Tag Archives: Patrick Drahi

Jean-Yves Le Gallou : « Anne-Sophie Lapix, qui va remplacer David Pujadas au 20 h. de France 2, est à la charnière du pouvoir médiatique et du pouvoir financier ».

21 Mai

Bronca des journalistes contre Emmanuel Macron  remplacement de David Pujadas par Anne-Sophie Lapix… Jean-Yves Le Gallou revient sur les tempêtes qui ont agité le paysage médiatique cette semaine.

Voilà deux jours que les journalistes et les sociétés de journalistes s’énervent contre le nouveau président élu parce qu’il a dit vouloir choisir les journalistes qui l’accompagneraient dans ses voyages selon leur spécialité notamment.
Est-ce que comme certains vous y voyez une menace pour la liberté d’informer ou la démocratie ?

Non, aucunement.
Je ne suis pas macroniste, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais j’ai aussi publié il y a quelques années un ouvrage qui s’intitule La tyrannie médiatique dans lequel je dénonce, entre autres choses, la domination que les médias exercent sur d’autres pouvoirs comme le pouvoir économique, le pouvoir religieux, voire politique.
En l’occurrence, la démarche de Macron consiste à refuser en tant que président de la République d’être placé un petit peu sous la domination des médias.
Ça ne me choque pas!
Alors évidemment, tout cela est assez ambigu parce que Macron n’a été élu que parce qu’il a eu le puissant soutien des médias, et en particulier des propriétaires de médias.
Je crois qu’il faut noter qu’il y a ici une petite nuance à apporter. Les propriétaires de médias, que ce soit Drahi, Niel, Pigasse, Arnault et beaucoup d’autres sont ouvertement macronistes. Par contre, les journalistes étaient macronistes dans la mesure où Macron leur paraissait le meilleur candidat contre  Marine Le Pen  Mais au fond d’eux-mêmes, beaucoup étaient peut-être un peu plus à gauche, un peu plus pour Hamon, un peu plus pour Mélenchon.
Alors là, la contradiction apparaît entre les journalistes de base et les propriétaires de journaux, et le président de la République lui-même.

Il a une autre actualité médiatique, le départ un peu forcé apparemment de David Pujadas du 20h de France 2. Certains ont évoqué d’un timing un peu malheureux laissant croire que le pouvoir avait influencé cette décision. Mais le SNJ a déclaré, quant à lui, qu’il y avait notamment beaucoup de journalistes qui étaient contre David Pujadas au sein de la rédaction, et a parlé de deux « dérapages » ou deux « dérives » journalistiques, et notamment le reportage qui avait été fait dans le journal de 20h sur les cafés de Sevran (93270)  dans lesquels les femmes ne pouvaient pas se rendre.
Qu’est-ce que vous pensez de la déclaration du SNJ, notamment sur ce qu’ils appellent une « dérive » journalistique ?

Je pense que le SNJ est toujours dans un rôle de commissaire politique.
De même qu’à l’époque de l’Union soviétique, ceux qui garantissaient le conformisme dans les médias, ce n’était pas directement le pouvoir politique, mais les syndicats de journalistes.
Et bien le syndicat national des journalistes est toujours dans cette ligne-là. Il traque ce qui lui paraît aux limites du politiquement correct. Et donc ce reportage qui n’a pas vraiment été démenti depuis d’ailleurs, qui montrait que les femmes n’étaient pas toujours bienvenues dans certains cafés de Sevran, c’était politiquement incorrect. Donc le syndicat national des journalistes est monté en ligne contre ce reportage.
Il est en quelque sorte dans son rôle de commissaire politique.
Ceci étant, c’est quand même tout à fait excessif d’accuser Pujadas de ne pas être politiquement correct parce qu’il est évidemment très politiquement correct. Même s’il a pu, à tel ou tel moment, laisser passer des choses qui l’étaient un peu moins. C’est l’exception qui confirme la règle.

On a appris par ailleurs que Pujadas serait remplacé par Anne-Sophie Lapix. Faut-il, selon vous, y voir la raison de l’éviction de David Pujadas ?

Vous savez, quand on remplace un ministre, qu’on remplace un préfet ou qu’on remplace un présentateur de télévision, c’est un peu la même chose.
C’est moins par le souci de faire partir quelqu’un que par le souci de faire arriver quelqu’un d’autre.
Je crois qu’il y a avait le souci de faire arriver Anne-Sophie Lapix.
La raison est que c’est une femme qui est à la charnière du pouvoir médiatique, du pouvoir financier et du pouvoir publicitaire.
Elle réunit, dans son salon peut-on dire, ou à diner, chaque semaine, avec son mari Arthur Sadoun, patron de Publicis, les grands du CAC 40, les grands du politiquement correct. Au fond, ces gens-là ont fait un petit « pou-putsch » sur France 2, en disant: «  ce sera Anne-Sophie Lapix qui est le mieux à même de nous remplacer ».
C’est d’ailleurs une journaliste qui a un certain talent, en même temps que de grandes qualités de politiquement correcte.
Elle a à son crédit d’avoir défini, il y a plus de cinq ans maintenant, début 2012, la bonne stratégie d’attaque contre le Front National en insistant sur les failles ou les difficultés de son programme économique.
Au fond, elle a fait un bon boulot pour le politiquement correct. Il est assez normal qu’elle soit récompensée.

Pour défendre la liberté d’expression, ( 😊 ) et moi…qui trouvais que Pujadas s’était amélioré en ne hurlant plus avec les hyènes…habituelles aux quelles nous nous sommes habitués. G.

 

Publicités

Au revoir Olivier Delamare de BFM business.

16 Mai


La radio BFM Business vient de virer son meilleur intervenant : ils ont décidé de ne plus inviter Olivier Delamarche dans leur studio

Cela faisait 10 ans que Monsieur Delamarche tenait l’antenne tous les lundis.

Contre vents et marées, sans publicité, sans attaché de presse ni mondanités il était devenu l’un des tous meilleurs intervenants des médias français, toute catégorie confondue :

Sans doute les raisons de son éviction sont-elles les mêmes que celles qui l’ont porté dans le coeur de ses auditeurs : Monsieur Delamarche parlait un peu trop vrai. Un peu trop utile.

Ce limogeage témoigne d’une vague de fond dans le monde des médias.

BFM est en train d’être racheté par le milliardaire Patrick Drahi* (l’ami et le sponsor d’Emmanuel Macron)… BFM devient une danseuse au service d’une idéologie et non de ses auditeurs.

Patrick Drahi

Des danseuses putassières, il n’y a plus que cela dans les médias français. C’est bien simple, il n’existe plus un seul média d’envergure qui appartienne à sa rédaction comme le montre cette vidéo (sur Patrick Drahi à partir de 7min et sur les médias à partir de 12min).

Mais tout ce qu’Olivier Delamarche ne pourra plus dire sur BFM, vous le retrouvez approfondi dans son journal mensuel impertinent et toujours dans le mille => à découvrir ici.

Ce n’est pas la fin du monde, c’est le début de la résistance.

Le 16 mai 2017.

* Lire « Nous vous avions prévenus, cet homme est dangereux« :

NB. Le lien ci-dessous  vous permettra  de retrouver  des liens hyper textes cliquables

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/13/bulletin-climatique-quotidien-13-septembre-2016-de-la-republique-francaise/