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Billet d’humeur d’ANNE-LYS. « Migrants ». Les pays de l’Europe autrefois souverains et le Diktat Merkel / Junker

16 Sep

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SpiegelOn peut se demander de quel droit Mme Merkel et M. Juncker ont pu intimer aux membres de l’Union européenne l’ordre de recevoir un quota obligatoire de migrants, sous le prétexte que Mme Merkel en acceptait, elle, 800.000, parce que les grosses entreprises allemandes souhaitaient disposer d’une abondante main d’œuvre bon marché. Devant le raz-de-marée d’arrivants que cette décision a entraîné en peu de jours, Mme Merkel elle-même a été contrainte de reculer.

On peut craindre qu’après avoir réagi émotionnellement au matraquage médiatique de la photo du pauvre petit Aylan (et certes, elle fend le cœur,- NDLRB . En laissant ouverte la porte de la manipulation) tandis que le sort, au moins aussi affreux, des petits garçons exécutés par DAECH et des petites filles vendues comme esclaves sexuelles, moins médiatisé, a laissé l’opinion assez indifférente ), l’opinion publique connaisse un retour de balancier et se refuse à venir en aide même aux véritables victimes.

Il est certes difficile, surtout après que des autorités ont affirmé que la totalité des « migrants » étaient des « réfugiés » fuyant un danger mortel, de discerner les véritables réfugiés de ceux qui ont le désir, certes légitime, de mener une vie meilleure et s’expatrient dans cette intention. Sans que cela crée pour l’Europe l’obligation de les aider à  réaliser leur souhait.

Un réfugié est quelqu’un qui cherche un refuge contre un danger imminent, mais qui ordinairement n’a qu’un désir : avoir la possibilité

de rentrer chez soi sans danger, et le plus tôt possible.

Accorder une priorité, tant dans le traitement de leur dossier que dans l’assistance qui leur est fournie, aux familles accompagnées d’enfants (qui représentent à peine plus de 10% des arrivants), du moins tant qu’elles peuvent présenter des documents attestant qu’elles ont dû fuir des pays où sévissent la guerre, la persécution religieuse ou ethnique, voire la famine, permettrait de résoudre une partie du problème, parce qu’il y a des chances qu’elles soient effectivement en quête d’un refuge.

Écarter en revanche la majorité des hommes de moins de 35 ans en parfaite forme physique (compte tenu de la fatigue liée aux conditions de leur voyage), surtout s’ils viennent de pays où ils n’étaient pas en danger ou se prétendent « sans papiers » pour éviter qu’on puisse le prouver et les renvoyer chez eux, serait sans doute souhaitable.

Même quand ils viennent de zones dangereuses, ce sont des hommes qui ont abandonné les plus faibles des personnes menacées, celles qui n’avaient ni l’argent de payer leur passage, ni la force de parcourir de grandes distances. Leur place serait à leurs côtés, pour les défendre, plutôt qu’à chercher à mener une vie paisible et confortable.

Au demeurant, la plupart d’entre eux étant de religion musulmane, et certains pays musulmans, fort riches, étant proches des zones de guerre, ils pourraient aisément y trouver refuge, s’ils sont vraiment en danger (la plupart de ces pays, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, n’ont pas accepté de recevoir un seul réfugié).

 Anne Lys, CJA.

Billet d’humeur du Sieur la Boutière: Les FOOTBALLEURS PARISIENS sur le parvis des DROITS DE L’HOMME (Trocadero / Paris): Une publicité « Quatar-strophique »

14 Mai

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Juste  deux mots en passant .

– Nous financerions le Paris Saint Germain , comme le  fait  actuellement le Quatar, nous ne serions pas ravis, ravis de la  déplorable  contre- publicité  que leur ont  fait hier leur  couûteux  chou-chou.

– Quant  au Ministre de l’intérieur, M. Manuel Gaz, il est  incomparablement  plus à l’aise pour réprimer  des mères de famille  avec des poussettes  que  des loubards encapuchonés  armés de barres de fer.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (22 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

22 Fév

*  « La crise est derrière nous ! » (François Hollande en décembre 2012) :

Nous avions pris l’habitude des balivernes et même des mensonges de François Hollande. Mais depuis ce matin nous pouvons les toucher du doigt. En effet, la Commission européenne a publié ses très attendues prévision de croissance de la zone euro pour la période 2013-2014. Et l’on apprend que, finalement, la zone euro sera toujours en récession cette année (-0,3%), alors que l’ensemble de l’UE sera à +0,1%. La reprise est attendue en 2014 (+1,4% pour la zone euro, +1,6% pour l’ensemble de l’UE). La France ne devrait connaître qu’une très faible croissance cette année (+0,1%), mais peut-être plus importante en 2014 (+1,2%).

Pays après pays, la Commission européenne a fait ses comptes. Optimiste, elle estime que l’activité économique, qui a atteint son niveau plancher, pourraitt connaître une accélération progressive.Mais il est vrai que l’on a déjà vu bien des espérances déçues en la matière.

Pour le retour de la croissance, il faudra quand même attendre un peu que la machine se relance. Si elle le veut bien…Et l’Union européenne devrait connaître une très faible croissance cette année (+0,1%), alors que la zone euro sera encore en récession (-0,3%).

Dans le détail, la France n’est pas encore sortie de l’ornière. La croissance sera quasi-nulle cette année (+0,1%), au niveau européen, avant de repartir en 2014. Quant au déficit public, il sera encore loin du seuil des 3% espérés : 3,7% en 2013, 3,9% en 2014.

Du coup, la Commission européenne pourrait faire un geste, et reporter à 2014 l’objectif des 3%. La question sera formellement débattue en mai, après la publication des nouvelles prévisions européennes, et la présentation par la France de son programme de stabilité.

Le commissaire en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, a expliqué :  « Si nos prévisions de printemps montraient que l’ajustement budgétaire structurel dépassait 1% par an en moyenne sur la période 2010-2013 et si des événements économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures pour les finances publiques se produisaient (si cela ne s’appelle pas une langue de bois…), alors le pacte de stabilité et de croissance permettrait de repousser à 2014 l’échéance pour ramener le déficit public nettement en dessous de 3%. »

Dans ces conditions, le chômage va encore s’aggraver dans la zone euro, pronostique Bruxelles. Après 11,4% l’an dernier, il devrait atteindre 12,2% cette année et se stabiliser à 12,1% en 2014. Avec des pointes cette année à 27% en Grèce et 26,9% en Espagne, les deux pays les plus touchés par la crise – contre 5,7% en Allemagne et 4,5% en Autriche. Mais probablement au moins 11% en France.

« Attendez-vous donc à savoir » que le gouvernement français ne tardera pas à accentuer l’appauvrissement des particuliers en rognant sur les retraites, en baissant les salaires de la fonction publique (que l’on a soigneusement amadouée en supprimant le fameux jour de carence lors des arrêts maladie) et bien sûr en augmentant encore un peu plus la pression fiscale. Ils n’ont manifestement pas compris que ce racket et tous ces sacrifices désordonnés feront notre perte.

*  Non seulement il faut les encourager, mais…

il faut les aider à y rester !

 De nombreuses jeunes femmes Franco-marocaines (c’est-à-dire Marocaines par le droit du sang et Françaises par celui du sol), filles d’ouvriers marocains venus en France dans les années 60/70 pour travailler dans l’industrie, le bâtiment, ou encore le textile souhaitent retourner dans le pays de leurs parents. Un Maroc qu’elles pensent connaître parce qu’elles parlent arabe, qu’elles sont musulmanes et qu’elles y vont souvent en vacances.

Ces jeunes de la double culture représenteraient plus de la moitié des Français au Maroc (plus de 22 000 personnes) et, selon les organismes chargés de les accueillir, seraient de plus en plus nombreux.

Différentes raisons les motivent : la crise d’abord.. Même si tout n’y est pas rose économiquement, le Maroc c’est 4% de croissance par an. Ces jeunes femmes sont souvent diplômées mais au chômage et sont donc tentées d’aller voir au Maroc…si la misère n’est pas « plus belle au soleil ». Mais la quête des origines de leurs parents aussi. Beaucoup décrivent enfin le « désamour de la France à leur égard« . On se demande bien pourquoi.

Elles sont généralement très bien accueillies par les entreprises locales car elles maîtrisent les deux langues et les codes sociaux. L’Etat marocain voit dans cette démarche un retour de compétences et les aide à créer des entreprises.  Dans la société, c’est différent. On les appelle les  » zmigris  » (les  » immigrés « ), comme on appelait leurs parents en France. Elles  s’installent dans une société très traditionnelle, où il est encore de bon ton que la femme fasse profil bas, où elles ne peuvent pas vivre en concubinage, prendre une chambre d’hôtel avec leur compagnon. Parfois, c’est un véritable choc culturel. Mais elles s’accrochent et puis elles sont parait-il très respectueuses. Que ne l’étaient-elles dans leur seconde patrie ?

Le premier obstacle à franchir  est de convaincre les parents de les laisser partir !  Ils ont quitté leur pays pour profiter des multiples avantages sociaux offert par la France au temps des vaches grasses et ne comprennent pas encore très bien ce besoin de « retour« .

Nous, nous le comprenons et nous pensons même qu’il faut accompagner ces jeunes. Mais pas seulement des jeunes femmes et pas seulement vers le Maroc ! Elles (ils) sont l’avenir de leur pays.

*  On a gagné ! On a gagné !

Vous vous souvenez sans doute de notre protestation (notre article du 15 décembre 2012 « TROP, C’EST TROP. Le Conseil dans l’Espérance du Roi en appelle au Chef de l’Etat« ) lorsque les dirigeants quataris du club de foot ball du Paris-Saint-Germain exigèrent que le logotype du club abandonne le rappel héraldique de la ville de Saint-Germain-en-Laye, et en particulier la fleur de lys qui y figurait pour rappeler le roi Louis XIV (né à Saint-Germain).

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Nous fumes entendus et de nombreuses autres protestations se joignirent à la nôtre. Les dirigeants nous ont entendu et viennent de régler la question. Son président, Nasser Al-Khelaifi, a fait le choix de la continuité pour sa nouvelle identité. La nouvelle conception permet de hisser la marque au niveau des standards d’excellence de Paris, dans le respect de son histoire.

 

Le Paris Saint-Germain a choisi de capitaliser sur l’atout maître de la marque : Paris.

La ville lumière, icône incontestée dans le monde entier, constitue un levier exceptionnel pour propulser le Paris Saint-Germain parmi les plus grandes marques mondiales de sport. Aussi, dans ce nouveau logotype, le nom de Paris est clairement mis en avant, avec la Tour Eiffel eu cœur. A la base de celui-ci, le nom de Saint-Germain lui reste associé avec la fleur de lys de son roi.

Plus synthétique, plus immédiat, le logotype de la marque peut désormais résonner dans l’esprit des amateurs de football et de sport du monde entier.

La typographie est inspirée des grandes marques parisiennes, les couleurs sont rendues plus lumineuses et rehaussées d’une touche d’or, la Tour Eiffel devient le cœur battant du logotype mais elle est soutenue par une fleur de lys d’or sur champ d’azur.

Pour Nasser Al-Khelaifi, « l’évolution du logotype du Paris Saint-Germain marque une étape importante dans la mise en œuvre de notre ambition : faire du Paris Saint-Germain une des plus grandes marques mondiales de sport. »

Nous ne bouderons pas notre plaisir !

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

« Les Voies du Seigneur sont impénétrables »

La Soue à Cochon

Les Français savent-ils qu’ils l’ont échappé belle ? Car c’est ainsi, si l’on en croit la dernière biographe de Dominique Strauss-Kahn (DSK), qu’aurait pu se nommer le palais de l’Elysée, lieu où s’exerce le pouvoir suprême de la République française, sans l’intervention d’une modeste femme de chambre guinéenne de l’hôtel Sofitel de New-York, le 14 mai 2011. Au-delà du fait divers pornographique qui ne nous intéresse pas, il nous semble important de mesurer le degré d’abaissement du régime politique actuel de la France.

Certes, les récents occupants de la fonction suprême de la République n’ont pas brillé par leur rigueur morale. Mais il est probable que, dans le cas particulier, nous aurions atteint des sommets…libidineux. C’est en tout cas ce que laisse à penser les confessions de Marcela Iacub, juriste et spécialiste de la philosophie des mœurs, chroniqueuse à Libération, dans son dernier ouvrage intitulé « Belle et bête » (Stock-122 p.-13,5 euros) et dans lequel elle raconte sa liaison avec DSK dans le courant de l’année 2012.

Voici, très succinctement, ce qu’elle en dit. D’abord ceci, pour commencer:  » Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin (…) Et j’ai été folle de toi. » Puis cela, comme pour finir: « C’est parce que tu étais un porc que je suis tombée amoureuse de toi. Le porc a un rapport au présent que les humains n’ont guère (…) Tu aurais transformé l’Elysée en une géante boite échangiste (…). Très peu de gens savaient que ta femme avait fait de toi son caniche. Tu ne pouvais pas envisager de la quitter parce que cette vie de luxe là, c’était impossible d’y renoncer. Elle avait ce rêve d’être l’épouse d’un président. Tu as fait ce qu’elle voulait de toi. Ta vie à toi tu l’avais échangée contre de l’argent, des palais, des voitures (…). Il faudrait que le cochon, au lieu d’être ton inférieur, devienne ton maître. Ce jour là tu abandonneras tes prêches auprès des banquiers. Tu t’enfermeras pour écrire. Tu pourras enfin te débarrasser de toutes les entraves qui s’interposent entre ton désir et ton plaisir. » En d’autres termes, non, tout n’est pas bon dans le cochon !

Nous n’en livrerons pas davantage, tant les propos sont laids et cruels. Nous n’insisterons que sur ce que l’auteur pense être une sorte de dédoublement de la personnalité de son personnage, au travers de la métaphore du cochon, qu’ Eric Aeschimann (journaliste du Nouvel Observateur auquel Marcela Iacub s’est confiée) résume ainsi: « Le drame de Dominique Strauss-Kahn, n’aura pas été d’être trop cochon, mais de ne pas l’avoir été assez. D’avoir détesté la seule part de lui qui était vraie. » Marcela Iacub ne dit-elle pas d’ailleurs, dans le même entretien: « Je me sens obligée de sauver ceux qui sont honnis et méprisés. Le cochon, c’est la vie qui veut s’imposer sans aucune morale, le présent, le plaisir, la plus belle part de l’homme. Et en même temps, le cochon est un être dégueulasse, incapable d’aucune forme de morale, de parole, de sociabilité (…). On ne peut pas faire une société avec lui (…). Cet homme n’est pas un violeur, il n’est même pas méchant. Son problème est que son absence de sensibilité au regard des autres et de lui même le rendent très bête. Il est condamné à tout rater à cause de ce mépris envers autrui. Il est plus à plaindre qu’à haïr. » Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites.

Et on en vient à réaliser combien l’amour, l’amour des autres, l’amour de notre pays et de ses citoyens, tient peu de place dans l’engagement politique des hommes et des femmes de la République, aujourd’hui. Et combien le mépris leur tient lieu de morale. Si l’on accepte de faire abstraction du fait que certains ne sont que des malades, il faut bien constater que seul compte pour eux le pouvoir, qui corrompt, et l’argent, qui pourrit. Pour autant, le combat entre l’altruisme et l’hédonisme pervers est-il celui du pot de terre contre le pot de fer ( « Je me suis fait plaisir , entend-on. Un tel aveu, autrefois, aurait été indécent. Maintenant, il donne le ton » , nous dit Jean Sevilla dans son livre Moralement correct, Paris, Perrin, 2007) ? C’est à nous, chrétiens et royaliste, de répondre.

Mais on en vient aussi et finalement à songer que, peut-être, en envoyant Nafissatou Diallo sur le chemin de Dominique Strauss-Kahn, le Christ a voulu sauver une fois encore la France et les Francs du désastre. Souvenons-nous du 25 février 1429 et réfléchissons à ce signe.  « Les voies du Seigneur sont impénétrables » (Romains, 11, 33-36) et « ses instruments inconscients viennent se jeter dans nos jambes comme des roquets dans un jeu de quilles. »  (Louis Pergaud, La Chute, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921).

Le 22 février 2013.

Jean-Yves Pons.

Communiqué de Bernard Lugan sur la situation en Lybie (l’Afrique réelle).

14 Sep

Suite à notre récent communiqué relatif  à la situation en Libye, https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/09/12/lybie-mercredi-12-septembre-2012-11h45-printemps-arabe-les-fruits-auraient-passe-la-promesse-des-fleurs/nous relayons bien volontiers l’ analyse de Bernard Lugan sur le contexte ayant amené à l’assassinat, à Benghzi, de l’ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli. Il ouvre une intéressante réflexion géopolitique à laquelle le Conseil dans l’Espérance du Roi ne doit pas se soustraire

Acteur plus qu’actif du renversement de Mouammar Kadhafi, Christopher Stevens, en déplacement à Benghazi, a été pris au piège dans les locaux du consulat de son pays. Au-delà de ce meurtre et de son prétexte pseudo religieux, quelle analyse pouvons-nous faire de la situation en Libye?

Jusqu’à aujourd’hui, et à en croire les médias, la Libye était sur la voie de la normalisation : l’économie redémarrait avec la reprise des exportations de pétrole et de gaz et des institutions démocratiques se mettaient en place à la suite des élections législatives du 7 juillet 2012. Aveugles et sourds, les observateurs bêlèrent de bonheur quand ces dernières virent la défaite des fondamentalistes et la victoire de l’Alliance des forces nationales (AFN) vite baptisée « libérale ». 

Or, comme il fallait s’y attendre, ce calendrier démocratique très « européocentré » n’a évidemment pas permis de remettre le pays sur ses pieds et cela pour une simple raison qui est que la Libye n’existe plus.

Le colonel Kadhafi avait réussi, au prix d’une dictature sévère, à imposer la stabilité intérieure dans un pays aujourd’hui menacé d’une fragmentation régionale (Tripolitaine-Cyrénaïque-Fezzan) doublée de fractures  interrégionales et religieuses.

En  Tripolitaine deux grandes coalitions régionales s’opposent :

1) A l’Ouest, l’AFN de Mahmoud Jibril a pour cœur la fraction tripolitaine des Warfalla, sa tribu qui, à elle seule, totalise 30% de la population. Ses alliés et partenaires se recrutent à Zenten [1] et parmi les tribus de l’ouest, dont les Berbères du jebel Néfusa et de Gahryan.

2) A l’Est, la coalition islamo-Misrata est quant à elle puissamment soutenue par le Qatar. Le port de Misrata est aujourd’hui aux mains de ces milices gangsgtéro-fondamentalistes qui lynchèrent le colonel Kadhafi, tranchèrent les mains de son fils cadet avant de lui crever les yeux et de l’égorger. Ce furent ces « combattants de la liberté », ces « démocrates » chers à BHL, que le président Sarkozy ordonna aux commandos français de sauver quand les forces du colonel Kadhafi étaient sur le point de prendre la ville…Joli coup !

En Cyrénaïque, où le 6 mars 2012, Ahmed Zubaïr al-Senoussi a été élu émir par les chefs des tribus, deux grandes forces s’opposent, les fédéralistes et les islamistes.

L’irrédentisme de la Cyrénaïque est une donnée historique. Dans les années 1945-1950, quand l’ONU força la Grande-Bretagne, l’Italie et la France à accélérer le processus d’indépendance de la Libye,  les tribus de Cyrénaïque, réticentes à l’idée de la création d’un Etat libyen, n’acceptèrent l’union qu’à deux conditions :

1) Que le chef de la confrérie sénoussiste, Idriss en devienne le chef. Il régna sous le nom d’Idriss I° de 1951 à 1969.

2) Qu’une large autonomie soit reconnue à la Cyrénaïque.

En 1969, dès sa prise de pouvoir, Mouammar Kadhafi abolit la monarchie et imposa la domination de la Tripolitaine, ce que la Cyrénaïquen’accepta jamais. C’est pourquoi la guerre civile qui allait le renverser y commença.

Les islamistes qui ont soutenu la rébellion de la Cyrénaïque veulent maintenant « coiffer » les fédéralistes, mais ils ont en face d’eux d’autres musulmans. Un féroce combat oppose en effet les fondamentalistes qui n’ont pas de tradition locale aux membres des confréries soufies dont le poids régional est important. Le fief des islamistes radicaux est Derna où ils ont constitué un Emirat. Depuis plusieurs semaines, ils tentent de prendre le contrôle de Benghazi. L’attaque contre le consulat américain fait partie de leur stratégie

Qui va l’emporter ? Il est impossible de le dire. Actuellement les fondamentalistes de Cyrénaïque cherchent à s’appuyer sur les milices de Misrata lesquelles recherchent leur soutien contre celles de l’Ouest. Furieux de la défaite de ses protégés à Tripoli, le Qatar semble particulièrement actif dans cette opération.

La question qui se pose désormais est de savoir si la Libye peut survivre comme Etat. Peu à peu y apparaît en effet une situation de guerres régionales, tribales, claniques, religieuses ; comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement territorial, le pays étant alors découpé en « touches de piano » avec un port dans le prolongement des gisements d’hydrocarbures de l’intérieur.

Désormais, l’alternative est simple : soit les nouvelles autorités mettent un terme au chaos – mais comment ? – et reconstruisent l’Etat sous une forme ou sous une autre, soit la Libye demeure ingouvernable. Dans ce cas,  les islamistes pourraient alors jouer une carte maîtresse, celle du modèle religieux transcendant les divisions afin de les coaguler dans un tout commun, l’Oumma.

Ceux qui ont permis ce désastre avec ses prolongements dans toute la bande sahélienne (voir les numéros de l’Afrique Réelle consacrés à cette question), sont ceux qui ont décidé de s’immiscer dans la guerre civile libyenne, au premier rang desquels l’ancien président de la République française. Quant au malheureux ambassadeur américain, le moins que l’on puisse dire est que ses anciens protégés se sont montrés bien ingrats envers lui…

Bernard Lugan le 12/O9/12

http://bernardlugan.blogspot.fr/p/lafrique-reelle.html