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Banque centrale européenne et McDonald’s, même combat ?

23 Jan

Alors que la Banque centrale européenne (BCE) a renouvelé, hier lundi 22 janvier son directoire, dans la plus grande opacité, l’euro s’annonce (comme nous l’avions prévu et affirmé) comme le trouble-fête de l’Union européenne (UE).

En  2017, la monnaie unique a en effet progressé de 14 % face au dollar. Et elle a de nouveau grimpé de 2  % depuis le début de l’année 2018. Dimanche 21  janvier, l’euro évoluait ainsi autour de 1,22 dollar, au plus haut depuis fin 2014.  » L’évolution du taux de change est une source d’incertitude « , s’est inquiété François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, dans un entretien au quotidien allemand Börsen-Zeitung, mardi 16  janvier. Entendez qu’il est plutôt une source d’inquiétude ! Car, en pesant sur les prix des produits importés, il pourrait en effet contraindre la BCE à revoir son calendrier d’action pour les mois à venir. BRAVO MARIO DRAGHI ET SES QE (quantitative easing ou assouplissement quantitatif – inondation des marchés par des liquidités -) ! Un échec sur (presque) toute la ligne.

La nervosité commence également à poindre du côté des exportateurs français et italiens, plus sensibles aux variations du taux de change que leurs homologues allemands ou autrichiens. En effet, la compétitivité prix de leurs ventes à l’étranger se dégrade lorsque l’euro approche les 1,30 dollar.

Heureusement (pour le moment) cette hausse concerne essentiellement le billet vert. L’évolution de l’euro face aux autres devises, telles que la livre sterling ou le yen, est en effet plus modérée.  » Dit autrement : la force de l’euro est en partie le fruit de la faiblesse du dollar, souligne Gilles Moëc, chez Bank of America Merrill Lynch. Cette dernière est d’ailleurs assez difficile à expliquer, puisque les performances de l’économie américaine sont plutôt bonnes. «  L’imprévisibilité entourant la présidence de Donald Trump y est peut-être pour quelque chose.

Ensuite, la résistance relative de la monnaie unique est aussi le résultat des bonnes nouvelles au sein de la zone euro, où beaucoup d’ indicateurs sont au vert. La croissance est repartie, le chômage baisse et les investisseurs étrangers sont de retour… En tout cas dans beaucoup des pays de l’Union. Résultat : la solidité de la demande internationale compense encore l’effet de la hausse de l’euro pour les exportateurs européens. Pour l’instant…Car  » On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, rappelle Maxime Sbaihi, économiste chez Bloomberg Intelligence. La meilleure santé économique de la zone euro se traduit mécaniquement par des tensions à la hausse sur la devise européenne. « 

Seulement voilà : plus l’euro monte, plus les prix des produits importés (souvent libellés en dollar) se tassent, ce qui pèse sur le niveau global de l’inflation. Or, celle-ci est ressortie à 1,4 % seulement en décembre dans la zone euro, loin de la cible de 2 % fixée par la BCE. Voilà pourquoi certains gouverneurs de l’institution se montrent préoccupés. Une hausse prolongée de l’euro pourrait les contraindre à retarder la fin programmée des rachats de dettes publiques et privées (le fameux quantitative easing en anglais, ou QE). Sauf que, en trois ans d’utilisation de ce système en zone euro, ses effets sur l’inflation sont quasi nuls !

Pour l’instant, la BCE a prévu de poursuivre ces rachats à hauteur de 30  milliards d’euros mensuels, au moins jusqu’en septembre  2018.

Les observateurs doutent néanmoins qu’elle modifie son calendrier lors de la réunion de jeudi. Car les prix du pétrole sont aussi, repartis à la hausse, le baril de brent s’échangeant à près de 70  dollars, contre 50  dollars à l’été 2017. De quoi tirer l’indice des prix vers le haut et compenser l’effet de la hausse de la devise.  » Dans ces conditions, la BCE ne devrait pas réagir avant que l’euro ne se rapproche des 1,30 dollar « , juge M. Ducrozet. Tout en rappelant qu’officiellement, et contrairement à d’autres banques centrales, l’institution n’a pas d’objectif de taux de change. Son mandat se résume à la stabilité des prix.

Or, sur le sujet, d’autres critères entrent en jeu, telle l’évolution des salaires, dont la dynamique reste étonnamment faible, en dépit de la reprise. En outre, la BCE se montre également attentive à l’évolution des taux souverains, qui ont crû de nouveau ces dernières semaines. Les taux d’emprunt allemands à dix ans évoluent ainsi autour de 0,57 %, contre 0,30  % début décembre. Là encore, il n’y a pas de raison de paniquer : la remontée des taux est inévitable lorsque l’économie se porte bien et pas forcément douloureuse, lorsqu’elle est étalée dans le temps. Néanmoins…les ennuis commencent souvent comme ça aussi !

D’ailleurs, beaucoup d’observateurs redoutent un dérapage. A savoir, une remontée trop brutale des taux, nocive pour les finances publiques comme pour tous les assureurs et fonds de pension détenant beaucoup d’obligations d’Etat. Autant dire que la BCE devra redoubler de prudence et de pédagogie dans sa communication envers les marchés ces prochains mois. L’euro, lui, poursuivra-t-il sa hausse face au dollar ? Difficile à dire. Cela dépendra en partie de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les deux ou trois remontées des taux directeurs qu’elle envisage cette année pourraient relancer l’appréciation du billet vert.

En attendant, les exportateurs soucieux peuvent se rassurer en consultant le fameux  » indice  Big Mac « , publié par The Economist. L’hebdomadaire britannique mesure le prix du sandwich de McDonald’s en  » parité de pouvoir d’achat « , ce qui permet de comparer les prix entre pays, tout en mesurant le niveau relatif des devises. Début janvier, le Big Mac était ainsi vendu 4,84  dollars (3,95  euros) en moyenne dans la zone euro, contre 5,28  dollars aux Etats-Unis. Ce qui signifie, selon le baromètre du journal, que l’euro est encore sous-évalué de 8,4  % face au billet vert. Ça laisse de la marge !

En d’autres termes, ce n’est pas  » à la corbeille  » que se fera la politique de la France mais chez MacDo…Ce n’est pas mieux.

Le 23 janvier 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (5 juillet 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

5 Juil

Angers - bête

*  La bête blessée…n’en est que plus dangereuse !

On nous dit que, tout compte fait, la République est plutôt « bonne fille ». Ne vous y trompez pas. Car elle est mortellement blessée et, donc, d’autant plus dangereuse.

Sous le titre « Répression : de l’attroupement à l’insurrection ? », le blog la voix du citoyen pose la question de l’accéleration et du durcissement de la représsion policière en France, notamment en sollicitant les textes sur l’insurrection du code pénal, qui pourrait permettre de très lourdes peines aux meneurs. N’excluons rien…
Pierre Favre, Professeur agrégé de sciences politique commente dans un article maintenant ancien, la réforme du code pénal de 1993. Au terme de cette réforme, toujours en vigueur, il y aura des manifestations déclarées et des « attroupements » et surtout la fameuse « rébellion » qui en finit définitivement avec le droit d’insurrection issu de la déclaration  des droits de l’homme et du citoyen de 1793.
Pour mémoire, au sens du Code pénal, « constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public ». L’éminent juriste insiste sur le fait que cette nouvelle approche, d’une définition très lâche, pourrait un jour servir au pouvoir pour réprimer la liberté d’expression : « Un gouvernement pourrait être ainsi tenté de solliciter les textes sur l’insurrection… pour requérir la condamnation a quinze ans de réclusion criminelle de manifestants un peu trop déterminés à défendre leur cause ».
Y sommes-nous ? Certes pour l’instant, le gouvernement utilise les articles relatifs à la « rébellion » et aux « attroupements »…. Mais il n’est pas exclu qu’il recourt aux articles 412.3 et suivants du Code pénal : « Constitue un mouvement insurrectionnel toute violence collective de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire national. » Les deux actions suivantes sont condamnables au titre du 412.3 : « En assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurgés ; En provoquant à des rassemblements d’insurgés, par quelque moyen que ce soit. »
Les veilleurs, comme les veilleurs debout ou le tour de France pour Tous, les Hommens ; la multitude de ces actions, dans le temps et l’espace, leur répétition à l’infini,pourraient tenter le gouvernement de considérer qu’il y a une insurrection en cours et la réprimer comme telle.

Nous ne lâcherons rien…surtout pas la vigilance.

*  Le loup est ressorti du bois…ce n’est pas bon signe !

Comme c‘était attendu, jeudi la BCE a laissé inchangé à 0,50% son principal taux d’intérêt directeur, son taux de refinancement. Mais pour son Président Mario Draghi ( dit le loup), la fin de la politique monétaire accomodante de la BCE n’est pas pour demain.

« Le Conseil des gouverneurs a fait un pas inédit pour orienter sa politique dans une direction plus spécifque, ce qu’il n’avait jamais fait, a déclaré Mario Draghi. Il a dit que les taux d’intérêt de la BCE resteraient à leurs niveaux actuels voire plus bas pour une période de temps prolongée« .

En donnant aux investisseurs le plus d’indications possibles sur l‘évolution prévisible de la politique monétaire de la zone euro, la BCE emboîte le pas à la Réserve fédérale américaine.

Mais en réalité l’objectif de Mario Draghi est de rassurer les marchés qui permettent de couvrir les emprunts européens. En effet, depuis quelques semaines, les taux d’emprunts à dix ans du Portugal (le maillon faible d’aujourd’hui, après la Grèce) s’envolent et frisent les 8% ce qui ne pourra pas être longtemps supportable. La cause de ce désastre rampant : le constat d’échec de l’austérité menée de façon disciplinée dans le pays depuis le dernier plan d’aide accordé par l’Europe et le FMI au printemps 2011. Une crise politique vient de s’ajouter à ces difficultés financières avec la démission de deux poids lourds du gouvernement portugais : le ministre des finances (architecte des mesures de rigueur imposées au pays) et le ministre des affaires étrangères. Résultat : la bourse de Lisbonne s’est effondrée mercredi de plus de 6%. Il est vrai qu’avec une dette de plus de 127% de son PIB, le Portugal ne peut plus supporter la moindre augmentation de ses taux d’intérêt et il pourrait être amené à réclamer une rallonge financière et/ou le soutien accru de la BCE. D’où la démarche « préventive » de Mario Draghi. Et ses propos lénifiants: « Je pense que le Portugal a obtenu de remarquables résultats. La route a été certainement douloureuse et les résultats obtenus vraiment importants, remarquables, et même exceptionnels » !

Quoi qu’il en soit, la crise politique qui s’installe au Portugal (qui n’est sans doute que la partie émergée de l’iceberg financier européen) témoigne de la lassitude des populations vis-à-vis d’une austérité dont plus personne ne voit le moindre avantage puisque les résultats ne sont jamais au rendez-vous que leur donnent les sacrifices subis.

La crise bancaire qui s’annonce dans plusieurs pays de l’Union européenne et que nous évoquions récemment  (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/07/02/bulletin-climatique-quotidien-2-juillet-2013-de-la-republique-francaise/ ) risque de précipiter ce que les oligarchies au pouvoir craignent le plus : La rébellion de leurs populations.

*  Et pendant ce temps-là…

L’ UMP fait la quête ! 

Mais qui veut aider l’UMP ? Le parti a lancé, jeudi 4 juillet, » une grande souscription nationale  » pour renflouer ses caisses. Cette annonce du président de l’UMP, Jean-François Copé, fait suite à l’annonce du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 par le Conseil constitutionnel.

L’UMP est déjà très lourdement endettée. Aux 30 millions d’euros de dettes, s’ajoutent désormais près de 11 millions d’euros. Après sa défaite aux élections législatives de juin 2012, le parti avait perdu près de 14 millions de dotation publique.

Si la Commission nationale des comptes de campagnes (CNCCFP) avait validé les comptes de l’ex-président, l’Etat aurait remboursé la moitié des dépenses du candidat de l’UMP. Un privilège réservé à ceux qui obtiennent plus de 5 % des voix au premier tour, dans la limite de 22,5 millions d’euros. Mais des dépenses n’ont pas été intégrées aux comptes pour ne pas que cette limite financière soit atteinte, poussant la CNCCFP a refuser le remboursement. Le Conseil constitutionnel a ainsi suivi son avis.

Après l’annonce du rejet des comptes, Nicolas Sarkozy, déjà au cœur d’une affaire de financement de sa campagne présidentielle par le clan Khadaffi, a décidé de démissionner du Conseil constitutionnel dont il en est membre en sa qualité d’ancien chef de l’Etat: « Après la décision du Conseil constitutionnel et devant la gravité de la situation et les conséquences qui en résultent pour l’opposition et pour la démocratie, Nicolas Sarkozy démissionne immédiatement du Conseil constitutionnel afin de retrouver sa liberté de parole « , rapporte un communiqué. Même si cette « démission » est virtuelle puisque Nicolas Sarkozy est membre de droit, donc membre à vie, du Conseil. Que ne comprennent-ils pas qu’avec un roi rien de tout cela n’existerait et ne salirait l’image de la France…

Nous ne verserons ni la moindre larme ni la moindre obole pour sauver ces gens-là !

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Et la France sait aussi se souvenir :

Aujourd’hui 5 juillet 2013, commémoration du 10e anniversaire du décès de la Princesse Isabelle d’Orléans-Bragance, Princesse du Brésil (branche de Pétropolis), par son mariage Duchesse d’Orléans, de Valois, de Chartres, de Guise, d’Enghien, de Vendôme, de Penthièvre, d’Aumale, de Nemours et de Montpensier, Dauphine d’Auvergne, Princesse de Joinville et de Condé, connue sous le titre de courtoisie de Comtesse de Paris, mère du prince Henri d’Orléans, chef de la branche cadette de la maison de Bourbon.

Le 5 juillet 2013.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (19 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

18 Fév

*  L’euro fort, vrai danger pour l’Europe du sud ?

Face à la crise financière, puis à celle de l’euro, la BCE  n’a pas hésité à fournir des liquidités aux banques et à combattre la fragmentation de la zone euro. Mais elle s’est montrée plus traditionaliste en matière de stimulation macroéconomique.

En effet l’accroissement de la taille de son bilan ne doit pas tromper : il ne vise pas, comme pour la Fed, à relancer l’économie, mais à pallier la défaillance du marché interbancaire. En termes techniques, la BCE mène une politique de liquidité hétérodoxe mais sa politique monétaire reste plutôt orthodoxe.

D’ailleurs plus l’action qu’il conduit pour préserver l’intégrité de la zone euro est contestée par les faucons de la Bundesbank, plus Mario Draghi est contraint de se montrer strict sur le front de l’inflation. D’où un risque sur le change, face à d’autres banques centrales aujourd’hui moins sourcilleuses.

Comme beaucoup d’économies continentales, la zone euro est relativement peu ouverte : elle exporte et importe de l’ordre d’un quart de son produit intérieur brut. L’impact des variations du change est donc limité. Cependant c’est une économie coupée en deux, entre un Nord prospère qui tutoie le plein-emploi et un Sud en profonde récession. Cela ne peut pas durer très longtemps.

Or, Zsolt Darvas, de l’Institut Bruegel, et Gian Maria Milesi Ferretti, du FMI, ont l’un et l’autre montré récemment que le redressement du Sud ne pouvait pas seulement s’opérer vis-à-vis du Nord : pour résorber leurs déficits et reconstruire leur économie, l’Espagne ou l’Italie – mais la France aussi – ont besoin d’exporter davantage vers l’extérieur de la zone. Un euro à 1,50 dollar (comme on peut le redouter) mettrait ce rééquilibrage en situation de risque. 

Mais, la primauté de l’objectif interne sur l’objectif externe est constitutive de l’euro et l’Allemagne est formellement hostile à toute politique de change. Le seul espoir est d’abord que la BCE prenne en compte le change dans son appréciation des risques économiques. Il est ensuite et surtout que les banques centrales nationales s’accordent sur le degré acceptable de différenciation de leurs politiques, mais restent suffisamment cohérentes entre elles pour ne pas laisser de place à une guerre des monnaies. Et ça…c’est moins sûr tant elles ont été politiquement affaiblies par le mirage de la monnaie unique et la tyrannie de la BCE.

Entre elles, comme au sein d’un G20 en voie de déliquescence accélérée, le ciment de la coopération internationale se délite. Là est le vrai danger.

*  Après la taxation des retraites, celles des allocations familiales :

Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, a proposé , en plus de la taxation des pensions de retraite,la taxation des allocations familiales afin d’augmenter les recettes de l’Etat. Aussitôt dit, aussitôt fait !  « Une mission a été confiée à un ancien président de chambre à la Cour des comptes, Bertrand Fragonard, grand spécialiste de ces questions de politique familiale, qui rendra ses conclusions au Premier ministre, et ensuite nous prendrons nos décisions« , a ainsi déclaré hier lundi le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, sur RTL.Im^ôt

Les pistes de réflexion retenues pourraient être les suivantes : soit rendre imposables les prestations familiales, soit les rendre accessibles sous conditions de ressources. Le caractère universel, fondement même de la politique familiale, serait donc ainsi remis en cause. En choisissant la seconde proposition, ce serait une prime aux plus démunis (voyez-vous de qui il pourrait s’agir ?) financée sans contrepartie par ceux que ne tarderont pas à l’être. Lesquels paieront quand même si l’on choisit la première proposition. Bref ce sont toujours les mêmes qui « cracheront au bassinet » ! Ce qu’ils font d’ailleurs déjà grâce au gel du barême de l’impôt sur le revenu et à la nouvelle règlementation du quotient familial.

Les allocations familiales n’ont pas vocation à servir à une meilleure redistribution des revenus entre ménages modestes et aisés. Si redistribution il y a, elle doit rester horizontale : l’ouvrier sans enfant paye pour l’ouvrier avec enfants, le cadre sans enfant paye pour le cadre avec enfants, etc. Ces allocations ont vocation à compenser un tant soit peu la perte de pouvoir d’achat occasionnée par l’arrivée d’enfants. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que « Quand on veut faire d’un instrument de politique  familiale un instrument de justice fiscale, on passe à côté de ses objectifs », a résumé Nathalie Kosciusco-Morizet lundi matin sur France Inter. Pour les adversaires de la taxation, les allocations ont avant tout pour but de promouvoir la famille afin d’assurer le renouvellement de la population (et incidemment, la retraite des actifs).

Le but recherché par la société n’est pas d’inciter à la natalité uniquement chez les plus modestes. Certains estiment même qu’il n’est pas mauvais, pour une société, de développer la natalité chez les plus aisés : cela permet une élévation plus rapide du niveau d’éducation moyen. Cet argument n’est pourtant jamais avancé à haute voix car il n’est pas « politiquement correct ».

Ce qui, surtout, est aberrant c’est de ne jamais poser la questions des autres réformes possibles de la politique familiale. En particulier celle de la fraude : qui ose dire qu’elle se monte officiellement à plusieurs milliards d’euros par an . Ne pourrait-on pas trouver là une piste sérieuse permettant de réduire le déficit de la branche famille des prestations sociale ?

*  Une subvention pour l’embauche de jeunes de banlieues :

En déplacement à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre délégué à la Ville, François Lamy ont annoncé que le gouvernement allait subventionner l’embauche de 2.000 jeunes qui habitent « en zone urbaine sensible » (NDCER: on ne voit toujours pas ce que la sensibilité vient faire dans ces quartiers). Un dispositif pour, paraît-il, « lutter contre les discriminations« .

Il s’agit  » d’emplois francs (sic) » qui seront expérimentés sur « une dizaine de sites« . Ces emplois prévoient une subvention de l’Etat : 5.000 euros pour l’embauche en CDI d’un jeune de 18 à 30 ans qui habite en zone urbaine sensible et qui est inscrit « depuis un certain temps » au chômage. 

Pour François Lamy, ce dispositif est un moyen de faire émerger « des exemples de réussite dans les quartiers qui ne soient pas celles de petits dealers« .

Plusieurs zones sont concernées par ces « emplois francs », notamment Clichy-Montfermeil, Marseille, Grenoble et Amiens. Un arrêté devra être publié début mars pour lancer le dispositif. Mais le calcul est facile: 5 000 x 2 000 = 10 000 000 d’euros. Pour quel résultat ?

Alors, nous le leur disons: il faudra qu’ils rendent des comptes sur les gaspillage de l’argent public. Car cet argent est celui qu’ils volent. Et il faudra qu’ils en rendent compte sur leurs biens propres, voire…. La Chambre d’Instruction pour le Tribunal de l’Histoire y veillera.

*  Petite entorse au Bulletin climatique :

En ce jour du 19 février il nous faut rendre hommage à la mémoire d’un des plus grands savants de tous les temps: Nicolas Copernic.

Nicolas Copernic est né en Pologne le 19 février 1473. Après avoir étudié les arts à l’Université de Cracovie, il découvre la médecine, les mathématiques et surtout l’astronomie à l’université de Bologne (Italie). Son professeur Domenico Maria Novara l’invite régulièrement à observer des éclipses ou des occultations d’étoiles par la Lune. De retour en Pologne à partir de l’an 1500, Copernic va consacrer le reste de sa vie à mener de front son travail de chanoine, un poste d’administrateur du diocèse qui ne demande pas de devoirs religieux, et ses recherches astronomiques qu’il conduit dans son observatoire de Frombork au nord du pays.

Représentation de Copernic par le peintre polonais J. Matejko (1838-1893)

Alors que depuis Ptolémée et Aristote la Terre est placée au centre de notre Univers (c’est le géocentrisme), Copernic pense que c’est  le Soleil qui se trouve au centre (c’est l’héliocentrisme). Cette hypothèse avait déjà été envisagée par Aristarque de Samos, un astronome grec qui vécut 300 ans avant J-C. Mais Copernic annonce également que la Terre tourne sur elle-même, que la Lune est son satellite et que toutes les planètes tournent autour du Soleil. Il développe ses théories dans deux ouvrages majeurs : « Commentariolus« , qui ne sera publié qu’au 19 ème siècle, et « De Revolutionibus Orbium Coelestium » achevé vers 1530 et publié 13 ans après, le jour de la mort de son auteur.

Copernic a néanmoins retardé de plusieurs années la parution de l’œuvre de sa vie. Ses croyances et la peur de la réaction de l’Église en sont les principales raisons. Quand Copernic meurt le 24 mai 1543, ses idées ne sont connues que de quelques scientifiques. Ses textes ne seront publiés que le jour de sa mort. Mais, contrairement à ce que certains soutiennent, Copernic ne fut jamais inquiété par l’Eglise durant son existence. En revanche, il connut beaucoup de contradicteurs ayant du mal a abandonner la vision traditionnelle du cosmos, héritée de Ptolémée. Ses oeuvres ne furent partiellement condamnée par l’Eglise que beaucoup plus tard (au milieu du XVII ème siècle), dans le cadre du conflit avec Galilée, avant d’être réhabilitées un siècle plus tard.

Copernic sut, par ses travaux, libérer les scientifiques et chercheurs de leurs préjugés. Il amena aussi par la suite les théologiens à s’interroger sur l’interprétation des textes sacrés. Il fallut attendre le XIX ème siècle pour que les théologiens prennent des distances vis-à-vis de l’interprétation trop littérale des textes sacrés, ce qui nécessita tout de même un renouvellement des études bibliques.

L’influence de Copernic se fit sentir jusque dans le domaine philosophique : Descartes, qui avait rédigé un Traité du monde et de la lumière,  s’orienta vers la philosophie et rédigea le Discours de la méthode et quelques autres ouvrages philosophiques qui constituaient un projet de recherche d’une science universelle.

Et ce n’est pas sans raison que l’on parle de révolution copernicienne, car l’influence du système de Copernic se fit sentir profondément dans tous les domaines de la connaissance humaine.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

La singularité chez le duc de Saint-Simon

Journée d’études orga­ni­sée par le Centre de recher­che du châ­teau de Versailles et la Société Saint-Simon

Samedi 9 mars 2013 – Auditorium du château de Versailles

(Copyright photo et source : site du château de Versailles)

Le Centre de recherche du château de Versailles  et la Société Saint-Simon organisent une journée d’études ayant pour sujet « La singularité chez le duc de Saint Simon » le 9 mars 2013.

« Grand défen­seur des rangs et de l’ordre monar­chi­que, pour­fen­deur de tou­tes les usur­pa­tions, Saint-Simon sem­ble vouer une pas­sion para­doxale et peu com­mune à la sin­gu­la­rité. Dérogeant à toute loi ou à toute norme, la sin­gu­la­rité recou­vre des voca­bles aussi variés que le curieux, le par­ti­cu­lier, le rare, l’excel­lent, l’uni­que mais aussi le mar­gi­nal, le capri­cieux, le bizarre voire le scan­da­leux. Elle tou­che au plus près le récit his­to­ri­que et l’écriture de soi comme un élément invrai­sem­bla­ble, irra­tion­nel, ou sim­ple­ment carac­té­ri­sant, motif suf­fi­sant de la nar­ra­tion. Elle concerne encore les por­traits, carac­tè­res, for­tu­nes, corps, habi­tu­des de vie, mœurs et ren­voie à l’indi­ci­ble variété des êtres et des événements. Entre pas­sion pour l’extra­va­gance et répul­sion pour l’irré­duc­ti­ble, la sin­gu­la­rité fas­cine autant qu’elle interr­oge. »

PROGRAMME

Matin

Président de séance : Patrick Dandrey (université Paris-Sorbonne)

9h30 Accueil
9h45 Comparer, caractériser : les exercices de géométrie historique

du Parallèle, François Raviez (université d’Artois)

10h30 Pause

11h00 Récits singuliers et effets de perspective de l’écriture de soi dans la Note Saint-Simon, Marie-Paule de Weerdt-Pilorge (université François-Rabelais de Tours)

11h45 L’écriture de l’histoire et la question du singulier chez Saint-Simon, Marc Hersant (université Jean Moulin – Lyon 3)

12h30 Déjeuner

Après-midi

Président de séance : Jean Garapon (université de Nantes)

14h15  L’ “étrange singularité” de M. de Lauzun , Patrick Dandrey (université Paris-Sorbonne)

15h00 Pause

15h30 Dans le bruit et la vivacité de la débauche  : Saint-Simon face aux singularités de Philippe d’Orléans,
Damien Crelier (université Paris-Sorbonne)

16h15 Esclavage et liberté du singulier,
Francesco Pigozzo (Scuola Superiore Sant’Anna, Pise)

Direction scientifique : Marie-Paule de Weerdt-Pilorge (université François-Rabelais de Tours)

Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Inscription obligatoire :
– en ligne : http://www.chateauversailles-recherches.fr (« événements sur inscription ») – par mail : colloques@chateauversailles.fr
– par téléphone : +33 (0)1 30 83 75 12

Centre de recherche du château de Versailles Pavillon de Jussieu — RP 834
78008 Versailles Cedex 

Le 19 février 2013.

Jean-Yves Pons.

Le cri du Chouan.

13 Oct

L’éditorial de Pierre Jeanthon dans la dernière livraison du cri du chouan, organe de l’Association France royaliste, est un bijou de lucidité, de profondeur et d’engagement. Sa conclusion, en forme d’appel pressant à une refondation du royalisme français dans l’union de ses différents courants est particulièrement édifiante.

Le Conseil dans l’Espérance du Roi souscrit sans réserve à la supplique de notre ami et ne résiste pas au désir de vous la faire partager :

 » Inéluctable.

En dépit de 36 mois qui ont vu des sommets européens plus historiques les uns que les autres, les Vingt Sept n’ont toujours pas trouvé la définition du mot « Union ».

Outre-Manche W. Hague, ministre des Affaires étrangères, vient de lancer un audit sur la place de la Grande Bretagne dans l’Europe. Avec 17,5 millions de sans emploi (en augmentation de 1,8 million sur un an) le taux de chômage moyen de la zone euro dépasse 11% entre 4,1% en Autriche et 24,6% en Espagne. En variant de 15,2% sur le dernier trimestre 2007 à 22,1% fin mars 2012, le taux de chômage des jeunes prend l’allure d’un cancer social.

Sur le premier trimestre de cette année la dette publique de la zone euro montait de 87,3% à 88,2% du PIB. Le 23 juillet, l’agence de notation américaine abaissait le triple A du Luxembourg, de la Belgique et de l’Allemagne de perspective stable à négative.

Pas de quoi désespérer puisque l’historique Conseil européen des 28 et 29 juin dernier avait parait-il trouvé la voie pour sortir du marasme ; pour preuve, suite à cette rencontre, le Bundestag et le Bundesrat votaient en faveur de l’instauration du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et du Pacte de stabilité budgétaire qui, dès le 9 juillet, devaient éviter aux États en difficulté d’emprunter à des taux prohibitifs.

Hélas voter n’étant pas ratifier, il faudra attendre la mi-septembre pour que la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe tranche sur le recours déposé par plusieurs Parlementaires allemands.

Alors que faire pour soulager cette pauvre Europe conduite par des institutions qui, incapables de décider sous la pression du chacun pour soi, ont dilapidé leur crédit ? Et de surcroît malade d’une Banque Centrale qui se borne à des effets de manche face aux marchés financiers ; ainsi, le 26 juillet dernier à Londres, M. Draghi jouait à Tartarin de Tarascon devant les investisseurs invités à écouter la bonne parole « La Banque Centrale Européenne est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour sauver l’euro ; et croyez-moi ce sera suffisant ! ». Ah mais, vous allez voir !

Eh bien exactement une semaine plus tard, alors qu’on n’avait rien vu, au cours de la conférence de presse mensuelle de la BCE, le même annonçait « reporter dans les semaines qui viennent » les mesures qui sauveraient l’euro, tout en restant prêt à intervenir sur les marchés si un gouvernement lui en faisait la demande ; dans les semaines, dans les mois, demain, les promesses ne coûtent rien.

Que faire ?

Leur réponse est passée presque inaperçue le 2 juin sur les ondes et le 4 dans la presse ; H.V. Rompuy président de l’Union européenne, J.M. Barroso président de la Commission de Bruxelles, M. Draghi président de la BCE et J.C. Juncker président de l’Eurogroup se mettent au travail pour présenter au prochain Conseil de l’Europe le projet d’un ministère européen des Finances, prélude au futur gouvernement de l’Europe fédérale. Fine mouche, Madame Merkel s’empresse de relativiser l’information en précisant qu’il s’agit « d’une simple réflexion pour les 5 ou 10 prochaines années ».

Lors du Conseil, les questions les plus urgentes ont pris le pas sur le débat relatif à l’avenir économique et monétaire de l’UE ; néanmoins le document des 4 présidents fut bien accueilli par l’ensemble des chefs d’État qui ont seulement regretté de n’avoir pu en prendre connaissance  que la veille. Malgré tout, dans un contexte très fédéral ils ont adopté la mise en place dès décembre, d’un superviseur européen lié à la BCE qui aura le pouvoir d’intervenir directement dans l’ensemble des banques de la zone euro.

Ainsi prévenus, nous n’aurons pas l’excuse de dire que nous ne savions pas.

Au sein d’une Europe fédérale, les patries apparaîtraient comme de simples régions administratives. Sauf erreur nous militons en faveur d’un roi qui régnerait et gouvernerait la Fille aînée de l’Église ; mais pas pour asseoir un fonctionnaire sur un trône régional, trône qui se réduira inéluctablement à un tabouret sous l’action des institutions européistes séduites par le chant des sirènes mondialistes.

En survolant très succinctement les vingt dernières années, on constate que la mondialisation et l’essor des échanges commerciaux ont naturellement favorisé la diffusion d’innovations technologiques foisonnantes et imprévisibles avec pour effets de changer les procédés de fabrication et leur localisation géographique mais aussi de modifier les modes de consommation.

L’idéologie mondialiste a profité de ces bouleversements pour faire admettre :

  • La disparition de l’emploi à vie, flexibilité et mobilité devenaient les maîtres mots des Directeurs des Ressources Humaines envers des travailleurs désormais « citoyens du monde ».
  • La réalité d’enjeux collectifs mondiaux (réchauffement climatique, disparition de la biodiversité, raréfaction des ressources naturelles aggravée par l’augmentation de la population mondiale, déséquilibre des balances commerciales…)

Conclusion, seule une gouvernance mondiale peu répondre aux aspirations des « citoyens du monde » et éviter l’inéluctable catastrophe provoquée par des « enjeux collectifs » non maîtrisés. Dans les instances du futur exécutif planétaire les représentants des Pays européens seraient remplacés par un délégué unique (depuis plus d’un an cette hypothèse est débattue au FMI).

De sorte que pour empêcher le naufrage des Patries d’Europe dans le monde unipolaire concocté par les mondialistes, leur union est nécessaire et certainement réalisable sous réserve de répondre préalablement aux questions suivantes :

  • Qu’ont-elles en commun ?
  • Politiquement et économiquement que peuvent-elles mettre en commun ?
    • Comment peuvent-elles le mettre en commun sans perdre leur souveraineté, héritage d’une longue Histoire ? (en réformant l’enseignement de cette discipline les mondialistes de l’Éducation Nationale ont répondu par avance !)

Questions complexes ; ne perdons pas de vue que, faute de n’avoir su ou voulu y répondre, les « pères de l’euro » ont entrepris de bâtir la maison en commençant par le toit, avec le résultat que l’on connaît.

Je suppose que tous les royalistes s’accordent à reconnaître que les crises présentes se résument à une seule, celle de notre civilisation magistralement mise en évidence dans le discours prononcé en mars dernier à Cuba par Benoît XVI : « De nombreuses parties du monde vivent aujourd’hui un moment de difficulté économique particulière, que de nombreuses personnes s’accordent à situer dans une profonde crise spirituelle et morale, qui a laissé l’homme vide de valeurs et sans protection devant l’ambition et l’égoïsme de certains pouvoirs qui ne prennent pas en compte le bien authentique des personnes et des familles. On ne peut pas continuer à suivre plus longtemps la même direction culturelle et morale qui a causé la situation douloureuse que tant de personnes subissent.

Au contraire, le progrès véritable nécessite une éthique qui place au centre la personne humaine et prenne en compte ses exigences les plus authentiques et, de manière générale, sa dimension spirituelle et religieuse. Pour cela, dans le cœur et dans la pensée de beaucoup, s’ouvre toujours plus la certitude que la régénération des sociétés et du monde demande des hommes droits, de fermes convictions, des valeurs de fond morales et élevées qui ne soient pas manipulables par des intérêts étroits et qui répondent à la nature immuable et transcendante de l’être humain ».

Les paroles du chef de l’Église catholique devraient renforcer notre conviction.

Le royalisme « à la française »,  fondé sur le Sacre de Reims clé du dialogue entre le Ciel et la terre grâce auquel les rois de France ont gouverné suivant une politique à la fois conforme à « l’immuable nature transcendante de l’être humain » et à la Tradition capétienne soucieuse d’accroître l’héritage reçu en dépôt (inversement, bien des années plus tard, le souci sera de faire comprendre aux générations futures qu’elles devront « faire avec » la dette qui a financé le pouvoir d’achat de leurs parents). Le discours du Saint Père aurait sa place dans ce dialogue s’il se trouvait un roi pour écouter, répondre et gouverner en conséquence.

Éventuellement un président de la République pourrait faire preuve de courtoisie pour écouter et objecter, mais, par définition, il n’agira pas en conséquence ; après cinq Républiques qui ont conduit la France au fond d’une impasse, fait admis par les républicains toujours prêts à modifier la Constitution ou a passer à une sixième, il est temps d’essayer autre chose, pourquoi pas un roi ?

Avant de faire passer ce message, au vu des orientations prises par l’UE telles que rappelées au début de cet exposé, le premier travail est d’éviter la dilution de la France dans la soupe européiste ; dans cette bataille il importe que les royalistes sachent faire « un bout de chemin » avec les rares républicains encore capables de comprendre que la France et la République sont deux choses différentes.

Ensuite il nous faudra participer à la rechristianisation de la France et enfin prouver « qu’un roi pourquoi pas ? » n’est pas une alternative archaïque mais l’unique remède aux maux dont la France souffre.

Il est évident que pour réussir, les royalistes engagés dans ces trois batailles successives devront aligner de nombreuses compétences dans tous les domaines.

Soyons humbles et lucides, éloignés de la vie politique depuis si longtemps, aucun de nos mouvements réunit à lui seul l’ensemble de ces talents; en conséquence nous avons l’obligation d’œuvrer collectivement.

Difficile n’est-ce pas ? Mais sans avoir la charité de nous écouter les uns les autres, nous ne méritons pas d’associer Dieu et le Roi sur nos bannières, et pas davantage l’intervention de la Providence.

Œuvrer collectivement signifie réfléchir ensemble, au sein d’une structure unique non pour réécrire les pensées de nos maîtres mais pour montrer comment leur enseignement peut répondre aux problèmes du XXIe siècle.

Le but n’est pas de convaincre un électorat mais de permettre à nos analyses d’être visibles, audibles et crédibles afin que les Français prennent conscience qu’il existe une autre voie que celle sans issue, imposée par les partis républicains .

En son temps, Pasteur remarquait que « cette fausse démocratie a le goût, j’oserais dire le culte de la médiocrité. Tout ce qui est supérieur lui est suspect…c’est la ligue de tous ceux qui veulent vivre sans travailler, consommer sans produire, arriver aux emplois sans s’y être préparés, aux honneurs sans en être dignes ».

C’est seulement après avoir dépollué l’air du temps de cet esprit introduit par les Lumières que l’appel au roi se révélera inéluctable.

Tout comme, faute de mettre cette structure en place en la dotant des moyens qui assureraient son efficacité, nous assisterons à l’inéluctable et prochaine extinction de la cause royaliste.

À l’adresse des mouvements royalistes auxquels je fais parvenir cette page en forme de supplique, je précise que notre très modeste association n’a d’autre ambition que celle de servir. «