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En mémoire de l’héraldiste Robert Louis; Armoiries du Gévaudan.

24 Mar

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https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10209008150501125&set=gm.1161895807161658&type=3&theater

Et aussi :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Louis

http://www.francegenweb.org/wiki/index.php?title=Robert_Louis

http://data.bnf.fr/11913461/robert_louis/

http://vexil.prov.free.fr/emblemes/armoiries_d%E9partementales_Robert_Louis.html

 

 

Des armoiries au logo de Vincennes (94300).

24 Fév

Il y a deux jours, Alain Texier, CJA, pointait du doigt l’absurde remplacement des armoiries de la ville de Verdun par un logo sans histoire et, évidemment, sans âme : (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/02/23/des-armoiries-au-logo-de-verdun-55100-de-la-perfection-au-neant/).

Il y a hélas d’autres exemples semblables mais il y en a aussi de moins critiquables. Nous pourrions citer la ville de Vincennes en ce qu’elle est particulièrement démonstrative d’une réflexion intéressante.

Les armoiries de Vincennes furent imaginées (car, chose étonnante, elle n’en possédait pas auparavant) par le grand héraldiste du XXe siècle Robert Louis, peu après la dernière guerre mondiale :

vincennes

Elles se blasonnent ainsi : « De gueules au château d’argent donjonné et crénelé, posé sur un chemin de ronde aussi crénelé, flanqué à dextre et à senestre d’une échauguette, le tout posé sur une risberme, d’argent maçonné et ajouré de sable, accompagné en pointe de trois boulets mal ordonnés aussi d’argent; au chef d’azur semé de fleurs de lys d’or. »

Le meuble principal du blason est la silhouette stylisée du château. Le semé de lis qui orne le chef du blason rappelle les armes de France que portait Saint-Louis. Les trois boulets évoquent le souvenir de l’héroïque défense du château par Daumesnil (Pierre Yrieix ) en 1814, et sont également le rappel de l’école d’application d’artillerie. Le bois de Vincennes est concrétisé par les deux branches de chêne qui soutiennent le blason. Le souvenir de Saint-Louis rendant la justice sous un chêne est évoqué par le sceptre et la main de justice qui figurent sur son sceau de Majesté.

La devise de la ville est : « Liliis Justitia Lapidibus Fama« , ce qui peut se traduire par : la justice par les lis, la renommée par les pierres. Cette devise fait allusion à la fois au blason et à l’histoire de Vincennes.

Lorsque la vogue des logotypes atteignit cette jolie ville historique, la municipalité crut bon de demander à une agence parisienne spécialisée de « repenser » son emblème dans l’esprit du temps présent ce qui donna lieu à quelques échanges vigoureux entre le maire de l’époque et les héraldistes locaux (dont votre serviteur). Finalement, une « sortie de crise » fut trouvée dans la forme suivante :

1/ les armoiries de Vincennes (bien que récentes) furent conservées pour tous les actes d’importance (elles figurent sur les documents officiels) ainsi que lors des manifestations historiques ou culturelles mais

2/ un logotype était accepté pour les usages courants à la condition qu’il garde un caractère héraldique en reprenant, sous une forme plus moderne, les éléments principaux des armoiries :

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Tout cela n’était sans doute pas nécessaire mais…permettait de « sauver les meubles » du blason !

Le 24 février 2016.

Jean-Yves Pons, CJA

Mélusine et les Lusignans; une histoire qui commençait bien, pourtant.

2 Mar

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Les grandes armes de la Marche ( Dessin Robert Louis)  se blasonnnent :
D’azur semé de fleurs-de-lys d’or,à la bande de gueules brochante, chargée de trois lionceaux passants d’argent.
Support : Mélusine tenant deux bannières armoriées de Lusignan.

« Société Vexillologique de l’Ouest :                                                     http://svowebmaster.free.fr/blason_marche.htm

Le 1er mars 1224, Geoffroy de Lusignan, comte de Jaffa et d’Ascalon, seigneur de Vouvant et Mervent, de Montcontour et de Soubise, troisième fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan, comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon, et frère de Guy de Lusignan, roi de Jérusalem et roi de Chypre s’éteint à l’âge de soixante-quatorze ans, un très bel âge. A offrir tant de garçons à leurs femmes, ces Lusignan assurent la continuité de leur illustre lignée poitevine de Croisés qui n’a pas fini de marquer l’histoire.

Parmi les fils de Geoffroy, le redoutable Geoffroy II semble avoir eu une vie plus qu’épique. Par convoitise pour l’opulente abbaye de Maillezais, il pille et incendie ce haut-lieu du Poitou créé par Emma d’Aquitaine. Après en avoir exterminé les moines parmi lesquels son frère, il est excommunié, et rejoint Rome implorer son pardon auprès du Pape en promettant de rebâtir l’abbaye.

Durant les guerres du Poitou, à l’instar de nombreux barons, il se range selon ses intérêts, soit du côté français soit du côté anglais. Fait prisonnier par les Plantagenêt, il obtient sa liberté en leur cédant ses châteaux de Vouvant et de Mervent. Plus tard il reconnait la suzeraineté de Louis IX et de son frère, Alphonse de Poitou, en laissant à disposition ses terres pour les nécessités de la guerre. C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans les livres d’histoire.

Car Jean d’Arras dans Mélusine ou la noble histoire des Lusignan en 1393 ou Couldrette dans Le Roman de Mélusine vers 1400, et bien d’autres après eux, racontent tout autre chose et donnent à Geoffroy II de Lusignan, dit Geoffroy la Grand’dent, une filiation bien plus mordante…

Il était une fée du nom de Persine qui vivait au royaume d’Albanie (Ecosse). Le roi Elinas chassait quand il l’aperçut à l’orée d’un bois s’abreuvant à une fontaine. Il succomba à sa grande beauté et la supplia de l’épouser. La belle dame accepta à la condition qu’il s’engage à ne pas la voir certains jours du mois. Trois filles au moins aussi ravissantes que leur mère naquirent de leurs amours. Mais un jour, poussé par les idées insidieuses du dauphin né d’un premier lit, Elinas trahit sa promesse. Persine s’obligea à l’exil et emmena ses trois filles, Mélusine, Mélior et Palestine, sur l’île fantastique d’Avalon où fut forgée l’épée d’Excalibur. Le temps passant chacune observait de loin avec mélancolie ou rancœur le royaume de leur mari et père. Un beau jour, pour venger leur mère, les trois sœurs décidèrent d’enfermer le Roi, mais ce geste extrême courrouça la bonne Persine qui pour les punir jeta une malédiction sur ses filles. Mélusine aurait le bas de son corps transformé en serpent chaque samedi, Mélior devrait vivre dans une tour avec un épervier, et Palestine serait enfermée jusqu’à ce qu’un preux chevalier capable de déjouer un dragon jaloux vienne la délivrer…

Mélusine dans son funeste sort avait au moins la liberté, aussi s’en alla-t-elle. Bravant la mer, arpentant vallées et montagnes, traversant bocages et collines, elle arriva dans la forêt de Colombier, en Poitou, où une source fraîche et limpide lui permit de se revivifier. Alors qu’elle s’adonnait avec volupté aux plaisirs de la baignade, un cheval s’arrêta à la fontaine de la Soif, laissant son cavalier sans voix. Raymondin de Lusignan était son nom. Il venait de tuer par mégarde son oncle, le comte de Poitiers, au cours d’une chasse au sanglier, et se laissait porter par le galop de sa monture rongé par le désespoir et les remords. La créature superbe et mystérieuse offrit sa main, gage d’un glorieux avenir pour le triste chevalier, sous réserve qu’il accepte de ne jamais la regarder le samedi. Coup de foudre ensorcelant entre un chevalier errant et une belle dame près d’une fontaine sur fond d’une promesse. Comme un air de déjà vu…

Raymondin promit et épousa Mélusine. Poussé par sa femme, il parvient à convaincre le seigneur du Poitou de lui céder un lopin de terre qu’une peau de cerf délimiterait. Ce dernier n’avait sans doute pas lu Virgile et ignorait que Mélusine ferait sien le stratagème que Didon avait utilisé avec Enée pour la fondation de Carthage*. Dans le secret de la nuit, châteaux, villes, forteresses, églises poussent comme par enchantement sous les mains habiles de la fée. Selon la légende, Lusignan, Parthenay, Vouvant, Mervent, Saint-Maixent, Ménigoute, Niort, La Rochelle et tant d’autres villes ou villages poitevins portent l’empreinte de la « Mère Lusigne ». La prédiction se réalise et la famille de Lusignan devient prospère et puissante avec une descendance garantie. Dix garçons naquirent de leurs amours ; Urian, Eudes, Guyon, Antoine, Renaud, Geoffroy, Fromont, Horrible, Thierry et Raymonnet. Tous furent vigoureux, seuls les deux derniers n’avaient pas de tare physique, trois furent rois, trois partirent aux Croisades. Parmi eux Geoffroy Grand’dent qui avait la bouche fendue par une dent de sanglier, et qui est selon Rabelais un ancêtre de son Pantagruel, ou plus précisément le « grand-père du beau cousin de la sœur ainée de la tante du gendre de l’oncle de la bru de sa belle-mère », Pantagruel, Chap II, livre V.

C’est un véritable conte de fée pour les Lusignan jusqu’à ce samedi. Ce samedi où le comte de Forez venu déjeuner à Lusignan s’étonne de ne point voir sa belle-sœur. Langue de serpent inspirée par la jalousie d’une réussite fraternelle trop fulgurante, le comte introduit un doute terrible dans l’esprit de Raymondin. Pour mettre un terme aux rumeurs perfides et lever le doute sur le secret sibyllin, le mari de la belle Mélusine rompt son serment et espionne sa femme par le trou de la serrure alors qu’elle prend son bain. Elle avait un « corps féminin jusques aux boursavits, et le reste en bas étoit andouille serpentine, ou bien serpent andouillique », rapporte François Rabelais dans Le Quart Livre, 1552.

Brisée par la douleur, Mélusine doit quitter le monde des mortels et se jette du château de Lusignan déchirant le silence d’un cri perçant. Raymondin dévoré par le chagrin termine sa vie comme ermite au monastère de Montserrat. La belle fée, dit-on, revient la nuit caresser ses enfants et apparaît avant la mort des êtres qu’elle a tant aimés. Mythe littéraire fondateur d’une grande famille, fée cosmique et chevalier aventureux, fontaine de vie et interdit, Eros et Thanatos, promesse trahie et repentance, l’esprit de Mélusine, la fée bâtisseuse et nourricière, aimante et fidèle, continue de planer sur ses terres tandis que Rabelais ou Goethe, Apollinaire ou Nerval se font l’écho d’une histoire aussi merveilleuse que tragique…

Albane de Maigret

http://www.bottin-mondain.fr/chronique-hebdo/n/Lettre-du-1er-mars-%253A-La-f%25C3%25A9e-M%25C3%25A9lusine-ou-la-l%25C3%25A9gende-des-Lusignan_102/

Le château de Vincennes (94300)

16 Jan

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Château_de_Vincennes_Paris_FRA_002.jpg

  Le simple pavillon de chasse, aménagé par Louis VII vers 1150 dans la foret de Vincennes, devint une résidence Royale ( manoir de villégiature ) en 1180 sous le règne de Philippe Auguste. Saint Louis achève la Sainte- Chapelle du Palais de la Cité et partira du manoir Royal pour une croisade dont il ne revint pas. Il est réaménagé au XIVe siècle principalement par Charles V. Au milieu du Moyen- Age, Vincennes fut plus qu’ une forteresse militaire:
Philippe III ( en 1274 ) et Philippe IV de France ( en 1284 ) s’ y marièrent et trois Rois du XIVe siècle y moururent :

Louis X ( 1316 ), Philippe V ( 1322 ) et Charles IV ( 1328 ). Vers 1337, Philippe VI de Valois décida de fortifier le site en construisant un donjon à l’ ouest du manoir. Charles V naquit dans cette forteresse, en fit sa résidence, le siège de son gouvernement et de sa haute administration. Il fit effectuer les travaux décidés par Philippe VI, y ajoutant par la suite l’ enceinte monumentale avec ses portes et ses tours. Le donjon et son enceinte furent achevés en 1371, et la muraille avec son chemin de ronde, ceintrant donjon, manoir, Sainte- Chapelle et batiments résidentiels, est achevée en 1380. 

…  Article complet  grâce au lien ci-dessous

http://louisxx.over-blog.com/article-le-chateau-de-vincennes-113836865.html

armoiries de Vincennes (créées et dessinées par Robert Louis):de gueules au château donjonné et crénelé posé sur un chemin de ronde aussi crénelé, bordé à dextre et à senestre d’une échauguette, le tout posé sur une risberme d’argent, maçonné et ajouré de sable, accompagné en pointe de trois boulets également d’argent mal ordonnés, au chef d’azur semé de fleurs de lis d’or.