Tag Archives: « Moralisation de la vie politique »

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (20 juin 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

20 Juin

Abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789

*  Chiche !

Tandis que le Parlement accouche, non sans peine, d’une loi sur la moralisation de la vie politique, dix députés « en colère » (comme les motards !) s’engagent dans « le Nouvel Observateur ». « Osons rénover l’Assemblée ! »  et « abolissons nos privilèges » lancent ces élus lucides qui ont compris que les petits arrangements avec la morale républicaine n’ont que trop duré. Un miracle ou, tout simplement, la crainte de sentir davantage que le seul vent du boulet lors des prochaines échéances électorales ? Il est vrai que le temps presse. Jamais la défiance à l’égard de la représentation nationale n’a été aussi profonde : selon un sondage réalisé en pleine affaire Cahuzac, 77% des Français considéreraient que leurs élus sont « malhonnêtes« . Le jugement, suggéré par le questionnaire de l’institut OpinionWay, est évidemment outrancier. Mais, pour le modifier en profondeur, il conviendrait sans doute de corriger une fois pour toutes les mille et un avantages dont jouissent nos élus. Lutte contre les conflits d’intérêts, transparence du patrimoine, abolition du régime spécial des retraites, fin de l’exonération fiscale de l’indemnité de frais de mandat, suppression de la réserve parlementaire, etc… Nos dix élus, de droite comme de gauche, suggèrent des solutions concrètes. Ils vont beaucoup plus loin que la « moralisation » proposée par le gouvernement et qui ne trompe personne. La preuve en est qu’ils se voient aussitôt traités de  » poujadistes  » (insulte suprême) par Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale lui-même !

Alors, au-delà de ces voeux pieux, largement circonstanciels, prenons-les au mot et disons leur : CHICHE ! Peut-être feront-ils cela dans la nuit du 4 août, qui sait…

*  Budget de la défense : ATTENTION, DANGER !

Un intéressant article paru dans l’Express http://www.lexpress.fr) montre combien le savoir-faire exceptionnel de nos forces armées pourrait être réduit à néant par les coupes opérées dans les prochains budgets de la défense. Les interventions percutantes et audacieuses de nos soldats en Libye et en Côte d’Ivoire en 2011 puis en 2013 au  Mali ont forcé l’admiration des militaires américains et britanniques. Nos alliés, pas toujours si tendres vis à vis de nos actions, ont souligné unanimement la très forte réactivité et l’efficacité remarquable dont ont fait preuve nos forces armées, lors de ces opérations récentes. Ces qualités reposent avant tout sur la valeur de nos soldats mais aussi sur un entrainement de haut niveau qui risque de faire les frais de futurs ajustements budgétaires et mettre en péril le savoir faire largement reconnu de nos armées.  En effet, quand les budgets ne sont pas à la hauteur des prévisions, les abattements financiers portent classiquement sur les crédits liés aux rechanges et à la maintenance des avions, des bateaux ou des véhicules blindés dont on ne peut mesurer malheureusement les effets négatifs que plusieurs années plus tard. Or la disponibilité des matériels, de plus en plus coûteuse, est en relation directe avec le niveau d’entrainement de nos forces armées. On pourra rétorquer qu’un certain nombre de nos militaires effectuent des opérations de guerre et qu’ainsi ils conservent, de fait, un haut niveau d’entrainement. Mais nos soldats ne sont pas tous concernés par ces missions de guerre. Par ailleurs, à leur retour en France, après une période de récupération, ces combattants ont besoin de se réentrainer conformément à l’adage bien connu: « We fight as we train » – « on combat comme on s’entraîne ». On pourra aussi mettre en avant la simulation qui apporte, sans nul doute, une plus value dans l’entrainement particulièrement dans le débriefing des exercices où chaque phase peut être décortiquée en détails. Le centre urbain installé sur le camp de Sissone, dans le nord de la France est un bon exemple de l’apport de la simulation dans l’entrainement de l’armée de terre. Elle permet aussi d’entrainer efficacement les personnels affectés dans les centres de commandement interarmées. Ainsi, l’exercice majeur de l’Ecole de guerre est simulé par ordinateur. Mais l’apport indéniable de ces moyens modernes ne peut remplacer un entrainement régulier dans les airs, sur mer ou sur terre. La connaissance de ces différents milieux est indispensable pour nos soldats afin qu’ils puissent intervenir efficacement en opérations, le jour venu. Ainsi les chasseurs alpins, par exemple, ont pu mener avec succès des opérations dans les montagnes afghanes parce qu’ils s’étaient entrainés régulièrement dans les Alpes. Nos pilotes de transport ont pu se poser sur des terrains très sommaires en Libye ou au Mali parce qu’ils se sont entrainés de jour comme de nuit sur des pistes en terre battue, en France. Nos marins effectuent quotidiennement leur mission de contre piraterie maritime au large de la Somalie ou dans le Golfe de Guinée parce qu’ils se sont longuement entrainés pour cette mission au large de nos côtes. On l’a compris savoir voler, naviguer, maitriser le terrain correctement est indispensable pour pouvoir intervenir efficacement en opérations. Il faut noter, parallèlement qu’un savoir faire de qualité est long à acquérir mais aussi très facile à perdre. L’armée de l’air possédait au milieu des années 1990 quelques drones « Hunter ». Ses personnels purent ainsi, grâce à ce petit drone apprendre à utiliser efficacement des avions pilotés à distance. Malheureusement, en 2004 l’armée de l’air dut abandonner ce système par manque de pièces de rechanges. Le successeur du Hunter ayant pris de gros retards, les équipes furent dissoutes et le savoir faire long à réacquérir… De la même manière les britanniques sont entrain de perdre, après la décision brutale d’arrêter leur avion de patrouille maritime « Le Nimrod » pour des raisons budgétaires, un savoir faire stratégique fragilisant leur propre dissuasion nucléaire sous-marine. Il semblerait, toutefois pour éviter cette perte stratégique, que les personnels concernés aient été envoyés au Canada et en Australie pour continuer à voler sur un appareil similaire: le P3 « Orion ». Par delà ces raisons purement opérationnelles, n’oublions pas que le niveau d’entrainement agit fortement sur le moral de nos soldats. Ces derniers ne se sont-ils pas engagés dans les armées de l’air, de mer et de terre parce qu’ils avaient une envie très forte de voler, naviguer ou « crapahuter » ? Les priver de leurs motivations ou les contraindre à des taches uniquement ancillaires sur leurs bases aériennes dans leurs ports ou dans leurs casernes serait, à l’évidence, désastreux pour leur moral. En conclusion, il faudra dans les prochaines années surveiller avec une grande attention le niveau réel de crédits consacré à la disponibilité des matériels et donc à l’entrainement, car le savoir faire exceptionnel dont font preuve aujourd’hui nos armées ainsi que le moral de nos soldats sont à ce prix !

Et, qui plus est, n’oublions pas que nous avons toutes les chances de devoir compter, avant longtemps, sur les capacités de nos forces armées pour remettre de l’ordre dans notre propre pays et assurer la protection de nos compatriotes face aux troubles sociaux et ethniques qui ne vont pas manquer de se produire.

*  Et si on fermait France Télévision (bis) :

Dans notre Bulletin climatique du 13 juin dernier nous osions cette provocation à la suite de la décision du Premier ministre grec de mettre brutalement un terme aux activités des différents secteurs de l’audiovisuel de son pays. Le même jour retentissait le coeur des vierges effarouchées de nos médias hurlant et vociférant contre cette « mesure dictatoriale » de M. Samaras. Mais oubliant bien sûr combien l’audiovisuel grec était devenu une caricature de la corruption et de la gabegie dont a tant souffert ce malheureux pays. Voyez vous-même . Car  les chiffres sont vraiment terrifiants : des salaires mensuels exorbitants touchant les vingt mille euros pour les directeurs, les trois à six mille euros pour les directeurs de programmes et de deux à trois mille euros pour les présentatrices du journal tandis qu’un maître de conférences à l’Université d’Athènes touche à peine neuf cent euros.Cela sans compter les coûts des heures supplémentaires arbitrairement distribuées comme un butin de guerre. Et les scandales ne s’arrêtent pas là : quarante cinq mille euros d’allocations familiales illégales pour le président de l’organe syndical de l’ERT (la télévision grecque), la POSPERT (un nom prédestiné !); des embauches arbitraires et des employés qui utilisaient des collaborateurs externes pour faire leur propre travail ; des réalisateurs qui recevaient leur salaires mensuels des années durant sans jamais mettre le pied dans le bâtiment de Hagia Paraskevi ; sans parler du fait que l’ERT était systématiquement l’organe de propagande de chaque nouveau gouvernement qui sans pouvoir licencier les anciens maîtres, embauchait les nouveaux afin d’en prendre le contrôle. Et cela depuis des décennies, dans la plus parfaite connaissance et approbation silencieuse des gouvernements successifs qui n’osaient pas toucher aux sacro-saints privilèges de la libre information et de la culture pour tous. En tout, l’ERT nécessitait d’un budget annuel global de 290 millions d’euros, prélevé directement sur les factures d’électricité, ce qui était rarement suffisant, et cela pour une audience qui dépassait rarement deux et demi pour cent du public. Mais le Premier Ministre grec était bien entendu préparé pour faire face au cirque déclanché par les médias européens : le projet de loi de la création de la nouvelle chaine publique est déjà à la disposition de tous. Il prévoit le fonctionnement d’un nouvel organisme avec un millier d’employés, au lieu de trois mille, tous embauchés par un concours public, dans l’ordre et la transparence qu’exigent les institutions démocratiques. Son but sera de préserver et de faire connaître le patrimoine et l’histoire de la Grèce, d’assurer une information objective et transparente tant en Grèce qu’ à l’international, de servir la culture et l’éducation helléniques. Il n’a jamais été question d’arrêter la chaine audiovisuelle publique mais de la transformer. La décision provisoire récente du Conseil Constitutionnel va dans ce sens et réconforte la position d’Antonis Samaras. Les juges ordonnent en effet la réouverture et le fonctionnement de la chaine publique avec un service de sécurité minimal, qui ne fera pas nécessairement partie du personnel déjà licencié de l’ancienne ERT, et cela jusqu’à la réouverture définitive de la chaine publique sous sa nouvelle forme. Par ailleurs, le Conseil juge que la fermeture de la chaine publique en sa forme actuelle est tout à fait conforme à la Constitution.

Quel beau pays que la Grèce qui se souvient si bien de sa mythologie, au point de laver à grande eau les écuries d’Augias ! Quelle belle idée dont nous devrons savoir nous inspirer lorsque le Roi sera de retour…

*  Ces salopards veulent la guerre, ils l’auront !

Un opposant au mariage homosexuel de 23 ans, Nicolas, a été condamné mercredi à deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt, notamment pour rébellion, par le tribunal correctionnel de Paris.

Il s’agit de la première condamnation assortie d’un mandat dépôt prononcée à l’encontre d’un opposant au mariage homosexuel. Le jeune homme était présent dimanche avec quelque 1.500 opposants au mariage homosexuel devant les locaux de la chaîne de télévision M6, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où François Hollande participait à l’émission « Capital ». Il a ensuite manifesté avec d’autres opposants au mariage homosexuel dans le XVIe arrondissement, où il a été interpellé au prétexte qu’aucune manifestation n’avait été déclarée. Le jeune homme a refusé de se livrer à un prélèvement de ses empreintes ou à un prélèvement ADN. Il a été condamné pour rébellion et refus de prélèvement lors d’une audience en comparution immédiate, mercredi après-midi à Paris, à quatre mois de prison, dont deux ferme, avec mandat de dépôt et 1.000 euros d’amende. Peu de temps auparavant les mêmes juges rouges « infligeaient » des « avertissement solennels » et quelques peines de principe avec sursis aux bandits de grand chemin qui ont pris d’assaut le RER D et pillé des voyageurs.

Ces gens-là devront rendre gorge et seront pendus à la lanterne.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Nice 2013. Un été pour Matisse

A l’occasion du cinquantenaire du musée Matisse, installé sur les hauteurs de Cimiez depuis 1963, la Ville de Nice présente dans ses musées un exceptionnel programme de 8 expositions qui, toutes, renvoient à la figure, à l’œuvre et à la postérité d’Henri Matisse qui développa une part essentielle de son œuvre à Nice et sur la Côte-d’Azur.

Pour tout savoir sur cet événement, rendez-vous sur le site « Un été pour Matisse » ! http://matisse2013.nice.fr/

Des hauteurs de Cimiez à la Promenade des Anglais, en passant par le Vieux-Nice, 8 expositions, présentées simultanément dans 8 Musées municipaux, inviteront les visiteurs à un parcours inédit qui les conduira du Musée Matisse, au Musée d’archéologie, au Théâtre de la Photographie et de l’Image, au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, au Palais Lascaris, à la Galerie des Ponchettes, à la Villa Masséna et au Musée des Beaux-Arts. Deuxième ville de France, après Paris, pour la fréquentation de ses Musées municipaux, avec près de 700 000 visiteurs en 2012, la Ville de Nice a souhaité rendre un hommage à sa mesure, à la figure, à l’oeuvre et à la postérité du peintre amoureux de la capitale azuréenne tout en mettant en valeur la diversité de ses musées.

Femme de l'artiste, par Henri Matisse

Henri Matisse, Femme de l’artiste.

Début septembre 1905, le critique d’art Félix Fénéon offre à Matisse, homme du Nord, né au Cateau-Cambrésis, un billet de train qui lui permet de découvrir Cannes, Nice, Monaco et Menton. Douze ans plus tard, en décembre 1917, Matisse retrouve Nice. Il s’installe dans une petite chambre de l’hôtel Beau-Rivage. La rencontre du peintre avec Nice est une véritable révélation. Durant les presque 40 ans qu’il passe à Nice et dans la région niçoise, jusqu’à son décès le 3 novembre 1954, l’artiste honore la Côte d’Azur d’une fidélité et d’une passion indéfectibles. Il y puisera l’inspiration qui a donné naissance à de nombreux chefs-d’oeuvre.Un événement culturel d’envergure.

Henri Matisse, Pastoral.

Les expositions de Nice 2013. Un été pour Matisse ont bénéficié de prêts de musées français et étrangers parmi les plus prestigieux : Centre Pompidou, Bibliothèque nationale de France, Mobilier national, Château de Versailles, Musée d’Orsay, Musée national Gustave Moreau, Museum of Modern Art de New York, National Gallery of Art de Washington, Philadelphia Museum of Art, The Andy Warhol Museum… S’y sont ajoutés de nombreux prêts de Musées de France, notamment de ceux situés dans la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ainsi que de collections privées. En tout, ce sont plus de 700 œuvres qui seront ainsi présentées au public.

Le 20 juin 2013.

Jean-Yves Pons, CJA

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (10 avril 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

10 Avr

*  La « Hessel attitude » :

Nous citions hier les propos de Bruno Roger-PetitChroniqueur politique au  Nouvel Observateur, concernant les révélations d’Audrey Pulvar sur son passé socialiste. Il insistait sur le fait qu’elles lui apparaissaient comme «  l’incarnation de la réduction par l’émotion de tout ce qui touche à notre vie publique. Acteurs et commentateurs privilégiés des événements ne vivent plus que par la passion, hors la raison. D’abord l’émotion, avant toute chose, et tant pis pour la réflexion. Acteurs et commentateurs politiques sont tous devenus des « hesseliens » : de l’indignation avant toute chose.« 

Ne pourrait-on voir dans le projet de loi sur la « moralisation de la vie politique« , qui sera débattu ce mercredi en Conseil des ministres (avant d’être présenté le 24 avril), un phénomène analogue ? N’y a-t-il pas, dans cette précipitation, une démarche purement émotionnelle éloignée de ce que devrait être la réflexion politique : un fait divers, une loi ! En d’autres termes, l’éternel choc entre le temps court des oligarques au pouvoir et le temps long de l’Histoire.

Sans attendre et devant le risque d’une décrédibilisation encore plus profonde du pouvoir et de la classe politique, onze mois après l’élection de François Hollande à l’Elysée, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé par ailleurs la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres d’ici au 15 avril.

Pour le chef du gouvernement, cet exercice de transparence est «de nature à recréer de la confiance». «C’est bien que ceux qui exercent une responsabilité publique, ministres, parlementaires ou encore élus de grandes collectivités territoriales, rendent public leur patrimoine», a naïvement déclaré à la presse M. Ayrault, lors d’un déplacement à Tours.

A l’Elysée, on est conscient du risque de cette opération de transparence. «Psychologiquement ça va être dur et politiquement ça peut être ravageur», affirmait ainsi un conseiller.

«La marge est très étroite entre la dissimulation d’un côté et le déballage de l’autre. La solution intermédiaire c’est la transparence», plaidait-on. «Ca va dépendre beaucoup de la situation des parlementaires chez eux» mais «on sait que pour la gauche c’est toujours plus dur» commence-t-on à dire dans les rangs du PS.

Pour l’UMP Valérie Pécresse, qui avait précédé Jérôme Cahuzac au ministère du Budget, «toutes les propositions (de moralisation de la vie publique, ndlr) qui sont sur la table ne servent qu’à faire diversion face à la gravité du séisme».

 Mais de la « moralisation politique » (superbe oxymore !) au « voyeurisme hypocrite« , il n’y a qu’un pas .

C’est ainsi que, détonnant avec les propositions de son camp, l’écologiste Noel Mamère a estimé qu’il s’agit « d’une espère de course à la vertu qui peut être à terme dangereuse pour la société » (s’éloignant ainsi, manifestement, de son maître à penser…Robespierre). L’ancien ministre appelle en revanche à renforcer les pouvoirs de la Commission pour la transparence financière de la vie politique. Son collègue Daniel Cohn-Bendit a livré le même constat sur RTL :

« Je ne crois pas que d’étaler la fiche d’impôt sur la place publique ça fasse avancer quoi que ce soit. Si quelqu’un a quelque chose à cacher, l’opération transparence il en a rien à cirer ! »

Le député européen s’est par ailleurs dit favorable à ce que parlementaires et ministres déclarent leur patrimoine et leurs avoirs auprès d’une institution publique, à condition que celle-ci puisse vérifier les déclarations.

Daniel Cohn-Bendit n’est pas le seul à regarder avec scepticisme cette nouvelle quête de transparence. « Une fausse bonne solution » selon le chef de file des députés du Front de Gauche, André Chassaigne. La publication des déclarations de patrimoine a « un côté un peu malsain qui peut conduire à livrer à la vindicte populaire des élus qui sans être fortunés ont parfois des biens de famille (sic) alors qu’une partie des Français se trouve dans les pires difficultés », estime le député PCF du Puy-de-Dôme. Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites…. D’autant que « le problème n’est pas là« , ajoute-t-il. Il est « ultra-prioritaire de s’attaquer avec courage et fermeté à la fraude et à l’évasion fiscale avec des actes forts. » (pour les autres sans doute)

A l’UMP, pas d’unanimité. Si François Fillon a dévoilé lundi soir sur France 2 les grandes lignes de son patrimoine, Jean-François Coppé  refuse de prendre partà un « numéro de voyeurisme, d’hypocrisie« . Tout en accusant le gouvernement d’orchestrer une opération transparence pour occulter l’affaire Cahuzac, le maire de Meaux déclare qu’il ne dévoilera son patrimoine que si la loi en fait une obligation.

« Irons-nous jusqu’aux enfants, jusqu’aux conjoints qui n’ont pas choisi de faire de la politique », demande Nadine Morano. Et d’ajouter, évoquant François Fillon : « Je regrette qu’il soit tombé dans cette démarche ».

Interrogé sur itélé, Gilbert Collard (Rassemblement Bleu Marine) s’inquiète quant à lui « d’une France du trou de serrure« . « Demain, j’enlève le bas« , a-t-il ironisé, moquant « une grande opération de nudité« .

Le socialiste Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, fait part de la même réserve dans une interview donnée au Parisien. « Publier son patrimoine n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Ce n’est pas mon patrimoine personnel : il remonte pour une part à avant mon élection et ma conjointe n’est pas élue. Si la loi m’impose cette publication, je m’y soumettrai. A défaut, je ne la publierai pas« , avance-t-il.

En résumé, nous voici de nouveau face à l’une de ces « usines à gaz » dont la République a le secret pour lui permettre de détourner l’attention des problèmes sociaux dramatiques que connaît le pays vers des questions sociétales qui ne sont que quelques os qu’on donne à ronger aux chiens.

* Il y avait « l’avant-Chypre »…

…il y a désormais « l’après-Chypre ». Car personne n’a plus la garantie que l’argent déposé en banque est disponible.

La principale conclusion de l’après-Chypre est qu’une banque n’est pas un coffre-fort dans lequel votre argent serait à la fois à l’abri et disponible.

« Déposer 10 000 euros au guichet de sa banque, c’est échanger de beaux et bons billets contre un jeu d’écriture, de la data informatique, et quoi d’autre ? Rien à voir avec le dépôt de liasses de billets dans un coffre ; chacun sait que le dépôt en compte sert à garantir les crédits que vend la banque« , nous dit Hervé Juvin, président de l’Eurogroup Intitute dans l’Agefi Hebdo du 28 mars.. Le problème est justement que « chacun » ne le sait pas…

Une banque est un établissement qui achète et vend de la dette. Votre banque prête votre argent, celui que vous lui avez confié, mais pas que celui-là. Mais elle ne fait pas que prêter votre argent, elle en prête bien plus. Elle emprunte sur les marchés. Cet argent, elle va le prêter plus cher que ce qu’elle l’a emprunté. En effet, une banque passant pour plus fiable qu’une entreprise ou n’importe quel autre quidam, elle bénéficie de conditions de prêt favorables.

Une banque fréquente aussi le grand casino boursier. Votre banque emprunte donc de l’argent pour des « activités de marché en compte propre« . Quand la banque a trop de pertes par rapport à ses fonds propres, elle fait faillite. Soit elle s’est fait escroquer par un débiteur qui ne rembourse pas, soit elle a trop perdu à l’une des tables du grand casino.

Tout ce que la banque fait travailler sont ses « actifs ». Le ratio fonds propres sur total des actifs – ou effet de levier – est la seule façon fiable de mesurer la fragilité d’une banque.

Plus l’effet de levier est important, plus la banque est vulnérable aux pertes

L’une des banques chypriotes, Laiki, avait un effet de levier de 34. En d’autres termes, pour 1 € de fonds propres, elle avait 34 € d’engagement. Donc 2,9% de pertes sur ces 34 euros détruisent ses fonds propres. Comme le rappelait un article du Wall Street Journal du jeudi 27 mars (Greek Bets Sank Top Lenders), les banques chypriotes passèrent pourtant les stress tests de 2010 puis 2011 sans encombre.

L’effet de levier des banques françaises est du même ordre, même s’il est un peu inférieur. Pour les grandes banques françaises, dont le bilan total représente quatre fois le PIB de notre pays, il se situe entre 20 et plus de 30. Cet effet de levier a augmenté durant l’année 2012 pour les grandes banques européennes.

Les instances de régulation elles-mêmes reconnaissent que les calculs de risque ne recouvrent aucune réalité. En face de chacun de ses engagements (prêts), une banque doit mettre de côté  -immobiliser- une partie de ses fonds propres (l’argent qui lui appartient en propre).

La quantité de fonds propres à immobiliser dépend du risque du prêt consenti. Si la banque prête à un État, elle ne met rien du tout de côté. Un État ne fait pas faillite, c’est bien connu… Si elle prête à une autre banque, surtout une grosse banque, elle ne met presque rien de côté. Une banque ne fait presque jamais faillite, c’est bien connu…

Évidemment, si elle prête à une entreprise en difficulté, elle met bien plus d’argent de côté. Les banques ont mis en place leurs propres calculs (ou modèles) de risque. Elles ont donc une certaine latitude pour déterminer l’argent qu’elles immobilisent. Puisque moins elles ont à immobiliser de fonds, plus elles peuvent prêter, elles ont intérêt à minimiser les risques.

Les mises en garde officielles se multiplient en ce début d’année. En mars, le Fonds monétaire international indiquait que la stabilité financière n’est pas assurée : « Stress et dislocation sur les marchés de la dette ; une perte de confiance des marchés dans la dette souveraine ; des mouvements ultérieurs de baisse de prix des actifs ; des chocs baissiers sur la croissance. Ces vulnérabilités sont exacerbées par la concentration du secteur bancaire« .

Nos banques françaises sont très exposées à l’Italie (comme les banques chypriotes étaient exposées à la Grèce). En mars toujours, BNP Paribas est radiée des 50 banques les plus sûres au monde selon le classement établi par le magazine Global Finance et Standard & Poor’s.

Les « survaleurs », ces estimations de plus-values potentielles sur d’anciennes acquisitions, sont de plus en plus souvent dénoncées, au fur et à mesure que la croissance se fait attendre. Les activités de spéculation boursière sont dangereuses alors que les marchés affichent record sur record, principalement en raison du dopage à la planche à billets américaine. Les banques regorgent de la dette souveraine de leur État de tutelle. Trois vulnérabilités qui, loin d’être soignées, empirent.

La question des garanties des dépôts se résume de façon très simple. Soit ces garanties s’actionnent et vous serez remboursé en monnaie de singe car la mutualisation du coût par le contribuable s’avérera exorbitante et il faudra bien imprimer (ou sortir de l’euro). Soit elles ne seront pas actionnées car on ne pourra pas imprimer l’argent nécessaire et, dans ce cas, on vous confisquera une partie de vos dépôts. Rappelons sommairement la garantie des dépôts en France : 100 000 euros – par déposant et par banque – et 70 000 euros pour les comptes-titres et l’assurance-vie.

En France, les dépôts moyens représentent 37 800 euros et le total des dépôts éligibles à cette garantie se montent à 1 760 milliards d’euros. Avec deux milliards d’euros dans le montant de garantie des dépôts, il y a un euro disponible pour 880 euros de dépôts. Dans le cas de la faillite d’une grosse banque, il faudra donc imprimer de la monnaie. Mais si les garanties de dépôts ne fonctionnent pas, nous verrions s’instaurer des mesures de contrôle des retraits et des mouvements de capitaux, à la chypriote. Qu’adviendra-t-il alors de vos comptes courants, de vos livrets, de vos assurances-vie si le pays ou votre banque sont en proie à une crise de liquidité ou…de solvabilité ?

Jérôme Cahuzac avait trouvé la réponse !

* Dans 20 jours :

Le prince héritier Willem-Alexander d’Orange-Nassau deviendra roi des Pays-Bas, succédant naturellement et sans polémique à sa mère la reine Béatrix. Un exemple que la France pourrait utilement suivre si elle ne demeurait pas prisonnière des tyrans de la pensée conforme et obligatoire et si les Français acceptaient enfin de faire le bilan de leur triste république.

http://www.dailymotion.com/video/xx3hr9_la-reine-beatrix-des-pays-bas-cede-le-pouvoir-a-son-fils_news#.UWUxbzlOPJw

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

RAPPEL

2013-04-14_le-testament

Le Testament

Une page d’histoire qu’il nous faut entendre

Méconnu du public, ce testament mérite l’attention de toutes les générations qui y découvriront la profondeur du message délivré par la plume du roi Louis XVI

En présence de Mgr. le duc d’Anjou,
Chef de la Maison de Bourbon

14 avril 2013 à 16h

Eglise de la Trinité
Place d’Estienne d’Orves, 75009 Paris
Métro 12 Trinité d’Estienne d’Orves

Entrée libre

Paradoxe surprenant qu’est cette ode à la vie, le testament du Roi Louis XVI nous transmet les derniers vœux du monarque.

Avec ce message d’espoir, dénué de toute aigreur et flambeau transmis dans l’infortune à son fils, ce grand roi nous offre à entendre la simple beauté de l’amour d’un père.

Méconnu du public, ce testament mérite l’attention de toutes les générations qui y découvriront la portée du message délivré par la plume du monarque.

Pour commémorer les 220 ans de la mort de Louis XVI, la compagnie Astoë, menée par Alexis Rocamora, a choisi de faire partager, en toute simplicité, cette page d’histoire qu’il nous faut absolument entendre.

Mise en scéne :
Alexis RocamoraActeurs :
Auriane Orinel (chant) 
Constance Fortin
Chloe Mouchoux
Alexis Rocamora
Emilie Gaumard
Florent Martin
Houdia Ponty
Jean-Nicolas Aitte
Pauline Lena
Anais Cohen
Cécile Gaujal
Thomas Baratte

 

Le 10 avril 2013.
Jean-Yves Pons.