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Saint Thomas d’Aquin à propos de Mahomet. En fait de vérités, il n’en a avancé que de faciles à saisir par n’importe quel esprit médiocrement ouvert.

20 Août

Voici le texte même de Saint Thomas d’Aquin dans la Somme contre les Gentils.

LIVRE PREMIER: DE DEO UNO Chap. 6: CE N’EST PAS LÉGÈRETÉ QUE DE DONNER SON ASSENTIMENT AUX CHOSES DE LA FOI, BIEN QU’ELLES DÉPASSENT LA RAISON
[…]

Cette si admirable conversion du monde à la foi du Christ est une preuve très certaine en faveur des miracles anciens, telle qu’il n’est pas nécessaire de les voir se renouveler, puisqu’ils transparaissent avec évidence dans leurs effets. Ce serait certes un miracle plus étonnant que tous les autres que le monde ait été appelé, sans signes dignes d’admiration, par des hommes simples et de basse naissance, à croire des vérités si hautes, à faire des œuvres si difficiles, à espérer des biens si élevés. Encore que Dieu, même de nos jours, ne cesse de confirmer notre foi par les miracles de ses saints.

Les fondateurs de sectes ont procédé de manière inverse. C’est le cas évidemment de Mahomet qui a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair. Lâchant la bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement. 

En fait de vérités, il n’en a avancé que de faciles à saisir par n’importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines des plus fausses. Il n’a pas apporté de preuves surnaturelles, les seules à témoigner comme il convient en faveur de l’inspiration divine, quand une œuvre visible qui ne peut être que l’œuvre de Dieu prouve que le docteur de vérité est invisiblement inspiré. Il a prétendu au contraire qu’il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font point défaut aux brigands et aux tyrans. D’ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complétement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l’aida, par la violence des armes, à imposer sa loi à d’autres peuples. Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur; bien au contraire il déforme les enseignements de l’Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c’est évident pour qui étudie sa loi. Aussi bien, par une mesure pleine d’astuces, il interdit à ses disciples de lire les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament qui pourraient le convaincre de fausseté. C’est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole, croient à la légère.

 

https://www.stageirites.fr/2015/05/mahomet-prechait-a-des-imbeciles-et-le-savait-bien-dapres-saint-thomas-daquin/

Commentaire de saint Thomas d’Aquin du traité des métaphysiques d’Aristote .Traduction par Serge Pronovost, 2016.

8 Mar

Commentaire de saint Thomas d’Aquin du traité des métaphysiques d’Aristote

Traduction par Serge Pronovost, 2016

Traduction complète pour la première fois

Édition numérique, http://docteurangelique.free.fr juin 2016

PROÈME DE SAINT THOMAS ─ Dans lequel il montre que la science la plus universelle de toutes porte sur les intelligibles les plus universels, et à partir de là il conclut qu’on lui attribue à juste titre trois noms, à savoir ceux de théologie, de métaphysique et de philosophie première.

LIVRE I ─ De la nature et de la perfection de cette science divine qu’on appelle sagesse. On rapporte et on réfute les opinions des anciens philosophes sur les causes et les principes des choses.

LIVRE II ─ Comment l’homme se rapporte à la considération de la vérité. La connaissance de la vérité appartient en premier lieu à la philosophie première. Il n’est pas permis de procéder à l’infini dans les causes. Sur la manière de considérer la vérité.

LIVRE III ─ De la manière de rechercher la vérité et des difficultés qu’il faut résoudre dans cette science sur les genres de causes, les substances, les principes des choses et à quelle science il appartient de résoudre ces difficultés.

LIVRE IV ─ Des choses dont la considération appartient à la métaphysique, à savoir l’être, l’un et le multiple, le même et le différent et les premiers principes de la démonstration.

LIVRE V ─ Distinction des intentions ou des significations des noms dont toutes les sciences se servent, et des choses signifiées par ces noms.

LIVRE VI ─ Du mode de traiter de l’être qui convient à la philosophie première et des sens qui sont habituellement attribués à l’être mais qui n’appartiennent pas à l’étude de cette science

LIVRE VII ─ On traite ici de l’essence des substances sensibles au moyen de raisons logiques et communes.

LIVRE VIII ─ Sur mes principes des substances sensibles, à savoir la matière et la forme, ainsi que sur l’union qu’on retrouve entre les deux.

LIVRE IX ─ De la puissance et de l’acte et du rapport de l’acte à la puissance.

LIVRE X ─ De l’un et de ce qui découle de l’un.

LIVRE XI ─ Il prépare la voie à la connaissance des substances séparées en rappelant certaines choses qui ont été traitées tant dans les chapitres précédents que dans le Livre des Physiques et qui sont utiles pour parvenir à la connaissance de telles substances.

LIVRE XII ─ De la substance sensible, de la substance immobile et de la bonté universelle.

Prologue de Serge Pronovost, Traducteur

De moi-même, je n’aurais jamais entrepris de traduire le commentaire de Saint Thomas sur le traité des Métaphysiques d’Aristote : premièrement, c’est là une œuvre immense; deuxièmement, le contenu comporte de nombreuses difficultés. C’est suite aux suggestions insistantes d’Arnaud Dumouch, du Projet Docteur Angélique, que j’ai décidé de me lancer dans cette entreprise. Plus d’un an plus tard de travail à temps plein, je l’en remercie : ce travail m’a permis d’apprécier plus pleinement la richesse de pensée du Philosophe d’une part, l’acuité d’analyse et la pédagogie du saint Docteur d’autre part.

La seule présentation des principales divisions de l’œuvre constitue déjà en elle-même un défi. J’invite le lecteur à examiner l’introduction de l’éditeur du commentaire latin de Saint Thomas sur les Métaphysiques (Marietti 1964). Sans entrer dans tous les détails, puisqu’il s’agit là d’un résumé, cette introduction rend une image fidèle de l’architecture de l’ouvrage et par conséquent de la finalité à laquelle elle est ordonnée.

La lecture du commentaire de Saint Thomas sur les Métaphysiques d’Aristote n’est certes pas facile, mais elle est enrichissante sous plusieurs rapports : le lecteur trouvera amplement de quoi nourrir son intelligence, par exemple par l’examen de la doctrine du mot analogue, celui des rapports du nécessaire au contingent, de l’acte à la puissance, de la substance à l’accident, de l’essentiel à l’accidentel, etc. Le lecteur aura aussi l’occasion d’avoir sous les yeux une illustration très éclairante de deux procédés utilisés par Aristote et saint Thomas dans leurs traités : le procédé dialectique d’abord (livre III), puis le raisonnement démonstratif (livre IV).

L’importance de cette œuvre est considérable. Avant tout, elle rétablit la capacité réelle pour l’homme de connaître la vérité en manifestant la validité de la connaissance sensible et la fermeté absolue du tout premier principe de la démonstration : il est impossible que le même attribut appartienne et n’appartienne pas simultanément au même sujet sous le même rapport. Il est possible de dire mais non de penser que la même chose soit et ne soit pas simultanément. Autrement, cela supposerait que les contraires appartiennent simultanément au même sujet. Si on nie ce principe en effet, tout sera simultanément vrai ou tout sera simultanément faux. Mais si tout énoncé est faux, ce même énoncé doit nécessairement l’être aussi. Par ailleurs, si tout énoncé est également vrai, l’énoncé qui le nie sera lui aussi vrai. Donc ces deux énoncés, qui découlent nécessairement de la négation du principe de contradiction, se détruisant eux-mêmes, manifestent le néant de cette négation elle-même.

   Si Aristote prend la peine de défendre la validité de la connaissance sensible et le caractère nécessaire du tout premier principe de la démonstration, c’est que ces deux pôles de la connaissance humaine étaient contestés à son époque. Ils ne le sont pas moins par la philosophie moderne et contemporaine, au sein même de nos universités où, par crainte de passer pour dogmatique si on affirme un énoncé comme absolu ou nécessaire, on en vient à affirmer que tout est relatif, faisant du relativisme le seul absolu. Comme la pollution universellement répandue sur notre planète, cette pensée unique semble occuper toute la sphère de nos élites intellectuelles et même celle des hommes ordinaires. Le ¨tout est relatif¨ semble avoir été adopté comme la vérité la plus évidente, comme le sommet de la sagesse, parce qu’on aime bien croire au fond, comme Protagoras et bien d’autres, que ¨l’homme est la mesure de toute chose¨.

C’est pourquoi Aristote, voyant l’étendue de la maladie, s’applique méthodiquement à manifester l’inanité de cette sagesse apparente (livre IV, leçon 12, n. 680.) : ¨Ce qui résulte de ces doctrines est la pire des conséquences. Car si ceux qui auront le plus contemplé la vérité dans la mesure où cela est possible à l’homme, c’est-à-dire les philosophes que nous venons d’examiner, et qui sont aussi ceux qui ont le plus recherché et aimé la vérité, en sont arrivés à proférer de telles opinions et de tels énoncés sur la vérité, comment ne serait-il pas juste que ces philosophes s’affligent de ce que leurs méditations soient vaines si la vérité ne peut être découverte? ¨ Une autre version nous dit : ¨Comment n’est-il pas juste d’abandonner et de repousser ceux qui entreprennent de philosopher.¨ C’est-à-dire, comment ne serait-il pas juste que l’homme ne s’attache pas à ceux qui veulent s’adonner à la philosophie et qu’il finisse plutôt par les mépriser. Car si l’homme ne peut rien savoir de vrai sur la vérité, rechercher la vérité se ramène à rechercher ce qui est inaccessible à l’homme, tout comme celui qui poursuit les oiseaux qui fuient à son approche. Ces derniers s’éloignent d’autant plus de lui qu’il les poursuit davantage.¨

Il faut qu’il y ait du nécessaire dans la connaissance et au premier titre dans les premiers principes de la démonstration, autrement il faudrait remonter à l’infini dans les principes pour prouver une conclusion; ainsi, jamais une conclusion ne pourrait trouver une assise inébranlable. Et s’il y a du premier et du nécessaire dans la connaissance, c’est parce qu’il y a du nécessaire et du premier dans l’être. Rien d’étonnant à cela puisque notre intelligence est elle-même une forme d’être. Et la métaphysique est la recherche des tout premiers principes de l’être en tant qu’être et non de l’être en tant que mobile ou en tant que possédant une quantité.

L’être mobile est un composé de puissance et d’acte, de matière et de forme. Mais aucun être naturel n’est un être parfaitement autonome. Au départ, il existe en puissance et il ne peut arriver à exister en acte que par l’intervention d’un agent qui existe déjà en acte. Le bois ne devient pas statue de lui-même, ni la semence un animal. L’antériorité actuelle de l’artiste et de l’animal adulte est nécessaire. Mais on ne peut remonter à l’infini dans les causes et les principes de l’être comme on ne peut le faire pour les principes de la démonstration. Le devenir est un chemin vers l’être : il doit lui-même avoir un principe premier qui ne tire pas son origine du devenir. Si tout principe du devenir était lui-même un composé de puissance et d’acte, il devrait être causé par un autre tel principe et aucun ne pourrait être premier car il serait dépendant d’un autre pour être conduit à l’existence, et cela à l’infini.

Il faut donc que le tout premier principe d’être soit l’Être lui-même, c’est-à-dire Celui qui est Acte pur, qui n’a en Lui aucune puissance; autrement, il aurait besoin d’un autre pour exister ou pour ne pas exister et ainsi il ne serait plus premier. Non! Il est l’Être lui-même, Celui qui ne peut pas ne pas exister. Il est Celui qui ne dépend d’aucun autre et dont tous les autres dépendent pour exister. Il est l’Être nécessaire, nous sommes des êtres contingents. Son existence n’est donc pas assujettie au devenir, puisque le devenir est un passage d’une puissance à un acte, le mode d’être de la contingence. Et il n’est pas matériel, puisque toute matière est en puissance à un changement, à un devenir.

Mais pour tout être, l’acte est une perfection et le devenir est un acheminement vers cette perfection. En ce sens, le devenir n’a pas d’autre finalité que la réalisation d’un acte pour lequel le sujet est encore en puissance. Mais le principe premier de tout être n’a pas besoin d’un devenir : il est Acte pur de toute éternité car s’il avait un commencement, il aurait encore une fois besoin d’une cause pour le faire passer de la puissance à l’acte et ne serait pas premier. Cet Acte pur est la perfection de l’être et forcément celui dont l’être même est son opération, celle de cet Esprit qui est la Première Intelligence qui, se saisissant Elle-même, saisit tout le reste car tout le reste vient d’Elle : autrement il serait en puissance à cette opération. Il est l’accomplissement même de l’être dans sa plénitude. Il ne manque rien à sa perfection, il n’y a rien qu’il puisse désirer car le désir est le signe d’un manque, d’une puissance.

Or, nous voyons bien que pour nous qui sommes perfectibles et non perfection, l’atteinte de la moindre perfection est cause de plaisir; l’atteinte d’une grande perfection est cause de joie. Or l’Acte pur est la perfection à laquelle il ne manque rien de toute éternité. Cet Acte, qu’on appelle Dieu, est donc le Bien dans sa totalité et la jouissance de ce Bien dans sa totalité. Dieu est Joie! Donc, aucune petitesse, aucune mesquinerie, aucune faiblesse dans cet Acte pur, car toute faiblesse est le signe certain d’une puissance. Voir Dieu comme étant mesquin, tyrannique, despotique et vengeur, c’est le voir à notre image, non pas selon le mode de la raison, mais selon celui de l’imagination, c’est-à-dire selon les limites de notre fragilité, de notre contingence.

Dieu est le premier Moteur, celui qui meut tout sans être mû Lui-même. Il meut comme le premier Intelligible, dans la mesure où une autre intelligence peut le saisir, et comme ce qui est désirable par-dessus tout, car il est le Bien ultime, par ce qui est doté de volonté. Il meut en quelque sorte à la manière dont nous sommes mus par la fin qui nous attire à elle. Dieu est le Bien absolu qui attire tout à Lui. Tout vient de Lui, tout est fait pour Lui. Il est l’Être; nous avons de l’être et l’être que nous avons, nous le tenons de Lui. Tout notre être n’a donc de sens que pour Lui. Il est le Bien dans sa plénitude et ce n’est qu’en Lui que nous pouvons trouver notre bonheur. À ce titre, notons deux choses qui font intimement partie de notre expérience interne commune. D’une part nous cherchons tous le bonheur avec inquiétude, toujours à l’affût du bien qui pourrait nous combler : personnes, activités, biens matériels. D’autre part nous constatons tous que rien de cela ne peut nous remplir tout à fait. Bien plus, la plupart des choses finissent par nous apparaître dans toute leur finitude, pour ne pas dire futilité dans certains cas. Il reste toujours un vide immense, un manque, une souffrance de vivre que rien de fini ne peut guérir. L’éphémère et le fini, pourrait-on même le varier et le multiplier à l’infini, sont impuissants à nous donner la Joie.

À ce titre notre civilisation du divertissement, de ¨l’entertaining¨ est révélatrice du vide de l’humanité contemporaine. Il faut que les médias, toujours, aient un nouvel objet à nous présenter pour nous sortir de l’ennui, signe du vide. Ce phénomène montre bien que nous avons besoin d’un aliment plus substantiel : cette faim que nous éprouvons plus ou moins nettement, c’est une faim d’Absolu, cet Absolu dont nous sommes distraits par des ¨bébelles¨ dont nous nous lassons si rapidement et qui nous laissent toujours plus déçus. Cette déception à l’égard de l’éphémère nous rappelle que nous sommes faits par Dieu et pour Lui et qu’à travers les biens apparents et les biens partiels, c’est Lui au fond que nous recherchons car ce que nous désirons vraiment, c’est être parfaitement heureux, toujours.

Mais une image peut être utile sous certains rapports déterminés. Ainsi, le rapport du nécessaire au contingent est un peu comme celui de la montagne à la forêt qui pousse dessus, ou comme celui du soleil aux vivants qui s’en nourrissent. La montagne et le soleil peuvent exister sans le reste, mais le reste ne peut exister sans eux. Ils sont antérieurs, ils sont premiers par rapport au reste. Au contraire, le bien du reste dépend d’eux. Les vivants ne peuvent atteindre leur maturité et leur perfection sans le soleil et la forêt ne peut atteindre sa maturité sans s’appuyer sur la stabilité de la montagne sur laquelle elle étend ses racines pour pouvoir s’élever.

L’existence même du relatif suppose celle de l’absolu, comme celle du contingent suppose celle du nécessaire. Le ¨tout est relatif¨ est un non-sens puisque le relatif, coupé de l’absolu et laissé à lui-même, est voué au néant. En voulant nier l’absolu, on cherche à présenter le relatif comme le seul absolu. Platon dirait, à sa façon, que nous prenons l’ombre pour la réalité. C’est que nous cherchons, tout comme Protagoras, à nous faire Dieu puisque nous nous posons comme ¨la mesure de toute chose¨.

À la toute fin des Métaphysiques, au livre XII, Saint Thomas, commentant Aristote, explique au moyen de l’exemple de l’armée qu’il y a deux sortes de biens dans les choses. Il y a d’abord un bien intérieur : celui de l’ordre de l’armée par lequel chacune de ses parties est ainsi disposée par rapport aux autres suivant la forme de l’armée conçue par son chef. Mais il y a un bien extérieur à l’armée elle-même et qui réside dans son chef qui lui a fait acquérir cette forme en vue de parvenir à la victoire. La forme de l’armée est un bien qui est ordonné à un bien supérieur : la victoire.

Il en est ainsi pour toute chose produite par l’art : l’ordre que je constate dans cette poterie, dû à sa forme, est un bien puisque c’est la fin de son travail de fabrication. Mais cette forme est elle-même destinée à un usage. Et c’est même cet usage qui est premier dans l’intention de l’artiste et qui commande la forme qui, prise en elle-même, n’est qu’un moyen qui conduit à la fin ultime. La poterie n’existe pas pour elle-même : elle est relative à un usage, à un besoin, tout comme l’armée n’existe pas pour elle-même mais pour assurer la victoire, pour maintenir la paix ou pour assurer la défense du pays. La poterie, tout comme l’armée, existe en vue de celui qui lui a donné sa forme. L’armée existe pour la gloire du chef dont elle participe. De même la poterie existe pour la vie de l’artiste dont elle participe en quelque sorte. Toute chose trouve son accomplissement et sa joie dans l’opération pour laquelle elle est faite. Si la poterie était vivante, elle serait heureuse de servir la fin pour laquelle elle a été créée.

Il en est de même pour les choses naturelles. À partir d’une semence, la nature vise à produire une forme animale, un insecte comme l’abeille par exemple. Cette forme est la fin de ce devenir qu’est la génération, mais cette forme elle-même, qui est un bien, est ordonnée à une finalité : la nature en effet a donné cette forme à l’abeille pour qu’elle remplisse une mission spécifique dans la nature qui sert à l’harmonie globale de la terre et de l’univers. L’univers dans son ensemble est un tout ordonné et merveilleux dans sa beauté. Tout comme une œuvre d’art, il peut être examiné soit quant à l’ordre et à la forme qu’il possède en lui-même et qui est un bien. Ce bien suffit déjà à produire en nous une joie. Mais il peut aussi être regardé comme le signe d’une intention, tout comme la forme du couteau est le signe de l’intention de celui qui l’a fait : couper; comme l’armée est le signe de l’intention pour laquelle elle a été créée : la victoire, la paix ou l’ordre dans la cité.

Vue de cette manière, la connaissance de l’œuvre conduit nécessairement à la connaissance de l’artiste, celle du physique à celle du ¨métaphysique¨ ou de l’artiste divin. La connaissance de l’œuvre artificielle, une coupe ou une automobile, nous dit l’intention de celui qui les a faites. De même, l’examen de l’Univers doit nous dire l’intention de l’artiste divin. Or, le moindre regard sur la nature nous manifeste une harmonie universelle, une beauté qui  en elle-même nous dépasse et tient du sublime parce qu’elle vient de cet Être premier, de cette Intelligence première qui est Beauté et Sublime. Cette harmonie de l’univers est un bien en elle-même et l’admiration qu’elle suscite en nous est le chemin qui conduit au Bien en soi. Le bien de l’univers est l’expression de la Bienveillance. Puisque ce bien est aimable, comment la Bienveillance elle-même ne le serait-elle pas davantage?

Le bien de l’univers n’est pas la Bienveillance; elle n’en est même pas une production univoque à la manière d’une génération comme le cheval engendre un cheval. L’univers a été produit par la Bienveillance : non à la manière d’un engendrement, mais à la manière d’une création, comme l’artiste crée la statue : la statue n’est pas de même nature que l’artiste, mais elle est à sa ressemblance en quelque sorte; néanmoins la statue n’est pas une production purement équivoque, sans rapport à l’artiste : elle lui ressemble en ceci qu’elle correspond à son intention : en ce sens la statue est comme un analogue de l’artiste. Il en est de même pour l’univers : il est une création de Dieu, un analogue qui est l’expression de son intention, de sa volonté. Tout comme le musicien, en créant sa symphonie, veut transmettre et communiquer un sentiment, de même Dieu, en créant l’univers, veut communiquer son intention : inviter, appeler l’univers et chacun des êtres qui le constitue à participer, dans la mesure de sa nature propre, à participer à sa Bienveillance, à sa Joie.

Cet appel s’adresse d’une manière particulière à l’être humain. Ce dernier y répond déjà d’une manière limitée et à de brefs et trop rares moments lorsque, se retirant des préoccupations pratiques de son existence, il s’abandonne à cette paix qu’il éprouve à contempler l’ordre et la beauté de la nature. Ces brefs instants de bonheur sont déjà un début de louange au Créateur, comme un appel à une Joie parfaite et durable, la Joie de contempler la Beauté elle-même qui est la Source de la beauté de l’univers. Il est naturel à la raison de chercher à comprendre, de rechercher les causes, et elle ne peut être pleinement satisfaite si elle ne parvient pas à la Cause première, à l’Être en tant qu’être qui est le principe de tous les autres êtres.

L’être humain, libre, se trouve donc devant un choix : soit Dieu existe, soit il n’existe pas. À mon avis, si la volonté se laisse quelque peu éclairer par la raison, devant l’évidence de l’ordre sublime de l’Univers, il faut nécessairement conclure que Dieu existe. Néanmoins, la volonté peut refuser cet éclairage et ne pas emprunter le sentier de la nature qui conduit à Dieu. La volonté humaine peut chercher à apposer sur sa tête le diadème de Dieu et à crier que si Dieu existait, ce ne serait plus l’homme qui serait Dieu. Plutôt que de participer de la Bonté de Dieu, l’homme veut se faire Dieu. La fable de Lafontaine illustre bien ce démon qui habite le cœur de l’être humain : la grenouille, voulant se faire aussi grosse que le bœuf, éclate.

L’histoire moderne et contemporaine de notre monde illustre encore davantage l’éclatement d’une humanité qui se prend pour Dieu et présentement les signes se multiplient qui suscitent comme une désespérance croissante d’un bonheur futur pour une humanité qui ne se laisse gouverner que par la tyrannie de ses fantaisies, toujours plus asservie à la cohorte des esclavages qu’elle s’est créés au nom de la liberté. L’humanité peine à s’incliner devant le seul vrai Dieu, devant la Bonté et la Source de toute vie, mais elle s’agenouille et se couche aisément devant l’arbitraire, pour ne pas dire l’aberration de ses appétits toujours plus dévorants et destructeurs.

 

Serge Pronovost,

À Neuville au Québec,

Ce 29 Juin 2016.

http://docteurangelique.free.fr/bibliotheque/philosophie/commentairemetaphysique.htm

Lu sur Médias – Presse – Info :  » Macron : quel royalisme ? « 

8 Août

Sous la plume de Patrick Malvezin, cette intéressante (et même pertinente dans sa conclusion) analyse des récents propos de notre ministre socialiste de l’Economie qui proclamait il y a quelques semaines : « Il manque un roi à la France !« 

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Les réactions aux propos « royalistes » du ministre de l’économie, il y aura bientôt un mois, n’ont pas été moins surprenantes que les propos eux-mêmes.

L’affaire aurait pu être énorme : que le ministre le plus important du gouvernement Valls, jeune, modernissime, sorti d’une brillante carrière bancaire, et conseillé favori du moi-président, fasse sienne une analyse qu’un monarchiste ne renierait pas, aurait dû provoquer un concert d’indignations primaires, et en contrepoint, des interrogations.

Un vulgaire ministre socialiste aurait été sommé par son parti de s’expliquer, de démentir, et de s’excuser, avant d’être expulsé du gouvernement, lequel a décrété que toute mise en question des valeurs républicaines dans leur absolue pureté idéologique contradictoire, engendre ipso-facto l’exclusion de la communauté politique nationale, et s’identifie quasiment au terrorisme et au nazisme. Toute évocation positive d’un élément (et quel élément !) de l’Ancien régime n’entre-t-il pas dans cette catégorie ?

La « vraie gauche » révolutionnaire intégriste ne pouvait que crier à la trahison si éminemment avouée.
A droite, les républicains auto-proclamés se devaient d’exploiter l’incartade tout en s’en démarquant nécessairement.
Le nouveau FN, obsédé de donner des gages et d’expulser de son sein tout ombre réactionnaire, devait faire la même chose.
Les royalistes résiduels patentés auraient enfin pu s’en étonner, voire même s’en servir et s’en réjouir.

Rien de tout cela : aucune Mélenchonade, quelques commentaires de journalistes agacés, moqueurs. D’autres ont relativisé ce qui, selon eux, n’était au fond qu’un petit passage au sein de l’évocation d’une formation philosophique personnelle tellement plus intéressante, puis plus rien. Sidération ? silence gêné ou conspiration du même effet ?

Deux questions s’imposent à nous : pourquoi ce rapide refoulement généralisé ? et en amont, pourquoi ces propos ? Au vu du personnage, l’hypothèse, de l’inconscience ou de la naïveté est invraisemblable.
La seule chance d’espérer des réponses nous semble être dans l’exploration du propos lui-même : d’abord ce qui nous y apparaît le plus sûr, puis le plus douteux, et enfin le plus absent.

Dans la première catégorie se trouve l’affirmation de l’absence du roi, depuis sa mise à mort, forme de « l’incomplétude démocratique » en France. Cette considération a évidemment été comprise de travers par les jacobins obtus et ringards, comme un nouvel avatar d’une nostalgie française qu’ils démentent triomphalement par de grossiers sondages, reflets de la propagande avalée par les masses depuis l’école. Le coupable n’a pourtant pas dit que « le peuple regrette » mais que « le peuple français n’a pas voulu » cette mort, ce qui, si on ne réduit pas ce peuple à la populace sans culotte parisienne surexcitée, est une pure évidence historique.

En réalité ce constat d’absence est plus systémique, et si Emmanuel Macron, comme il le dit, s’est autrefois spécialisé en philosophie politique et s’est particulièrement nourri au réalisme aristotélicien, il ne peut ignorer que, considérant dans La Politique les gouvernements des cités réelles, Aristote constate que les meilleurs d’entre eux, du point de vue du Bien commun, sont ceux qui mixent les « trois espèces de Constitutions » plus exactement nommées dans l’Ethique à Nicomaque : Royauté, Aristocratie, et République, laquelle est le gouvernement des citoyens libres et égaux devant la loi. Cela, dans les proportions qui conviennent selon l’état de la cité dirigée. Si la meilleure Constitution est la première des trois « le Roi (…) n’ayant besoin de rien de plus qu’il n’a, n’aura pas en vue ses propres intérêts », sa déviation, la Tyrannie, est naturellement la pire, devant l’Oligarchie pour l’Aristocratie, et devant la Démocratie qui « n’est qu’une légère déviation de la forme du gouvernement républicain » (Aristote parle ici d’une Démocratie réelle et non de l’imitation que nous en connaissons qui masque le plus souvent une oligarchie et, au besoin, une tyrannie). La mixité des trois formes, si elle respecte les réalités de la cité concernée, lui apporte, dans les proportions qui lui conviennent les qualités des trois, en la préservant de leurs déviations. Via saint Thomas d’Aquin, cette conception se retrouvera dans notre Ancien Régime. Le fringant ministre ne s’aventure pourtant pas si loin, se contentant de revenir à des réflexions moins explicites, prolongeant celles de Paul Ricoeur dont il fut l’assistant, sur la « demande permanente de délibération » horizontale et le défaut de « rapports plus verticaux nécessaires à la décision », sans en tirer de conclusion.

Mais l’absence majeure dans son analyse, est le mode de désignation du Roi manquant. Notre ministre philosophe ne s’y risque pas. Ce serait fatalement s’installer dans un royalisme quasi maurrassien qui ne lui conviendrait pas au teint. En évoquant pourtant les « moments napoléonien et gaulliste », tentatives pour « réinvestir ce vide », il souligne implicitement leur échec à le faire durablement, et par là même, celui de toutes les autres tentatives et postures présidentielles. Par conséquent, l’hypothèse dynastique qu’il n’évoque pas, est incontournable pour assurer l’indépendance royale dans la décision, qui, selon Aristote, engendre sa supériorité politique. La solution du monarque officiellement potiche à l’anglaise n’est bien sûr pas évoquée, ne répondant pas au problème posé.

Supposer, comme certains l’ont fait, qu’en soulignant le déficit de verticalité il voudrait seulement justifier, au service de l’oligarchie, un autoritarisme gouvernemental et le mépris de la bureaucratie européenne pour le consentement populaire, ou imaginer une manoeuvre machiavélique tarabiscotée pour pointer la faiblesse du moi-président-normal qui l’a pourtant fait ministre, dans l’objectif de le remplacer par lui-même ou par Manuel Valls, ne nous semble pas à la mesure de la réflexion amorcée. L’idée qu’il se verrait roi, équivaut à le prendre pour l’imbécile qu’il n’est pas.

Conjecturer enfin, dans un complotisme extrême, qu’il veut nous préparer un roi du monde et du peuple élu, illuminati siégeant bientôt à Jérusalem, nous semble manquer quelque peu de fondements indubitables.

La possibilité d’un retour occasionnel à une réflexion sincère quoiqu’incomplète, ne nous paraît donc pas à écarter, en dépit du décalage de celle-ci avec les activités et les décisions politiques et bancaires de son auteur. Notre virtuose du paradoxe socialiste libéral, se donnerait ici, dans un mépris aristocratique souverain et légèrement décadent, le privilège de ses propres contradictions, et le droit d’un moment mesuré de vraie philosophie politique publique, en dépit des interdits idéologiques auxquels il aurait l’arrogance, dans sa situation, de ne pas se sentir soumis.
La stupeur muette, face à cette brèche majeure qu’on ne saurait voir dans le front bas républicain, lui donnerait raison.
Il y aurait donc là une pensée insolente de la nécessité royale, insuffisante et imparfaite, mais précieusement bienfaisante pour les esprits, dans ces temps d’obscurantisme démocratique, tant en politique, ce qui semble impossible peut néanmoins être nécessaire.

Patrick Malvezin.

Billet d’humeur de Luc Boisnard : Barbapapa.

25 Fév

Pour le plaisir, voici un billet de Luc Boisnard, paru dans Le Lien légitimiste n° 49 de janvier-février 2013 *:

Sauf à penser que Dieu m’a donné ad nauseam la vertu de dégoût universel, comme au Maître de Santiago, on ne saurait me reprocher de formuler ce constat : depuis un demi-siècle environ, 68 et Concile s’épaulant, on a forgé un peuple inconsistant au sens propre, sans épaisseur comme sans relief, sans repères, sans nord à la boussole, une humanité cotonneuse de néants-sur-pattes. Et surtout ennuyeuse au dernier degré ! L’homo modernus, l’homo jacobinus, a tenu ses promesses de décérébré stricto sensu. Aux candidats à la momification, les Egyptiens retiraient la cervelle par les narines ; aux candidats à la mort totale, qui se pressent en foule, nos maîtres l’ôtent par la prise Péritel et l’oreillette d’Ipad, d’Iphone, d’Imachin, d’Ichose. Que celui qui ne serait tenté de voir dans mes propos renouvelés qu’une logorrhée bien lassante veuille bien s’arrêter un instant, dans la rue, devant le spectacle de ces zombies, à la fois zélateurs et objets déshumanisés d’un nouveau culte, déambulant la tête coiffée et même cerclée, strictement incapables de rendre compte (de l’Espérance qui est en eux, me souffle l’Écriture…) de leur culture inassimilée. Leur attachement frénétique – le mot n’est pas trop fort – à des formes artistiques ne provient plus d’une connaissance analytique de l’objet admiré : pour une chanson, ses paroles, sa mélodie – le mot est-il encore connu ? –, la voix qui la porte. De ces textes d’argot anglais, me traduiriez-vous une ligne, jeune homme, en en rendant les nuances et l’étymologie des termes ? De la zizique, connaissez-vous les clés, les notes et les accords ? Distinguez-vous un baryton léger d’une mezzo-soprano ? … Bien sûr que non puisque pour eux tout est fruste, brut, sans accroche dans les domaines de la conception et du De la zizique, connaissez-vous les clés, les notes et les accords ? Distinguez-vous un baryton léger d’une mezzo-soprano ? … Bien sûr que non puisque pour eux tout est fruste, brut, sans accroche dans les domaines de la conception et du raisonnement, notions qui ne les effleurent même pas. Et il me paraît bien que la pratique – pardon la seule audition – de ces musiques (?) relève plus d’un rite initiatique d’adhésion à un groupe que du plaisir reconnu bonnement par les oreilles. Il y aurait tant à dire – et l’on s’y portera bientôt – sur le conformisme absolu qui régit cette jeunesse passée au moule. Que si ses travers ont toujours existé, me direz-vous pertinemment, comme inhérents à l’humaine nature, ils ne sont plus seulement repérables, ni même majoritaires mais hélas universels, et je les crois bien irréformables.

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nota bene. Si la manière polémique de présenter les faits vous choque (je ne retiens que l’hypothèse de l’angélisme), il vous suffit de supprimer dans le propos les termes trop relevés et le simple constat devrait l’emporter encore. Contra factum non est argumentum, dit saint Thomas. 

Luc Boisnard.

*Le Lien légitimiste, Petit-Prix 37240 La Chapelle-Blanche-Saint-Martin – 0247596876 – gerard@villele.com

Le 25 février 2013.

Réflexions philosophiques, par Patrick de Villenoisy : Que doit-on entendre par « bien commun » ?

27 Jan

mains-terre

Que doit-on entendre par « bien commun » ? 

Quelle définition générale peut-on avancer pour cette expression : on peut dire qu’il s’agit d’un bien qui n’est le propre de personne en particulier.

N’oublions pas que le mot bien a deux sens : l’un sert à désigner la possession d’un objet extérieur et l’autre la participation aux plus hautes valeurs de l’esprit. Le plus grand bienfait d’une vraie civilisation est de mettre le premier au service du second, autrement dit de faire en sorte que le bien (au sens de propriété matérielle) favorise l’épanouissement du bien au sens de vertu et de bonheur …

Pour Yves-Marie Adeline l’institution, ce qui est établi en-soi, hissé au-dessus de nos têtes, est un véritable bien commun.

Ceci revient à dire que, dans l’établissement des critères permettant de légitimer le pouvoir, le plus sage des philosophes comprend que sa raison, fût-elle brillante, ne suffit pas : l’exercice demandé outrepasse ses forces. L’institution, le bien commun exige, pour le profit de tous, une abdication préalable de toutes les volontés particulières, une abdication collective. La « volonté générale », qu’on l’entende au sens rousseauiste ou non, n’existe pas, ni dans l’espace et encore moins dans le temps : il faut des assurances plus fortes, de même que la morale la plus solide n’est pas celle que l’on prétend créer, mais celle devant laquelle on s’incline.

En d’autres termes, pour notre auteur préféré, le bien commun ne peut se dégager d’un consensus, ce consensus que recherche la constitution au sens de constituer, cum statuere, établir ensemble, et qui prétend atteindre son idéal dès lors qu’on y serait parvenu (au consensus). Pour Saint Thomas, la société est une exigence de la nature humaine car l’homme est un être moral, raisonnable, religieux et social; or pour vivre en société il faut une autorité supérieure commandant à chaque membre de la société en vue du bien commun; donc l’autorité est une exigence de la nature car la fin (la société) ne peut exister sans le moyen (l’autorité); la nature et ses exigences ayant été créées par Dieu, l’autorité procède de Dieu.

En d’autres termes, pour notre auteur préféré, le bien commun ne peut se dégager d’un consensus, ce consensus que recherche la constitution au sens de constituer, cum statuere, établir ensemble, et qui prétend atteindre son idéal dès lors qu’on y serait parvenu (au consensus). Pour Saint Thomas, la société est une exigence de la nature humaine car l’homme est un être moral, raisonnable, religieux et social; or pour vivre en société il faut une autorité supérieure commandant à chaque membre de la société en vue du bien commun; donc l’autorité est une exigence de la nature car la fin (la société) ne peut exister sans le moyen (l’autorité); la nature et ses exigences ayant été créées par Dieu, l’autorité procède de Dieu.
….Article complet grâce au lien ci-dessous.

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