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La face volontairement cachée de l’identité de la France.

15 Août

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Nous avons dû subir pendant de longs mois, avant qu’elle ait la fin piteuse qu’elle méritait, la guignolade sarkozienne pompeusement intitulée « Débat sur l’identité de la France ». Ouvrir ce débat après 1500 ans d’un destin hors du commun ne peut témoigner que de la consternante amnésie des uns et de la perfide volonté de nuire des autres. On y vit d’ailleurs s’affronter, sans la moindre sincérité tant leur connivence est avérée, les gesticulations électoralistes des Diafoirus au pouvoir et les cris d’orfraie des Grands-Prêtres du métissage. En vérité ce débat n’est pas le nôtre. C’est celui de la République, de ses mensonges et de ses échecs. L’accepter c’est se laisser corrompre par une démarche relativiste dans l’air du temps mais dont l’unique objectif est précisément la négation de l’identité française.

Tenter de lire l’avenir de notre pays dans les racines de son histoire et s’interroger sur les menaces qui pèsent sur lui est une démarche éminemment louable et sans doute nécessaire face aux avancées de la barbarie. Mais est-elle suffisante si elle ne donne pas à voir la clé de notre identité ? Fernand Braudel nous mettait pourtant sur la voie dans son livre-testament (1) : « Une nation ne peut être qu’au prix de se chercher elle-même sans fin, de s’opposer à autrui sans défaillance, de s’identifier au meilleur, à l’essentiel de soi, conséquemment de se reconnaître au vu d’images de marque, de mots de passe… ».

Mais quelles sont alors ces « images de marque », ces « mots de passe » qui permettraient aux Français de penser, vouloir, agir, construire ensemble pour vivre et mourir ensemble, en dehors des élucubrations des penseurs de la modernité ? La réponse à cette question est, à nos yeux, des plus simples.

Depuis la nuit des temps les hommes et les peuples qu’ils constituent ont connu le besoin et même la nécessité d’exprimer leur identité par des systèmes emblématiques tant il est vrai, même si cela échappe désormais à nos prétendues élites, que tout emblème est signe d’idéal et de volonté. Cette forme particulière de métaphore connut son apogée en France, « Mère des arts, des armes et des lois », dans la première moitié du XIIème siècle avant de s’étendre à l’ensemble de l’Europe occidentale puis bien au-delà : il s’agit des armoiries et du système héraldique que des règles, si rigoureuses et pourtant si simples, et une langue, si particulière et pourtant si poétique, différencient de tous les autres systèmes emblématiques, antérieurs ou postérieurs, militaires ou civils.

Ce système s’inscrit totalement dans le jeu fondamental du « cacher/montrer » qui caractérise si bien les signes d’identité à ce moment de l’histoire. Nous y voyons d’ailleurs l’une des expressions les plus explicites de ce que l’historien Jacques Le Goff résume si bien lorsqu’il met en valeur l’invention de « l’intériorité » à l’époque médiévale (2) : « Au-delà de l’œil et de l’oreille externes, il y a l’œil interne et l’oreille interne, combien plus importants car ce qu’ils perçoivent, c’est la vision divine, la parole et la rumeur du monde le plus réel, celui des valeurs éternelles ». Et c’est ainsi qu’à la question : « qu’est-ce que la France ? » la réponse, pendant sept siècles et aux yeux du monde, fut toujours : « le royaume des lis ». Ne cherchez pas ailleurs car tout est là…

Lorsque naissent les armoiries, la fleur de lis constitue déjà un très ancien symbole de pureté et de fécondité (on la trouve utilisée en ce sens dans plusieurs civilisations orientales dès le troisième millénaire avant notre ère avant que les gaulois ne se l’approprient et l’installent sur leurs monnaies) mais aussi de souveraineté. Très vite cependant, sous l’influence de Suger, abbé de Saint-Denis, et de Saint Bernard de Clairvaux prêchant sur le Cantique des cantiques, elle acquit une nouvelle dimension à la fois christologique (« Je suis la fleur des champs et le lis des vallées », Cant. -2,1) puis mariale (« Comme un lis au milieu des épines, telle est ma dame au milieu des lis », Cant.2,2) et même cosmique (le semé de fleurs de lis d’or sur un champs d’azur des vêtements royaux, à partir de Louis VI et Louis VII, rappelant que le roi de France est médiateur entre le ciel et la terre, entre Dieu et son royaume).

C’est aussi de cette époque que date l’association de la couleur bleue (azur) à la nation française. Hervé Pinoteau résume admirablement ce caractère si particulier non seulement du roi mais aussi de ses emblèmes : « Notre roi portait ainsi la livrée du Dieu de l’univers… ». Et c’est ainsi que le caractère sacré de la royauté française et l’origine « célestielle » (comme cela se disait autrefois) de sa mission furent à l’origine de ses armoiries puis de celles de la nation française : sur les vêtements, les oriflammes puis l’écu du roi apparurent les fleurs de lis d’or sur un champs d’azur, d’abord sans nombre (semé) comme un ciel constellé d’étoiles, puis réduites au nombre de trois (en l’honneur de la Sainte Trinité) à partir de la fin du règne de Charles V.

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Mais c’est ainsi également que se trouvent réunis dans cet emblème, à la dimension symbolique à nulle autre pareille, l’ensemble des éléments constitutifs de l’identité de la France tels que les rappelle Paul-Marie Coûteaux (3) : la foi partagée, une langue (celle du blason ayant été universellement le Français), des partages historiques (une mémoire, des rituels, un imaginaire culturel, etc.), enfin la souveraineté. Une fois encore nul mieux qu’Hervé Pinoteau ne saurait résumer le lien entre l’emblématique et la symbolique : « Superbe signe apotropaïque, expression d’une royauté dynamique au service de Dieu et donc aidée par le ciel, les armes de France sont emblème de combat alors même qu’il s’agit là de fleurs, lesquelles, chose admirable, mettaient en fuite les bêtes féroces arborées par les autres princes de la chrétienté ».

Lorsqu’en 1964 l’historien Pierre Francastel (dans la préface du catalogue d’une exposition du musée Guimet) affirmait que «…Les signes parlent au premier regard et disent toujours beaucoup plus que ce qu’ils ont pour fonction de dire » il n’imaginait peut-être pas combien ce point de vue pourrait être d’actualité en 2010 dans un débat sur l’identité nationale. Il suffit de voir la pérennité de l’usage des fleurs de lis sur d’innombrables objets de luxe, bijoux, ferronnerie, tissus, objets d’ameublement, etc. pour comprendre combien la mémoire collective est vivante !

Les révolutionnaires ne s’y sont d’ailleurs pas trompés lorsque, dans leur délire destructeur et leur obsession régénératrice, ils abolirent en juin 1790 les armoiries du roi et des particuliers mais aussi, par le fait même, celles de la France. La République ne s’y trompe pas davantage en refusant depuis septembre 1870 un emblème héraldique à la France et aux Français en se cramponnant au seul drapeau tricolore (article 2 de notre Constitution) dont l’histoire apparaît bien mince en regard de celle de la fleur de lis et même d’autres emblèmes qui accompagnèrent l’histoire de notre pays au fil des siècles (4). En effet, ni Marianne, allégorie de la République qui ne s’enracine dans aucun système emblématique, ni les bonnets (qu’ils soient « rouges », « phrygiens » ou « de la liberté ») par trop associés aux débordements de la Terreur (au point d’en avoir effrayé Robespierre lui même !), ni les monogrammes RF (lettres initiales de République française) aux styles incertains et variables, et moins encore les faisceaux de licteur ou autre pelta hérités de la Rome antique ne sont des emblèmes dignes de la France ; seul le coq parvient à survivre tant bien que mal grâce à ses accointances…sportives ! Et ce n’est pas le logo tricolore de la République, imposé sans concertation en 1999 par les services du Premier Ministre de l’époque (Lionel Jospin) et qui fleurit depuis sur tous les documents officiels, qui peut en tenir lieu : nous y observons le profil blafard d’une Marianne grimaçante se détournant d’un ciel sans nuage pour se perdre dans le rouge violent du drapeau tricolore.

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Ce terrible particularisme, qui fait de la France le seul pays d’Occident sans armoiries d’Etat, en dit long sur la volonté de déculturation de l’oligarchie au pouvoir qui s’efforce de cacher la véritable face de l’identité de la France sous le faux débat dont on nous a rebattu les oreilles. A l’inverse, dans l’ensemble des pays occidentaux, l’héraldique en général et les armoiries d’Etat en particulier constituent encore aujourd’hui une part essentielle et inaliénable du patrimoine, non seulement historique ou culturel, mais aussi politique. Aucun de ces pays n’a, il est vrai, commis la faute d’élever au rang de religion d’Etat la folle idée de faire du passé…table rase ! Il n’est qu’à voir la vitalité des artistes créateurs en ce domaine autant que des institutions chargées de ces questions emblématiques : les pays du nord de l’Europe sont ici particulièrement imaginatifs tandis que ceux du sud ou de l’est mettent davantage l’accent sur la redécouverte et la mise en œuvre des sources anciennes.

En France seuls quelques rares héraldistes survivent en ayant miraculeusement échappé à la mort lente de l’oubli. Ils ont compris qu’une renaissance est possible par la base et non par le sommet de la pyramide sociale. C’est ainsi qu ‘après la grande vogue des « logos » initiée par les élites post-soixantehuitardes nous observons un regain d’intérêt pour l’héraldique municipale et associative. La parution d’ouvrages spécialisés, l’organisation de colloques ou d’expositions mais aussi le développement de sites internet dédiés à cette science annexe de l’histoire témoignent de la pérennité du besoin emblématique de nos compatriotes, confrontés à une grave et inquiétante détérioration de notre tissu social. Gageons qu’un emblème héraldique d’Etat pourrait avoir de nouveau un rôle favorable sur la cohésion sociale de notre pays comme sur son image de marque au sein de la communauté internationale.

Mais, disons-le clairement, nous n’accepterons pas les vociférations des ayatollahs de la République qui prétendent qu’il est inconcevable (car politiquement incorrect) d’utiliser les armoiries de la France monarchique. Ce sont en effet les mêmes qui nous ont enchaînés à une institution politico-économique dont ils ne cessent de nous vanter les mérites et qu’ils nomment l’Union européenne. Celle-ci est aujourd’hui composée de vingt huit Etats, sept monarchies et vingt et une républiques : tous ces états se sont appropriés, sans le moindre conflit politique ou social, les anciennes armoiries de leurs pays ou de leurs monarques, les considérant comme des signes de souveraineté et de continuité nationale. Au nom de quoi ceux-là même qui, depuis cent cinquante ans, s’avèrent incapables de proposer le moindre projet d’emblème national susceptible de réconcilier, de rassembler et de mobiliser nos compatriotes leur interdiraient-ils de redécouvrir et d’adopter les armoiries qui accompagnèrent les gloires de la France pendant tant de siècles?

En ces moments où les menaces s’accumulent autour et au sein même de notre pays, il faut nous dresser contre cette nouvelle tyrannie des temps modernes afin que les armes de la France redeviennent un signe d’espoir et d’une mission sacrée. Alors…à vos armes citoyens !

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Le 15 août 2016, Fête nationale de la France.

Jean-Yves Pons, CJA, Conseiller aux Affaires intérieures, à l’ordre public et à l’organisation du territoire du CER.

De l’inconstance des idées chez les gouvernements socialistes…La Marine

20 Juin

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En 1996-97, sous le gouvernement du très socialiste Jospin circulait le projet de faire confluer dans le corps (militaire) des Administrateurs des Affaires maritimes (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026864465) celui des inspecteurs, personnels civils de catégorie A, formant « l’encadrement des Affaires maritimes aux côtés des administrateurs de statut militaire, exerçant des fonctions très diverses (postes dans les centres de sécurité des navires, dans les directions des lycées maritimes et dans les services administratifs de l’État) » (Le Marin 19/06)… Ce qui aurait causé un grand chambardement dans la mesure où un civil, éventuellement syndiqué voire même représentant syndical pendant des années, devenant du jour au lendemain un officier de la Marine… L’actuel gouvernement, tout aussi socialiste que celui qui vient d’être précité mais a d’autres idées en la matière, semble vouloir intégrer les 170 inspecteurs existant dans « d’autres corps de fonctionnaires de catégorie A… reste à savoir lesquels ce qui, pour Le Marin, pourrait bien compromettre l’intégration des inspecteurs des Affaires maritimes à profil technique ou scientifique dans un corps d’ingénieurs. Leur affectation à un corps d’attachés pourrait amener à ne plus recruter que des militaires pour des responsabilités techniques »… Ce qui fait dire ò un responsable syndical, Secrétaire général de l’UNSA-UPPAMER, M. Beaulieu : « Nous nous interrogeons. Le gouvernement actuel a-t-il décidé de confier à un corps militaire l’ensemble du secteur maritime ? ». Peut-être s’interroge-t-il trop car si les socialistes se méfient des militaires, il faut bien constater que faire sortir en mer un militaire en pleine nuit ne coûte rien… à la différence des heures supplémentaires etc. devant être versées à un civil…

CC(r) François Romain, Conseiller aux Armées du CER

La République contre les artistes !

30 Mar

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Charles  le Brun, de  l’Académie royale de peinture et de sculpture

Il fut un temps où la République n’avait pas besoin de savants ! ( Jean-Baptiste Coffinhal, s’ adressant au chimiste Lavoisier )

N’a-elle plus besoin, désormais, d’artistes ? Trop indépendants, inclassables (même de gauche), indociles, la République les préfère à sa botte, complètement assistés, perfusés, subventionnés, amateurs plutôt que professionnels. La dictature étatique qui s’exerce aujourd’hui en France dans le domaine artistique est pire, parce que plus perverse que celle du régime soviétique : tel était le cri d’alarme poussé – à la fin 2005 – par le président de la Maison des Artistes, Rémi Aron, peintre lui-même !

Mais, il faut expliquer.

Les artistes n’ont pas de statut véritable comme en possèdent, par exemple, les boulangers, les menuisiers ou les paysans qui sont, eux, artisans ou exploitants agricoles, socialement et fiscalement. Les artistes bénéficient, certes, d’une caisse de sécurité sociale gérée par la Maison des Artistes (association corporative d’entraide datant de 1952 et organisme collecteur depuis 1969) qui leur est propre, et, de par la loi, obligatoire, mais ils ne sont – fiscalement – des artistes que s’ils sont subventionnés, tenus par le ministère. Ceux qui vivent, plus ou moins bien, du produit de leur art sont assimilés à de vils commerçants non représentatifs de l’art officiel…

La guerre s’est déclarée très officiellement dans la soirée du 23 décembre 1992 quand le mirobolant ministre de la Culture que fut D’jack Lang fit voter, avec son compère René Teulade (des Affaires sociales et qui depuis a eu quelques démélés avec la justice pour avoir eu un train de vie incompatible avec son état) par quelques députés, une loi fourre-tout qui abolissait la Maison des Artistes.

En janvier 1993, 4000 artistes, peintres, sculpteurs, graveurs, graphistes étaient dans la rue…

Événement tellement extraordinaire que Jacques Toubon fit le serment d’abroger cette loi s’il devenait ministre à la place du Mirobolant. Ce qu’il fit dans le gouvernement Balladur dès juin 1993… C’est à ma connaissance la seule promesse électorale qui ait été respectée…

Madame Trautmann, sous Jospin, remplaça Toubon, mais refusa toujours de présider l’assemblée générale de la MDA, au motif que son ministère n’était pas concerné par les artistes… Et qu’elle se devait de privilégier et développer la pratique amateur.

Comme le fit son successeur, de droite, Aillagon, qui suscita la fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens – ou FRAAP ! –, courroie de transmission du ministère pour la prise de contrôle de la MDA. Une sorte d’organe artificiel de contestation dudit ministère parfaitement docile et contrôlable. Cette fédération rassemble des associations syndicales subventionnées, rafleuses de la manne du ministère, conformes aux critères de représentativité et de qualités de ce dernier… Critères qui dictent l’art officiel, c’est-à-dire une hypertrophie de la conceptualité, un art de l’idée seule, au détriment du savoir-faire et du sensible, massacré par ailleurs dans l’enseignement, soi-disant artistique, depuis au moins 40 ans, sinon un bon siècle.

Car chacun sait que l’idée, pour exister, produit du verbe et que le verbe engendre le pouvoir. Que depuis 1789, l’expression du pouvoir n’est pas dans l’expression artistique,mais dans la force du verbe…

Cette FRAAP, avec quelques adhérents, récents, de la MDA, a lancé une attaque – judiciaire – contre elle, une tentative de prise de pouvoir, aiguillonnée et stipendiée par le ministère.

Heureusement, les artistes ont réagi et empêché cela en élisant fin 2005, une équipe issue de leurs rangs.

Mais, l’État (la République) vient de diligenter une inspection de l’IGAS contre la MDA et de refuser ses statuts adoptés à l’unanimité lors de la dernière assemblée générale. La République ne peut admettre que des professionnels s’organisent seuls, indépendamment de toute organisation syndicale reconnue dans une structure particulière liant une association de solidarité entre eux et un organisme collecteur des cotisations sociales fixées par la loi, spécificité, unique en France, de la MDA.

Tout se passe aujourd’hui comme si les 45 000 adhérents de la MDA étaient un boulet très encombrant pour le ministère qui préfère s’occuper des électriciens, secrétaires et autres métiers utilisés dans le domaine du spectacle – les fameux intermittents – plutôt que des artistes commerciaux sont d’une qualité trop suspecte.

La solution ? Que les artistes s’organisent, affirment hautement et clairement leur professionnalité et se donnent les moyens de le faire. Sinon, on va au chaos, à une sorte de disparition des artistes et, au delà, à la destruction d’un repère important de la société, disait encore Rémi Aron… En somme, revenir à l’idée qui présida en 1748 à la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture par douze peintres et trois sculpteurs auxquels s’adjoignirent les plus grands noms de l’art, pour s’affranchir de la Maîtrise corporatiste dans laquelle les marchands faisaient la loi, pour former des élèves et obtenir directement les commandes qui les libéreraient des règles mercantiles tout en prouvant leur talent.

Cette conception corporatiste, révolutionnaire pour l’époque, fut supprimée en 1793, rétablie plus ou moins sous le Premier Empire, mais ne survécut pas au Second.

Aujourd’hui, c’est le règne de l’arbitraire, de l’irresponsabilité et de l’impunité. Jamais on n’avait vu cela et le pire est que personne ne se rend bien compte de la situation…

Ce qui précède fut écrit en février 2006, suite à une manifestation à laquelle j’avais participé. Le ministricule avait mis fin à la controverse et donné gain de cause aux artistes…

Mais, désormais à la retraite, j’apprend, par Christine Sourgins que, de nouveau, le gouvernement socialiste hollandais s’attaque à la Maison des Artistes. Une lettre interministérielle du 23 janvier 2013 (signée par trois ministres, Touraine (affairesoziales), Filipetti (sociocul), Cahuzac (ex budget par cause de pépites en Suisse) annonce le projet de fusion de La Maison des Artistes et de l’Agessa dans le but de créer une caisse anonyme de sécurité sociale.

Miss Sourgins affirme : « Ce projet vise de nouveau à casser La Maison des Artistes. Les pouvoirs publics, en collusion avec tous les syndicats et organisations professionnelles (à l’exception notable de la SMdA-CFDT), veulent casser cette structure  exceptionnelle, où les artistes se sont pris en main et, tenez-vous bien, dont le régime est excédentaire ! Rien à voir avec la caisse des intermittents du spectacle ! La MDA n’est pas contre une réorganisation des services de sécurité sociale, la  modernisation du régime des artistes auteurs, mais il est quand même extraordinaire qu’elle soit tenue à l’écart de ce qui se mijote en douce. Et qu’un gouvernement  normal punisse des citoyens financièrement vertueux en les normalisant, laisse pantois.

Qui dit unification par la création d’une caisse dit perte de l’agrément pour la MDA. Cette  perte entraîne celle de la légitimité statutaire et remettra en cause la représentativité nationale de la MDA

D‘où :

— perte de la compétence nationale de la MDA qui ne pourra plus lutter contre la concurrence déloyale des amateurs sur l’ensemble du territoire, ni intervenir à juste titre auprès des interlocuteurs institutionnels.

— perte du pouvoir de négociation de la MDA auprès des partenaires publics et privés (musées, lieux d’expo­sitions pour la gratuité d’entrée ou tarif préférentiel, fournisseurs, etc.)

— perte de la capacité d’intervention et d’investigation de la MDA auprès des collectivités locales et territo­riales, des services sociaux, fiscaux, etc.

A terme ce sont tous les services rendus aux artistes professionnels qui sont menacés : fin de l’aide sociale, fin de l’assistance administrative aux artistes, fin des services (consultations juridiques, comptables, sociales, etc.),  disparition de la carte, bref : fin de la MDA qui deviendra une coquille vide.

Sans aucune concertation avec le président de la Maison des Artistes, son représentant légal, ce projet fait l’objet d’une mission d’inspection qui remettra un rapport le 1er juin au gouvernement. Rien n’est donc décidé, tout peut encore changer : défendre La Maison des Artistes dépend de chacun d’entre nous…

On ne peut que mettre en avant le mépris du gouvernement hollandais vis-à-vis de la France bien élevée — on l’a vu le 24 mars — et celui qu’il affiche désormais pour les artistes voire pour l’Armée.

Pourquoi la MDA dérange-t-elle ? Parce qu’elle est gérée par les artistes pour les artistes… ?

Pourquoi cette atteinte contre le seul contre-pouvoir libre ! Pour cause de normalité ?

Pourquoi cette atteinte à la diversité ? Parce qu’il faut un simili mariage pour tous sauf pour un ? Que la normalité ce sont des normes sauf pour eux, les hollandais ?

Pourquoi le pouvoir politique en veut à ses artistes, ils n’ont rien demandé, sinon de pouvoir travailler ! Mais c’est parce que la République n’aime pas les artistes, n’aime pas la famille, n’aime pas l’Armée, et finalement, n’aime pas le Peuple. Qu’elle élimine comme elle le peut suivant les circonstances. Allez Monsieur Normal est pire qu’on ne le croit : c’est Monsieur Bol Bot.

Gérard de Villèle, Conseiller aux Beaux-Arts du Conseil dans l’Espérance du Roi.

Le 31 mars 2013.

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : Hessel , du bon usage de l’anti-mythe !

7 Mar

Une cérémonie solennelle d’hommage national à Stéphane Hessel, décédé la semaine dernière à l’âge de 95 ans, s’est tenue ce jeudi matin dans la cour d’honneur des Invalides en présence du président François Hollande et du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Peu après 10h30, le cercueil recouvert du drapeau français a été porté au centre de la cour d’honneur des Invalides, au son de la marche funèbre. La cérémonie a ensuite débuté par les honneurs militaires rendus à l’ancien résistant et déporté, Grand officier de la Légion d’honneur, en présence de sa famille, de nombreux membres du gouvernement et d’anciens combattants.

François Hollande a salué en Stéphane Hessel, résistant, intellectuel et militant, un «homme libre», «un grand Français», «un juste».

«Stéphane Hessel était un homme libre : libre de ses choix, libre de ses engagements, libre de sa vie», a poursuivi M. Hollande devant une assistance nombreuse: la famille de Stéphane Hessel, plusieurs Premiers ministres d’aujourd’hui ou d’hier, de Jean-Marc Ayrault à Michel Rocard, en passant par Lionel Jospin et le Belge Elio di Rupo.

«La liberté, c’était sa passion, son idéal»,  a-t-il dit en rappelant l’action de résistant du défunt.

Une liberté qu’il exerça «par son action mais aussi par sa plume», a relevé le président, en notant que c’est «par une brochure qu’il connut la célébrité bien au-delà de nos frontières et à un âge exceptionnel». «Il lança à la face des fatalistes, des résignés, des frileux son slogan – Indignez-vous ! – ».

Il a rappelé son engagement auprès de Pierre Mendès France puis de Michel Rocard, «dont il partageait la conception de la gauche», son action de diplomate.

Stéphane Hessel a été inhumé en fin de matinée au cimetière Montparnasse.

Mais d’autres sons de cloche se sont aussi fait entendre. Citons en particulier les propos de Gilles-William Goldnadel, sur le site Atlantico et qui ne manquent pas de perspicacité démystifiante ( http://www.atlantico.fr/decryptage/soumettez-indignes-sont-vraiment-disciples-gauchisme-gnangnan-et-dominant-stephane-hessel-gilles-william-goldnadel-657759.html#koRbTSuSmSiSpqcJ.99 )

 » L’étonnement de l’unanimité admirative des commentaires qui ont suivi la mort de Stéphane Hessel m’étonne. 
Après tout, l’homme avait été canonisé de son vivant, embaumé bien avant l’heure ultime et c’est bien la béatitude bêtifiante de son encensement par les petits marquis de la médiatitude qui m’avait fait écrire que « Le vieil homme m’indigne ».

Le triomphe hesselien n’est rien d’autre que celui du gauchisme gnangnan qui aura, par capillarité, arrosé l’humus de la société française.
Il se caractérise d’abord et avant tout par le refus de toute distance et de tout sens critique qu’aura opposé une classe médiatique pourtant prompte à détruire et à démystifier jusqu’à l’excès.

Hessel Stéphane n’était qu’un homme. Tout aura été fait sous l’empire de la religion post-chrétienne et xénophile « des droits de l’homme » pour en faire un saint laïc désincarné.

Il faut dire qu’il incarnait idéalement l’ancêtre suprême à enterrer de son vivant dans le Panthéon idéal de l’inintelligentsia en majesté : co-rédacteur de la déclaration des droits de l’homme, intellectuel, juif de gauche, pacifiste et anti-sioniste, quand bien même chaque qualité aurait pu être soumise à vérification, exceptée la dernière.

Ainsi, il ne détestait pas, comme beaucoup, prendre la singulière distance avec la vérité qu’on appelle le mensonge : contrairement à ce qu’il avait soutenu, il n’avait jamais été co-rédacteur de la déclaration des droits de l’homme de l’ONU.

Aucune gazette, généralement avide de dénoncer les fakes des people,  n’aura rapporté la contre-vérité. Au moins aurons-nous eu la consolation dérisoire de constater qu’elles auront acté implicitement la vantardise en n’osant plus la reprendre dans leurs nécrologies.

« Indignez-vous ! » aura représenté, au plan de l’édition, l’écart le plus vertigineux entre la vacuité du propos et des idées et le succès phénoménal des ventes. À ma connaissance, et en dehors de M. Etienne de Montéty du Figaro, aucun critique littéraire de la grande presse n’aura eu le courage de l’écrire et peut-être d’y penser.

À un journaliste de Télérama, extatique, qui le complimentait pour son combat en faveur des sans-papiers, le glorieux défunt, satisfait comme souvent, lui répondit : « que voulez-vous ? J’ai toujours été du coté des dissidents ! ». L’imposture de la geste hesselienne est toute là : quelque soit le regard que l’on porte sur la question de l’immigration, il fallait une bonne dose de culot indécent pour considérer que ceux qui en France soutiennent le combat des immigrés illégaux risquent de se retrouver arrêtés à l’heure du laitier ou expédiés dans un hôpital psychiatrique.

La dissidence appartient en vérité à ceux qui, bravant la mort civile, rament à contre-courant de la doxa médiatique… »

On ne saurait mieux dire. Nous, royalistes, en savons quelque chose.

Le 7 mars 2013.

Du Plessis.

Billet d’humeur du sieur DU PLESSIS : autres temps, autres moeurs…

6 Déc

Le Conseil dans l’Espérance du Roi a de la mémoire !

Voici les propos tenus en 1998, lors du débat sur le PACS, par Madame Elisabeth Guigou, alors garde des Sceaux, ministre de la Justice du gouvernement de Monsieur Lionel Jospin. Lisez bien et vous découvrirez le piège qui aboutit aujourd’hui au prétendu « mariage pour tous » (ce qui, soit dit en passant, n’excluerait plus personne (pourquoi pas un père et sa fille par exemple, ce qui s’appelle l’inceste). Par définition.

« Aujourd’hui (…) le Gouvernement soutient la proposition de loi sur le pacte civil de solidarité qui permet à deux personnes d’organiser leur vie commune dans la clarté et la dignité. (…) Pourquoi avoir dissocié le pacte de la famille ? Une famille ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes. C’est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C’est aussi la promesse et la venue de l’enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n’a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous. (…) Nous reconnaissons, sans discrimination aucune, une même valeur à l’engagement de ces deux personnes, hétérosexuelles ou homosexuelles. Il fallait trouver une formule qui traduise cet engagement et le gratifie de nouveaux droits. Mais il fallait aussi bien marquer qu’au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes. La non-discrimination n’est pas l’indifférenciation. Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. Voilà pourquoi le PACS ne légifère pas sur l’enfant et la famille. Voilà pourquoi le pacte concerne le couple et lui seul. Les opposants au PACS prétendent que celui-ci serait dangereux pour le mariage. Mais ce n’est pas le PACS qui est dangereux pour le mariage ! Celui-ci est en effet confronté depuis longtemps déjà aux évolutions de la société : crainte de s’engager pour la vie, peur d’évoluer différemment de l’autre, indépendance financière de plus en plus tardive, acceptation sociale de la cohabitation, volonté de ne pas faire sienne la famille de l’autre… mais malgré ces difficultés le mariage reste un idéal et a de beaux jours devant lui. (…) Le pacte civil de solidarité serait en deuxième lieu dangereux pour la famille et pour la société ! Mais le choix a été fait de dissocier pacte et famille car lorsqu’on légifère sur la famille, on légifère aussi forcément sur l’enfant. (…) En troisième lieu, certains s’inquiètent de ce que l’enfant serait oublié. Notre société ne protège pas assez l’enfant et en même temps qu’elle proclame l’enfant roi, elle le soumet trop souvent au seul désir de l’adulte. Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents. D’ailleurs aujourd’hui, la situation de l’enfant légitime qui vit avec ses deux parents est plus proche de la situation de l’enfant naturel qui vit lui aussi avec ses deux parents que de celle de l’enfant légitime de deux parents divorcés ou séparés. Enfin, certains ajoutent encore une menace : le pacte ne serait qu’une première étape vers le droit à la filiation pour les couples homosexuels ! Ceux qui le prétendent n’engagent qu’eux-mêmes. Le Gouvernement a, quant à lui, voulu que le pacte ne concerne pas la famille. Il n’aura donc pas d’effet sur la filiation. Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant. Un couple, hétérosexuel ou homosexuel, n’a pas de droit à avoir un enfant en-dehors de la procréation naturelle. Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l’enfant comme source de bonheur individuel en indiquant que les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant. Je reconnais que des homosexuels doivent continuer à s’occuper des enfants qu’ils ont eus même s’ils vivent ensuite avec un ou une compagne du même sexe, car la paternité ou la maternité confère des obligations qui ne peuvent cesser. Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels.                                                                                           Dans le premier cas, il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui a le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution. Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes.

Cette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle. Un enfant adopté, déjà privé de sa famille d’origine, a d’autant plus besoin de stabilité sans que l’on crée pour lui, en vertu de la loi, une difficulté supplémentaire liée à son milieu d’adoption. Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité. C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Je n’ignore pas les procès d’intention sur un éventuel « après » de cette proposition de loi qui préparerait des évolutions plus fondamentales de notre droit. Ce texte serait « une valise à double fond ». Je m’élève avec la plus grande énergie contre de telles insinuations. Ce vocabulaire de contrebande, qui fait croire que ce texte cacherait autre chose et que vos rapporteurs et le Gouvernement exerceraient une fraude à la loi, est inacceptable. Bien au contraire, le débat que nous allons avoir doit être conduit en toute clarté et je souhaite y contribuer. »

Le 6 décembre 2012.

Du Plessis.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (12 novembre 2012)…DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

12 Nov

*  Les propositions de la « Commission Jospin »:

Monsieur Lionel Jospin, ancien Premier ministre, a remis le rapport de la Commission pour la rénovation et la déontologie de la vie publique françaises, dont il avait été chargé par le président de la République.

Ce rapport  propose 35 mesures dont l’interdiction du cumul des mandats avec toute fonction exécutive locale, l’élection de 10 % des députés à la proportionnelle et la fin du régime « d’inviolabilité » du président de la République. Un ensemble de mesures de nature selon Lionel Jospin «à renforcer et parfois rétablir la relation de confiance entre les citoyens et les responsables publics».

Si l’exécutif reprend telles quelles ces 35 propositions, la vie des élus va singulièrement changer. L’Elysée a promis le dépôt de projets de loi au Parlement pour« début 2013 ». Certains sujets sont déjà des casse-tête pour la majorité.

Strict non-cumul des mandats

La commission Jospin propose d’interdire aux parlementaires de cumuler leur fonction avec la direction et la participation à un exécutif local (mairie, conseil général, conseil régional, communauté d’agglomération). C’est conforme au programme du PS, mais, voilà, le chef de file des sénateurs socialistes, François Rebsamen, a d’ores et déjà prévenu que son groupe « ne votera pas » une telle mesure. De nombreux députés renâclent également. S’il était sommé de choisir, le vice-président du groupe PS à l’Assemblée, Philippe Martin, confiait en septembre qu’il préférerait conserver sa présidence du Conseil général du Gers. Le problème risque de se poser dès les municipales de 2014. « Et chaque parlementaire qui démissionne provoque une législative partielle, ou dangereuse à mi-mandat », s’inquiète déjà un conseiller de François Hollande.

Parrainage citoyen et proportionnelle

Pour en finir avec les polémiques qui ponctuent chaque élection présidentielle, la commission propose de remplacer les 500 parrainages d’élu nécessaires pour être candidat par les signatures de 150.000 citoyens émanant d’au moins 50 départements. Moins imaginative s’agissant des législatives, elle suggère d’élire 10 % des députés (58 sur 577) à la proportionnelle alors que François Hollande avait promis 20 %. De belles négociations en perspective avec les écologistes et le PCF. Quoi qu’il en soit, cette réforme entraînera un redécoupage des circonscriptions.

Moralisation

Tirant les leçons des présidences Chirac et Sarkozy, la commission veut mettre fin à l’immunité judiciaire du chef de l’Etat. Il deviendrait juridiquement responsable des actions détachables de sa fonction commises avant ou pendant son mandat. Au-delà de cette réforme hautement symbolique, le rapport propose, au travers de nombreuses mesures, un renforcement de la prévention et du contrôle des conflits d’intérêts pour les hauts fonctionnaires, mais aussi les ministres, les membres de leurs cabinets, les conseillers de l’Elysée et les parlementaires. Ces derniers pourraient aussi se voir interdire de devenir avocat pendant leur mandat. De quoi en désespérer plus d’un.

En revanche, et comme on pouvait s’y attendre tant ils en ont peur, aucune proposition en faveur du référendum d’initiative populaire qui est l’arlésienne de l’oligarchie au pouvoir : « en parler souvent mais ne la voir jamais !« 

François Hollande a immédiatement exprimé son souhait de voir appliquer ces mesures rapidement. Les textes traduisant ces réformes, dont un projet de loi constitutionnelle, devraient être déposés au Parlement début 2013, a ainsi annoncé l’Élysée dans la foulée.

Auparavant, le chef de l’État consultera sur la base de ce rapport les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que les chefs des partis politiques représentés au Parlement, a-t-il précisé dans un communiqué.

L’ancien premier ministre s’est défendu, au cours d’une conférence de presse d’être resté « dans les clous » de ce qu’avait déjà annoncé le chef de l’État. « Sur les parrainages citoyens, le statut pénal du chef de l’État ou le mandat unique pour les ministres, nous sommes allés plus loin que ce que l’on nous demandait » a-t-il expliqué. « Si on mettait en œuvre toutes ces mesures, on changerait considérablement les choses » a jugé de son côté l’ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, membre de la Commission.

* Une manifestation qui ne veut pas dire son nom :

Il y a quelques jours, avait lieu à Guéret (Creuse) une manifestation contre l’ouverture d’un « abattoir exclusivement à vif« . Entendez « halal » .

Le collectif organisateur avait volontairement écarté les termes habituels afin de ne pas « stigmatiser » !!! Toujours la même rengaine !  Une seule pancarte mentionnait le  » halal « . Et le thème développé principalement ce jour là était la souffrance animale., ce qui permettait de se donner une « bonne conscience politique », des fois que le Front national rôde dans les orages… Mais dans les discours, à plusieurs reprises, l’aspect religieux de l’abattage a été repris, heureusement. Un peu comme si tous savaient pertinement pourquoi ils étaient là, mais  » Chut !!! , faut pas le dire ! » Un peu comme dans Harry Potter,  » celui qu’on ne nomme pas « .

Etaient présentes entre 100 et 150 personnes. Des pancartes, certaines bricolées, d’autres plus abouties. Mais toutes bien efficaces et parlantes. Un spectacle, avec des gens masqués, l’un représentant le maire de la ville, l’autre un abatteur, et un autre, un bovin. Une bonne mise en scène d’abattage rituel (enfin non : à vif qu’il faut dire pour ne pas… » vous savez quoi « ). Puis trois discours qui « disaient mais sans trop le dire ! »
Enfin, une marche passant devant la mairie puis la préfecture et le long de la rue commerçante de Guéret mais très peu de monde dans les rues.
Retour au point de départ, petit spectacle, projection de sang  » fictif  » sur les pancartes représentant les élus locaux et dispersion. Le policier qui était là pour veiller au grain chantait parait-il sur Bob Marley. « Une très jolie manif, bon enfant, avec des gens très sympa ! » a-t-on entendu parait-il.

Prenez-vous la mesure de l’auto-censure de ces bonnes âmes acquises…à la cause des animaux ? Du degré d’auto-mutilation de leurs cervelles ? Bref, de la dhimmitude ordinaire en France ?

Et tout cela avec non seulement la « bénédiction » des pouvoirs publics mais surtout l’ordre qu’il en soit ainsi.

Nous nous sommes rendus à Guéret pour vérifier cette information et son contexte politique. Aucune dénégation. Bien au contraire, certains habitants (que nous avons rencontrés) n’ont même pas osé participer à ladite manifestation, malgré leur désir de soutenir la cause « de ces pauvres animaux »… »de peur qu’elle soit politiquement récupérée par l’extrême-droite ». On ne rêve pas. On pleure sur l’avilissement de beaucoup de nos compatriotes qui sont déjà prêts à être réduits en esclavage.

*  Il y a quand même de bonnes nouvelles, même si elles sont rares :

Le pape a reçu le 8 novembre, en audience, les participants à l’assemblée plénière de l’Académie pontificale des sciences qui s’est tenue du 5 au 7 novembre au Vatican, sur le thème : « Complexité et analogie dans les sciences : aspects théoriques, méthodologiques et épistémologiques ».

Voici un extrait du discours du Saint-Père :

« […] Une telle approche interdisciplinaire de la complexité montre également que les sciences ne sont pas des mondes intellectuels déconnectés les uns des autres et de la réalité, mais plutôt qu’ils sont reliés entre eux et dirigés vers l’étude de la nature comme une réalité unifiée, intelligible et harmonieuse dans son incontestable complexité. Une telle vision a des points de contact fructueux avec celle que la philosophie et la théologie chrétiennes ont de l’univers, avec la notion d’être par participation selon laquelle chaque créature, dotée de sa perfection propre, partage également un caractère spécifique et ce, dans un cosmos ordonné qui tire son origine de la Parole créatrice de Dieu. C’est précisément cette organisation intrinsèque « logique » et « analogique » de la nature qui encourage la recherche scientifique et fait découvrir à l’esprit humain la coparticipation horizontale entre les êtres et la participation transcendantale par l’Etre Premier.

L’univers n’est pas le chaos ou le résultat du chaos, au contraire, il apparaît de plus en plus clairement comme une complexité ordonnée qui nous permet, grâce à l’analyse comparative et à l’analogie, de nous élever de la spécialisation vers un point de vue plus universel et vice-versa. Alors que les premiers instants de l’univers et de la vie échappent encore à l’observation scientifique, la science est néanmoins amenée à réfléchir sur un vaste ensemble de processus qui révèlent un ordre de constantes et de correspondances évidentes et qui servent comme composants essentiels d’une création permanente.

C’est dans ce contexte élargi que je tiens à souligner combien l’utilisation de l’analogie s’est montrée féconde pour la philosophie et la théologie, non seulement comme outil d’analyse horizontale des réalités de la nature, mais aussi comme un stimulant pour une pensée créative sur un plan transcendantal plus élevé. C’est précisément à cause de la notion de création que la pensée chrétienne a utilisé l’analogie non seulement pour l’étude des réalités terrestres, mais aussi comme un moyen de s’élever de l’ordre créé à la contemplation de son Créateur, en tenant dûment compte du principe selon lequel la transcendance de Dieu implique que chaque similitude avec ses créatures suppose nécessairement une plus grande dissemblance : alors que la structure de la créature est d’être un être par participation, celle de Dieu est d’être un être par essence, ou Esse subsistens. […] ».

Tout le reste apparaît bien petit…

Le 12 novembre 2012.

Jean-Yves Pons.