Tag Archives: Sainte Trinité

La face volontairement cachée de l’identité de la France.

15 Août

560px-Armoiries_république_française.svg

Nous avons dû subir pendant de longs mois, avant qu’elle ait la fin piteuse qu’elle méritait, la guignolade sarkozienne pompeusement intitulée « Débat sur l’identité de la France ». Ouvrir ce débat après 1500 ans d’un destin hors du commun ne peut témoigner que de la consternante amnésie des uns et de la perfide volonté de nuire des autres. On y vit d’ailleurs s’affronter, sans la moindre sincérité tant leur connivence est avérée, les gesticulations électoralistes des Diafoirus au pouvoir et les cris d’orfraie des Grands-Prêtres du métissage. En vérité ce débat n’est pas le nôtre. C’est celui de la République, de ses mensonges et de ses échecs. L’accepter c’est se laisser corrompre par une démarche relativiste dans l’air du temps mais dont l’unique objectif est précisément la négation de l’identité française.

Tenter de lire l’avenir de notre pays dans les racines de son histoire et s’interroger sur les menaces qui pèsent sur lui est une démarche éminemment louable et sans doute nécessaire face aux avancées de la barbarie. Mais est-elle suffisante si elle ne donne pas à voir la clé de notre identité ? Fernand Braudel nous mettait pourtant sur la voie dans son livre-testament (1) : « Une nation ne peut être qu’au prix de se chercher elle-même sans fin, de s’opposer à autrui sans défaillance, de s’identifier au meilleur, à l’essentiel de soi, conséquemment de se reconnaître au vu d’images de marque, de mots de passe… ».

Mais quelles sont alors ces « images de marque », ces « mots de passe » qui permettraient aux Français de penser, vouloir, agir, construire ensemble pour vivre et mourir ensemble, en dehors des élucubrations des penseurs de la modernité ? La réponse à cette question est, à nos yeux, des plus simples.

Depuis la nuit des temps les hommes et les peuples qu’ils constituent ont connu le besoin et même la nécessité d’exprimer leur identité par des systèmes emblématiques tant il est vrai, même si cela échappe désormais à nos prétendues élites, que tout emblème est signe d’idéal et de volonté. Cette forme particulière de métaphore connut son apogée en France, « Mère des arts, des armes et des lois », dans la première moitié du XIIème siècle avant de s’étendre à l’ensemble de l’Europe occidentale puis bien au-delà : il s’agit des armoiries et du système héraldique que des règles, si rigoureuses et pourtant si simples, et une langue, si particulière et pourtant si poétique, différencient de tous les autres systèmes emblématiques, antérieurs ou postérieurs, militaires ou civils.

Ce système s’inscrit totalement dans le jeu fondamental du « cacher/montrer » qui caractérise si bien les signes d’identité à ce moment de l’histoire. Nous y voyons d’ailleurs l’une des expressions les plus explicites de ce que l’historien Jacques Le Goff résume si bien lorsqu’il met en valeur l’invention de « l’intériorité » à l’époque médiévale (2) : « Au-delà de l’œil et de l’oreille externes, il y a l’œil interne et l’oreille interne, combien plus importants car ce qu’ils perçoivent, c’est la vision divine, la parole et la rumeur du monde le plus réel, celui des valeurs éternelles ». Et c’est ainsi qu’à la question : « qu’est-ce que la France ? » la réponse, pendant sept siècles et aux yeux du monde, fut toujours : « le royaume des lis ». Ne cherchez pas ailleurs car tout est là…

Lorsque naissent les armoiries, la fleur de lis constitue déjà un très ancien symbole de pureté et de fécondité (on la trouve utilisée en ce sens dans plusieurs civilisations orientales dès le troisième millénaire avant notre ère avant que les gaulois ne se l’approprient et l’installent sur leurs monnaies) mais aussi de souveraineté. Très vite cependant, sous l’influence de Suger, abbé de Saint-Denis, et de Saint Bernard de Clairvaux prêchant sur le Cantique des cantiques, elle acquit une nouvelle dimension à la fois christologique (« Je suis la fleur des champs et le lis des vallées », Cant. -2,1) puis mariale (« Comme un lis au milieu des épines, telle est ma dame au milieu des lis », Cant.2,2) et même cosmique (le semé de fleurs de lis d’or sur un champs d’azur des vêtements royaux, à partir de Louis VI et Louis VII, rappelant que le roi de France est médiateur entre le ciel et la terre, entre Dieu et son royaume).

C’est aussi de cette époque que date l’association de la couleur bleue (azur) à la nation française. Hervé Pinoteau résume admirablement ce caractère si particulier non seulement du roi mais aussi de ses emblèmes : « Notre roi portait ainsi la livrée du Dieu de l’univers… ». Et c’est ainsi que le caractère sacré de la royauté française et l’origine « célestielle » (comme cela se disait autrefois) de sa mission furent à l’origine de ses armoiries puis de celles de la nation française : sur les vêtements, les oriflammes puis l’écu du roi apparurent les fleurs de lis d’or sur un champs d’azur, d’abord sans nombre (semé) comme un ciel constellé d’étoiles, puis réduites au nombre de trois (en l’honneur de la Sainte Trinité) à partir de la fin du règne de Charles V.

Blason_France_moderne.svg

Mais c’est ainsi également que se trouvent réunis dans cet emblème, à la dimension symbolique à nulle autre pareille, l’ensemble des éléments constitutifs de l’identité de la France tels que les rappelle Paul-Marie Coûteaux (3) : la foi partagée, une langue (celle du blason ayant été universellement le Français), des partages historiques (une mémoire, des rituels, un imaginaire culturel, etc.), enfin la souveraineté. Une fois encore nul mieux qu’Hervé Pinoteau ne saurait résumer le lien entre l’emblématique et la symbolique : « Superbe signe apotropaïque, expression d’une royauté dynamique au service de Dieu et donc aidée par le ciel, les armes de France sont emblème de combat alors même qu’il s’agit là de fleurs, lesquelles, chose admirable, mettaient en fuite les bêtes féroces arborées par les autres princes de la chrétienté ».

Lorsqu’en 1964 l’historien Pierre Francastel (dans la préface du catalogue d’une exposition du musée Guimet) affirmait que «…Les signes parlent au premier regard et disent toujours beaucoup plus que ce qu’ils ont pour fonction de dire » il n’imaginait peut-être pas combien ce point de vue pourrait être d’actualité en 2010 dans un débat sur l’identité nationale. Il suffit de voir la pérennité de l’usage des fleurs de lis sur d’innombrables objets de luxe, bijoux, ferronnerie, tissus, objets d’ameublement, etc. pour comprendre combien la mémoire collective est vivante !

Les révolutionnaires ne s’y sont d’ailleurs pas trompés lorsque, dans leur délire destructeur et leur obsession régénératrice, ils abolirent en juin 1790 les armoiries du roi et des particuliers mais aussi, par le fait même, celles de la France. La République ne s’y trompe pas davantage en refusant depuis septembre 1870 un emblème héraldique à la France et aux Français en se cramponnant au seul drapeau tricolore (article 2 de notre Constitution) dont l’histoire apparaît bien mince en regard de celle de la fleur de lis et même d’autres emblèmes qui accompagnèrent l’histoire de notre pays au fil des siècles (4). En effet, ni Marianne, allégorie de la République qui ne s’enracine dans aucun système emblématique, ni les bonnets (qu’ils soient « rouges », « phrygiens » ou « de la liberté ») par trop associés aux débordements de la Terreur (au point d’en avoir effrayé Robespierre lui même !), ni les monogrammes RF (lettres initiales de République française) aux styles incertains et variables, et moins encore les faisceaux de licteur ou autre pelta hérités de la Rome antique ne sont des emblèmes dignes de la France ; seul le coq parvient à survivre tant bien que mal grâce à ses accointances…sportives ! Et ce n’est pas le logo tricolore de la République, imposé sans concertation en 1999 par les services du Premier Ministre de l’époque (Lionel Jospin) et qui fleurit depuis sur tous les documents officiels, qui peut en tenir lieu : nous y observons le profil blafard d’une Marianne grimaçante se détournant d’un ciel sans nuage pour se perdre dans le rouge violent du drapeau tricolore.

Logo_de_la_République_française_(1999).svg

Ce terrible particularisme, qui fait de la France le seul pays d’Occident sans armoiries d’Etat, en dit long sur la volonté de déculturation de l’oligarchie au pouvoir qui s’efforce de cacher la véritable face de l’identité de la France sous le faux débat dont on nous a rebattu les oreilles. A l’inverse, dans l’ensemble des pays occidentaux, l’héraldique en général et les armoiries d’Etat en particulier constituent encore aujourd’hui une part essentielle et inaliénable du patrimoine, non seulement historique ou culturel, mais aussi politique. Aucun de ces pays n’a, il est vrai, commis la faute d’élever au rang de religion d’Etat la folle idée de faire du passé…table rase ! Il n’est qu’à voir la vitalité des artistes créateurs en ce domaine autant que des institutions chargées de ces questions emblématiques : les pays du nord de l’Europe sont ici particulièrement imaginatifs tandis que ceux du sud ou de l’est mettent davantage l’accent sur la redécouverte et la mise en œuvre des sources anciennes.

En France seuls quelques rares héraldistes survivent en ayant miraculeusement échappé à la mort lente de l’oubli. Ils ont compris qu’une renaissance est possible par la base et non par le sommet de la pyramide sociale. C’est ainsi qu ‘après la grande vogue des « logos » initiée par les élites post-soixantehuitardes nous observons un regain d’intérêt pour l’héraldique municipale et associative. La parution d’ouvrages spécialisés, l’organisation de colloques ou d’expositions mais aussi le développement de sites internet dédiés à cette science annexe de l’histoire témoignent de la pérennité du besoin emblématique de nos compatriotes, confrontés à une grave et inquiétante détérioration de notre tissu social. Gageons qu’un emblème héraldique d’Etat pourrait avoir de nouveau un rôle favorable sur la cohésion sociale de notre pays comme sur son image de marque au sein de la communauté internationale.

Mais, disons-le clairement, nous n’accepterons pas les vociférations des ayatollahs de la République qui prétendent qu’il est inconcevable (car politiquement incorrect) d’utiliser les armoiries de la France monarchique. Ce sont en effet les mêmes qui nous ont enchaînés à une institution politico-économique dont ils ne cessent de nous vanter les mérites et qu’ils nomment l’Union européenne. Celle-ci est aujourd’hui composée de vingt huit Etats, sept monarchies et vingt et une républiques : tous ces états se sont appropriés, sans le moindre conflit politique ou social, les anciennes armoiries de leurs pays ou de leurs monarques, les considérant comme des signes de souveraineté et de continuité nationale. Au nom de quoi ceux-là même qui, depuis cent cinquante ans, s’avèrent incapables de proposer le moindre projet d’emblème national susceptible de réconcilier, de rassembler et de mobiliser nos compatriotes leur interdiraient-ils de redécouvrir et d’adopter les armoiries qui accompagnèrent les gloires de la France pendant tant de siècles?

En ces moments où les menaces s’accumulent autour et au sein même de notre pays, il faut nous dresser contre cette nouvelle tyrannie des temps modernes afin que les armes de la France redeviennent un signe d’espoir et d’une mission sacrée. Alors…à vos armes citoyens !

Armoiries-France-royale

Le 15 août 2016, Fête nationale de la France.

Jean-Yves Pons, CJA, Conseiller aux Affaires intérieures, à l’ordre public et à l’organisation du territoire du CER.

Considérations religieuses sur l’intégration des musulmans en France.

10 Mai

main-upper_01  Bien qu’assez républicains, le Cardinal Lavigerie avait un projet très simple et très clair : lorsqu’il arriva en Algérie : convertir les musulmans  Il avait  proposé une prière dans ce sens au chrétiens soumis à son autorité épiscopale.  Malheureusement, l’autorité politique et militaire de l’époque,  très peu cléricale,  avait pris un engagement de conservation des usages, coutumes et religion locaux. Elle s’opposa à ce dessein.  Aujourd’hui, la situation posée par la cohabitation christo-musulmane a changé et de dimension et de lieu. Elle ne se pose pas seulement en Algérie mais bien en Europe et particulièrement en France et elle a prit un tournant conflictuel.

Les musulmans qui vivent en France sont maintenant très nombreux et marquent très fortement leur différence par l’exigence d’une adaptation des us et coutumes locaux aux prescriptions spécifiques de leur religion. L’impossibilité d’une intégration au tissus culturel, historique et social de notre pays est maintenant reconnue alors qu’elle était niée il n’y a pas si longtemps. Bien sûr et c’est  légitime  les Français ne sont pas prêts a renoncer de gaîté le cœur à tout ce qui a été établi par leurs pères et qui est bien plus qu’un art de vive, une civilisation parmi les plus belles qui soient.. Nous sommes dans une impasse  et les pouvoirs public feignent d’ignorer un problème dont les Français dans leur grande majorité perçoivent la tragique et douloureuse nature.  C’est assurément le seul problème qui réunisse aussi largement les français de toute opinion, age ou situation sociale

Ce problème est immense et n’admet plus de solution politique. Il en existait peut-être une dans les années soixante alors que l’implantation musulmane ne valait guère plus qu’un pour cent de la population tandis qu’en 2013 elle dépasse probablement les quinze pour cent. Résultat de deux facteurs opposés, une politique anti-familiale qui a dénatalisé la population autochtone d’une part et une démographie dynamique des allogènes d’autre part à conduit à une impasse. On avorte à tour de bras d’un côté, on accouche à profusion de l’autre. La modification des rapports démographiques ainsi créée a porté les mauvais fruits d’une invasion hostile.  L’église qui défend énergiquement les valeurs de la vie n’est pas étrangère aux déséquilibres constatés à cause d’un angélisme nourri de charité mal évaluée. Elle aussi a nié le problème en  versant dans un oecuménisme  qui frise le syncrétisme.  Puisque tout se vaut, pourquoi ne pourrait-on pas être musulman en France alors que les églises et les cimetières sont journellement profanés en Afrique et en métropole.. Il n’y a plus aujourd’hui de solution politique visible et l’horreur d’une guerre civile évoquée par certains  entre dans le domaine du possible sinon du probable.

Il reste cependant un espoir apporté par des considérations religieuses.

Les peuples musulmans qui ne sont pas tombés dans l’infernale marmite du matérialisme athée, sont très généralement très convaincus qu’une réalité surnaturelle existe, que nous existons par elle, et qu’une autre vie post-mortem nous est promise. Ce sont,  à leur manière, des hommes de foi. Hélas, leur foi s’exprime dans une religion qui mêle de façon inextricable le profane au sacré, ce qui constitue une barrière difficile à abattre.

Lorsqu’on y regarde de plus près , une évidence apparaît Il est difficile d’imaginer que la masse des musulmans qui séjournent dans notre pays – une grande partie y est née –  se rallie au matérialisme des sociétés occidentales . Le chemin qui mènerait de là où ils sont vers là où est la majorité athée qui les environne implique trop de reniements, trop de rejets, pour qu’il puisse être emprunté. (Au passage, il est intéressant de noter que le parcours d’un athée-matérialiste hédoniste est au moins aussi improbable, non pas pour des raisons religieuses mais à cause du barrage que constitue l’orgueil humaniste ) .

Par contre la route qui pourrait les amener sur les pas du Christ est bien plus courte et plus accessible car elle  conserve l’essentiel, la foi en une transcendance. Voilà qui devrait rapprocher  Ce qui sépare un musulman d’un chrétien n’est pas une croyance en un Dieu unique c’est , seulement la référence à la parole de deux personnes différentes, l’une humaine et seulement humaine, Mahomet et l’autre, divine, le Christ. La parole de l’un confuse, autoritaire et violente remplit un livre et ses additions pour établir un code de vie sociale et religieuse qui  conditionne le salut à l’observances de règles pré établies très strictes. Ne mange pas ceci, ne touche pas cela  et tu seras sauvé. Le tout complexe et aliénant, interdit toute cohabitation paisible avec le monde environnant ce que l’Histoire et l’actualité nous montre clairement.   A cette parole s’oppose celle fulgurante et dense de Jésus qui est libératrice et qui tient en un seul mais essentiel commandement  «  tu aimeras ton prochain pour l’amour de moi, pour l’amour de Dieu ». Rien à tuer, rien à égorger, nul besoin de glaive ni de guerre, seulement d’amour.   C’est ce contraste qui peut ouvrir des portes.

Déjà, des musulmans se convertissent, très généralement au terme d’une démarche personnelle. Beaucoup plus qu’on ne le croit  mais très discrètement, puisque leurs ex-coreligionnaires considèrent l’abandon de leur religion comme un cime qui mérite la mort et que le converti est donc en perpétuel danger  Ces conversions sont un  résultat déjà remarquable mais notoirement insuffisant pour que la situation conflictuelle exposée plus haut tende à s’estomper avant que de disparaître . Certes le tâche apostolique est immense, mais pour autant doit-on baisser les bras ?   Aux premiers temps du christianisme, les Apôtres durent convertir des Juifs et ils y parvirent . Est-il plus difficile aujourd’hui de convertir un musulman. ?

L’église catholique ne fait pas un effort visible en faveur d’une pastorale de conversion c’est lemoins qui puisse être dit car le prosélytisme est honni.  Elle abandonne ce soin aux pasteurs évangélistes qui sont sur la brèche en Afrique avec beaucoup de  succès.  Elle manque probablement d’Apôtres et pourtant elle ne manque pas d’arguments . Les terres  nord africaines ne  furent-elles pas  jadis terre chrétiennes ; Saint Augustin n’était-il pas  berbère ? Il n’est pas sûr que la profession de foi d’un musulman soit inébranlable car elle résulte d’une contrainte et non d’un choix libre. Il n’est pas sûr que les difficulté dogmatiques que constituent la Trinité, la virginité mariale, et l’eucharistie ne puissent être levés par une catéchèse adaptée. Tout est question de méthodologie.

Comment s’y prendre ?  Il faut y réfléchir car la récompense des efforts qui seraient fait serait immense.  Nos églises accueilleraient avec joie de nouveaux fidèles très priants et au plan de la vie civile d’où la présente réflexion est partie, on verrait s’écrouler un mur, comme à Berlin. D’un côté la rancœur disparaîtrait car de l’autre côté c’est la méfiance et son fils  le rejet qui prendraient la porte. Lorsque Mohamed devient Georges ou Gabriel par la grâce du baptême, tout change.

                  Paul T., membre  du Conseil dans l’Espérance du Roi