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Billet d’humeur d’ANNE-LYS : Limites des conflits sociaux; Quand le crime paie.

29 Jan

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Quand prennent fin – souvent provisoirement – les conflits sociaux, il faut faire les comptes de ce qu’ils ont coûté. Et le résultat a de quoi effarer :

Les salariés d’une PME qui ont accepté la fin de leur « boîte » et la fin de leur emploi dans les conditions légales, sans enfreindre la moindre loi, se retrouvent avec de très minces indemnités et la perspective de se retrouver, au bout de quelque temps, en « fin de droits », avec le RSA pour tout potage.

Mais les salariés d’une certaine entreprise, qui disposaient de 8.000 litres de produits toxiques et ont menacé de les déverser dans la Seine ont obtenu chacun 15.000 € d’indemnités supplémentaires ; le millier environ de salariés de Conti qui ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne n’ont jamais subi les foudres de la justice et se sont au contraire retrouvés avec un bonus de 50.000 euros pour chacun. Et hier, on apprenait que les 1173 salariés de Goodyear, dont le comportement a découragé tous les repreneurs, après avoir longuement séquestré deux cadres de l’entreprise dans des conditions très pénibles (les auteurs de la séquestration ont prétendu qu’elle n’avait pas été si pénible que cela puisqu’après plusieurs heures ils avaient fourni à leurs captifs… un peu d’eau à boire !) non seulement ne risquent apparemment aucune peine mais vont toucher …. au moins 120.000 € chacun, en principe pour mettre fin au conflit (mais des cadres de la CGT, entendus sur BFM TV, ont encouragé les salariés à intenter de nouvelles actions, officiellement à titre individuel).

De tels exemples laissent penser que plus gravement les salariés violent la loi à l’instigation d’un syndicat, plus ils en sont récompensés, sans que le gouvernement ni la justice semble y voir malice.

Si les salariés d’une entreprise « en grève pour la conservation de l’emploi » en viennent un jour à tuer, leur versera-t-on un million d’euros à chacun ?

Car, apparemment, en France syndicale, le crime paie et la vertu ne paie pas.
Anne-Lys                                                                                                                                                                                                                                                          http://www.vexillaregis.com/?page_id=26

Les « Contrats de la génération Hollande » seront-ils ceux du « pays bas » ?

15 Jan

La nouvelle session de l’Assemblée nationale vient de débuter et le premier texte important venant en discussion…avant le gay-mariage, est celui qui concerne ce que le gouvernement appelle les « Contrats de génération ».  Ce contrat de génération était l’un des principaux engagements de campagne de François Hollande. Le principe : inciter les entreprises à embaucher des jeunes, sans licencier pour autant de salarié senior. Intéressant défi. Mais les patrons se laisseront-ils convaincre ?

Le contrat de génération à l’Assemblée © IDÉ

Il s’agit d’une prime à l’embauche pour les petites et moyennes entreprises de moins de 300 salariés. Pour convaincre les patrons, l’Etat mettra donc une aide financière sur la table. Si une PME recrute un jeune de moins de 26 ans en CDI, tout en conservant dans ses effectifs un senior, elle aura droit à 4000 euros de prime par an. L’aide pourra être versée pendant trois années consécutives, soit un coup de pouce potentiel de 12.000 euros.

Voici ce qu’en dit le dirigeant d’une entreprise de 40 salariés de de la région parisienne, spécialisée dans les ressources humaines sur les réseaux sociaux : « 4.000 euros, ce n’est pas rien, c’est même très important pour nous, dans une entreprise jeune qui recrute des jeunes. Cela peut représenter entre un et trois mois de salaire. Cela va nous aider à déclencher certaines embauches, et à en accélérer d’autres que l’on aurait mis plus de temps à effectuer. Nous recrutons déjà beaucoup, nous nous développons très vite, mais le contrat de génération pourrait nous permettre de recruter entre 3 et 5 personnes de plus par rapport à ce qui était envisagé au départ« .

Au-delà de cet exemple idéal, on peut légitimement se demander si le nouveau contrat débattu cette semaine va vraiment aboutir à des créations nettes d’emploi. Car d’autres patrons vont empocher une prime pour un recrutement qu’ils avaient déjà prévu. Dans ce cas, ce n’est pas le contrat de génération qui créera l’emploi, comme en témoigne une autre dirigeante d’entreprise de transformation de minerai basée à Paris et en Picardie qui emploie 30 salariés : « Il y aura bien sûr un effet d’aubaine. J’étais justement en train de me dire qu’il fallait que j’embauche bientôt un jeune, et je l’aurais fait de toute façon. Je vais donc remplir le papier du contrat de génération et j’aurai la prime. Cela va faire un peu de beurre dans les épinards, cela permettra peut-être d’offrir un salaire un petit peu supérieur, c’est une très bonne idée qu’on ait une aide. Mais diriger une entreprise, ce n’est pas être chasseur de prime. On n’embauche pas quelqu’un parce qu’on va avoir une aide de l’Etat, ce serait grave ! On recrute une personne car on a du travail à lui donner, c’est par là que tout commence !  »

Dans d’autres entreprises, en revanche, cette aide de l’Etat laisse presque indifférent. Exemple, dans une société d’archivage de documents. C’est une entreprise plus importante que les précédentes avec 200 salariés.

Et compte tenu de sa taille, les conditions sont plus strictes pour obtenir la prime du contrat de génération. Le patron, Jacques Thibon, n’est guère intéressé : « Il ne faut pas oublier que pour bénéficier de l’aide de l’Etat, nous devons faire un accord d’entreprise (NDCER: dans les sociétés de plus de 50 salariés). Cela demande du temps et de l’énergie, car il faut négocier. Doit-on se donner tout ce mal, pour obtenir 4.000 euros de prime ? Je crois que le jeu n’en vaut pas la chandelle« .

Un autre aspect peut poser problème à certains chefs d’entreprise dans le contrat de génération : un jeune recruté devra être accompagné dans l’entreprise par un tuteur. Dans certains métiers, ce n’est pas forcément évident, notamment dans les services à la personne.  Les clients sont âgés, ils ne peuvent plus faire leurs courses ou leur toilette. Et l’un de ces patrons n’a pas envie de leur envoyer des jeunes en contrat de génération : «  » Quand on prend quelqu’un sous tutorat, cela fait deux personnes. C’est trop dans un domicile. Vous me direz que c’est bien pour le client, il a deux personnes pour le prix d’une. Mais non, c’est faux ! Il faut respecter l’intimité des gens âgés.  Si un client voit débarquer deux personnes chez lui  il ne sera pas content.  L’un d’eux m’a dit récemment qu’il en avait marre de montrer son derrière à tout le monde ! En pratique ce dispositif ne peut pas fonctionner chez moi. »

Les réactions patronales sont donc très contrastées et il est donc très difficile de mesurer l’impact réel sur l’emploi. D’autant qu’en marge de ces considérations purement « organisationnelles » des entreprises il faut tenir compte de la dégradation vertigineuse du marché de l’emploi, en rapport avec la conjoncture économique générale, tout autant que des perspectives de croissance du pays. Et pourtant, fidèle à sa méthode Coué, le gouvernement affiche toujours le même objectif : 500.000 contrats signés d’ici la fin du quinquennat ! Bonne chance…

Le 15 janvier 2013.

Pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, le Conseiller aux Affaires économiques et financières.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (6 novembre 2012)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

6 Nov

Dessin Pluvieux colorié par meteo 2

* La grande arnaque :

Le gouvernement de M. Ayrault a répondu dès aujourd’hui au rapport Gallois sur la compétitivité des entreprises françaises.Comme on pouvait s’y attendre, compte tenu de la situation économique et financière du pays, la montagne a accouché d’une souris. Mais d’une souris que le contribuable va payer au prix d’une armée de rats. Voyons ce qu’il en est.

L’exécutif a choisi d’octroyer un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros aux entreprises sur trois ans, qui doit se traduire par une baisse des cotisations sociales de 6% sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le Smic. « La situation de notre pays appelle des décisions ambitieuses et courageuses », a déclaré Jean-Marc Ayrault. Notons dès à présent que cette somme ne représente que les deux tiers de celle qui semblait un minimum pour Louis Gallois. Mais M. Gallois proposait une diminution immédiate des charges sociales des entreprises(dont le coût serait pris en charge par des économies budgétaires pour moitié et par la CSG et la TVA pour l’autre moitié). Le gouvernement transforme cette proposition en un crédit d’impôt (c’est-à-dire une niche fiscale, révisable donc à tout moment) de vingt milliards répartis sur trois ans. Disons le tout net: le compte n’y est pas et c’est vouloir faire croire que l’on peut alimenter le moteur d’une Porsche 911 Carrera avec un dé à coudre d’éthanol !
Ce crédit d’impôt sera financé à parts égales par des économies dans les dépenses publiques et par des mesures sur la TVA et la fiscalité écologique. Dix milliards d’euros d’économie sur le budget 2014 de l’Etat et des collectivités sont donc envisagés. Mais qui peut croire un instant que ces nouvelles économies (après celles qui ont été annoncées dans le budget de l’année 2013) seront réalisées ? « Parole, parole… » aurait dit Dalida si elle était encore parmi nous et une fois encore nous pouvons constater que les « yaka…focon » sont au pouvoir. Reste donc les changements qui devront intervenir dans les taux de TVA (dont le gouvernement semble redécouvrir les vertus, après s’en être défendu avec la vigueur que l’on sait). Autrement dit la réduction non pas des dépenses de l’Etat mais…du pouvoir d’achat des Français ! « Il faut des taux de TVA « plus lisibles » (sic)a décidé le Premier ministre.Il annonce en fait, sans oser le dire, une « évolution » (comprenez une augmentation) de la TVA à partir du 1er janvier 2014. Les taux actuels seront remplacés par un triptyque plus lisible: 5%, 10% et 20%. L’exécutif compte augmenter le taux principal de la TVA de 19,6% à 20%. Le taux intermédiaire à 7% passant, lui, à 10%. En revanche, le gouvernement baisserait à 5% contre 5,5% la TVA sur les produits de première nécessité (c’est ce que l’on finira par appeler « la prime à la pauvreté »). »La France a besoin d’un nouveau modèle. Ce nouveau modèle Français consiste à retrouver le chemin de la création d’emploi. C’est toute l’ambition que nous menons depuis mai dernier« , a justifié, sans rire, Jean-Marc Ayrault. Car pouvez-vous croire un instant que ce pseudo « choc de compétitivité » va permettre une création significative d’emplois ? Pouvez-vous croire que l’Etat va découvrir subitement, comme une révélation, les vertus des économies budgétaires avec un endettement qui approche les 2000 milliards d’euros ? Pouvez-vous croire que la hausse des prix et donc la réduction du pouvoir d’achat vont stimuler la consommation qui est aujourd’hui, hélas, le moteur principal de notre économie ? En revanche, et comme nous le pressentions ici-même hier, le gouvernement reprend à son compte les quelques propositions de Louis Gallois qui « ne mangeaient pas trop de pain » et décide de « stabiliser » cinq dispositifs fiscaux. Outre le Crédit d’impôt recherche, sont concernés « les dispositifs favorisant la détention et transmission d’entreprises », les « jeunes entreprises innovantePME, BPI,s (JEI), les « incitations aux investissements dans les PME » et la « contribution économique territoriale » (CET).

Ces cinq dispositifs sont des « dispositifs clés pour l’investissement et la vie des entreprises« , a expliqué Jean-Marc Ayrault.

Le gouvernement va mettre enfin en place une nouvelle garantie publique permettant d’apporter plus de 500 millions d’euros de trésorerie aux PME « confrontées à des difficultés de trésorerie« . La mesure sera mise en oeuvre à travers la Banque Publique d’Investissement (BPI) à compter du 1er janvier 2013. « De trop nombreuses très petites entreprises (TPE), petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont confrontées à des difficultés de financement« , justifie le Premier ministre. Il s’agirait là d’une très bonne initiative…si elle n’était pas si pauvre.

« La France vient de connaître dix ans de décrochage industriel. Prolonger cette tendance serait l’assurance du déclin. Mon gouvernement a pris le choix de la responsabilité (sonnez trompettes…battez tambours !) Cette démarche correspond aux engagements pris par le président de la République devant les Français. Elle est résolument de gauche car son objectif c’est l’emploi, c’est le redressement dans la justice« , a conclu Jean-Marc Ayrault.

Cette démarche, effectivement, est bien de gauche…mais M. Ayrault, disons-le tout net, avait-il une plus grande marge de manoeuvre ? Pas sûr. Sauf, comme nous le proposons, à tout reprendre à zéro après avoir fait l’amère constat que…la République, ça ne marche pas.

*  François Hollande à Beyrouth :

voici le point de vue de  Manuel Lahut (1) , paru en ce début de semaine dans Nouvelles de France (www.ndf.fr/), à propos du voyage du président de la République au Proche-Orient:

 » Dimanche, au cours d’une courte visite à Beyrouth, François Hollande a usé d’un ton hésitant pour rappeler le soutien de la France au Liban, avant de repartir vers l’Arabie Saoudite, trois heures plus tard.

Le Président français est un homme de compromis qui ne veut décevoir personne. Convaincu que la France peut jouer de son influence pour empêcher la contagion de la crise syrienne au Liban, il a donc décidé à la dernière minute une halte à Beyrouth pour rencontrer Michel Sleimane, son homologue libanais. Avant de poursuivre son voyage en Arabie Saoudite puis au Laos.

Cette initiative a été prise par François Hollande pour marquer« son soutien au Liban », deux semaines après l’attentat qui a visé le chef des renseignements de la police Wissam al-Hassan.

Elle intervient surtout dans un contexte politique très sensible marqué par de fortes tensions entre les partisans et les opposants au premier ministre Najib Mikati, que ces derniers accusent de « faciliter le plan du régime criminel de Bachar al-Assad au Liban ».

Au cours de cette visite de trois heures, François Hollande a rappelé la volonté de la France de « garantir au Liban son indépendance, son unité, sa sécurité » et sa détermination à « s’opposer de toutes ses forces à toutes les tentatives de déstabilisation ».

Ce message à l’attention du président syrien Bachar al-Assad, sourd aux injonctions de la communauté internationale depuis plus d’un an et demi, n’a pas dû l’effrayer outre mesure.

Il faut dire que le ton employé par le Président français n’était pas de nature à impressionner un régime peu enclin à respecter les règlements des Nations Unies et les troupes françaises déployées dans le cadre de la FINUL.

Ce déploiement français, aussi utile soit-il, rencontre vite ses limites face à des attentats perpétrés avec la plus grande lâcheté comme ce fut le cas dans le quartier chrétien d’Achrafieh.

Face à tant de mépris, les bonnes intentions de François Hollande, prêt à accueillir une réunion de l’ensemble des composantes politiques libanaises, paraissent aussi utiles que des pansements sur une jambe de bois. Car il faut que le Liban en fasse la demande et ce n’est pas dans l’intérêt de tous les partis politiques libanais.

La volonté politique française est réelle mais elle paraît bien faible face à un gouvernement libanais fortement divisé au sein duquel le Président, Michel Sleimane se bat pour éviter toute contagion du conflit syrien.

Quand il s’agit de préserver la souveraineté d’un pays avec lequel la France entretient un lien fort, il est légitime d’apporter notre soutien de manière plus démonstrative. Mais la France, lourdement endettée n’en a malheureusement plus les moyens. Alors, elle tente de faire au mieux avec ce qui lui reste d’influence… »

(1) Manuel Lahut a été journaliste à France Soir. Il est spécialiste de l’Amérique latine, du Liban et du Vatican.

*  Ils veulent imposer à tous les délires de quelques uns :   

Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, affirmait hier que le nombre de mariage entre homosexuels en Espagne était peu important.

Et bien, contrairement à la doxa ambiante…c’est vrai. Mais ce n’est pas seulement vrai en Espagne ! Les chiffres ne mentent pas, eux:  il y a peu de mariage entre personnes du même sexe en Espagne. L’équivalent espagnol de l’Insee en a décompté 20.000 entre 2005 et fin 2010. (6 ans). Cela fait une moyenne de 3.333 mariages par an. Et si l’on rapporte ce chiffre au nombre total de mariages par an en Espagne, on parvient alors à 2 %.

En Belgique et aux Pays-Bas, qui ont eux aussi autorisé le mariage entre personnes du même sexe, la situation est identique. La Belgique a légalisé le mariage homosexuel deux ans plus tôt que l’Espagne, en 2003. Sept ans plus tard, en 2010, 1.082 mariages étaient célébrés dans l’année entre personnes du même sexe, soit 2,3 % du nombre total des mariages belges en 2010. Aux Pays-Bas, pionniers en la matière, où le mariage gay a été légalisé en 2001, 14.813 couples homosexuels se sont mariés en 10 ans, selon l’Office Central des Statistiques. Cela fait 1.481 mariages homosexuels par an en moyenne, soit 2% du total des mariages.

Reste que si l’on veut comprendre le chiffre (modeste) des mariages homosexuels, il faut se poser la question du nombre d’homosexuels dans la population. Eric Fassin, sociologue, spécialistes des questions de sexualité et professeur à l’Université Paris XIII rappelle que « les différentes enquêtes sur la sexualité menées en France, en Grande-Bretagne aux Etats-Unis arrivent toutes à peu près au même chiffre. On parle d’une population de 3 ou 4% ».

Eric Fassin rappelle également que le Pacs a été conclu par une écrasante majorité de personnes hétérosexuelles (et donc une minorité de personnes homosexuelles) depuis sa création. Début 2010, 10 ans après l’instauration du Pacte civil de solidarité, un millions de personnes avaient choisi le Pacs, d’après les chiffres de l’INSEE. Et sur ce total, 6% seulement étaient des couples de même sexe.

Radio  Paris  ment,  Radio  Paris  ment…et   pourtant  Radio  Paris  n’est  plus  Allemand !

* La démocratie à la sauce de Bruxelles :

Voici ce que l’on découvre dans les coulisses de Bruxelles (bruxelles.blogs.liberation.fr/)
Après le coup de force de la Commission européenne l’Espagne a sauvé l’honneur en s’opposant, in extremis, à la nomination, par procédure écrite, du Luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la Banque centrale européenne. Lancée en catimini par Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, à la veille du long week-end du 1er novembre, pour court-circuiter l’avis négatif du Parlement européen, l’opération a finalement fait long feu. Le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos a confirmé que son pays avait « rejeté » la décision: « Il y a eu comme vous le savez parfaitement un vote du Parlement européen qui a considéré, pour une série de raisons, que ce n’était pas le candidat idéal », a-t-il expliqué à  la presse en marge d’une réunion du G20 à Mexico. Ce veto va donc obliger les gouvernements à remettre le sujet sur la table afin de prendre une décision formelle : soit confirmer un Mersch gravement dévalué, soit désigner une femme, luxembourgeoise ou non.

Même si l’Espagne a fait savoir qu’elle était en désaccord avec la procédure choisie, qui ne respecte pas les canons démocratiques, et qu’elle souhaitait une procédure de nomination plus « transparente », elle profite aussi de l’occasion pour rappeler qu’elle n’a guère apprécié d’être éjectée du directoire de six membres de la BCE. En effet, s’il est désormais acquis, en vertu d’une règle non écrite, que les trois grands (Allemagne, France, Italie) y disposeront toujours d’un siège, la place de l’Espagne n’a jamais été garantie de la même façon, même si elle y a toujours disposé d’un représentant depuis 1998. Lui offrir le même traitement que les grands limiterait, de fait, à deux le nombre de sièges pouvant être attribué aux treize autres États membres de la zone euro. Et si un jour la Pologne rejoint l’euro, il n’y aura plus qu’un siège tournant (tous les huit ans) pour les autres pays…

Quelles que soient les arrière-pensées espagnoles, le résultat est atteint : les gouvernements vont devoir fournir une explication publique à cette exclusion des femmes, tant au sein du directoire que parmi les dix-sept gouverneurs de banque centrale, comme s’il n’existait pas une seule femme compétente capable d’exercer un tel mandat. Confirmer Mersch paraît délicat, sa légitimité étant gravement atteinte par l’avis négatif du Parlement et par la tentative malheureuse de Van Rompuy de passer outre, sans débat. Le président du Conseil ne sort pas non plus intact de l’affaire : en se lançant dans cette procédure dite « du silence » (la décision est prise sauf opposition) sans être certain de la boucler, il a commis, à tout le moins, une grave maladresse politique, car cela met dans l’embarras les chefs d’État et de gouvernement qui se retrouvent à devoir justifier ce déni de démocratie. Son image de démocrate, lui qui fuit déjà les contacts avec les citoyens et les médias, n’en sort pas renforcée, c’est le moins que l’on puisse dire.

On peut aussi regretter que seule l’Espagne ait manifesté son malaise face à cette procédure. François Hollande, en particulier, a loupé une belle occasion de montrer son attachement à la démocratie et à la parité, lui qui se pose en défenseur de ces deux valeurs européennes sur le plan intérieur. 

Ou la politique européenne à géométrie variable…

Le 6 novembre 2012.

Jean-Yves Pons.

« Qui n’entend qu’un son, n’entend qu’une cloche ».

8 Oct

Voici une intéressante analyse du contre-feu publié dans Libération, après la déroute gouvernementale face aux Pigeons, glanée sur le blogue suisse de Stéphane Montabert et dont nous remercions l’auteur ainsi que Gérard de Villèle, notre amical informateur :

4 OCTOBRE 2012

Une belle brochette d’entrepreneurs

Il y a quelques jours, François Hollande a décrété un « choc fiscal » pour l’année 2013, dont une taxe sur la plus-value de cession d’entreprise portée à 60% (!) qui tuera pour de bon ce qui reste de l’économie française.

Un groupe d’amis décide de protester en créant un groupe facebook des « pigeons », protestant contre l’injuste fiscalité pénalisant les preneurs de risque – en plus de toutes les taxes qui les étranglent au quotidien – et les conséquences de telles mesures sur l’entrepreneur, seul et unique moteur de la croissance.

La notoriété de l’initiative se répand comme un feu de brousse.

Il fallait donc une réaction: c’est Libération qui s’y colle hier, ouvrant une tribune à « Nous, entrepreneurs… », groupe d’individus affichant sans complexe son amour inconditionnel des impôts et de la fiscalité en général, comme en témoigne ce bel extrait plein de bravoure:

Nous – créateurs et patrons de PME – ne nous considérons pas comme une caste de citoyens supérieurs, dont les revenus devraient bénéficier d’un traitement fiscal de faveur (sic). Nous soutenons tout ce qui va dans le sens de l’équité et de la simplification de l’impôt. Nous soutenons donc le principe de taxation égale des revenus du travail et du capital, gage de relations sociales durables au sein de nos entreprises et d’effort partagé.

Les sept signataires de cette tribune – peu suivie par la population, semble-t-il – s’auto-proclament porte-parole de tous les créateurs et patrons de PME sans la moindre hésitation. Peut-être ont-ils réellement créés quelque chose, mais il y a entreprise et entreprise: une bonne partie de ces start-up, suivant une tradition bien française, a toutes les chances d’être des excroissances de grosses sociétés para-publiques. A mi-chemin entre le placard doré et le détournement de fonds, la méthode s’avère bien pratique pour organiser des plus-values entre camarades de promotion, régalant la galerie grâce à un gros client captif et peu regardant à la dépense.

Du premier signataire de la liste, Alain Assouline – candidat socialiste du Val-d’Oise – au dernier, dont les références de l’entreprise La Netscouade fleurent bon le renvoi d’ascenseur (conception de site pour la Mairie de Paris, Europe Ecologie, Haut Commissariat aux Solidarités, Mobilité Durable et j’en passe…) les « entrepreneurs » cités dans Libération ressemblent fort à une sous-espèce peu pressée de se confronter au consommateur dans un marché concurrentiel, préférant vivre dans un environnement calme et protégé, biberonnés d’argent public par des voies détournées.

On comprend d’autant mieux leur réticence face à tout mouvement de contestation du volet fiscal puisque cela remettrait complètement en question leur business model – surtout le chapitre « recherche de clientèle ». Du reste, je ne donne pas deux ans à ces pseudo start-up. Compte tenu des difficultés financières de l’Etat français, il va falloir réduire la voilure, même pour la conception de site web par des copains.

Là où le mouvement des « pigeons » part d’une conversation désabusée entre des amis avant de recevoir un écho légitime – et suivi d’effet – la tribune de Libération ressemble à une vilaine opération de communication organisée par le parti, employant sans vergogne la bonne vieille technique communiste de l’appropriation du discours:

« Nous parlons au nom de tout le monde, alors, taisez-vous! »

Le 8 octobre 2012.
Conseil dans l’Espérance du Roi.