Je ne vous cache pas que ce système est celui qui a ma préférence. C’est en quelque sorte la monarchie tempérée par la démocratie directe. L’alliance de l’autorité légitime et du consentement populaire…

La monarchie est un système politique et social qui obéit à une logique tout à fait différente de la logique démocratique. Le régime démocratique, et on le voit bien dans notre système républicain, fonctionne suivant les règles de la logique formelle, c’est à dire des exclusions et oppositions. Il faut toujours choisir : droite ou gauche, Peuple ou Roi, salarié ou patron, progrès ou réaction, hommes ou femmes, riches ou pauvres, etc… C’est un système réducteur, frustrant et à terme intrinsèquement violent. Par contre le régime monarchique est un système de logique paradoxale, d’union des contraires en quelque sorte. Le roi règne, dirige le jeu politique et peut prendre des décisions propres. Mais en même temps il peut laisser au peuple de très grands espaces de liberté et mettre en place des mécanismes d’autogestion. On a découvert, par exemple, que sous la Monarchie Française, dans le sud-est et du côté du Dauphiné, il existait un territoire appelé « la République des Escartons » qui fonctionnait en démocratie directe à la manière des cantons suisses. La population gérait son territoire, votait les impôts, élisait ses représentants. Les rois de France ne remirent jamais en cause ces libertés qui étaient assimilées à des privilèges et qui étaient donc à ce titre garanties par la Couronne. Quel exemple et quelle modernité ! Ce n’était pas le seul exemple. Et c’est la Révolution française qui a mis fin à ces libertés au nom de l’égalité face à l’Etat !

LVDLR. Il est vrai que la Belgique a su éviter la sécession grâce à son monarque… Je voulais maintenant vous demander votre avis sur le cas de l’Espagne…

La question de l’Espagne est une question extrêmement intéressante et actuelle. Le Roi Juan-Carlos se retrouve sur la sellette dans une position assez inconfortable. Le souverain a été porté par la vague européenne. En 1982 lors du coup de force du colonel Terejo, il a choisi la démocratie parlementaire et l’ouverture à l’Europe. Ce choix lui a assuré une très grande popularité pendant trente ans, autrement dit quand tout allait bien. L’ennui c’est que maintenant la vague européenne reflue parce que tout va mal. Au sud de l’Europe tout le monde vitupère l’Europe et l’Euro. On le voit à Chypre ou en Grèce. Désormais, en proie à des difficultés analogues, le peuple espagnol est devenu hostile à cette construction abstraite, parfois inhumaine. On peut penser qu’une éventuelle proclamation de l’indépendance par la Catalogne mettrait alors le feu aux poudres. Ce n’est pas une hypothèse d’école, car en février dernier il y a eu une mise en garde sérieuse de la part du chef d’Etat Major des armées espagnoles. Il a clairement indiqué que si la Catalogne proclamait son indépendance, l’armée ne se considérerait plus liée par la constitution ni envers le gouvernement. Ce qui signifierait concrètement un coup d’Etat et une répétition du scénario de 1982.

Quelle serait alors l’attitude du Roi ? Essaierait-il à nouveau, comme il y a trente ans de sauver une démocratie parlementaire désormais discréditée, prenant alors le risque d’être balayé par une vague populaire et massive de rejet ? Ou bien prendrait-il la tête de la contestation en instaurant un nouveau régime dans lequel il exercerait un pouvoir effectif ? Vous admettrez que c’est une situation à hauts risques ! Elle montre bien les limites de la monarchie constitutionnelle dans lequel le Prince inactif peut devenir l’otage du système…

LVDR.En conclusion on pourra toujours discuter des arguments avancés par les participants dans ce genre de débat, mais les faits sont bien là. Il va sans dire que la France, pour en revenir à elle, se trouve dans une impasse existentielle en forme en quelque sorte de « queue de poisson ». Et si cette voie s’avère sans issue, peut-être vaudrait-il mieux faire marche arrière tant qu’il est encore temps pour renoncer à l’héritage sanglant de cinq Républiques qui ont finalement échoué ; et pour reprendre le cours de l’histoire sur des bases plus saines. Cette Histoire qui a fait les grandes heures de ce pays, celui qui se fit connaître sous le nom de « France » avec tous ses héros et tous ses génies. Tous désormais proscrits au nom d’un Nouveau Régime mondialiste, anonyme, sans âme, ni cœur, ni religion, ni pays…

Le 11 avril 2013.

Jean-Yves Pons.

 

 

Pourquoi la gauche prétend-elle augmenter encore les impôts ?

8 Avr

Voici une tribune libre édifiante et à méditer de Louis Morin*, paru dans Le Monde du 28 mars 2013.

Converti à la baisse des impôts à la fin des années 1990, le  Parti socialiste défend désormais la baisse des dépenses. Les catégories populaires et moyennes vont payer l’addition des cadeaux fiscaux qui, depuis 2000, ont bénéficié aux plus aisés. Le refus du président de la République d’honorer sa promesse d’une réforme fiscale et d’augmenter les impôts a des conséquences désastreuses, alors que notre pays s’enfonce dans la crise.

Il ne faut pas se méprendre. La nécessité de réduire les déficits n’est plus discutable, compte tenu de l’état des comptes publics. L’endettement finance de moins en moins des investissements pour les générations à venir, et de plus en plus les dépenses du quotidien. Les charges d’intérêt représentent les deux tiers du budget de l’éducation nationale. Elles enrichissent les plus riches, ceux qui ont les moyens d’épargner et de prêter à la collectivité. Economiser l’argent public est un impératif, quelle que soit la situation économique.

Chaque fonctionnaire doit avoir conscience que sa paie est aussi financée par les plus pauvres, quand ils font leurs courses par exemple. On peut réaliser des économies en supprimant des services inutiles. Enfin, soyons réalistes : la majorité précédente a gouverné dix ans et a déjà fait une grande partie des économies possibles. Le fameux train de vie de l’Etat et des collectivités a déjà été ponctionné. La dépense publique, ce sont des services publics bien concrets et pas seulement les salaires des ministres : ceux qui veulent couper à tout-va doivent dire ce qu’ils veulent supprimer, au lieu de rester dans le vague. Souhaitent-ils moins de sécurité, d’enseignement, de soins, de retraites, de justice ? Alors que le nombre de demandeurs d’emploi atteint des records, va-t-on s’attaquer aux plus faibles ?

L’essentiel n’est même pas là. Admettons que l’on puisse économiser 10 ou 20 milliards de dépenses par an. Qui peut défendre qu’il n’en est pas autant à réaliser de façon urgente ? De l’accueil de la petite enfance aux maisons de retraite, en passant par les hôpitaux ou les prisons, la sécurité, la justice ou l’enseignement : chacun s’accorde, bien au-delà des clivages politiques, sur l’ampleur des besoins collectifs… Tout en dépensant moins, on dépensera alors autant.

La France est parmi les pays où les dépenses publiques sont, nous dit-on, au plus haut. Mais la comparaison est un non-sens. Cette situation est due aux dépenses de protection sociale en matière de santé et de retraites, moins souvent qu’ailleurs confiées aux assureurs ou aux banquiers et donc comptabilisées comme publiques… Quelle différence pour le citoyen ? La France se situe dans la moyenne si l’on considère les dépenses de l’Etat et des collectivités locales…

La seule alternative aux coupes dans les dépenses est la hausse des impôts. Economiquement, c’est indispensable, et il est socialement juste que les contribuables – sauf les plus modestes – participent au redressement du pays en fonction de leurs « capacités contributives », comme le veut notre Constitution.

« Oui, mais alors, nous dit-on, vous allez freiner l’activité. » Une hausse d’impôt a-t-elle un impact plus grand qu’une baisse de dépense ? Les coupes actuelles nous enfoncent autant dans la récession… Les baisses d’impôts ont nourri l’épargne, c’est aussi l’épargne qui financera les hausses de taxes. L’argent public n’est pas englouti dans un trou noir économique, mais injecté dans un circuit. Contrairement aux gains procurés par une baisse de l’impôt sur la fortune, une augmentation du RSA repart intégralement en activité pour les commerçants du quartier… Comment vivraient les médecins sans remboursements de soins ? Les entrepreneurs de travaux publics sans commande publique ? Une grande partie des secteurs fonctionnent grâce à l’argent de la collectivité.

Drogués aux sondages, l’Elysée et Matignon sont pétrifiés à l’idée d’un effort national. Croyant analyser l’opinion, l’exécutif bâtit son action sur des réponses sans valeur à des questions qui n’engagent à rien… A gauche comme à droite, on répondra oui aussi à : « Voulez-vous que les personnes âgées démunies ne finissent plus leur vie dans des mouroirs ? » La gestion de l’action publique sous l’emprise des sondages aboutit à une absence de vision à long terme, de cohésion et au tohu-bohu des annonces, toutes « validées »… La fin du politique au profit d’une forme de démagogie molle, conçue sur l’idée de l’opinion que se font trois ou quatre instituts, interprétée par une poignée d’intellectuels. La dégringolade de la popularité du gouvernement résulte de ce pilotage à vue et d’un décalage dévastateur entre les discours et les actes.

« Le changement, c’est maintenant »… L’expression prête aujourd’hui à sourire. C’est dramatique pour la politique et en particulier vis-à-vis des jeunes. Pourtant, le changement est-il passé aux oubliettes des sondages ? Le discours officiel du Parti socialiste sur la nécessité de ne pas augmenter les impôts reflète-il ce que pensent les militants et les élus ?

En politique, il est toujours temps de changer. De défendre des valeurs. Il faut en finir avec la démagogie qui consiste à montrer du doigt les plus faibles (les étrangers, les pauvres « assistés », etc.) pour défendre un effort collectif de redressement national. Cette forme de courage politique pourrait d’ailleurs être payante électoralement, aussi paradoxal que cela semble aux sondeurs.

Louis Morin, Directeur de l’Observatoire des inégalités.

* L’Observatoire des inégalités,

fondé en 2003 par Louis Maurin, Serge Monnin

et Patrick Savidan, est une association indépendante d’information et d’analyse sur les inégalités situé à Tours. Il s’appuie sur un réseau de citoyens.