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BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (20 juin 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

20 Juin

Abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789

*  Chiche !

Tandis que le Parlement accouche, non sans peine, d’une loi sur la moralisation de la vie politique, dix députés « en colère » (comme les motards !) s’engagent dans « le Nouvel Observateur ». « Osons rénover l’Assemblée ! »  et « abolissons nos privilèges » lancent ces élus lucides qui ont compris que les petits arrangements avec la morale républicaine n’ont que trop duré. Un miracle ou, tout simplement, la crainte de sentir davantage que le seul vent du boulet lors des prochaines échéances électorales ? Il est vrai que le temps presse. Jamais la défiance à l’égard de la représentation nationale n’a été aussi profonde : selon un sondage réalisé en pleine affaire Cahuzac, 77% des Français considéreraient que leurs élus sont « malhonnêtes« . Le jugement, suggéré par le questionnaire de l’institut OpinionWay, est évidemment outrancier. Mais, pour le modifier en profondeur, il conviendrait sans doute de corriger une fois pour toutes les mille et un avantages dont jouissent nos élus. Lutte contre les conflits d’intérêts, transparence du patrimoine, abolition du régime spécial des retraites, fin de l’exonération fiscale de l’indemnité de frais de mandat, suppression de la réserve parlementaire, etc… Nos dix élus, de droite comme de gauche, suggèrent des solutions concrètes. Ils vont beaucoup plus loin que la « moralisation » proposée par le gouvernement et qui ne trompe personne. La preuve en est qu’ils se voient aussitôt traités de  » poujadistes  » (insulte suprême) par Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale lui-même !

Alors, au-delà de ces voeux pieux, largement circonstanciels, prenons-les au mot et disons leur : CHICHE ! Peut-être feront-ils cela dans la nuit du 4 août, qui sait…

*  Budget de la défense : ATTENTION, DANGER !

Un intéressant article paru dans l’Express http://www.lexpress.fr) montre combien le savoir-faire exceptionnel de nos forces armées pourrait être réduit à néant par les coupes opérées dans les prochains budgets de la défense. Les interventions percutantes et audacieuses de nos soldats en Libye et en Côte d’Ivoire en 2011 puis en 2013 au  Mali ont forcé l’admiration des militaires américains et britanniques. Nos alliés, pas toujours si tendres vis à vis de nos actions, ont souligné unanimement la très forte réactivité et l’efficacité remarquable dont ont fait preuve nos forces armées, lors de ces opérations récentes. Ces qualités reposent avant tout sur la valeur de nos soldats mais aussi sur un entrainement de haut niveau qui risque de faire les frais de futurs ajustements budgétaires et mettre en péril le savoir faire largement reconnu de nos armées.  En effet, quand les budgets ne sont pas à la hauteur des prévisions, les abattements financiers portent classiquement sur les crédits liés aux rechanges et à la maintenance des avions, des bateaux ou des véhicules blindés dont on ne peut mesurer malheureusement les effets négatifs que plusieurs années plus tard. Or la disponibilité des matériels, de plus en plus coûteuse, est en relation directe avec le niveau d’entrainement de nos forces armées. On pourra rétorquer qu’un certain nombre de nos militaires effectuent des opérations de guerre et qu’ainsi ils conservent, de fait, un haut niveau d’entrainement. Mais nos soldats ne sont pas tous concernés par ces missions de guerre. Par ailleurs, à leur retour en France, après une période de récupération, ces combattants ont besoin de se réentrainer conformément à l’adage bien connu: « We fight as we train » – « on combat comme on s’entraîne ». On pourra aussi mettre en avant la simulation qui apporte, sans nul doute, une plus value dans l’entrainement particulièrement dans le débriefing des exercices où chaque phase peut être décortiquée en détails. Le centre urbain installé sur le camp de Sissone, dans le nord de la France est un bon exemple de l’apport de la simulation dans l’entrainement de l’armée de terre. Elle permet aussi d’entrainer efficacement les personnels affectés dans les centres de commandement interarmées. Ainsi, l’exercice majeur de l’Ecole de guerre est simulé par ordinateur. Mais l’apport indéniable de ces moyens modernes ne peut remplacer un entrainement régulier dans les airs, sur mer ou sur terre. La connaissance de ces différents milieux est indispensable pour nos soldats afin qu’ils puissent intervenir efficacement en opérations, le jour venu. Ainsi les chasseurs alpins, par exemple, ont pu mener avec succès des opérations dans les montagnes afghanes parce qu’ils s’étaient entrainés régulièrement dans les Alpes. Nos pilotes de transport ont pu se poser sur des terrains très sommaires en Libye ou au Mali parce qu’ils se sont entrainés de jour comme de nuit sur des pistes en terre battue, en France. Nos marins effectuent quotidiennement leur mission de contre piraterie maritime au large de la Somalie ou dans le Golfe de Guinée parce qu’ils se sont longuement entrainés pour cette mission au large de nos côtes. On l’a compris savoir voler, naviguer, maitriser le terrain correctement est indispensable pour pouvoir intervenir efficacement en opérations. Il faut noter, parallèlement qu’un savoir faire de qualité est long à acquérir mais aussi très facile à perdre. L’armée de l’air possédait au milieu des années 1990 quelques drones « Hunter ». Ses personnels purent ainsi, grâce à ce petit drone apprendre à utiliser efficacement des avions pilotés à distance. Malheureusement, en 2004 l’armée de l’air dut abandonner ce système par manque de pièces de rechanges. Le successeur du Hunter ayant pris de gros retards, les équipes furent dissoutes et le savoir faire long à réacquérir… De la même manière les britanniques sont entrain de perdre, après la décision brutale d’arrêter leur avion de patrouille maritime « Le Nimrod » pour des raisons budgétaires, un savoir faire stratégique fragilisant leur propre dissuasion nucléaire sous-marine. Il semblerait, toutefois pour éviter cette perte stratégique, que les personnels concernés aient été envoyés au Canada et en Australie pour continuer à voler sur un appareil similaire: le P3 « Orion ». Par delà ces raisons purement opérationnelles, n’oublions pas que le niveau d’entrainement agit fortement sur le moral de nos soldats. Ces derniers ne se sont-ils pas engagés dans les armées de l’air, de mer et de terre parce qu’ils avaient une envie très forte de voler, naviguer ou « crapahuter » ? Les priver de leurs motivations ou les contraindre à des taches uniquement ancillaires sur leurs bases aériennes dans leurs ports ou dans leurs casernes serait, à l’évidence, désastreux pour leur moral. En conclusion, il faudra dans les prochaines années surveiller avec une grande attention le niveau réel de crédits consacré à la disponibilité des matériels et donc à l’entrainement, car le savoir faire exceptionnel dont font preuve aujourd’hui nos armées ainsi que le moral de nos soldats sont à ce prix !

Et, qui plus est, n’oublions pas que nous avons toutes les chances de devoir compter, avant longtemps, sur les capacités de nos forces armées pour remettre de l’ordre dans notre propre pays et assurer la protection de nos compatriotes face aux troubles sociaux et ethniques qui ne vont pas manquer de se produire.

*  Et si on fermait France Télévision (bis) :

Dans notre Bulletin climatique du 13 juin dernier nous osions cette provocation à la suite de la décision du Premier ministre grec de mettre brutalement un terme aux activités des différents secteurs de l’audiovisuel de son pays. Le même jour retentissait le coeur des vierges effarouchées de nos médias hurlant et vociférant contre cette « mesure dictatoriale » de M. Samaras. Mais oubliant bien sûr combien l’audiovisuel grec était devenu une caricature de la corruption et de la gabegie dont a tant souffert ce malheureux pays. Voyez vous-même . Car  les chiffres sont vraiment terrifiants : des salaires mensuels exorbitants touchant les vingt mille euros pour les directeurs, les trois à six mille euros pour les directeurs de programmes et de deux à trois mille euros pour les présentatrices du journal tandis qu’un maître de conférences à l’Université d’Athènes touche à peine neuf cent euros.Cela sans compter les coûts des heures supplémentaires arbitrairement distribuées comme un butin de guerre. Et les scandales ne s’arrêtent pas là : quarante cinq mille euros d’allocations familiales illégales pour le président de l’organe syndical de l’ERT (la télévision grecque), la POSPERT (un nom prédestiné !); des embauches arbitraires et des employés qui utilisaient des collaborateurs externes pour faire leur propre travail ; des réalisateurs qui recevaient leur salaires mensuels des années durant sans jamais mettre le pied dans le bâtiment de Hagia Paraskevi ; sans parler du fait que l’ERT était systématiquement l’organe de propagande de chaque nouveau gouvernement qui sans pouvoir licencier les anciens maîtres, embauchait les nouveaux afin d’en prendre le contrôle. Et cela depuis des décennies, dans la plus parfaite connaissance et approbation silencieuse des gouvernements successifs qui n’osaient pas toucher aux sacro-saints privilèges de la libre information et de la culture pour tous. En tout, l’ERT nécessitait d’un budget annuel global de 290 millions d’euros, prélevé directement sur les factures d’électricité, ce qui était rarement suffisant, et cela pour une audience qui dépassait rarement deux et demi pour cent du public. Mais le Premier Ministre grec était bien entendu préparé pour faire face au cirque déclanché par les médias européens : le projet de loi de la création de la nouvelle chaine publique est déjà à la disposition de tous. Il prévoit le fonctionnement d’un nouvel organisme avec un millier d’employés, au lieu de trois mille, tous embauchés par un concours public, dans l’ordre et la transparence qu’exigent les institutions démocratiques. Son but sera de préserver et de faire connaître le patrimoine et l’histoire de la Grèce, d’assurer une information objective et transparente tant en Grèce qu’ à l’international, de servir la culture et l’éducation helléniques. Il n’a jamais été question d’arrêter la chaine audiovisuelle publique mais de la transformer. La décision provisoire récente du Conseil Constitutionnel va dans ce sens et réconforte la position d’Antonis Samaras. Les juges ordonnent en effet la réouverture et le fonctionnement de la chaine publique avec un service de sécurité minimal, qui ne fera pas nécessairement partie du personnel déjà licencié de l’ancienne ERT, et cela jusqu’à la réouverture définitive de la chaine publique sous sa nouvelle forme. Par ailleurs, le Conseil juge que la fermeture de la chaine publique en sa forme actuelle est tout à fait conforme à la Constitution.

Quel beau pays que la Grèce qui se souvient si bien de sa mythologie, au point de laver à grande eau les écuries d’Augias ! Quelle belle idée dont nous devrons savoir nous inspirer lorsque le Roi sera de retour…

*  Ces salopards veulent la guerre, ils l’auront !

Un opposant au mariage homosexuel de 23 ans, Nicolas, a été condamné mercredi à deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt, notamment pour rébellion, par le tribunal correctionnel de Paris.

Il s’agit de la première condamnation assortie d’un mandat dépôt prononcée à l’encontre d’un opposant au mariage homosexuel. Le jeune homme était présent dimanche avec quelque 1.500 opposants au mariage homosexuel devant les locaux de la chaîne de télévision M6, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où François Hollande participait à l’émission « Capital ». Il a ensuite manifesté avec d’autres opposants au mariage homosexuel dans le XVIe arrondissement, où il a été interpellé au prétexte qu’aucune manifestation n’avait été déclarée. Le jeune homme a refusé de se livrer à un prélèvement de ses empreintes ou à un prélèvement ADN. Il a été condamné pour rébellion et refus de prélèvement lors d’une audience en comparution immédiate, mercredi après-midi à Paris, à quatre mois de prison, dont deux ferme, avec mandat de dépôt et 1.000 euros d’amende. Peu de temps auparavant les mêmes juges rouges « infligeaient » des « avertissement solennels » et quelques peines de principe avec sursis aux bandits de grand chemin qui ont pris d’assaut le RER D et pillé des voyageurs.

Ces gens-là devront rendre gorge et seront pendus à la lanterne.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Nice 2013. Un été pour Matisse

A l’occasion du cinquantenaire du musée Matisse, installé sur les hauteurs de Cimiez depuis 1963, la Ville de Nice présente dans ses musées un exceptionnel programme de 8 expositions qui, toutes, renvoient à la figure, à l’œuvre et à la postérité d’Henri Matisse qui développa une part essentielle de son œuvre à Nice et sur la Côte-d’Azur.

Pour tout savoir sur cet événement, rendez-vous sur le site « Un été pour Matisse » ! http://matisse2013.nice.fr/

Des hauteurs de Cimiez à la Promenade des Anglais, en passant par le Vieux-Nice, 8 expositions, présentées simultanément dans 8 Musées municipaux, inviteront les visiteurs à un parcours inédit qui les conduira du Musée Matisse, au Musée d’archéologie, au Théâtre de la Photographie et de l’Image, au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, au Palais Lascaris, à la Galerie des Ponchettes, à la Villa Masséna et au Musée des Beaux-Arts. Deuxième ville de France, après Paris, pour la fréquentation de ses Musées municipaux, avec près de 700 000 visiteurs en 2012, la Ville de Nice a souhaité rendre un hommage à sa mesure, à la figure, à l’oeuvre et à la postérité du peintre amoureux de la capitale azuréenne tout en mettant en valeur la diversité de ses musées.

Femme de l'artiste, par Henri Matisse

Henri Matisse, Femme de l’artiste.

Début septembre 1905, le critique d’art Félix Fénéon offre à Matisse, homme du Nord, né au Cateau-Cambrésis, un billet de train qui lui permet de découvrir Cannes, Nice, Monaco et Menton. Douze ans plus tard, en décembre 1917, Matisse retrouve Nice. Il s’installe dans une petite chambre de l’hôtel Beau-Rivage. La rencontre du peintre avec Nice est une véritable révélation. Durant les presque 40 ans qu’il passe à Nice et dans la région niçoise, jusqu’à son décès le 3 novembre 1954, l’artiste honore la Côte d’Azur d’une fidélité et d’une passion indéfectibles. Il y puisera l’inspiration qui a donné naissance à de nombreux chefs-d’oeuvre.Un événement culturel d’envergure.

Henri Matisse, Pastoral.

Les expositions de Nice 2013. Un été pour Matisse ont bénéficié de prêts de musées français et étrangers parmi les plus prestigieux : Centre Pompidou, Bibliothèque nationale de France, Mobilier national, Château de Versailles, Musée d’Orsay, Musée national Gustave Moreau, Museum of Modern Art de New York, National Gallery of Art de Washington, Philadelphia Museum of Art, The Andy Warhol Museum… S’y sont ajoutés de nombreux prêts de Musées de France, notamment de ceux situés dans la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ainsi que de collections privées. En tout, ce sont plus de 700 œuvres qui seront ainsi présentées au public.

Le 20 juin 2013.

Jean-Yves Pons, CJA

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (18 avril 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

18 Avr

*  L’espérance de vie en bonne santé stagne :

Les Européens vivent de plus en plus vieux, mais leur « espérance de vie en bonne santé » après 65 ans stagne depuis 2005, atteignant 8,8 ans pour les hommes et 8,6 ans pour les femmes, selon des chiffres rendus publics mercredi à Paris dans la revue Population et Sociétés (http://www.ined.fr/fr/publications/pop_soc/).

Alors que l’espérance de vie à 65 ans a augmenté de 1,3 an pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes depuis 2005 dans les 27 pays de l’Union européenne, l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), devenue un indicateur important des politiques européennes, n’a pratiquement pas bougé, augmentant de 0,2 an seulement pour les hommes et diminuant même de 0,2 an pour les femmes au cours de la même période.

« Cela signifie que les années de vie supplémentaires sont vécues avec des limitations d’activité« , explique Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm qui coordonne l’Action européenne conjointe sur les années de vie en bonne santé (EHLEIS).

La France reste la championne de « l’espérance de vie à 65 ans » (à savoir le nombre d’années à vivre pour une personne âgée de 65 ans), affichant 19,3 ans pour les hommes et 23,8 ans pour les femmes en 2011, contre 18 ans pour les hommes et 21,4 ans pour les femmes dans l’ensemble des pays de l’UE.

La France fait partie des pays où l’espérance de vie à 65 ans a le plus augmenté: 1,8 an pour les femmes et 1,6 an pour les hommes entre 2005 et 2011.

Mais comme dans le reste de l’Europe, l’espérance de vie en bonne santé a stagné en France entre 2005 et 2011, surtout en ce qui concerne les femmes (+0,3 an, considéré comme « non significatif ») , les hommes ayant pour leur part gagné 1,2 an, soit nettement plus que la moyenne européenne.

Des écarts importants, pouvant atteindre plus de 10 ans, subsistent entre les différents pays européens, selon des chiffres publiés en mars par Eurostat, l’office statistique de la Commission européenne. Les hommes lituaniens ont ainsi une espérance de vie à la naissance de 68 ans contre 79,9 ans pour leurs homologues suédois.

Des différences existent également en ce qui concerne l’espérance de vie en bonne santé qui va de 52 ans en Slovaquie pour les hommes qui naissent actuellement, à 71,1 ans en Suède (chez les femmes, les chiffres vont de 52 ans en Slovaquie à 70,7 ans à Malte).

À 65 ans, l’espérance de vie en bonne santé atteint encore 15 ans chez les femmes suédoises ou norvégiennes, mais tombe à 9,9 ans chez les femmes françaises et à 9 chez les femmes espagnoles dont les espérances de vie globales font partie des plus élevées d’Europe.

« C’est probablement dû au fait que les pays nordiques privilégient l’autonomie et favorisent plus l’indépendance des individus alors que les pays du sud réussissent à faire vivre leur population plus longtemps avec des incapacités ou des maladies chroniques » explique M. Robine.

Le cas le plus intéressant est celui du Danemark où l’espérance de vie à 65 ans chez les femmes est inférieure de près de 4 ans à celle des Françaises, alors que leur espérance de vie en bonne santé est supérieure de près de 3 ans.

Au chapitre des bonnes nouvelles, M. Robine cite un nouvel indicateur qui mesure les années de vie où les gens se perçoivent en bonne santé, qui a augmenté paradoxalement en Europe entre 2005 et 2011 (1,5 an pour hommes et 1,6 an pour les femmes), alors même que le nombre des personnes vivant avec des incapacités ou des maladies chroniques augmentait. Ce qui montre l’efficacité encore réelle des services de santé et de soins à la personne.

Mais pour combien de temps, quand on considère la vitesse à laquelle se dégrade la santé des plus pauvres dans les pays européens les plus frappés par la crise (vous serez particulièrement édifiés par un très récent article paru dans l’ International Herald Tribune et intitulé « Beaucoup d’enfants ont faim en Grèce« http://www.nytimes.com/2013/04/18/world/europe/more-children-in-greece-start-to-go-hungry.html?ref=global-home&_r=0 – ) ?

*  Dans la rubrique « Ils vous mentent » :

(Entretien avec Eric Verhaeghe, Mathieu Mucherie et Sophie Pedder )*

Non, la crise de l’euro n’est pas finie

  • Le président français a affirmait lundi 10 décembre 2012 : « la crise de la zone euro est « derrière nous ». A condition que nos créanciers continuent à acheter notre dette…

Eric Verhaeghe : Soyons clairs: l’euro est une monnaie en crise structurelle permanente. Pour une raison simple: les distorsions entre les pays de la zone euro ne sont pas mises sous contrôle par une politique budgétaire harmonisée. Tout le monde sait cela depuis les années 60 et l’invention de la théorie de la zone monétaire optimale. Selon cette théorie, une monnaie unique ne peut fonctionner que si elle s’accompagne d’une politique économique concertée sur l’ensemble de la zone de monnaie unique.

Quand on a créé l’euro, cette théorie était parfaitement connue et, pour le coup, les politiques ont fait semblant de ne pas savoir. Ils ont créé la monnaie unique en jurant que sa réussite n’exigeait pas une diminution de la souveraineté nationale en matière budgétaire. C’était un mensonge pur. Certains ont fait le pari que l’euro produirait de la croissance et que la question de l’harmonisation budgétaire ne se poserait pas immédiatement.

Mathieu Mucherie : La crise en zone euro ne peut que continuer tant que la terreur monétaire (des taux 300 points de base trop hauts pour nous et 600 points de base trop hauts pour les Espagnols) continuera, c’est-à-dire tant que la BCE indépendante n’aura pas été destituée d’une façon ou d’une autre.

En attendant, la dette privée et publique ne peut se réduire, compte tenu des pressions déflationnistes, le refrain est bien connu depuis Irving Fisher au moins. Au mieux ce sera la japonisation au Nord (mais la France fera-t-elle partie du Nord ?) et l’Argentinisation au Sud (mais sans le soja OGM et les matières premières pour amortir). Tous aux chaloupes, et bonne chance.

Sophie Pedder : François Hollande avait un problème : il semblait voir la crise en zone euro comme une petite crise de nature conjoncturelle à laquelle succéderait rapidement et facilement la croissance économique et les bénéfices qui y sont inhérents. En réalité, nous sommes parti pour des années et des années de croissance molle en Europe comme ce fut le cas pour le Japon. Nous ne sommes pas dans une situation conjoncturelle mais structurelle. La croissance semble faire son retour au niveau mondial, les pays émergents étant devenus les moteurs de celle-ci. Seule l’Europe est encore en récession et les politiques, surtout en France, n’ont pas encore trouvé de nouveaux moteurs de croissance internes pour l’avenir de notre pays.

Nous ne pouvons pas parler d’une crise bientôt finie puisque nous connaissons actuellement une véritable mutation structurelle de notre économie. La France doit miser sur le high-tech, l’innovation et le savoir. Nous ne pouvons plus attirer les investisseurs avec nos usines automobiles. Il nous faut le Google français de demain et plus globalement les entrepreneurs des secteurs d’avenir. Nous ne pouvons plus être dans le déni.

* Éric Verhaeghe est l’ancien Président de l’APEC (l’Association pour l’emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). 
Diplômé de l’ENA (promotion Copernic) et titulaire d’une maîtrise de philosophie et d’un DEA d’histoire à l’université Paris-I. 

* Mathieu Mucherie est économiste de marché sur Paris, et s’exprime ici à titre personnel.

* Sophie Pedder est Chef du bureau de The Economist à Paris depuis 2003.
Elle est l’auteur de Le déni français aux éditions JC Lattès.

* Souvenir, souvenir…

Il n’est pas inutile, en ces temps où règnent le mensonge, les turpitudes et l’incompétence, de rappeler le communiqué de presse de Harlem Désir et de Karine Berger, au nom du Parti socialiste, le 5 décembre 2012 :

 » Les attaques contre Jérôme Cahuzac sont inacceptables. Le combat politique n’autorise pas tout. Le Parti socialiste condamne fortement les attaques et les calomnies sans fondement à l’encontre de Jérôme

Cahuzac. C’est le combat du Ministre du Budget contre la fraude fiscale et pour la justice fiscale qui est ici visé par ses adversaires. Le Parti socialiste réaffirme tout son soutien à Jérôme Cahuzac pour le combat qu’il mène en faveur de la justice et de l’intérêt général. »

Mais ce n’est pas tout !

Après les aveux puis la fausse « confession » télévisuelle (BFM TV) de Jérôme Cahuzac, nombreux sont ceux parmi les journalistes qui critiquaient ou mettaient en doute les investigations de Mediapart qui, de peur d’être montrés du doigt, se réfugient frileusement derrière LE MENSONGE de l’ex-ministre. Allant même jusqu’à convoquer la fine fleur de la psychanalyse (comme Pascale Clark, sur France inter) pour nous expliquer, au cours de leurs sabbats médiatiques, les différences qui pourraient exister entre le mensonge, l’imposture et… »la part d’ombre » de chacun de nous ! C’est tellement facile, après.

Souvenez-vous quand même, par exemple, de Jean-Michel Aphati (RTL et Canal +) disant au Point: « Quelles sont leurs preuves ? Je m’interroge sur cette pratique du journalisme. Mediapart affirme que Cahuzac a transféré son compte à Singapour. Et on est obligé de les croire ? ». Ou encore sur son compte Twitter, en mars dernier: « Trois mois après l’enquête de Mediapart, nous ne savons toujours pas si Cahuzac a eu un compte en Suisse. C’est dire si l’enquête est bonne. » Mais on peut en citer d’autres, telle Cécile Casciano, de L’Express qui accusait Mediapart de « feuilletonner », c’est à dire de « mettre ne scène l’information en la découpant par épisodes, en gardant de nouveaux éléments sous le coude« . Ajoutant aussi: « Outre le supplice chinois que doit subir la personne mise en cause, ce procédé affaiblit, en l’étalant dans le temps, la force du scoop et peut, pour certains observateurs, porter atteinte à la crédibilité du média qui l’emploie. » Qu’en termes perfides ces choses-là sont dites…

Tous ces imposteurs nous montrant, en réalité, à la fois leur connivence initiale avec le pouvoir, genre « Touche pas à mon pote« , et leur lâcheté finale une fois que le pot aux roses a été découvert.

C’est à vomir…

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Signac , les couleurs de l’eau

29 mars – 2 juillet 2013

Dans le cadre de la seconde édition du festival Normandie Impressionniste consacrée au thème de l’eau, le musée des impressionnismes Giverny organise une exposition « Signac, les couleurs de l’eau ». 

Comme Claude Monet, Paul Signac a trouvé une source d’inspiration constante dans l’évocation de l’eau et de ses couleurs. 
Depuis les premières marines peintes sur le littoral normand avec une vigueur et une liberté impressionnistes jusqu’aux amples architectures portuaires aux couleurs vives d’après-guerre, la description de l’eau et du ciel offrirent à Signac un inépuisable prétexte à multiplier les variations chromatiques. 

L’exposition compte environ 130 œuvres, peintures, aquarelles et dessins. Elle est complétée par une riche section documentaire (photographies, publications et correspondances) présentée avec le concours des Archives Signac.

Paul Signac, Port-en-Bessin. Le Catel, 1884. Collection particulière

Organisée par le musée des impressionnismes  Giverny en collaboration avec le musée Fabre de Montpellier Agglomération.

Adresse : 99 Rue Claude Monet, 27620 Giverny
Téléphone :02 32 51 94 65
Le 18 avril 2013.
Jean-Yves Pons.