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Lettre ouverte à Madame Françoise Fressoz qui confond les notions de Patrie et de République

30 Nov

salle-du-conseil

Madame,

Nous lisons toujours avec intérêt vos chroniques politique publiées dans Le Monde et adhérons parfois aux points de vue que vous y exprimez. Mais permettez-nous aujourd’hui de dire notre colère à la lecture de celle du samedi 28 novembre 2015, intitulée « Le temps perdu ne se rattrape jamais » (Le Monde n°22042).

Commencer, en effet, cette chronique par ces mots « Cette fois ils ont compris. La République est en danger » nous apparaît d’une violence intolérable pour tous ceux qui ont payé de leur vie un tel aveuglement, pour leurs proches (y compris désormais plusieurs dizaine d’orphelins) comme pour tous ceux qui avaient compris depuis longtemps quelles étaient les menaces qui pesaient sur notre pays et réclamaient les mesures préventives qui s’imposaient. Nous sommes de ces derniers.

Nos publications sur le blog du Conseil dans l’Espérance du Roi en témoignent depuis sa fondation, il y aura bientôt quatre ans. Et pour mémoire, nous rappellerons au moins deux de nos textes les plus importants : d’abord celui qui proclamait le 11 octobre 2012 « La Patrie en danger« , et non pas la République, comme vous l’écrivez en confondant république et démocratie, car pour nous la monarchie française, c’est aussi la République par sa recherche et sa défense constantes du bien commun, (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/01/16/consilium-consulte-n-2012007-du-11-octobre-2012-proclamant-la-patrie-en-danger/) et ensuite celui qui ordonnait, métaphoriquement, le 1er janvier 2013 « La mobilisation générale » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=mobilisation+générale&submit=Recherche).

Vous écrivez aussi « Tout ce qui n’a pas été entrepris entre janvier et novembre, alors que le pays avait déjà subi une tragique alerte, est mis au passif de l’exécutif (…). » Comment voudriez-vous qu’il en fût autrement tant votre constat pointe la cécité et l’inertie des pouvoirs politiques successifs qui refusent depuis si longtemps (nous pourrions même dire depuis des décennies) d’entendre ceux qui, à l’évidence, avaient raison avant tout le monde. Il serait trop facile de reprendre ici les paroles d’Emile de Girardin, « Gouverner c’est prévoir« , et pourtant…

Mais il y a pire que « ce qui n’a pas été entrepris« . Il y a tout ce qui est fait, depuis plus longtemps encore, pour créer les conditions de l’émergence de ces tragédies. De l’ouverture irresponsable des frontières à l’accueil laxiste de toute la misère du monde, des aides sociales inconsidérées qui sont autant d’illusions d’un eldorado inatteignable à l’emploi subreptice mais toléré et si fréquent de migrants clandestins dans trop de nos entreprises, des simagrées indécentes de nos dirigeants ou de nos édiles lors des ruptures du jeûne de ramadan aux folles politiques de la ville qui sont des abîmes financiers sans espoir, des reculs de l’Etat de droit face à la violence dans les banlieues aux trahisons de la justice qui libère tant de criminels, du refus affligé de voir partir nos djihadistes en Syrie ou au Yemen à l’accueil bon enfant de ceux qui nous feraient la joie de revenir, des bombardements irréfléchis de la Lybie au dangereux copinage avec le Qatar ou l’Arabie saoudite, etc.

Nous pourrions hélas multiplier presque à l’infini les marques de l’irresponsabilité autant que de l’incurie des détenteurs du pouvoir en France depuis des dizaines d’années.

Comment voulez-vous donc que les Français, après qu’ils aient avalé tant de couleuvres, ne souffrent pas d’indigestion et ne versent pas ces constats « au passif de l’exécutif » ?

Faut-il rappeler ici qu’en 1793 par exemple (année de référence pour beaucoup de républicains aujourd’hui au pouvoir), on trancha la tête de beaucoup de malheureux pour beaucoup moins que cela…

Veuillez néanmoins croire, Madame, à notre respect pour votre travail ainsi qu’à nos sentiments les plus distingués.

Jean-Yves Pons, CJA, pour le Conseil dans l’Espérance du Roi.

« Que signifie pour vous le mot Patrie ? »: la dissertation d’un collégien en 1976.

3 Déc

Ce gamin écrivait en Français, pensait Français et n’était pas racolé par des politiciens indignes pour des causes douteuses. Mesurez le chemin parcouru en une génération ! Comment inverser la tendance et remettre la France sur les rails ? Le bulletin du Collège Stanislas (Paris) publiait en 1976 la copie d’un de ses élèves de 3ème, classé lauréat national dans un concours écrit sur le thème de la « Patrie ». Le sujet exact était : « Que signifie pour vous le mot Patrie ? » Voici sa copie :

« Étranger, mon ami, tu me demandes ce que signifie le mot « Patrie ». Si tu as une mère et si tu l’honores, c’est avec ton coeur de fils que tu comprendras mes propres sentiments. Ma patrie, c’est la terre de France où mes ancêtres ont vécu. Ma patrie, c’est cet héritage intellectuel qu’ils m’ont laissé pour le transmettre à mon tour.

Viens voir, étranger, la beauté des paysages de France, la splendeur des monuments édifiés par mes aïeux. Va te reposer dans le vert marais poitevin, admire les roches rouges d’Agay qui se baignent dans le bleu de la mer de Provence. Chemine simplement de Paris vers Lyon. Sur la route, près d’Avallon, l’élégance raffinée de la basilique de Vézelay fera surgir pour toi l’épopée de nos croisades. Tu arriveras plus loin au château de la Rochepot qui donne à la région un air médiéval. N’oublie pas de visiter en Bourgogne le ravissant hospice de Beaune. Ne néglige pas le barrage de Génissiat. Continue, regarde, réjouis-toi de tant de beauté.

Mais si la France, ma patrie, n’était que belle et aimable, mon amour pour elle ne serait pas si grand. Elle est mieux encore : intelligente et cultivée. La clarté de sa pensée, la finesse de son esprit, l’excellence de son goût te sont déjà connues. Des idées venues de France ont influencé l’humanité toute entière. Sais-tu par exemple, que la bibliothèque personnelle de Frédéric II de Prusse, conservée à Berlin, ne contient que des livres écrits en français ? Ainsi, bien au-delà de nos frontières, des hommes de France sont célèbres : philosophes, écrivains, poètes, artistes, savants. Pascal, Molière, Vigny, Delacroix, Berlioz, Pasteur : tous ont contribué à la gloire de la France.

Et vous, héros humbles et méritants, qui avez fait la France brave et fidèle, vous guerriers morts pour la patrie, comme je vous suis reconnaissant de m’avoir conservé ce précieux bien de mes ancêtres ! De Bayard à Guynemer, des premiers chevaliers aux soldats des dernières guerres, que de dévouements, que de sacrifices !

Et toi mon ami, qui es aussi comme moi une créature de Dieu, ne vois-tu pas qu’ici en France, tu es en terre chrétienne ? Les oratoires pittoresques, les calvaires aux croisées des chemins, les flèches de nos cathédrales sont les témoins de pierre d’une foi vivante. Ma patrie, bonne et pieuse, a vu naître de grands saints. Le sens missionnaire de Saint Bernard, la vertu de Saint-Louis, la charité de Saint Vincent de Paul, le zèle du Curé d’Ars sont le vrai trésor laissé par nos ancêtres. De la grande Sainte Jeanne d’Arc à la petite Thérèse, de l’épopée de l’une à la vie si simple de l’autre, je retrouve le courage et la bonté des femmes de France. Aux plus humbles d’entre elles, s’est montrée la Vierge Marie. A travers Catherine Labouré, Bernadette de Lourdes, quel honneur pour la France !

Tu comprends maintenant pourquoi, ami étranger, j’aime et je vénère ma patrie comme ma mère ; pourquoi, si riche de tout ce qu’elle me donne, je désire transmettre cet héritage. Ne crois pas que cet amour que j’ai au cœur soit aveugle. Mais devant toi, je ne dirai pas les défauts de ma mère Patrie. Car tu sais bien qu’un fils ne gagne rien à critiquer sa mère. C’est en grandissant lui-même qu’il la fait grandir. Si je veux ma patrie meilleure et plus saine, que je devienne moi-même meilleur et plus sain.

La France, ma patrie a tant de qualités que je ne saurais, ami étranger, te priver de sa douceur ; si tu sais découvrir ses charmes et ses vertus, tu l’aimeras, toi aussi. Je partagerai avec toi ses bontés et, loin de m’appauvrir de ce don, je m’enrichirai de cette tendresse nouvelle que tu lui porteras. Mais ne l’abîme pas, ami étranger, la France, ma douce patrie, ma chère mère ; ne la blâme pas, ne la pervertis pas, ne la démolis pas car je suis là, moi son fils, prêt à la défendre. »

http://politique.forum-actif.net/t7305-que-signifie-pour-vous-le-mot-patrie-la-dissertation-dun-collegien-en-1976

ndcer: merci à Alain Texier pour cette « pépite » mais lui pardonnerons-nous le mal qu’il nous fait en pointant l’abîme que, de Valéry Giscard d’Estaing à François Hollande, la République a creusé dans notre civilisation par haine d’elle-même ?

 » Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ?… Ils l’ont dans le cerveau; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur…  » 

(François de Charrette à ses hommes)

 

(Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson: L’apothéose des Héros français morts pour la patrie.)

22 juillet 2012. LA PATRIE TRAHIE PAR LA REPUBLIQUE de Jean Raspail, Écrivain, Romancier.

22 Juil

J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé.

Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité. D’autant plus qu’en 1973, en publiant Le Camp des saints, j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.  Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié – la plus âgée – de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes provenances 
issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer.

La France n’est pas seule concernée.
 Toute l’Europe marche à la mort.

 

Les avertissements ne manquent pas – rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation.                                                                            Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque.                                                                                                                                                 Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme…
                                                                                                         Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de «l’accueil à l’autre », du «partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites «antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français – et pas nécessairement tous de race blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte – je cherche un terme approprié – d’une communauté de la pérennité française.
 Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.
                                                                                                                                                                                        Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés.                                                                                                                                                                                                                                                      Et ensuite ?

Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom.
Ce processus est déjà amorcé. Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de Reconquista sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr…

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’éternelle qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’État (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.
Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle.
  En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde.
Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République… »
Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure :
« Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie » (Président Boumediene, mars 1974). 
Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »

Jean Raspail