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Billet d’Argolide : la boite de Pandore.

1 Juil

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Depuis aujourd’hui, la Grèce est officiellement en défaut de paiement.

C’est ce que nous avions prévu dès notre Bulletin climatique du 22 novembre 2012 (Lire « Ils n’auront pas le choix, le défaut sera la solution« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/11/22/bulletin-climatique-quotidien-22-novembre-2012-de-la-republique-francaise/

Le résultat en est aujourd’hui ce grand gâchis auquel vous assistez et les conséquences qui s’annoncent déjà et auxquelles le Conseil dans l’Espérance du Roi est le seul à vous préparer.

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Nos élites auto-proclamées n’ont pas encore compris  » l’effet papillon  » ou la théorie du chaos de Lorentz. Et ce qui semblait inimaginable est désormais très sérieusement envisagé : faute d’accord avec ses créanciers, la Grèce va se retrouver en faillite et exclue de la zone euro. Mais exclure la Grèce de la zone euro « serait une erreur dramatique, historique. On est tout près d’une grande catastrophe« , vient de dire l’économiste Thomas Piketty. « Personne ne peut savoir ce qu’il se passerait ensuite, il y a de forts risques qu’à chaque élection, au Portugal ou ailleurs, on se demandera alors quel pays va sortir. Tous ceux qui disent que la sortie est possible se trouveront évidemment renforcés », a-t-il poursuivi.

Et l’économiste de pointer les partisans d’une ligne dure vis-à-vis d’Athènes, Allemagne en tête. « Les apprentis sorciers qui s’imaginent qu’on va apporter la stabilité dans la zone euro en expulsant un membre pour discipliner les autres sont extrêmement dangereux. L’idéal européen est en passe d’être très sérieusement écorné, et peut-être même détruit, par ces décisions d’apprentis sorciers. Donc l’urgence, c’est surtout que Hollande prenne ses responsabilités et vienne dire que la restructuration de la dette, ce n’est pas pour après-demain, c’est pour maintenant« .

Pour Thomas Piketty, toute réforme grecque sera vaine si ses créanciers ne consentent pas à un nouvel effacement de sa dette. « On a perdu six mois dans cette négociation où on n’a toujours pas abordé la question importante qu’est la restructuration d’ensemble de la dette grecque et d’ailleurs d’autres pays européens très endettés comme le Portugal, l’Italie. C’est vraiment l’ensemble des dettes de la zone euro qui doit être restructurée« , a-t-il martelé.

Pour nous, ce n’est pas six mois qui ont été perdus mais plus de deux ans… Puisque nous c’est ce que nous annoncions dès le mois de novembre 2012.

Et Thomas Piketty d’ajouter : « Là, il y a une espèce d’amnésie et d’ignorance historiques de la part de nos dirigeants qui est absolument consternante parce que l’Europe dans les années 50 s’est construite justement sur l’effacement des dettes publiques du passé pour investir dans l’avenir, dans les infrastructures, dans la croissance. L’Allemagne avait une dette extérieure considérable qui a été annulé par la conférence de Paris et de Londres de 1953 et 1954 pour justement investir dans l’avenir parce qu’on pensait que les jeunes générations d’Allemands, et même de Français, n’avaient pas à payer éternellement pour les dettes accumulées par les gouvernements précédents. Et pourtant, dieu sait si les gouvernements précédents avaient fait des bêtises bien plus graves que celles des gouvernements grecs en 2009« .

« Je veux juste rappeler la situation, a-t-il précisé : la Grèce part en 2009 d’un niveau de déficit considérable, qu’ils avaient d’ailleurs nié en manipulant leurs comptes. Ensuite, on part en 2010 d’une politique d’austérité sans précédent qui finalement a un peu tué le malade. Quand vous avez un niveau d’activité économique, de PIB, qui a chuté de 25% entre 2009 et 2015, c’est bon pour personne, y compris pour les créanciers : ça n’aide pas à rembourser la dette« . « Les Grecs ont fait une cure d’austérité sans précédent et sont passés au cours de l’année 2014 dans une situation d’excédent primaire. Cela veut dire que les Grecs, à partir de 2014, ont commencé à payer plus d’impôts que ce qu’ils reçoivent en dépenses publiques. Effectivement, c’est tout à fait raisonnable de demander aux Grecs, compte tenu des erreurs passées, d’être en situation d’excédent primaire, c’est-à-dire d’autofinancer leurs dépenses et de dégager un surplus. Toute la question est de savoir si on peut se contenter d’un léger surplus. Je pense que oui, jusqu’à ce qu’au moins l’économie grecque retrouve son niveau d’activité économique d’avant les chocs. Cela parait être le bon sens minimal. Au lieu de cela, alors que les Européens avaient promis aux Grecs en 2012 que lorsque la Grèce serait en situation d’excédent primaire, alors enfin on renégocierait le niveau de la totalité de la dette, les Européens ont refusé cela. C’est pour cela que le précédent gouvernement grec a chuté, c’est pour cela que Tsipras a gagné les élections en janvier 2015. Et depuis six mois, les Européens refusent toujours de parler de cette question« .

Mais rassurez-vous tout de même, c’est grâce à cet aveuglement que la zone euro va finir par imploser et que nous pourrons commencer à espérer retrouver notre liberté et la renaissance de la France.

 

Le 1er juillet 2015.
J-Y Pons, CJA, pour le CER.

Le cadeau de François Hollande à nos petits enfants: un poids de la dette de plus en plus insupportable

30 Juin

La dette de la France se rapproche de 100 % du PIB

La dette publique de la France se montait à la fin du premier trimestre 2015 à 2 089,4 milliards d’euros, soit l’équivalent de 97,5 % de son produit intérieur brut (PIB), a annoncé mardi l’Insee. Par rapport à la fin du quatrième trimestre 2014 (soit en trois mois), la dette a augmenté de 51,6 milliards d’euros, ou 1,9 point de PIB, a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.

La contribution de l’Etat à la dette augmente de 37,1 mds d’euros au premier trimestre 2015. La contribution des administrations de Sécurité sociale à la dette augmente fortement (+ 15,8 mds).

En revanche, la contribution des organismes divers d’administration centrale (ODAC) à la dette diminue de 0,6 md d’euros, car la Caisse nationale des autoroutes rembourse des prêts à long terme de ce montant. La contribution des administrations publiques locales à la dette diminue légèrement (- 0,8 md d’€).

La France se rapproche ainsi chaque jour de la situation de la Grèce dont la dette représente 178% de son PIB. Et pendant ce temps-là François Hollande racontait hier aux Français une de ses nouvelles balivernes : « l’économie française est robuste » et « n’a rien à craindre » !

Nous allons clairement vers des lendemains qui chantent.

Le 30 juin 2015.

J-Y Pons, pour le CER.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (29 mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

29 Mar

*  Le pouvoir d’achat des Français est en berne :

Coup sur coup nous voici avec deux mauvaises nouvelles supplémentaires en ce qui concerne notre pouvoir d’achat. Et ce n’est qu’un début.

Ainsi, l’Insee a d’abord annoncé mercredi la première baisse du pouvoir d’achat sur une année depuis 1984.

Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels du 4e trimestre 2012, rendus publics mercredi 27 mars par l’Insee, confirment la contraction du produit intérieur brut (PIB) en volume en fin d’année (- 0,3 %) et sa stagnation en 2012. Mais surtout, ils font état d’une baisse historique du pouvoir d’achat des ménages (- 0,4 % sur l’année), logique eu égard à la hausse continue du chômage depuis bientôt deux ans.

C’est, précise l’Insee, « le premier recul depuis 1984 (- 1,1 %) », année qui a suivi le tournant de la rigueur lors du premier septennat de François Mitterrand, mentor de l’actuel chef de l’Etat.

Au quatrième trimestre 2012, le pouvoir d’achat a même baissé de 0,8 % après avoir stagné pendant l’été. Mesuré par unité de consommation, ce qui permet de le ramener à un niveau individuel, il se replie de 1 % en 2012. La masse salariale et les prestations sociales ayant continué à progresser, l’Insee explique la baisse du pouvoir d’achat des ménages par la forte hausse des impôts : + 10 % en 2012, après + 6,6 % en 2011, du fait de la poursuite du redressement des finances publiques.

Sur le seul quatrième trimestre 2012, les impôts sur le revenu et le patrimoine ont augmenté de 7 % après + 4 % au troisième trimestre. La hausse de la pression fiscale au second semestre résulte notamment des mesures votées pour améliorer le rendement de l’impôt sur le revenu en 2012, ainsi que de la contribution exceptionnelle pour les redevables de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en toute fin d’année.

Ensuite, voici un sondage Viavoice pour Les Échos et France Info, publié jeudi, qui atteste du pessimisme d’une moitié de la population. Près d’un sondé sur deux estime que son pouvoir d’achat va reculer dans les prochains mois.

Les deux postes de dépenses que les sondés estiment de plus en plus sensibles, sont le carburant et les impôts. Le prix des carburants préoccupe 37% des Français, contre 31% en décembre. Et l’évolution à venir de la fiscalité inquiète 34% des personnes interrogées, contre 30% en janvier. Mais il est vrai qu’ils n’ont pas encore tout vu…

Quels sont en conséquence les dépenses que les sondés envisagent de restreindre ? Les vacances et les « sorties et loisirs du quotidien » pour 22% des inquiets. Mais les réponses diffèrent en fonction des milieux sociaux : 15% des ouvriers se disent prêts à réduire leur budget dédié à l’alimentation et aux déplacements, contre 0 à 2% de cadres.

Nul doute que les prochains mois nous apporteront, ne serait-ce qu’à cause de l’ampleur du chômage et de son aggravation régulière, des enquêtes plus pessimistes encore.

*  Mais la situation est, pour le moment, pire à Chypre :

Les banques du pays ont rouvert jeudi leurs portes. Mais cette réouverture s’est faite sous conditions : des restrictions de mouvements et de retrait d’argent ont été fixées.

Les banques avaient été fermées alors que l’île est au bord de la faillite. Même si le pays vient d’obtenir un plan de sauvetage international, c’est au prix d’une restructuration drastique de son système bancaire.

Laïki Bank, deuxième banque du pays, va être liquidée et les comptes les plus conséquents de Bank of Cyprus, première banque du pays, vont subir une importante ponction. En compensation, un prêt de 10 milliards de dollars sera versé par des bailleurs de fonds internationaux.
Mais aussi, et surtout (souvenez-vous en car les menaces qui pèsent sur la France ne manqueront pas d’aboutir à une situation analogue), les opérations que les Chypriotes pourront effectuer :

  • Les retraits en espèces aux guichets et aux distributeurs sont limités à 300 euros par jour, par personne et par banque.
  • Les paiements et virements à l’étranger ne pourront dépasser 5.000 euros par mois.
  • Les voyageurs quittant l’île ne pourront pas emporter plus de 1.000 euros en espèces.
  • Les chèques ne pourront pas être encaissés en liquide, comme beaucoup de Chypriotes ont l’habitude de le faire. Ils pourront seulement déposer les chèques sur leurs comptes.

Pour éviter toute panique sur les marchés, la bourse chypriote est restée fermée toute la journée.

Chypre une exception ? Ou un cas d’école , comme dirait le chef de l’Eurogroupe M. Dijsselbloem ?

*  Mr Bricolage squatte le Palais de l’Elysée :

Nous vous avons montré, le 22 mars, dans un billet humoristique, le Palais de l’Elysée « relooké » en magasin de bricolage (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=monsieur+bricolage&submit). Et bien, depuis hier soir et la prestation télévisuelle de M. François Hollande…vous savez que la réalité a dépassé la fiction ! Le président de la République a livré son diagnostic et donné à connaître ses solutions pour tenter de redresser la France. Et bien voici ce qu’en disent quelques uns des journaux d’aujourd’hui.

Les radios, les télévisions, les journaux et les sites Internet parlent abondamment ce vendredi, de la prestation télévisée de François Hollande. Impossible de se connecter à l’actualité sans tomber sur les commentaires des spécialistes qui évaluent les intentions du président de la République. Et dans l’ensemble, ils doutent du discours prononcé par le chef de l’Etat. Pour la majeure partie de la presse, il n’a pas convaincu même s’il a tenté de séduire. Les éditorialistes jugent sa prestation « fade » et fustigent le manque d' »audace » du chef de l’Etat, qui dégaine une « boîte à outils » face à une crise et une colère profondes.

« Nul ne s’attendait à des annonces fracassantes« , souligne Eric Decouty dans Libération, mais l’intervention télévisée du président s’est révélé « souvent fade, presque banale » et a été marquée par une « absence de pédagogie » et « une étonnante confiance » au regard de la situation économique et sociale.

« Les millions de téléspectateurs de France 2, hier soir, ne caressaient pas d’illusions en écoutant François Hollande« , renchérit Patrick Apel-Muller dans L’Humanité. « Mais l’exercice de pédagogie soigneusement préparé par les experts de l’Élysée a semblé tourner à vide » et le président « sensible aux appels des milieux patronaux ou conservateurs » reste en revanche « sourd à la colère larvée qui parcourt le pays« .

Paul-Henri du Limbert (Le Figaro) enfonce le clou: « l’Élysée avait prévenu : il ne fallait pas attendre monts et merveilles de l’intervention télévisée du chef de l’État. On ne peut lui donner tort. Fidèle à sa manière, le chef de l’État n’a pas dit un mot plus haut que l’autre, et il a expliqué en substance qu’une politique qui ne marche pas peut, qui sait, marcher un jour« . Pour de nombreux éditorialistes, le chef de l’Etat ne s’est pas montré à la hauteur de la situation, car, résume Jean-Michel Servant (Le Midi Libre) il lui « manque encore l’essentiel pour vaincre la crise : l’audace du combattant« .

« Contre la crise qui ravage tout sur son passage, François Hollande s’arme, dit-il, d’une nouvelle boîte à outils« , ironise l’éditorialiste du Figaro, mais le président dispose de « petits tournevis » et de « clous de tapisserie, quand il faudrait des ponceuses et des rabots« . « Cela fait un peu Monsieur Bricolage« , s’amuse Jean-Pierre Ténoux (L’Est Républicain), qui juge que M. Hollande « est resté comme toujours, prévisible« .

« Pour le président, la boîte à outils existe, il suffit d’un peu de patience pour obtenir des résultats. Mais les Français n’en ont plus« , assène Hubert Coudurier (Le Télégramme). Tout cela ne constitue ni « un tournant du quinquennat« , « ni le changement de braquet attendu par la gauche du PS« , déplore Hervé Favre (La Voix du Nord).

Une fois encore, les journalistes sont déçus. Reste à savoir s’il s’agit de la pensée des Français. Un prochain sondage devrait dire dans les jours à venir si François Hollande a été à la hauteur des espérances de certains ou non.

Nous croyons connaître la réponse ! Comme nous connaissons ce qui nous attend avec de tels hommes d’action au pouvoir.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Eugène Boudin

Du 22 mars au 22 juillet Paris, Musée Jacquemart Andre

Pour la première fois depuis 1899, une institution parisienne organise une exposition rétrospective consacrée à celui que Corot surnomma le « roi des ciels », à travers une soixantaine de peintures, pastels et aquarelles. Eugène Boudin, que Monet considérait comme son maître et l’un des précurseurs de l’impressionnisme, a parcouru l’Europe dans une quête toujours renouvelée de la lumière. De sa Normandie natale à Venise, en passant par Anvers, Dunkerque, Berck, la Bretagne, Bordeaux ou la Côte d’Azur, il a su saisir l’atmosphère si particulière de chacun des lieux qu’il a visités.

Connu pour ses marines et ses scènes de plage, Eugène Boudin (1824-1898) futl’un des premiers artistes français à poser son chevalet hors de l’atelier pour réaliser des paysages. Dans ses nombreux tableaux, il s’est tout particulièrement attaché au rendu des éléments et des effets atmosphériques. Il a ainsi été l’un des initiateurs d’une vision renouvelée de la nature, précédant dans cette démarche les impressionnistes et son ami Claude Monet, qui écrivait à la fin de sa vie : « Je dois tout à Boudin ».
Au fil des années, sa palette s’éclaircit et sa touche s’allège pour mieux restituer les reflets du ciel et de l’eau. Où qu’il soit, il peint des paysages en mouvement, dans une subtile harmonie de gris colorés. Véritable « roi des ciels », Eugène Boudin a su transcrire à la perfection des éléments aussi changeants que la lumière, les nuages et les vagues.
Commissaire général de l’exposition, Laurent Manoeuvre réunit, grâce aux prêts de grands musées internationaux, une soixantaine de peintures, aquarelles et dessins qui permettent de suivre Eugène Boudin  dans sa quête de la lumière et rendent un merveilleux hommage à cet artiste indissociable de la mer et de ses paysages.

Une exposition inédite avec des prêts exceptionnels.

L’art de Boudin a très tôt suscité l’intérêt des amateurs américains. Dès les années 1880, il fait partie des peintres présentés aux États-Unis par le marchand Durand-Ruel.

Ainsi, les musées nord-américains possèdent aujourd’hui de nombreuses oeuvres de l’artiste, pour lesquelles il n’existe pas d’équivalent dans d’autres collections publiques en Europe.

Grâce aux prêts accordés notamment par la National Gallery de Washington ou le Museum of Fine Arts de Boston, certaines de ses oeuvres seront présentées pour la première fois en France depuis leur achat par des amateurs éclairés américains.

La plage de Berck à marée basse © Musée de Reims – Musée Jacquemart André – 2013

Pour cette exposition, le Musée Jacquemart-André a également bénéficié du concours du Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid, du Musée national des beaux-arts du Québec, et tout naturellement du soutien du Musée d’Art moderne André Malraux du Havre et du Musée Eugène Boudin d’Honfleur, qui possèdent les plus grands fonds d’oeuvres de l’artiste en France.

Le Musée Jacquemart-André est situé 158 boulevard Haussmann, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Propriété de l’Institut de France .
Téléphone : 01 45 62 11 59
 

Le 29 mars 2013.

Jean-Yves Pons.

Défense et coûts : une équation qui parait tellement rationnelle…

26 Mar

La présidente de la commission de la défense de l’Assemblée nationale a fait part de son inquiétude face aux projets de réduction du budget des armées et nous en avons rendu compte dans le Bulletin climatique de ce jour. Nous en rappelons la teneur:

« Le scénario de Bercy vise à tuer le ministère de la défense »

C’est Patricia Adam, député PS et présidente de la commission de défense à l’Assemblée nationale qui veut prévenir les Français. Elle tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de leur défense et des décisions que François Hollande est prêt à prendre même contre l’avis de son propre camp :

« Nous n’avons jamais été dans une période aussi importante, au regard des options stratégiques du pays à l’horizon des vingt prochaines années. Le retour à l’équilibre des comptes publics est aujourd’hui l’enjeu principal pour le président de la République. Respecter un déficit de 3 % du PIB comme le veut l’Europe est un enjeu stratégique. Mais il faut trouver un bon équilibre : mesurer, s’il doit y avoir des efforts sur la défense, les conséquences que cela peut avoir sur nos capacités à intervenir comme nous le souhaitons (seuls sur une durée courte et « en premier » comme on l’a fait au Mali, ou uniquement avec d’autres alliés), sur l’entraînement de nos forces, et sur notre industrie.

Le scénario de Bercy vise à tuer le ministère de la défense. Dès 2015, si on le suit, il ne lui restera que la sécurité nationale (la gendarmerie), les forces spéciales et la dissuasion. Toutes les forces conventionnelles auront disparu.

Ce n’est pas en tuant le budget de la défense que l’on équilibrera les comptes. Sur ce point, une communion d’idées avec l’opposition règne à la commission de la défense, car l’enjeu est la sauvegarde des intérêts nationaux.

Les députés socialistes ont adressé à François Hollande une lettre pour lui rappeler que le budget de la défense baisse depuis cinquante ans et que si un ministère a fait des efforts de rationalisation, c’est bien celui-là. Le budget représentait 4,3 % du PIB en 1966, 2,97 % en 1981, 1,6 % en 2002, 1,56 % en 2012. On ne peut plus descendre ».

Le Conseiller au Armées du Conseil dans l’Espérance du Roi y apporte les précisions suivantes :

  1. la Défense est à l’heure actuelle et demeurera je le crains la variable d’ajustement préférée des gouvernements parce qu’elle ne fait que mettre à l’épreuve des hommes et des femmes qui ont fait de cette dernière leur raison de vie ;
  2. l’obligation de « faire autant avec moins » concerne chaque acteur de la Défense, n’en déplaise à certains anciens CEMA (Chefs d’Etat-major de Armées)… (mais peut-être entendaient-ils tirer eux aussi la sonnette d’alarme en démontrant que l’on ne pouvait faire autant avec moins… );
  3. la situation actuelle portera sans doute à une situation bancale dont on ose espérer qu’elle ne débouchera pas sur une Union européenne des gouvernements kakis ou bleus…
  4. le choix consistera dans le fait de demeurer la France ou d’être ravalé au rang de simple canton dans le cadre d’une fédération européenne elle aussi devenue une sorte de méga-Suisse, avec tout le respect dû au pays de Guillaume Tell.

CC® François Romain, Conseiller aux Armées du CER

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (11 mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

11 Mar

*  Non seulement la crise de l’euro n’est pas derrière nous…

…mais elle est probablement devant ! Alors n’écoutons pas ce que nos hommes politiques racontent et regardons devant. Que se passe-t-il ?

1. Près de 15 jours après l’élection de son nouveau président, Chypre doit relancer son processus de sauvetage . Menacée par la faillite, ainsi que par celles de ses banques, elle a dû accepter un audit sur les fonds qui y transitent et sur des accusations de blanchiment d’argent sale (provenant principalement de Russie et de Grèce).

Alors, les autorités européennes et du FMI veulent imposer des règles drastiques qui ne sont évidemment pas du goût des Chypriotes :
une restructuration de la dette de l’île, qui non seulement inquiète Chypre, mais aussi les pays du sud de la Zone euro, qui craignent une poussée de fièvre obligataire. Car la restructuration de la dette grecque l’année dernière avait créé bien des remous qui n’avaient été apaisés que grâce à la promesse que cette restructuration serait unique. Or voilà qu’une nouvelle opération de ce genre est aujourd’hui évoquée…

des pertes imposées aux plus gros déposants des banques chypriotes. Une nouvelle qui a fait bondir NiKo puisque les principaux déposants sont souvent d’origine étrangère, russe et grecque. Commentaire du ministre des Finances chypriote : “Ce serait à la limite du racisme de distinguer les déposants selon leur origine ethnique” ( Pour rappel, le pays, déjà endetté à près de 90% de son PIB, doit se refinancer à hauteur de 17,5 milliards d’euros , l’équivalent de son PIB).

2. En Italie, la crise politique entamée avec les dernières élections législatives n’a toujours pas été résolue. En attendant, aucun gouvernement n’est formé… et la menace d’une crise obligataire, avec des taux d’emprunt qui s’élèveraient, plane toujours.
Deux des trois principales forces politiques du pays (le PDL de Berlusconi et le M5S de Beppe Grillo) ont fait toute leur campagne sur des thèmes anti-euro et anti-austérité. Ce qui exclut, pour le moment du moins, le recours à la BCE, via les Outright Monetary Transactions (OMT), un mot barbare derrière lequel se cache la possibilité de rachats d’obligations souveraines par la BCE, en échange de mesures de rigueur. Dans un pays qui a ouvertement affirmé son refus de la rigueur, cela risque d’être problématique.

3. L’Irlande essaie de repasser une partie de ses dettes à l’Europe. En particulier les actifs pourris de ses banques menacées par la faillite et qu’elle avait acheté en 2008 pour 64 millions d’euros. Aujourd’hui, après la fermeture de plusieurs de ces banques, l’Irlande conserve toujours 28 milliards d’euros de dettes “bancaires”. Et ce sont ces dettes qu’elle voudrait, en partie, transférer au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui est censé pouvoir recapitaliser les banques qui en ont besoin. Mais, pour le moment, ni l’Allemagne ni la BCE ne semblent accepter cette idée, arguant que le sauvetage irlandais a eu lieu avant la mise en place du FESF ou du MES, et que celui-ci ne peut pas intervenir de manière rétroactive.

Alors l’Irlande essaie de faire passer en force son problème bancaire ! En début de mois, elle a liquidé en une nuit une de ses « bad banks », l’Irish Bank Resolution Corporation (IBRC), obligeant ainsi la BCE à accepter des obligations souveraines à 40 ans plutôt que des liquidités. La BCE s’est défendue en expliquant que l’Irlande était un “cas particulier”. Comme la Grèce quand il a fallu restructurer sa dette. Comme l’Espagne, comme l’Italie, comme…

4. l’Espagne a difficilement réussi à faire passer son déficit de 9,4% en 2011 à 6,7% en 2012. L’objectif était pourtant  à 6,4%. Mais à quel prix ? Celui d’une croissance en berne (-1,37%), une consommation intérieure catastrophique et un chômage en hausse constante (plus de 26 %).

Le rapprochement entre les chiffres du chômage espagnol (où plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans n’ont pas de travail) et la confiance affichée par l’UE au sujet de la solvabilité des banques du pays est préoccupant. “Bruxelles satisfait de la réforme du secteur bancaire espagnol”, titrait Le Monde. Les banques ibériques seraient à nouveau suffisamment capitalisées et ne nécessiteraient pas une nouvelle aide européenne. La réalité est que plus de 41 milliards d’euros leur ont déjà été versés, et que l’Europe n’a aucune intention de payer davantage.

Mais comment peut-on être assuré que les banques espagnoles n’ont pas de problèmes de capitalisation alors que l’économie devrait encore être en récession cette année et que le taux de chômage record et la baisse de la consommation entretiennent le nombre de défaut sur prêt aussi bien de la part de particuliers que d’entreprises ? Un mystère auquel les autorités bruxelloises se gardent bien de répondre.

Le FMI est d’ailleurs bien plus réaliste sur l’état de santé des banques ibériques, comme nous l’apprend L’Agefi : “Dans un rapport publié mardi, le Fonds monétaire international (FMI) souligne les progrès accomplis pour remettre sur les rails les banques de la Péninsule, mais l’institution met aussi en garde sur les risques qui continuent de peser sur l’économie du pays ce qui nécessite de maintenir une surveillance accrue des établissements financiers”.

5. Et à tout cela il faut ajouter la France, très observée car deuxième économie de la zone euro. Le gouvernement a reconnu récemment que ses objectifs de croissance pour cette année devraient être revus à la baisse et que l’objectif des 3% de déficit serait intenable. Entre réformes impossibles, économie en berne et taxations en hausse, la France inquiète et sera probablement le prochain « homme malade » de l’Union européenne. Le problème, pour la zone euro, réside dans le fait que la France est un bien plus « gros poisson » et qu’un défaut financier de notre pays signerait immanquablement l’explosion de l’union monétaire européenne.

*  Et pourtant…

La France continue d’emprunter à des taux étonnamment bas ! Dans son éditorial des Echos, Jean-Marc Vittori (Jean-Marc Vittori) nous explique pourquoi. Mais il nous dit aussi la fragilité de cette situation paradoxale, qui rejoint nos préoccupations précédentes.

  

 » La vie des marchés ressemble souvent à une comptine enfantine. Le régulateur assoupi pendant que les cloches de la finance s’emballent est à n’en pas douter un cousin de Frère Jacques. Le crédit immobilier du pauvre Américain devenu titre AAA par la grâce de la titrisation a eu droit au même coup de baguette magique que la souris verte muée en escargot tout chaud après un trempage dans l’huile. Et les obligations émises par le Trésor français font penser au matou d’une chanson entonnée avec gourmandise par Steve Waring. C’est l’histoire du vieux fermier Thompson qui cherche à se débarrasser de son gros chat gris par toute une série de moyens – colis postal, coup de fusil, moulinette du boucher, fusée spatiale. Mais invariablement, « le matou revient le jour suivant ». La France perd des parts de marché, sa croissance disparaît, elle porte au pouvoir une gauche à l’ancienne, la notation de ses titres publics est dégradée, son Etat ne parvient pas à contenir son déficit public à 3 % du PIB, ses dépenses publiques augmentent encore et toujours. Mais, invariablement, l’Agence France Trésor revient le jour suivant placer ses obligations à prix toujours plus élevé – ou à taux d’intérêt toujours plus bas, ce qui est équivalent. Bien sûr, le taux des emprunts à 10 ans a remonté ces dernières semaines ; il dépasse aujourd’hui 2,1 % après être descendu au-dessous de 2 % en décembre dernier. Il reste cependant extraordinairement, incroyablement bas, au regard des niveaux observés ces deux derniers siècles. Il y a là un mystère, comme dans la vitalité du matou de Waring. Un mystère qui s’explique par au moins quatre raisons.

La première explication se trouve dans l’Agence France Trésor elle-même. C’est un modèle du genre, qui fait des envieux dans d’autres capitales. Elle est remplie d’esprits brillants qui éblouissent les investisseurs du monde entier en leur projetant de magnifiques PowerPoint. L’Allemagne fait travailler ses meilleurs éléments dans l’entreprise, les Etats-Unis envoient les siens (et ceux qu’ils importent du reste du monde) dans la Silicon Valley, avec l’idée étrange que l’argent n’est pas forcément une mesure de l’impureté humaine. La France, elle, les fait grimper dans son administration. Ayant les meilleurs vendeurs de dette publique au monde, nous avons ici un avantage comparatif que nous exploitons à fond.

Au-delà, la France a de la chance – et c’est la deuxième explication du mystère des taux bas. Les investisseurs ont commencé par s’inquiéter d’un petit pays qui avait truqué ses chiffres, la Grèce. Puis ils se sont souciés de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Italie. Pour les rassurer, les gouvernements de ces pays ont brutalement serré la vis budgétaire, plongeant leurs économies dans une profonde récession (baisse de production autour de 5 % en quatre ans, et même 20 % en Grèce). Si les investisseurs souffrent de nombreux défauts comme la myopie ou la cyclothymie, ils ne sont pas fous. Intégrant les effets désastreux de la rigueur pratiquée ces dernières années, ils ont changé de raisonnement. Au lieu de s’obnubiler sur le respect des cibles budgétaires, ce qui aurait dû les pousser à vendre leurs titres français, ils évaluent désormais les trajectoires des finances publiques à l’aune de trois critères : poursuite de l’assainissement (c’est le cas pour la France avec un déficit qui diminue), capacité à éviter la spirale dépressive (c’est aussi le cas pour l’instant), perspectives à moyen terme (là, c’est moins clair).

Même si les investisseurs voulaient vendre leurs obligations françaises, ils auraient du mal à les remplacer – et c’est la troisième raison de la faiblesse des taux français. Ils raisonnent en grandes classes et en grosses masses. A leurs yeux, il y a les obligations totalement sûres – les T-bonds américains et les Bunds allemands. Ensuite, il y a le deuxième choix – les OAT françaises et les Gilts britanniques. Après viennent les produits de troisième zone, italiens, espagnols, voire japonais, qui sont ou redeviennent des marchés locaux. Si les fonds de placement vendent des dizaines de milliards d’euros d’OAT, ils chercheront des produits équivalents pour équilibrer leur portefeuille… et ils n’en trouveront pas beaucoup sur le marché. La masse énorme des OAT détenue par des étrangers (près des deux tiers du total) constitue paradoxalement une protection et non une faiblesse.

Enfin, les gros propriétaires français d’obligations du Trésor n’ont a priori pas de raisons de vouloir les vendre, car ils sont plutôt en bonne santé. Les assureurs AXA et CNP, premiers détenteurs au monde d’OAT, ont des comptes solides. Les grandes banques nationales comme BNP Paribas et la Société Générale ont bien résisté dans la succession de crises de ces dernières années. Elles ont certes dû vendre des paquets d’OAT à l’été 2011 pour compenser leurs pertes sur les obligations italiennes, mais elles ont depuis fait le ménage dans leurs portefeuilles.

Mais si le gros matou français revient encore et toujours, il se promène au bord du toit. L’efficacité de l’Agence France Trésor, le virage des investisseurs, l’absence d’alternative et la santé des banques, qui ont assuré sa survie sont des raisons à la fois puissantes et fragiles. Le vent peut vite tourner. Le consultant financier américain John Mauldin, dont la lettre hebdomadaire compte plus d’un million de lecteurs, annonce la dégringolade de la France après avoir prédit celle de la Grèce il y a quatre ans et celle de l’Italie il y a deux ans. Rien ne dit qu’il a raison. Mais personne ne peut garantir que la France continuera pendant des années à emprunter à des taux d’intérêt ridiculement bas. »

 

*  A Rome, le conclave débutera demain mardi 12 mars :

« La huitième congrégation générale des cardinaux a décidé que le conclave pour l’élection du pape débutera le mardi 12 mars 2013. La messe « pro eligendo Pontifice » sera célébrée dans la matinée dans la basilique Saint-Pierre et dans l’après-midi les cardinaux entreront en conclave », précise le Vatican dans un communiqué.

Malgré le suspense et les pressions de certains pour ne pas laisser trop longtemps « vacant » le fauteuil du pape, plusieurs princes de l’Eglise avaient souhaité prendre tout le temps nécessaire pour réfléchir aux problèmes de l’Eglise, à la gouvernance du Vatican, objet de critiques, et pour choisir le successeur de Joseph Ratzinger.

Jusqu’à présent, une centaine de cardinaux, ont pris la parole aux réunions de pré-conclave. Parmi les sujets abordés vendredi, le père Lombardi, porte-parole du Vatican, a cité le rôle des femmes dans l’Eglise, le dialogue interreligieux, les questions de bioéthique, venus s’ajouter aux thèmes des jours précédents (évangélisation, oecuménisme). L’exigence d' »une plus grande collégialité » dans la gouvernance de l’Eglise a en outre été discutée une nouvelle fois.

Mais, avant d’accueillir les 115 cardinaux qui voteront pour désigner le nouveau pape qui succèdera à Benoît XVI, la chapelle Sixtine de Rome se pare et se prépare pour l’évènement. Car les cardinaux ne sont pas les seuls à jouer un rôle important dans l’élection du nouveau pape.

Les deux poêles du Vatican, enfin arrivés, auront aussi leur rôle à jouer. Fait d’argent et de bronze, le premier brûlera les bulletins de vote des cardinaux. Le deuxième, lui, servira à créer la fumée qui fera connaître au monde entier le résultat de l’élection papale. Si la fumée est noire, cela signifiera qu’aucun accord n’a été trouvé. Si elle est blanche, c’est que les cardinaux sont parvenus à une majorité des deux tiers.

Tant qu’aucun d’entre eux n’aura été désigné à la succession de Benoît XVI, tous resteront enfermés dans la chapelle. Le lieu a donc été préparé pour l’occasion: les ouvriers du Vatican ont installé un parquet pour protéger le sol, et préparent déjà les gradins.

Quant aux portes vitrées menant à la salle, elles ont été couvertes, pour éviter que des curieux observent la réunion des cardinaux. En effet, pendant toute la durée du conclave, et depuis mardi après-midi, l’accès à la chapelle Sixtine est interdit au public.

Emblème du Saint-Siège pendant la vacance. A la place de la tiare figure l’ombrellino.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :


MATHURIN MÉHEUT est au Musée de la Marine à Paris, du 27 février au 30 juin 2013
  :

Affiche exposition Mathurin Méheut
© lot64 ©Adagp, Paris, 2012

En 2013, le musée national de la Marine consacre son exposition temporaire annuelle à Mathurin Méheut (1882, Lamballe – 1958, Paris), le plus populaire des artistes bretons du XXe siècle. La mer a été l’une de ses premières sources d’inspiration. Nommé peintre de la Marine en 1921, ce grand voyageur a tout au long de sa vie collaboré avec le milieu maritime, à la fois comme dessinateur, illustrateur, décorateur, sculpteur et graveur. Sur 1000 m², des œuvres variées – grand décors, études, dessins, croquis, livres illustrés – proposent une lecture chronologique et thématique de ce talent aux mille facettes.

 

Le peintre de la Bretagne et d’ailleurs

L’œuvre de Mathurin Méheut célèbre la mer et les activités maritimes. Né à Lamballe, formé à l’École des Beaux-arts de Rennes puis à l’Ecole des Art Décoratifs à Paris, Mathurin Méheut collabore, très tôt, avec les initiateurs de l’Art Nouveau à la prestigieuse revue Art et Décoration. Etabli à Paris, l’artiste reste très attaché à la Bretagne qu’il sillonne inlassablement au fil de sa carrière et ses voyages. En 1914, grâce à une bourse de la fondation Albert Kahn, Mathurin Méheut se rend à Hawaï et au Japon où il trouve une confirmation de ses choix iconographiques et techniques : la représentation de l’essentiel, la traduction de l’instantané par un trait vif et précis, l’usage de l’aplat et le choix de cadrages originaux.

Le dessinateur, le décorateur, le sculpteur

Artiste prolifique, chercheur infatigable, Mathurin Méheut met en œuvre tout au long de sa vie des techniques très variées. Après son voyage dans le Pacifique, l’artiste réalise, dans l’urgence, des milliers de croquis pendant la guerre, de 1914 à 1919. Décorateur et céramiste, il collabore avec la Manufacture nationale de Sèvres, comme avec les faïenceries de Quimper, créant un service de table baptisé La Mer et la vaisselle du restaurant parisien Prunier. Sur le thème de la mer, il réalise une tapisserie pour la manufacture des Gobelins dont on possède encore le carton et des croquis préalables. C’est également un des illustrateurs majeurs du XXe siècle dans le domaine du livre, pratiquant la gravure sur bois, la lithographie et la zincographie, illustrant Colette, Dorgelès ou encore Loti.

Quarante années après la première rétrospective dédiée à Mathurin Méheut, le musée de la Marine rend un nouvel hommage à ce grand peintre français de la mer et des marins.

 

Détail d'une tapisserie, manufacture des Gobelins, 1939-1946.

Commissariat : Denis-Michel Boëll, conservateur général du patrimoine, directeur- adjoint du musée national de la Marine.

AU PALAIS DE CHAILLOT À PARIS,
DU 27 FÉVRIER AU 30 JUIN 2013
UNE EXPOSITION ÉVÉNEMENT À NE PAS MANQUER!
Musée national de la Marine17, place du Trocadéro
75116 Paris

Le 11 mars 2013.

Jean-Yves Pons.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (22 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

22 Fév

*  « La crise est derrière nous ! » (François Hollande en décembre 2012) :

Nous avions pris l’habitude des balivernes et même des mensonges de François Hollande. Mais depuis ce matin nous pouvons les toucher du doigt. En effet, la Commission européenne a publié ses très attendues prévision de croissance de la zone euro pour la période 2013-2014. Et l’on apprend que, finalement, la zone euro sera toujours en récession cette année (-0,3%), alors que l’ensemble de l’UE sera à +0,1%. La reprise est attendue en 2014 (+1,4% pour la zone euro, +1,6% pour l’ensemble de l’UE). La France ne devrait connaître qu’une très faible croissance cette année (+0,1%), mais peut-être plus importante en 2014 (+1,2%).

Pays après pays, la Commission européenne a fait ses comptes. Optimiste, elle estime que l’activité économique, qui a atteint son niveau plancher, pourraitt connaître une accélération progressive.Mais il est vrai que l’on a déjà vu bien des espérances déçues en la matière.

Pour le retour de la croissance, il faudra quand même attendre un peu que la machine se relance. Si elle le veut bien…Et l’Union européenne devrait connaître une très faible croissance cette année (+0,1%), alors que la zone euro sera encore en récession (-0,3%).

Dans le détail, la France n’est pas encore sortie de l’ornière. La croissance sera quasi-nulle cette année (+0,1%), au niveau européen, avant de repartir en 2014. Quant au déficit public, il sera encore loin du seuil des 3% espérés : 3,7% en 2013, 3,9% en 2014.

Du coup, la Commission européenne pourrait faire un geste, et reporter à 2014 l’objectif des 3%. La question sera formellement débattue en mai, après la publication des nouvelles prévisions européennes, et la présentation par la France de son programme de stabilité.

Le commissaire en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, a expliqué :  « Si nos prévisions de printemps montraient que l’ajustement budgétaire structurel dépassait 1% par an en moyenne sur la période 2010-2013 et si des événements économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures pour les finances publiques se produisaient (si cela ne s’appelle pas une langue de bois…), alors le pacte de stabilité et de croissance permettrait de repousser à 2014 l’échéance pour ramener le déficit public nettement en dessous de 3%. »

Dans ces conditions, le chômage va encore s’aggraver dans la zone euro, pronostique Bruxelles. Après 11,4% l’an dernier, il devrait atteindre 12,2% cette année et se stabiliser à 12,1% en 2014. Avec des pointes cette année à 27% en Grèce et 26,9% en Espagne, les deux pays les plus touchés par la crise – contre 5,7% en Allemagne et 4,5% en Autriche. Mais probablement au moins 11% en France.

« Attendez-vous donc à savoir » que le gouvernement français ne tardera pas à accentuer l’appauvrissement des particuliers en rognant sur les retraites, en baissant les salaires de la fonction publique (que l’on a soigneusement amadouée en supprimant le fameux jour de carence lors des arrêts maladie) et bien sûr en augmentant encore un peu plus la pression fiscale. Ils n’ont manifestement pas compris que ce racket et tous ces sacrifices désordonnés feront notre perte.

*  Non seulement il faut les encourager, mais…

il faut les aider à y rester !

 De nombreuses jeunes femmes Franco-marocaines (c’est-à-dire Marocaines par le droit du sang et Françaises par celui du sol), filles d’ouvriers marocains venus en France dans les années 60/70 pour travailler dans l’industrie, le bâtiment, ou encore le textile souhaitent retourner dans le pays de leurs parents. Un Maroc qu’elles pensent connaître parce qu’elles parlent arabe, qu’elles sont musulmanes et qu’elles y vont souvent en vacances.

Ces jeunes de la double culture représenteraient plus de la moitié des Français au Maroc (plus de 22 000 personnes) et, selon les organismes chargés de les accueillir, seraient de plus en plus nombreux.

Différentes raisons les motivent : la crise d’abord.. Même si tout n’y est pas rose économiquement, le Maroc c’est 4% de croissance par an. Ces jeunes femmes sont souvent diplômées mais au chômage et sont donc tentées d’aller voir au Maroc…si la misère n’est pas « plus belle au soleil ». Mais la quête des origines de leurs parents aussi. Beaucoup décrivent enfin le « désamour de la France à leur égard« . On se demande bien pourquoi.

Elles sont généralement très bien accueillies par les entreprises locales car elles maîtrisent les deux langues et les codes sociaux. L’Etat marocain voit dans cette démarche un retour de compétences et les aide à créer des entreprises.  Dans la société, c’est différent. On les appelle les  » zmigris  » (les  » immigrés « ), comme on appelait leurs parents en France. Elles  s’installent dans une société très traditionnelle, où il est encore de bon ton que la femme fasse profil bas, où elles ne peuvent pas vivre en concubinage, prendre une chambre d’hôtel avec leur compagnon. Parfois, c’est un véritable choc culturel. Mais elles s’accrochent et puis elles sont parait-il très respectueuses. Que ne l’étaient-elles dans leur seconde patrie ?

Le premier obstacle à franchir  est de convaincre les parents de les laisser partir !  Ils ont quitté leur pays pour profiter des multiples avantages sociaux offert par la France au temps des vaches grasses et ne comprennent pas encore très bien ce besoin de « retour« .

Nous, nous le comprenons et nous pensons même qu’il faut accompagner ces jeunes. Mais pas seulement des jeunes femmes et pas seulement vers le Maroc ! Elles (ils) sont l’avenir de leur pays.

*  On a gagné ! On a gagné !

Vous vous souvenez sans doute de notre protestation (notre article du 15 décembre 2012 « TROP, C’EST TROP. Le Conseil dans l’Espérance du Roi en appelle au Chef de l’Etat« ) lorsque les dirigeants quataris du club de foot ball du Paris-Saint-Germain exigèrent que le logotype du club abandonne le rappel héraldique de la ville de Saint-Germain-en-Laye, et en particulier la fleur de lys qui y figurait pour rappeler le roi Louis XIV (né à Saint-Germain).

psglogo

Nous fumes entendus et de nombreuses autres protestations se joignirent à la nôtre. Les dirigeants nous ont entendu et viennent de régler la question. Son président, Nasser Al-Khelaifi, a fait le choix de la continuité pour sa nouvelle identité. La nouvelle conception permet de hisser la marque au niveau des standards d’excellence de Paris, dans le respect de son histoire.

 

Le Paris Saint-Germain a choisi de capitaliser sur l’atout maître de la marque : Paris.

La ville lumière, icône incontestée dans le monde entier, constitue un levier exceptionnel pour propulser le Paris Saint-Germain parmi les plus grandes marques mondiales de sport. Aussi, dans ce nouveau logotype, le nom de Paris est clairement mis en avant, avec la Tour Eiffel eu cœur. A la base de celui-ci, le nom de Saint-Germain lui reste associé avec la fleur de lys de son roi.

Plus synthétique, plus immédiat, le logotype de la marque peut désormais résonner dans l’esprit des amateurs de football et de sport du monde entier.

La typographie est inspirée des grandes marques parisiennes, les couleurs sont rendues plus lumineuses et rehaussées d’une touche d’or, la Tour Eiffel devient le cœur battant du logotype mais elle est soutenue par une fleur de lys d’or sur champ d’azur.

Pour Nasser Al-Khelaifi, « l’évolution du logotype du Paris Saint-Germain marque une étape importante dans la mise en œuvre de notre ambition : faire du Paris Saint-Germain une des plus grandes marques mondiales de sport. »

Nous ne bouderons pas notre plaisir !

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

« Les Voies du Seigneur sont impénétrables »

La Soue à Cochon

Les Français savent-ils qu’ils l’ont échappé belle ? Car c’est ainsi, si l’on en croit la dernière biographe de Dominique Strauss-Kahn (DSK), qu’aurait pu se nommer le palais de l’Elysée, lieu où s’exerce le pouvoir suprême de la République française, sans l’intervention d’une modeste femme de chambre guinéenne de l’hôtel Sofitel de New-York, le 14 mai 2011. Au-delà du fait divers pornographique qui ne nous intéresse pas, il nous semble important de mesurer le degré d’abaissement du régime politique actuel de la France.

Certes, les récents occupants de la fonction suprême de la République n’ont pas brillé par leur rigueur morale. Mais il est probable que, dans le cas particulier, nous aurions atteint des sommets…libidineux. C’est en tout cas ce que laisse à penser les confessions de Marcela Iacub, juriste et spécialiste de la philosophie des mœurs, chroniqueuse à Libération, dans son dernier ouvrage intitulé « Belle et bête » (Stock-122 p.-13,5 euros) et dans lequel elle raconte sa liaison avec DSK dans le courant de l’année 2012.

Voici, très succinctement, ce qu’elle en dit. D’abord ceci, pour commencer:  » Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin (…) Et j’ai été folle de toi. » Puis cela, comme pour finir: « C’est parce que tu étais un porc que je suis tombée amoureuse de toi. Le porc a un rapport au présent que les humains n’ont guère (…) Tu aurais transformé l’Elysée en une géante boite échangiste (…). Très peu de gens savaient que ta femme avait fait de toi son caniche. Tu ne pouvais pas envisager de la quitter parce que cette vie de luxe là, c’était impossible d’y renoncer. Elle avait ce rêve d’être l’épouse d’un président. Tu as fait ce qu’elle voulait de toi. Ta vie à toi tu l’avais échangée contre de l’argent, des palais, des voitures (…). Il faudrait que le cochon, au lieu d’être ton inférieur, devienne ton maître. Ce jour là tu abandonneras tes prêches auprès des banquiers. Tu t’enfermeras pour écrire. Tu pourras enfin te débarrasser de toutes les entraves qui s’interposent entre ton désir et ton plaisir. » En d’autres termes, non, tout n’est pas bon dans le cochon !

Nous n’en livrerons pas davantage, tant les propos sont laids et cruels. Nous n’insisterons que sur ce que l’auteur pense être une sorte de dédoublement de la personnalité de son personnage, au travers de la métaphore du cochon, qu’ Eric Aeschimann (journaliste du Nouvel Observateur auquel Marcela Iacub s’est confiée) résume ainsi: « Le drame de Dominique Strauss-Kahn, n’aura pas été d’être trop cochon, mais de ne pas l’avoir été assez. D’avoir détesté la seule part de lui qui était vraie. » Marcela Iacub ne dit-elle pas d’ailleurs, dans le même entretien: « Je me sens obligée de sauver ceux qui sont honnis et méprisés. Le cochon, c’est la vie qui veut s’imposer sans aucune morale, le présent, le plaisir, la plus belle part de l’homme. Et en même temps, le cochon est un être dégueulasse, incapable d’aucune forme de morale, de parole, de sociabilité (…). On ne peut pas faire une société avec lui (…). Cet homme n’est pas un violeur, il n’est même pas méchant. Son problème est que son absence de sensibilité au regard des autres et de lui même le rendent très bête. Il est condamné à tout rater à cause de ce mépris envers autrui. Il est plus à plaindre qu’à haïr. » Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites.

Et on en vient à réaliser combien l’amour, l’amour des autres, l’amour de notre pays et de ses citoyens, tient peu de place dans l’engagement politique des hommes et des femmes de la République, aujourd’hui. Et combien le mépris leur tient lieu de morale. Si l’on accepte de faire abstraction du fait que certains ne sont que des malades, il faut bien constater que seul compte pour eux le pouvoir, qui corrompt, et l’argent, qui pourrit. Pour autant, le combat entre l’altruisme et l’hédonisme pervers est-il celui du pot de terre contre le pot de fer ( « Je me suis fait plaisir , entend-on. Un tel aveu, autrefois, aurait été indécent. Maintenant, il donne le ton » , nous dit Jean Sevilla dans son livre Moralement correct, Paris, Perrin, 2007) ? C’est à nous, chrétiens et royaliste, de répondre.

Mais on en vient aussi et finalement à songer que, peut-être, en envoyant Nafissatou Diallo sur le chemin de Dominique Strauss-Kahn, le Christ a voulu sauver une fois encore la France et les Francs du désastre. Souvenons-nous du 25 février 1429 et réfléchissons à ce signe.  « Les voies du Seigneur sont impénétrables » (Romains, 11, 33-36) et « ses instruments inconscients viennent se jeter dans nos jambes comme des roquets dans un jeu de quilles. »  (Louis Pergaud, La Chute, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921).

Le 22 février 2013.

Jean-Yves Pons.