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 » Aware migrants « . » IL EST TEMPS D’OUVRIR LES YEUX « 

30 Juil

 » IL EST TEMPS D’OUVRIR LES YEUX « 

Avec la Grèce, l’Italie est au premier rang des pays de l’UE confrontés aux arrivées massives de migrants économiques à la recherche de l’eldorado européen. C’est pour endiguer ce flux que les autorités de la botte ont lancé la campagne «Aware migrants» (migrants conscients). Destinataires: les pays d’Afrique.

Le gouvernement italien s’est associé à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour diffuser des messages dissuasifs à l’intention de tous les candidats africains désireux d’une vie meilleure en Europe et inconscients des dangers qui les attendent. Ces personnes, mêlées aux réfugiés des zones de conflits, représentent une part croissante (60% en 2015) des nouveaux arrivants sur les rivages des pays du sud de l’Europe. Elles «partent à la poursuite d’un rêve et se retrouvent en plein cauchemar», justifie le ministre italien de l’Intérieur Angelino Alfano.

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Ce sont les rescapés qui aujourd’hui s’expriment dans le cadre de la campagne «Aware migrants» ( NDLRB; Migrants, soyez  conscients).

Il cite le cas de femmes violées devant leur mari en Libye ou de migrants traumatisés d’avoir vu un proche mourir de soif dans le désert, sous les coups des passeurs ou noyé en mer. Depuis le début 2016, plus de 3 000 migrants ont déjà péri en Méditerranée, selon l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations. http://www.iomfrance.org/) .

«Tout cela, le savent-ils avant de partir? Ce n’est absolument pas sûr (…). Tous ne savent pas tout, certains ne savent rien», insiste M. Alfano.

Une chose est sûre pour Federico Soda, responsable Méditerranée à l’OIM, les migrants racontent rarement ces souffrances au pays. Leur voyage représente un investissement financier pour leurs proches et il leur est inconcevable de faire le récit de leur calvaire.

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C’est donc une forme de prouesse que d’avoir pu enregistrer plus de 80 témoignages vidéo et audio dans lesquels hommes et femmes confient leur expérience dramatique et parfois leurs regrets d’avoir quitté leur pays.

Les vidéos brèves et poignantes sont disponibles sur YouTube, Facebook et sur le site dédié awaremigrants.org.
«Il est temps d’ouvrir les yeux » est l’un des slogans de cette campagne financée par le gouvernement italien à hauteur de 1,5 million d’euros, déclinée en trois langues – arabe, anglais, français -, et diffusée aussi à la télévision et à la radio des pays visés. Tous les messages se terminent par cet appel: «Be aware», «Soyez conscient».

http://www.awaremigrants.org

Le gouvernement de Matteo Renzi considère cet effort d’information comme un nouveau «levier d’action» face à un phénomène historique qui a vu arriver plus de 400 000 migrants sur les côtes italiennes depuis 2014. Tout en luttant contre les réseaux de passeurs, le pays poursuit d’ailleurs ses efforts pour aller secourir les migrants au large de la Libye et renforcer ses structures d’accueil, qui hébergent actuellement 135 000 demandeurs d’asile contre 29 000 début 2014…

Néanmoins, les autorités italiennes sont catégoriques : les migrants économiques ont vocation à être rapatriés chez eux, sinon «le système européen explosera», selon les termes de M. Alfano, dont le plan «Migration Compact» prévoit une coopération avec les pays d’origine des candidats au départ vers l’Europe.

Pourquoi leur a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour commencer (modestement) à  » se bouger  » ? Et quand on pense à tout ce qu’il reste à faire en la matière…

Le 30 juillet 2016.

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : Tout espoir n’est donc pas perdu !

28 Avr

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Bel effort. Digne d’éloge après avoir tant oeuvré pour la destruction de la Libye.

Le 28 avril 2015.
Du Plessis.

Le retour du roi de la dynastie-confrérie sénoussie, en Lybie ! Pourquoi pas?

13 Oct

imagesLIBYE: POURQUOI PAS LE ROI?
Par Péroncel-Hugoz le 18/09/2014 à 20h29

Que peut faire l’Algérie face au chaos libyen?
© Copyright : DR
Soumise au rigoureux conformisme du « Politically correct », la « pensée » mondialiste se veut bien sûr « républicaine » et il faudrait mettre ses tenants sur la braise afin qu’ils acceptent (peut-être mais pas certain…) d’examiner, pour la Libye déchirée, la possibilité d’une restauration monarchique.

La révolution anti-Kadhafi a commencé début 2011 à Benghazi, chef-lieu de Cyrénaïque, par la première exhibition publique, depuis le coup d’Etat militaire de 1969, des couleurs royales libyennes. Aussi, l’émir Si Mohamed El Sénoussi, 50 ans, petit-neveu du dernier monarque et en exil à Londres depuis 1988 (après avoir connu, enfant, les geôles kadhafiennes) a-t-il accompli son devoir, en tant que prétendant au trône, en réclamant d’abord le rétablissement de la Constitution de 1951, supprimée en totale illégalité par les putschistes. Après on verrait à organiser des élections, à réformer si nécessaire ladite Constitution, etc.

En tout cas, sous l’empire de ce texte, les Libyens avaient vécu tranquillement à l’abri du sceptre absolu mais débonnaire du roi Idriss 1er * (1889-1983, émir de Cyrénaïque en 1946 puis roi de Libye de 1951 à 1969), dans un Etat commençant à peine à profiter de son naphte. Jeune Afrique vantait alors le « gouvernement libyen où dominent des jeunes souhaitant moderniser leur pays. » **
La dynastie-confrérie sénoussie, originaire d’Oranie, opposée à la colonisation italienne en Libye (1911-1943), jouissait d’une double légitimité: politique, et aussi religieuse, car elle alla porter le message coranique jusqu’au cœur de l’Afrique noire -mission que Kadhafi , ironie de l’Histoire, reprendra à son compte…

Malgré les silences, sauf exception, de la presse occidentale et, autant qu’on sache, l’aide peu abondante des dix-sept dynasties musulmanes régnantes (en comptant les sept principautés formant les Emirats- Arabes-Unis), le tour de l’altesse sénoussie devrait venir si un grain de bon sens arrive à s’insinuer, sur le rivage des Syrtes, entre seigneurs de la guerre, chefs de bandes, islamistes professionnels et ex-flics kadhafistes. Des influences internationales, notamment arabes, pourraient jouer. L’émir Si Mohamed devrait, de son côté, se montrer physiquement plus audacieux, par exemple, en tombant du ciel à Benghazi où se trouvent ses plus fidèles partisans. Son point faible, c’est le traditionnellement maigre attachement dynastique de Tripoli -un peu comme Barcelone, en Espagne, n’a jamais cessé de bouder Sa Majesté catholique, mais sans pour autant l’empêcher de régner …

*Les Marocains, attachés à Mohamed V, n’apprécièrent guère qu’Idriss vînt visiter le sultan illégitime Mohamed Ben Arafa …
** Article repris par l’hebdomadaire le 25 août 2003

Sur la terreur policière du régime républicain instauré en Libye en 1969, lire « Au pays des hommes. Une enfance en Libye » par Hicham Matar, Denoel, Paris, 2007 et 2O11; on peut également consulter le chapitre  » Kadhafi contre Septime-Sévére « , dans mon livre « Villes du Sud », Payot, Genève, 1990, chapitre dédié, il y a 25 ans déjà, « aux victimes de Kadhafi » .

Par Péroncel-Hugoz

 

http://www.le360.ma/fr/blog/le-coup-de-dent-de-peroncel-hugoz/libye-pourquoi-pas-le-roi

En ce 14 juillet 2013 . L’ASSOCIATION DE SOUTIEN A L’ARMEE FRANçAISE S’EXPRIME

14 Juil

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 Nul ne doute que les Français acclameront leur armée le 14 juillet avec une intensité  particulière.

N’en déplaise à quelques idéologues nourris de longue date au lait de l’antimilitarisme, nos compatriotes remercieront les soldats, marins et aviateurs pour la fierté et l’espoir qu’ils eur donnent en ces temps d’incertitude et de doute. Ils leur diront aussi qu’ils comptent sur eux dans les crises graves que notre pays ne manquera pas de traverser dans les années à venir. Quel citoyen lucide ne le pressent pas ? 

Incompréhension et méfiance des militaires

Mais leurs applaudissements ne supprimeront pas la méfiance profonde qui s’installe dans l’esprit des militaires envers une classe politique qu’ils estiment trop peu courageuse et trop peu soucieuse de l’intérêt supérieur du pays.

Les cadres, mais aussi les soldats n’acceptent plus que l’institution qu’ils servent pour assurer le premier devoir de l’Etat – la Défense – supporte seule depuis 30 ans l’essentiel des efforts d’économie et de réduction d’effectifs dans notre pays. 

De retour d’Afghanistan, de Libye et du Mali, ils s’expriment rarement dans les grands médias télévisuels, sans doute pour ne pas faire d’ombre aux politiques et ne croient plus aux promesses qui leur sont faites, d’autant qu’ils constatent au quotidien la paupérisation de l’armée. 

Pourtant, ces militaires, dont on réduit chaque année les effectifs et les moyens donnent, dans l’exécution des missions qui leurs sont confiées, une leçon de loyauté et d’efficacité à nombre d’institutions etd’organismes publics ou privés.

Dans ces conditions, comment des soldats qui paient leur engagement au prix du sang pourront-ils, longtemps encore, avoir confiance dans la classe politique.

Tous les hauts responsables de l’armée ont mis en garde les gouvernants et les élus sur les conséquences catastrophiques qu’aurait sur nos capacités, dans les années à venir, la poursuite des réductions budgétaires. D’ailleurs, la majorité des Français ne comprend pas

et n’accepte plus, que même dans cette période de crise, la France sacrifie de façon irréversible un outil militaire d’une qualité opérationnelle enviée et d’une remarquable valeur morale, indispensable à sa sécurité. 

Ils demandent maintenant que soit arrêté le processus de dislocation de l’armée que ne manquerait pas de générer la mise en application de certaines préconisations du Livre Blanc.

La Défense est un atout de la France

L’armée est aujourd’hui l’une des rares institutions qui rehausse l’image de la France au plan international et contribue à maintenir sa cohésion.

Ne voit-on pas qu’en réduisant les crédits consacrés à la Défense, on affaiblit d’autant les capacités de recherche et développement indispensables à l’armée de demain ?

Ignore-t-on que nos succès industriels d’aujourd’hui sont souvent le fruit des investissements d’hier dans la défense : missiles, armement nucléaire, équipements conventionnels, télécommunications,…

Qu’en sera-t-il demain si nous n’investissons plus assez, alors que la concurrence ne cesse de se renforcer, pour ces 4 000 entreprises de haute technologie dont l’essentiel des emplois est en France ?

Faut-il diminuer les effectifs militaires quand on sait que 1,9 million de Français de 15 à 29 ans ne vont plus à l’école, ne travaillent pas et ne sont pas en formation professionnelle, alors que les armées sont reconnues pour la qualité de la formation technique et civique qu’elles dispensent.

Le 14 juillet 2013 marque le refus d’un nombre croissant de Français de voir leur armée réduite, fragmentée et marginalisée. 

Les soldats, tous grades confondus, peuvent témoigner de l’extrême difficulté qu’il y a à constituer des forces cohérentes, entraînées, bien soutenues et toujours disponibles. 

De plus, les réorganisations, les évolutions et les réductions en cours risquent d’éloigner les meilleurs éléments de l’institution militaire devenue alors une armée croupion. 

Mesdames et messieurs les parlementaires, prenez vos responsabilités ! Vous avez le pouvoir de stopper le déclin de notre armée lors du vote de la prochaine loi de programmation militaire. Vous connaissez la réalité et les risques.

L’ASAF se fera un devoir de faire connaître vos prises de position.

Rédaction de l’ASAF – (http://www.asafrance.fr/)

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (23 janvier 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

23 Jan

*  « La caricature du corporatisme », qu’ils devraient dire :

Il paraît que depuis trente ans, tout le monde ou presque s’accorde sur le diagnostic. Enseignants, chercheurs, Académie de médecine, chronobiologistes, parents, parlementaires et ministres successifs l’ont répété : nous avons l’organisation du temps scolaire, particulièrement à l’école, la plus absurde et contre-productive qui soit.

La journée de six heures d’enseignement – la plus longue des pays de l’OCDE – est unanimement jugée trop lourde pour tenir compte du temps d’attention des enfants. La semaine de quatre jours, instaurée en 2008 (pour complaire aux possesseurs de résidences secondaires !)  est jugée à la fois trop compacte et trop hachée. Quant à l’année scolaire, la France détient le record mondial de brièveté : 144 jours de classe (contre 180 à 200 dans tous les pays comparables) et, en prime, un déficit de temps de travail des élèves de l’ordre de 20%.

Les enseignants, particulièrement impliqués dans ces choix organisationnels et champions du « yakafokon », ont promu avec l’énergie dont ils sont parfois encore capables…la gauche au pouvoir ! Or, depuis le jour de son entrée en fonctions, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon (plus gauchiste, tu meurs !), a engagé une longue concertation sur le sujet avec tous les acteurs concernés en vue de rétablir la semaine de quatre jours et demi et de réduire la journée de classe d’une demi-heure. Sans toucher, bien sûr à la durée de l’année scolaire qui est encore un sujet tabou…même chez les gens de gauche.

Et que croyez-vous qu’il se passe, devant cette considérable révolution ? Une grève massive, des enseignants des écoles parisiennes, hier mardi, et une journée nationale d’action de leurs syndicats aujourd’hui.

Et tout cela pourquoi ? Simplement parce que lesdits enseignants craignent de perdre un privilège accordée par Louis-Philippe Ier, roi des Français : ne pas enseigner la musique, les arts plastiques et l’éducation physique, pris en charge, à Paris, par des enseignants « municipaux » ! S’y ajoute l’insupportable demande de travailler une demi-journée de plus…sans augmentation de salaire. Et que font-ils, en plus de la grève ? Il s’acoquinent avec des associations de parents d’élèves, de gauche aussi bien sûr.

Quand on sait l’état de délabrement de l’instruction publique en France, attesté par les enquêtes internationales les plus récentes (dont nous avons ici même rapporté les résultats), on a honte pour eux. Mais on tremble surtout pour nos enfants.

Le titre de l’éditorial du journal Le Monde, daté d’aujourd’hui, ose :  » L’école, ou le triomphe du corporatisme « . En vérité ce n’est pas d’un triomphe dont il s’agit mais d’une caricature.

*  La Cour des comptes et les chômeurs :

Nous avons écrit a plusieurs reprises que le chômage serait « la tombe » politique de François Hollande. Hier mardi, la Cour des Comptes, jugeant « inadaptées » les politiques du marché du travail, a pointé le seul problème de l’indemnisation des chômeurs. Mais, comme on pouvait s’y attendre, il est de taille.

« La France a abordé la crise avec des instruments de politique de l’emploi parfois obsolètes » et malgré des réformes, le dispositif « reste largement inadapté à un contexte de chômage durablement élevé« , souligne-t-elle dans un rapport de 170 pages sur les « politiques du marché du travail« .

Les faiblesses, déjà connues, sont relevées avec sévérité: effort « particulièrement insuffisant » pour former les chômeurs, « résultats médiocres » des contrats aidés (emplois temporaires subventionnés), chômage partiel sous-utilisé, etc.

La Cour s’inquiète en particulier de l’avenir de l’assurance chômage, dont le financement apparaît « difficilement soutenable« , avec un déficit cumulé prévu de 18,6 milliards en fin d’année.

Plus « protecteur » et généreux qu’ailleurs en Europe, ce régime que les partenaires sociaux doivent renégocier en 2013 « a bien joué son rôle de maintien du revenu » mais « voit désormais son efficacité se dégrader, son équité se fragiliser« , selon le rapport. Et une nouvelle fois la Cour épingle l’indemnisation des intermittents du spectacle (un milliard de déficit « au profit de 3% seulement des demandeurs d’emploi »).

Elle propose aussi d’abaisser les indemnités des plus hauts niveaux (oubliant que ceux-ci sont non seulement les moins nombreux mais que ce sont aussi ceux qui cotisent le plus à l’assurance chômage) et de revoir « l’indemnisation en activité réduite« , en pointant le « risque » que l’assurance-chômage finance « un revenu de complément durable à des salariés en activité précaire« .

Présenté quelques jours après l’accord sur la réforme du marché du travail, qui doit être transposé dans une loi, le rapport de l’institution émet 25 recommandations pour réorienter les politiques en faveur de l’emploi (50 milliards d’euros en 2010) vers « les salariés les plus fragiles, peu formés ou en emploi précaire ».

Si l’activité a mieux résisté en France, le chômage y a plus augmenté à partir de 2009 car les entreprises ont préféré réduire les effectifs (CDD et intérimaires d’abord) que le temps travaillé (ajustements travail-salaires, chômage partiel), au contraire de l’Allemagne, note la Cour. Les plus précaires ont donc été les plus « affectés ».

En période « de chômage élevé et de ressources budgétaires rares« , la seule possibilité est de « mieux cibler les instruments disponibles sur les demandeurs d’emploi qui en ont le plus besoin« , a résumé mardi le premier président Didier Migaud.

La Cour déplore le « ciblage défaillant« , les « durées trop courtes » et l’ « accompagnement insuffisant » des contrats aidés dans le secteur non-marchand et préconise de « revoir l’équilibre » au bénéfice du secteur marchand.

De façon générale, le système « n’est pas en mesure d’orienter efficacement les dispositifs vers les publics identifiés comme prioritaires » et d’éviter les « effets d’aubaine« . Nous voici typiquement dans une situation « à la française ».

Bref, le coût de  ce drame social est élevé, ce dont personne ne doutait. Mais le pire aujourd’hui réside dans l’absence de perspectives favorables à court terme, avec son cortège de misère et de désespoir pour ceux qui en sont victimes, autant que dans la ruine de notre pays qui en découle. Faire le constat de notre faillite programmée au moment même où le secteur bancaire étale des profits scandaleux, fruits d’une authentique extorsion de fonds, est une incitation à la révolte. Les pouvoirs publics feraient bien d’en prendre la mesure avant que tout n’explose.

*  Et si nous récoltions ce que nous avons semé ?

La France n’est manifestement pas à l’abri de toute critique dans l’effondrement observé de l’Etat malien. Dès les années 1980 elle s’est engagé aux côtés de ceux qui faisaient la promotion de programmes d’ajustement structurel d’inspiration néolibérale qui ont détruit l’école et la santé publiques et ont ainsi ouvert une voie royale aux institutions islamiques de substitution, comme on l’a vu en Tunisie et en Egypte par exemple.

Elle a accompagné la libéralisation de la filière coton voulue par la Banque mondiale, qui a accéléré l’exode rural et l’émigration. Elle a également contribué à l’affaiblissement de l’autorité du président Amadou Toumani Touré en exigeant de lui la signature d’un accord de réadmission des migrants clandestins, certes indispensable pour nous mais politiquement inacceptable aux yeux de son opinion publique.

Enfin les hésitations dans l’aide aux Forces armées maliennes déliquescentes au nord du Mali a paradoxalement conféré à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), érigé en ennemi principal de la France à l’extrémité d’un « arc de crise » supposé s’étendre du Pakistan à la Mauritanie, des lettres de noblesse anti-impérialistes qui ont facilité son recrutement de combattants. Elle a aussi gonflé le flot des déplacés et des réfugiés en aggravant la pauvreté des populations sahariennes.

Le coup de grâce est venu en 2011 : la guerre de Libye a conduit les Touareg maliens enrôlés dans les rangs du colonel Kadhafi à rentrer au pays avec plus d’armes que de bagages. Mais il est vrai que Bernard-Henri Lévy assurait à l’époque les fonctions souterraines de ministre des Affaires étrangères et de la guerre réunies !  En outre, la guerre de Libye a désorganisé les intérêts économiques des réseaux d’affaires du colonel Kadhafi dont les investissements  conséquents contribuaient à la stabilisation du Sahel.

On connaît la suite : la proclamation de l’indépendance de l’Azawad une fois que fut consommée la déroute de l’armée malienne – supposée être un fleuron de la coopération militaire française, soit dit en passant – et l’OPA hostile des djihadistes sur le nord du Mali.

Mais à tout cela il faut ajouter des efforts largement insuffisants (mais que peut-on faire dans la solitude ?) de lutte contre les narco-trafiquants qui pullulent en Afrique de l’ouest et disposent de ressources financières auprès desquelles notre budget militaire fait pâle figure. Le résultat risque d’être assez semblable à ce que l’on connait en Amérique latine: le déchaînement d’une violence paramilitaire à laquelle seront parties prenantes les grandes organisations criminelles latino-américaines, italiennes et espagnoles, de pair avec différents mouvements armés locaux. On peut d’ailleurs déjà l’observer en Guinée-Bissau et dans d’autres pays de la région qui s’impliquent de plus en plus dans ces trafics mais aussi le financement des mouvements jihadistes qui règnent désormais sur le Sahel.

Nous ne sommes certainement pas sortis de l’auberge…Et s’il faut  » mettre le paquet « , ce qui ne fait aucun doute, qui nous aidera ? Car, ne l’oublions pas, tout ceci se déroule à nos portes et la prochaine escale sera l’Europe.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

VOLTAIRE ET LE DUC D’UZES
Correspondance de 1751 à 1760

Jacques de Crussol, Duc d’Uzès

Exégèse: Philippe Lamarque

      La noblesse est l’un des témoins majeurs de l’histoire de notre pays. Les documents réunis et conservés par les Maisons nobles au fil du temps, constituent une source inestimable pour notre mémoire collective. Quelle ne fut pas ma surprise, le jour où je découvris, sur un rayon de la bibliothèque, la correspondance tenue entre 1751 et 1760 entre Charles Emmanuel de Crussol, Duc d’Uzès, Premier Pair de France, Prince de Soyons et François-Marie Arouet, dit Voltaire. Deux esprits bien différents, mais dont les étincelles produites par la friction de leurs intelligences, nous apparaissent bien dans le Temps des Lumières. Notre chartrier conserve de nombreux trésors sur presqu’un millénaire, mais ce livre occupe pour moi une place toute particulière. Il est à l’image d’un duel entre gentilshommes où les mots ont remplacés les épées mouchetées. Il reflète une époque qui frappe l’imaginaire et qui marque l’apogée de la France et du français. Un temps où l’on avait des usages, où l’on savait vivre et s’amuser. Les éditions du Gui avec ce beau projet, me permettent de rendre hommage à mon aïeul, et aussi de dévoiler un peu d’Uzès, le plus ancien Duché de France.

Jacques de Crussol, Duc d’Uzès     

   Les Armes de la Maison d'Uzès

Armoiries de Crussol d’Uzès: Ecartelé au premier et quatrième quartier, parti fascé d’or et de sinople à six pièces qui est Crussol et d’or à trois chevrons de sable qui est Levis, au deuxième et troisième quartier contre-écartelé d’azur à trois étoiles d’or rangées en pal qui est Gourdon et d’or à trois bandes de gueules qui est Genouillac; sur le tout en abîme de gueule à trois bandes d’or qui est Uzès.


Entre 1751 et 1760, Voltaire et le Duc d’Uzès tiennent correspondance et s’échangent sept lettres. La philosophie, les mœurs, la vie sociale du XVIIIe s. y sont décrites et narrées avec l’esprit et le style propres à ce siècle.
Origine de cette correspondance :

Dans les ouvrages traitant de Voltaire, nous pouvons y lire cinq lettres de l’auteur, adressées au Duc d’Uzès, dont deux restent absentes, mais dont aucune du Duc d’Uzès à Voltaire n’est connue. Or Charles Emmanuel de Crussol, Duc d’Uzès, était doté d’un esprit brillant et éclairé. Il prît la précaution de copier l’ensemble de cette correspondance de plus de 86 pages manuscrites, dans un livre toujours conservé dans la bibliothèque du Duché. Les lettres du Duc d’Uzès apportent un nouveau regard et une meilleure compréhension des réponses de Marie-François Arouet dit Voltaire.

Cette correspondance est d’un grand intérêt pour nous permettre de comprendre en quoi nos penseurs d’aujourd’hui ont pu s’autoproclamer  héritiers des philosophes du XVIII ème siècle sur le seul argument de l’apostasie et de la christianophobie.

Voltaire et le 18ème siècle :

Rencontre de Voltaire avec le Roi de Prusse       Le siècle des Lumières s’oppose à l’obscurantisme prétendu et stigmatise les dogmes anciens, donnant volontiers par le suffixe « isme » l’aspect d’un complot ourdi par un groupuscule fermement décidé à maintenir coût que coûte son hégémonie. Bien entendu, c’est l’Infâme qu’il s’agit d’écraser, ce clergé que les philosophes accablent d’opprobre, le taxant d’infliger à la société une chape de plomb depuis sa collusion avec l’empire romain antique. Simultanément, c’est aussi le Saint-Empire romain germanique et catholique qui est visé. Ces Lumières doivent mettre un terme au Siglo de Oro de la contre-réforme, celui de la maison d’Autriche et des Jésuites, mais aussi au Grand Siècle de Louis XIV partagé entre gallicanisme et jansénisme. Or, la bourgeoisie d’affaires, celle qui trépigne de dépit à la pensée qu’elle est considérée comme une vulgaire ploutocratie par la vieille noblesse, espère former une aristocratie de mérite. Ainsi naissent les Illuminati chez Adam Weisshaupt à Ingolstadt, voire diverses sectes ayant proliféré après l’Édit de tolérance de Potsdam. Dans ce maelstrom de la pensée, le droit divin vit ses derniers jours, peu à peu remplacé par les notions de roi philosophe et de despote éclairé. C’est alors que l’Encyclopédie affirme condenser le savoir, que Montesquieu détruit l’auctoritas et la potestas en lui substituant les trois pouvoirs, que Condorcet définit l’utopie du progrès, que Rousseau imagine le bon sauvage, et surtout que Voltaire, bénéficiant de l’extension de la langue française en Europe, touche à tous les styles littéraires avec des bonheurs divers, tout en dominant le siècle par l’ampleur de son intelligence.

Philippe Lamarque (cliquer sur le lien pour info)

Le contenu du livre :

      Le manuscrit original, propriété de la Maison ducale d’Uzès, contenant l’intégralité de cette correspondance, est reproduite intégralement sous forme de fac-similé (copie à l’identique).
      Afin de faciliter leur  lecture, toutes les lettres ont été retranscrites. Elles sont complétées par de nombreuses notes (exégèse), qui apportent un complément indispensable et une bonne compréhension de l’ensemble.
      Une biographie de Charles-Emmanuel de Crussol, 8ème Duc d’Uzès a été préparée et rédigée par l’actuel Duc d’Uzès, agrémenté de nombreuses illustrations.
      Un essai de Philippe Lamarque sur Les Lumières et l’Aufklärung, donne des pistes permettant de mieux appréhender cette période et la place qu’y  tint Voltaire. Cette partie est largement illustrée par des portraits, gravures d’époque et par de nombreux blasons. 
      Une dernière partie est composées de photos actuelles, pour montrer ce que sont devenus les maisons et châteaux ou vécurent les deux épistoliers.

 Une reliure de haute qualité

 
Caractéristiques de cette édition de bibliophilie:

LE BLOC COUSU :
Le livre est réalisé au format 24 x 30 à la française et comprend plus de 200 pages. Les cahiers sont imprimés en quadrichromie sur un papier supérieur d’édition, à base de coton, 170 gr./m2. Les cahiers pliés sont reliés par une couture traditionnelle au fil.

 LA RELIURE :
Le livre est relié pleine peau à partir d’une peau de chèvre, pleine épaisseur – appellation cuir maroquin – (une peau par livre). La couverture est doublée de  buvard pour la sensualité du toucher de la couverture. Le dos est arrondi et comprend quatre nerfs. Les pages de garde sont imprimées, en harmonie avec la couleur de la peau. Des charnières intérieures en cuir viennent renforcer la couverture au droit des deux pliures. Les trois tranches sont dorées.

Les marquages sont réalisés par dorure à chaud. L’ensemble est doté de signet et tranchefile. L’ouvrage est présenté sous coffret relieur dont la tranche arrondie, épouse parfaitement le dos du livre. Le coffret, doublé de suédine est recouvert du même papier que les gardes. Il est bordé de cuir avec la même peau et vient de ce fait compléter un ensemble particulièrement soigné dans la pure tradition de la bibliophilie.  

        Un livre de bibliophilie                                                                                                                             

NUMEROTATION DES OUVRAGES :
Les exemplaires sont tous numérotés manuellement et servis dans l’ordre de réception des souscriptions.
100 exemplaires sont réalisés et  numérotés de 001 à 100.

 www.culture-cadeaux.com

Vue du château d’Uzès

Le 23 janvier 2013.

Jean-Yves Pons.

 

Et  aussi sur ce  blog même : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/07/17/le-duche-duzes-30700-premier-duche-de-france/

 

Rafale, affaire à suivre !

13 Déc

 

Après un premier vol en juillet 1986, le chasseur bombardier Rafale conçu et construit par le GIE Rafale, groupement d’intérêt économique (Dassault Aviation, Thalès-Safran) entrait en service opérationnel en 2004 dans l’Aéronavale puis en 2006 dans l’Armée de l’air.

Afin que le GIE puisse monter le dossier du financement des études et de l’industrialisation, l’État lui a passé commande de 286 appareils et lui garantissait un débouché commercial ferme de 11 Rafale par an.

En 2008, lors de l’élaboration de la loi de programmation militaire 2009-2014, le ministère de la Défense avait allégé ses prévisions de dépense en estimant que 5 Rafale seraient exportés sur 2011-2012 et 6 en 2013.

Le malheur est qu’en dépit de son avance technologique incontestable le Rafale n’a toujours pas trouvé preneur à l’export ; l’État reste le client unique, contractuellement obligé de mettre la main à la poche pour acheter 11 avions par an. Et comme la poche n’est pas bien pleine, il importe de remporter au plus vite quelques contrats à l’étranger face à ses concurrents :

–         2 américains, le F16 de Lockheed Martin et le F18 de Boeing

–         1 suédois, le Gripen de Saab aviation

–         1 européen, le Typhoon du consortium Eurofighter

–         1 russe, le MIG35

Les espoirs déçus.

En 2008 le Brésil lançait un appel d’offre international pour l’achat de 36 avions de combat. Malgré les efforts déployés en 2009 et 2010 par N. Sarkozy auprès du président Lula, au 31 décembre 2011 Brasilia n’avait pas encore choisi entre le Rafale, le Gripen et le F18 (1)

Aux premiers jours d’août dernier, C. Amorim, ministre brésilien de la Défense, confiait au Wall Street Journal qu’en raison des difficultés économiques de son pays « le projet n’est pas abandonné mais reporté. Je ne dirais pas qu’une société ou l’autre est favorite ».

Reste à attendre que les mesures de relance des derniers mois produisent leurs effets …ou qu’à l’occasion de son voyage en France,  Dilma Rousseff, présidente du Brésil succombe au charme de F. Hollande.

Également depuis 2008 Paris négocie la vente de 60 Rafale aux Emirats Arabes Unis. En juin 2009 le client demandait que ses avions soient équipés d’un moteur de 9 tonnes de poussée et non de 7,5 tonnes comme celui monté sur les appareils en service dans l’Armée française. Dès lors les négociations butèrent sur le partage du surcout engendré par cette modification…jusqu’au printemps 2011.

En participant au côté de la France aux frappes aériennes censées prouver les bienfaits de la démocratie aux populations de la Tripolitaine, les E.A.U. ont eu le loisir d’apprécier les performances du Rafale. Si bien que fin juillet G. Longuet à l’époque ministre de la Défense ne dissimulait pas sa satisfaction « Avant l’intervention en Libye, la feuille de route technologique incluait un moteur plus puissant. Aujourd’hui la motorisation actuelle a montré toute sa pertinence ». Les négociations reprisent sous de bons auspices, début septembre le GIE pouvait enfin remettre une offre définitive portant sur un avion très semblable à celui équipant notre Armée et il fut convenu de se revoir mi-novembre au Dubaï Airshow. (2)

Dès l’ouverture du salon les représentants du GIE eurent la surprise d’apprendre qu’après avoir jugé leur proposition « inacceptable en terme de prix », les Emirats venaient de consulter Eurofighter et s’apprêtaient à recevoir les gens de Boeing et de Lockheed Martin. Affaire à suivre…

Le Rafale en Inde.

Le méga appel d’offre lancé par l’Inde en 2007 pour l’achat de 126 avions de chasse comportait les clauses suivantes :

–         montant maximum : 10 milliards €

–         sur les 126 appareils, 18 seraient produits dans le pays d’origine et 108 dans une usine indienne qui bénéficierait des transferts de technologie adéquats.

Le 4 novembre 2011 à New Dehli, les autorités locales procédaient à l’ouverture des enveloppes de prix des deux finalistes retenus à l’issue des évaluations techniques : le Rafale de Dassault Aviation et le Typhoon d’Eurofighter.

31 janvier 2012 : le Rafale remportait la mise et après quelques mises au point supplémentaires portant sur le coût d’exploitation sur une durée de 40 ans le contrat devait être signé vers la fin 2012.

Devait car, bien qu’éliminés en avril 2011 les deux constructeurs américains entendaient bien revenir dans le jeu, principalement Lockheed Martin grâce au futur F35 en cours de développement.

En outre début janvier 2012, A. Merkel adressait un courrier au Premier ministre indien, M-Singh lui demandant, au nom de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Espagne, d’accorder la préférence au Typhoon d’Eurofighter,  plus européen que le Rafale quasiment produit à 100% par des sociétés françaises.

Pour comprendre la courtoisie de la dame du couple franco-allemand, il est utile de rappeler la composition du pacte d’actionnaires du consortium Eurofighter :

–         46% pour EADS dont l’Allemagne possède 22,35% du capital et l’Espagne 5,45%

–         33% pour BAE Systems, Angleterre

–         21% pour Finmecannica, Italie.

En Inde la presse locale insiste sur le fait que l’option Rafale est loin de faire l’unanimité au sein de la classe politique. Ainsi en février dernier le Business Standard écrivait que «le choix du Rafale selon des procédures techniques clairement établies est satisfaisant ; cependant il faut se souvenir que le moins cher n’est pas toujours le meilleur» ; l’Hindustan Times était plus agressif « La France n’a pas d’influence dans les parties du monde où l’Inde opère ; elle peut compenser ces lacunes en se montrant généreuse sur les transferts de technologie » après quoi The Indus concluait que « ce contrat doit être un levier pour contraindre la France à coopérer non seulement dans la défense mais aussi dans le nucléaire ».

Une fois mise en terre la graine de chantage vint le temps de semer le doute.

En mars, M. Reddy, député indien, jetait un pavé dans la mare en écrivant au ministre de la Défense pour lui faire part de « manipulations » qui seraient intervenues lors du processus d’évaluation technique du Rafale et remettraient en cause le choix de cet avion, d’autant que « n’ayant jamais été acheté à l’étranger, pourquoi l’Inde le ferait-elle ? ».

L’ennui est qu’en ayant ordonné l’ouverture d’une enquête sur les supposées « manipulations », le ministre de la Défense reconnaissait implicitement que le choix du Rafale pouvait être remise en question. Naturellement Eurofighter s’est engouffré dans la brèche et bien sûr la direction de Dassault Aviation estimait que ce contretemps n’empêcherait pas la signature du contrat d’ici octobre.

Sans doute pour répondre au silence persistant de New Dehli, le 22 novembre J.Y. Le Drian, ministre français de la Défense fit savoir qu’il comptait se rendre en Inde début 2013 « non pour que les autorités politiques s’immiscent dans la négociation commerciale, car il y aurait inversion des rôles. Celui de l’État est de nouer des partenariats stratégiques d’États à État dans tous les domaines, inclus celui de la défense »…mission délicate en raison de l’actualité des dernières semaines.

Au cours de sa campagne, B. Obama avait promis que son second mandat serait « très asiatique ». Et de fait, moins de deux semaines après sa réélection il se rendit en Asie pour une tournée de 3 jours qui l’amena en Thaïlande, en Birmanie et au Cambodge où il assista à un sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN).

Le but de l’opération est double. D’abord rassurer ces États et l’Inde inquiets de l’influence grandissante de la Chine ; ensuite à l’heure où les tensions commerciales entre Washington et Pékin sont particulièrement vives et que la vigueur de l’économie américaine reste insuffisante pour faire reculer le chômage, les États-Unis ont intérêt à resserrer les liens qui les unissent à une partie du monde promise à une croissance moyenne de 5 à 6% sur les 5 ans à venir.

Dans ce contexte il est probable que Washington saura argumenter pour réorienter le choix de New Dehli vers l’un des deux avionneurs américains au détriment du Rafale.

En France, également préoccupé par une économie poussive et le chômage qui en découle, le ministère du Commerce extérieur vient de lancer une campagne «Say Oui to la France » pour attirer les investisseurs étrangers. Il est clair que la sortie du camarade Montebourg qui ne veut pas de Mittal en France tombe à pic !

À New Delhi le quotidien The Economies Times ironise en titrant « le mauvais message au mauvais moment » et de passage en Inde, le maire de Londres enfonce le clou « les sans culottes semblent avoir pris le pouvoir à Paris ».

Dans un tel contexte notre ministre de la Défense devra être très habile pour nouer avec l’Inde « des partenariats stratégiques…inclus dans le domaine de la défense ».

D’un côté Berlin, Londres, Madrid, Rome et Paris, toutes capitales de l’UE, ne présentent pas un front uni face à la concurrence américaine et de l’autre les ministres du gouvernement Ayrault expriment des sons contraires.

En ces temps de vœux…bonne chance Monsieur le ministre !

(1)           Voir « La peau de l’ours », Cri du Chouan, octobre 2010

(2)           Voir « Libye », Cri du Chouan, octobre 2011

Le 12 décembre 2012.

Pierre Jeanthon, membre du Conseil dans l’Espérance du Roi.

Communiqué de Bernard Lugan sur la situation en Lybie (l’Afrique réelle).

14 Sep

Suite à notre récent communiqué relatif  à la situation en Libye, https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/09/12/lybie-mercredi-12-septembre-2012-11h45-printemps-arabe-les-fruits-auraient-passe-la-promesse-des-fleurs/nous relayons bien volontiers l’ analyse de Bernard Lugan sur le contexte ayant amené à l’assassinat, à Benghzi, de l’ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli. Il ouvre une intéressante réflexion géopolitique à laquelle le Conseil dans l’Espérance du Roi ne doit pas se soustraire

Acteur plus qu’actif du renversement de Mouammar Kadhafi, Christopher Stevens, en déplacement à Benghazi, a été pris au piège dans les locaux du consulat de son pays. Au-delà de ce meurtre et de son prétexte pseudo religieux, quelle analyse pouvons-nous faire de la situation en Libye?

Jusqu’à aujourd’hui, et à en croire les médias, la Libye était sur la voie de la normalisation : l’économie redémarrait avec la reprise des exportations de pétrole et de gaz et des institutions démocratiques se mettaient en place à la suite des élections législatives du 7 juillet 2012. Aveugles et sourds, les observateurs bêlèrent de bonheur quand ces dernières virent la défaite des fondamentalistes et la victoire de l’Alliance des forces nationales (AFN) vite baptisée « libérale ». 

Or, comme il fallait s’y attendre, ce calendrier démocratique très « européocentré » n’a évidemment pas permis de remettre le pays sur ses pieds et cela pour une simple raison qui est que la Libye n’existe plus.

Le colonel Kadhafi avait réussi, au prix d’une dictature sévère, à imposer la stabilité intérieure dans un pays aujourd’hui menacé d’une fragmentation régionale (Tripolitaine-Cyrénaïque-Fezzan) doublée de fractures  interrégionales et religieuses.

En  Tripolitaine deux grandes coalitions régionales s’opposent :

1) A l’Ouest, l’AFN de Mahmoud Jibril a pour cœur la fraction tripolitaine des Warfalla, sa tribu qui, à elle seule, totalise 30% de la population. Ses alliés et partenaires se recrutent à Zenten [1] et parmi les tribus de l’ouest, dont les Berbères du jebel Néfusa et de Gahryan.

2) A l’Est, la coalition islamo-Misrata est quant à elle puissamment soutenue par le Qatar. Le port de Misrata est aujourd’hui aux mains de ces milices gangsgtéro-fondamentalistes qui lynchèrent le colonel Kadhafi, tranchèrent les mains de son fils cadet avant de lui crever les yeux et de l’égorger. Ce furent ces « combattants de la liberté », ces « démocrates » chers à BHL, que le président Sarkozy ordonna aux commandos français de sauver quand les forces du colonel Kadhafi étaient sur le point de prendre la ville…Joli coup !

En Cyrénaïque, où le 6 mars 2012, Ahmed Zubaïr al-Senoussi a été élu émir par les chefs des tribus, deux grandes forces s’opposent, les fédéralistes et les islamistes.

L’irrédentisme de la Cyrénaïque est une donnée historique. Dans les années 1945-1950, quand l’ONU força la Grande-Bretagne, l’Italie et la France à accélérer le processus d’indépendance de la Libye,  les tribus de Cyrénaïque, réticentes à l’idée de la création d’un Etat libyen, n’acceptèrent l’union qu’à deux conditions :

1) Que le chef de la confrérie sénoussiste, Idriss en devienne le chef. Il régna sous le nom d’Idriss I° de 1951 à 1969.

2) Qu’une large autonomie soit reconnue à la Cyrénaïque.

En 1969, dès sa prise de pouvoir, Mouammar Kadhafi abolit la monarchie et imposa la domination de la Tripolitaine, ce que la Cyrénaïquen’accepta jamais. C’est pourquoi la guerre civile qui allait le renverser y commença.

Les islamistes qui ont soutenu la rébellion de la Cyrénaïque veulent maintenant « coiffer » les fédéralistes, mais ils ont en face d’eux d’autres musulmans. Un féroce combat oppose en effet les fondamentalistes qui n’ont pas de tradition locale aux membres des confréries soufies dont le poids régional est important. Le fief des islamistes radicaux est Derna où ils ont constitué un Emirat. Depuis plusieurs semaines, ils tentent de prendre le contrôle de Benghazi. L’attaque contre le consulat américain fait partie de leur stratégie

Qui va l’emporter ? Il est impossible de le dire. Actuellement les fondamentalistes de Cyrénaïque cherchent à s’appuyer sur les milices de Misrata lesquelles recherchent leur soutien contre celles de l’Ouest. Furieux de la défaite de ses protégés à Tripoli, le Qatar semble particulièrement actif dans cette opération.

La question qui se pose désormais est de savoir si la Libye peut survivre comme Etat. Peu à peu y apparaît en effet une situation de guerres régionales, tribales, claniques, religieuses ; comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement territorial, le pays étant alors découpé en « touches de piano » avec un port dans le prolongement des gisements d’hydrocarbures de l’intérieur.

Désormais, l’alternative est simple : soit les nouvelles autorités mettent un terme au chaos – mais comment ? – et reconstruisent l’Etat sous une forme ou sous une autre, soit la Libye demeure ingouvernable. Dans ce cas,  les islamistes pourraient alors jouer une carte maîtresse, celle du modèle religieux transcendant les divisions afin de les coaguler dans un tout commun, l’Oumma.

Ceux qui ont permis ce désastre avec ses prolongements dans toute la bande sahélienne (voir les numéros de l’Afrique Réelle consacrés à cette question), sont ceux qui ont décidé de s’immiscer dans la guerre civile libyenne, au premier rang desquels l’ancien président de la République française. Quant au malheureux ambassadeur américain, le moins que l’on puisse dire est que ses anciens protégés se sont montrés bien ingrats envers lui…

Bernard Lugan le 12/O9/12

http://bernardlugan.blogspot.fr/p/lafrique-reelle.html