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Billet d’humeur de Pierre Jeanthon : monarchiste ou royaliste ?

13 Fév

 

Début février la Reine Béatrix des Pays-Bas annonçait son abdication prévue le 30 avril 2013, jour de la fête nationale, en faveur de son fils, le Prince Willem Alexander.

Information majeure au pays des polders, peu relayée dans la « grande presse », mais largement présente sur nos sites royalistes qui entendent bien s’emparer de l’évènement pour promouvoir les bienfaits de la monarchie.

Le Larousse définit les royalistes comme des gens attachés à la monarchie, elle-même présentée comme un régime politique dans lequel l’autorité est exercée par un seul individu.

La monarchie est dite absolue si le pouvoir du monarque n’est contrôlé par aucun autre (en vigueur en France sous l’Ancien Régime, elle était en fait limitée par les lois fondamentales du royaume).

Elle est constitutionnelle quand l’autorité du prince est soumise à une Constitution.

Dernier cas, celui de la monarchie parlementaire qui est une monarchie constitutionnelle dans laquelle le gouvernement est responsable devant le Parlement.

Aux moqueries républicaines qui évoquent un régime d’un âge révolu, nous avons coutume de rétorquer qu’au XXIe siècle, l’Europe compte7 monarchies préservées des furies révolutionnaires qui ravagent la France, tout spécialement en ces temps de mariage pour tous. Eh bien je vous propose une virée en Europe !

–        Aux Pays-Bas, monarchie parlementaire,   le mariage homo est légal depuis 2001

–        En Belgique, monarchie constitutionnelle, …………………………………………………. 2003

–        En Espagne, monarchie parlementaire,       …………………………………………………. 2005

–        En Norvège, monarchie constitutionnelle,  …………………………………………………. 2009

–        En Suède, monarchie parlementaire,           …………………………………………………  2009,        

avec une disposition qui oblige l’Eglise à trouver un pasteur pour célébrer ce mariage à titre religieux.

Au Danemark, monarchie constitutionnelle, les choses ont évoluées comme suit :

  • 1989 – autorisation de l’union civile des couples homos.
  • 1999 – reconnaissance du principe d’homoparentalité : les homos sont autorisés à adopter les enfants de leur conjoint.
  • 2006 – légalisation de l’insémination artificielle pour les lesbiennes.
  • 2009 – l’adoption est étendue aux enfants extra conjugaux.

–        Les « couples homos » peuvent recevoir la bénédiction de l’Église luthérienne d’État (au 1er janvier 2012, 4,5 millions de fidèles, soit 80% de la population).

  • 2011 – le 15 septembre, élection des 179 députés de l’Assemblée du peuple (Folketing) : taux de participation 87%, 89 députés pour le bloc de gauche, 86 pour celui de droite et 4 divers.
  • 2012 – fidèle aux promesses électorales de la gauche, M. Sareen, ministre des Cultes, propose une loi qui accorde aux couples homos les mêmes droits que ceux dont jouissent les hétéros : le libre choix de se marier à l’église où à la mairie.
  • 7 juin 2012 – Par 89 voix pour, 24 contre et 2 abstentions, le Parlement adopte ce texte, entré en vigueur le 15 du mois.

–        Pour éviter tout conflit avec le tiers du clergé opposé à cette loi, il est prévu qu’un pasteur puisse refuser de célébrer ce « mariage » sous réserve que les autorités ecclésiastiques lui trouvent un remplaçant.

–        Là-bas comme ailleurs la presse bien-pensante souligne que ce texte  « adopté » à une large majorité (89 pour sur 179 !) constitue un grand pas en avant »… il n’est pas précisé vers où ?

Enfin, en Grande-Bretagne le 5 février 2013 les députés votaient par 400 voix contre 175 en faveur du mariage homo en laissant aux différentes institutions religieuses le choix de célébrer ou non cette union.

À considérer le côté peu sympathique de ces « monarchies people », je reste un simple royaliste attaché à la monarchie absolue limitée par les lois fondamentales du royaume, par les lois non écrites et par les commandements ; afin que le roi règne et gouverne dans une France où « l’autorité serait en haut et les libertés en bas ».

En résumé, avec le profond respect que je porte à sa Majesté Béatrix, je décline toute participation à une éventuelle manifestation concernant son abdication prochaine.

le 13 février 2013.

Pierre Jeanthon, membre du CER.

PORTEMONT.QUELQUES REFLEXIONS SUR l’ETAT DU ROYALISME EN FRANCE

6 Juin

Le monde royaliste français a regretté la trop longue absence de notre ami Portemont et de ses pertinentes analyses dans « Les Manants du Roi ». Il nous fait aujourd’hui le bonheur de « Quelques réflexions sur l’état du royalisme en France ». Nous l’en remercions et l’accueillons chaleureusement.                                                                                                                                                                                                                                    Jean-Yves PONS 

  Acteur et observateur du « combat monarchiste » en France depuis 44 ans, ayant été engagé pendant de nombreuses années au sein de mouvements royalistes, je tente de dresser depuis quelques mois un état de ce « royalisme » qui nous lie tous et qui nous tient tant à cœur.

   Je ne m’étendrais pas sur le fait que ce « royalisme » est multiple, recouvrant diverses sensibilités. Nous le savons tous… et c’est ainsi depuis longtemps. Il ressort, avec le recul du temps, que plus un « principe » s’affaiblit, plus il se divise.

   Afin de cacher cette faiblesse, nous avons fait semblant de nous en réjouir, arguant que c’était là un signe de vitalité et de richesse.  

     Rien n’est plus faux.

Le temps a gangrené le principe pour lequel, avec de nombreux amis, je me bats depuis plus de 40 ans. Et nous en sommes tous responsables : « monarchistes et royalistes ».

  Le roi est tout et rien à la fois. Il est tout s’il règne et « gouverne ».

  « Rien »? Vous serez nombreux à me trouver excessif! Je connais vos réponses: 

  « Il incarne l’Histoire »… Et tout ce qui en découle. 

   Face aux défis qui sont lancés à la France, je persiste à marteler qu’il n’est que « rien » s’il « règne » sans gouverner, et que, si dans cette attente, il se mure dans le plus profond silence mortifère…

  Devons-nous nous consoler en portant notre coeur vers les « monarchies » qui nous sont voisines?

     Ai-je besoin de vous rappeler l’état de l’Espagne? Pour ne citer que ce pays voisin…

La clef qui éclaire la « misère » du combat actuel que nous tentons de mener me semble être là.

    Il y a trente ans encore, nos anciens, principalement issus de l’ Action française, se disaient avant tout monarchistes. Bien sûr et donc royalistes…

  Mais aujourd’hui, gangrené par le poison « démocratique », le principe que nous défendons n’est plus que le principe de la « royauté ».

   Est-ce bien suffisant ?

   Nous opposons la « Royauté » à la République, arguant mille vertus à notre principe et toutes les plaies d’Egypte à la République. Rien n’est plus faux !

   M’exprimant en tant que « Maurrassien », je nomme la plaie des plaies… la démocratie.

   Et cette « plaie » gangrène nombres de royalistes eux-mêmes ! N’entendons-nous pas des royalistes accuser la « république » d’avoir confisqué la démocratie ?

   Le délabrement dans lequel se complaisent bien des « sociétés » ou « peuples » voisins ne découle pas du « régime » politique, « républicain » ou « monarchiste », mais de la démocratie… Quelles différences entre la France républicaine ou l’Espagne monarchiste ? Ou les Pays-Bas ? Ou la Belgique ?…

   Par nature, la démocratie ne peut s’appuyer que sur la démagogie et ouvrir une voie « royale » aux oligarchies…  Je ne vous infligerais pas la longue liste en cascade des conséquences de la perpétuelle chasse aux voix… Aucun Bien commun ne me semble pouvoir être mis en avant en démocratie.

   Rien n’est plus factice que le peuple aujourd’hui, même si quelques bribes de peuple subsistent . 

   Nous payons aujourd’hui le prix fort. La « démocratie » a été depuis plus de deux cents ans le creuset de l’homme nouveau engendré par 1789.

  Cet homme, c’est nôtre voisin…

   Si nous ne prenons pas la juste mesure de cette réalité, nôtre « royalisme » n’est que l’ombre de la pâle figure de ce qui a forgé la force de la monarchie capétienne.

  Pas de peuple sans les antiques richesses de la « nation ». Louis XIV les rappelait dans une lettre à son petit-fils:

«  La France est un Etat monarchique dans toute l’étendue de l’expression. Le roi y représente la nation entière, et chaque particulier ne représente qu’un seul individu envers le roi. Par conséquent, toute puissance, toute autorité résident dans les mains du roi, et il ne peut y en avoir d’autres dans le royaume que celles qu’il établit […]. La nation ne fait pas corps en France; elle réside tout entière dans la personne du roi. » 

  La « nation » fait aujourd’hui moins corps que jamais…  Nous en connaissons les raisons.

   C’est donc  cette ligne de force que j’entends défendre en apportant ma modeste contribution. Défendre le royaume de France, n’est-ce pas avant tout faire partager les principes de l’Etat monarchique?

   Chaque jour apporte son lot de désolations et nous ne manquerons pas d’exemples pour illustrer ces quelques lignes…  

                                                                             Portemont

Ces réflexions n’effacent pas ni méjugent la réflexion métaphysique. Elles s’appuient modestement sur un enseignement simple: Aide-toi et le Ciel t’aidera…

Notre grande sainte « nationale »-Jeanne d’Arc- y invitait les hommes d’armes… Et Dieu leur donna la victoire…