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BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (10 avril 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

10 Avr

*  La « Hessel attitude » :

Nous citions hier les propos de Bruno Roger-PetitChroniqueur politique au  Nouvel Observateur, concernant les révélations d’Audrey Pulvar sur son passé socialiste. Il insistait sur le fait qu’elles lui apparaissaient comme «  l’incarnation de la réduction par l’émotion de tout ce qui touche à notre vie publique. Acteurs et commentateurs privilégiés des événements ne vivent plus que par la passion, hors la raison. D’abord l’émotion, avant toute chose, et tant pis pour la réflexion. Acteurs et commentateurs politiques sont tous devenus des « hesseliens » : de l’indignation avant toute chose.« 

Ne pourrait-on voir dans le projet de loi sur la « moralisation de la vie politique« , qui sera débattu ce mercredi en Conseil des ministres (avant d’être présenté le 24 avril), un phénomène analogue ? N’y a-t-il pas, dans cette précipitation, une démarche purement émotionnelle éloignée de ce que devrait être la réflexion politique : un fait divers, une loi ! En d’autres termes, l’éternel choc entre le temps court des oligarques au pouvoir et le temps long de l’Histoire.

Sans attendre et devant le risque d’une décrédibilisation encore plus profonde du pouvoir et de la classe politique, onze mois après l’élection de François Hollande à l’Elysée, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé par ailleurs la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres d’ici au 15 avril.

Pour le chef du gouvernement, cet exercice de transparence est «de nature à recréer de la confiance». «C’est bien que ceux qui exercent une responsabilité publique, ministres, parlementaires ou encore élus de grandes collectivités territoriales, rendent public leur patrimoine», a naïvement déclaré à la presse M. Ayrault, lors d’un déplacement à Tours.

A l’Elysée, on est conscient du risque de cette opération de transparence. «Psychologiquement ça va être dur et politiquement ça peut être ravageur», affirmait ainsi un conseiller.

«La marge est très étroite entre la dissimulation d’un côté et le déballage de l’autre. La solution intermédiaire c’est la transparence», plaidait-on. «Ca va dépendre beaucoup de la situation des parlementaires chez eux» mais «on sait que pour la gauche c’est toujours plus dur» commence-t-on à dire dans les rangs du PS.

Pour l’UMP Valérie Pécresse, qui avait précédé Jérôme Cahuzac au ministère du Budget, «toutes les propositions (de moralisation de la vie publique, ndlr) qui sont sur la table ne servent qu’à faire diversion face à la gravité du séisme».

 Mais de la « moralisation politique » (superbe oxymore !) au « voyeurisme hypocrite« , il n’y a qu’un pas .

C’est ainsi que, détonnant avec les propositions de son camp, l’écologiste Noel Mamère a estimé qu’il s’agit « d’une espère de course à la vertu qui peut être à terme dangereuse pour la société » (s’éloignant ainsi, manifestement, de son maître à penser…Robespierre). L’ancien ministre appelle en revanche à renforcer les pouvoirs de la Commission pour la transparence financière de la vie politique. Son collègue Daniel Cohn-Bendit a livré le même constat sur RTL :

« Je ne crois pas que d’étaler la fiche d’impôt sur la place publique ça fasse avancer quoi que ce soit. Si quelqu’un a quelque chose à cacher, l’opération transparence il en a rien à cirer ! »

Le député européen s’est par ailleurs dit favorable à ce que parlementaires et ministres déclarent leur patrimoine et leurs avoirs auprès d’une institution publique, à condition que celle-ci puisse vérifier les déclarations.

Daniel Cohn-Bendit n’est pas le seul à regarder avec scepticisme cette nouvelle quête de transparence. « Une fausse bonne solution » selon le chef de file des députés du Front de Gauche, André Chassaigne. La publication des déclarations de patrimoine a « un côté un peu malsain qui peut conduire à livrer à la vindicte populaire des élus qui sans être fortunés ont parfois des biens de famille (sic) alors qu’une partie des Français se trouve dans les pires difficultés », estime le député PCF du Puy-de-Dôme. Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites…. D’autant que « le problème n’est pas là« , ajoute-t-il. Il est « ultra-prioritaire de s’attaquer avec courage et fermeté à la fraude et à l’évasion fiscale avec des actes forts. » (pour les autres sans doute)

A l’UMP, pas d’unanimité. Si François Fillon a dévoilé lundi soir sur France 2 les grandes lignes de son patrimoine, Jean-François Coppé  refuse de prendre partà un « numéro de voyeurisme, d’hypocrisie« . Tout en accusant le gouvernement d’orchestrer une opération transparence pour occulter l’affaire Cahuzac, le maire de Meaux déclare qu’il ne dévoilera son patrimoine que si la loi en fait une obligation.

« Irons-nous jusqu’aux enfants, jusqu’aux conjoints qui n’ont pas choisi de faire de la politique », demande Nadine Morano. Et d’ajouter, évoquant François Fillon : « Je regrette qu’il soit tombé dans cette démarche ».

Interrogé sur itélé, Gilbert Collard (Rassemblement Bleu Marine) s’inquiète quant à lui « d’une France du trou de serrure« . « Demain, j’enlève le bas« , a-t-il ironisé, moquant « une grande opération de nudité« .

Le socialiste Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, fait part de la même réserve dans une interview donnée au Parisien. « Publier son patrimoine n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Ce n’est pas mon patrimoine personnel : il remonte pour une part à avant mon élection et ma conjointe n’est pas élue. Si la loi m’impose cette publication, je m’y soumettrai. A défaut, je ne la publierai pas« , avance-t-il.

En résumé, nous voici de nouveau face à l’une de ces « usines à gaz » dont la République a le secret pour lui permettre de détourner l’attention des problèmes sociaux dramatiques que connaît le pays vers des questions sociétales qui ne sont que quelques os qu’on donne à ronger aux chiens.

* Il y avait « l’avant-Chypre »…

…il y a désormais « l’après-Chypre ». Car personne n’a plus la garantie que l’argent déposé en banque est disponible.

La principale conclusion de l’après-Chypre est qu’une banque n’est pas un coffre-fort dans lequel votre argent serait à la fois à l’abri et disponible.

« Déposer 10 000 euros au guichet de sa banque, c’est échanger de beaux et bons billets contre un jeu d’écriture, de la data informatique, et quoi d’autre ? Rien à voir avec le dépôt de liasses de billets dans un coffre ; chacun sait que le dépôt en compte sert à garantir les crédits que vend la banque« , nous dit Hervé Juvin, président de l’Eurogroup Intitute dans l’Agefi Hebdo du 28 mars.. Le problème est justement que « chacun » ne le sait pas…

Une banque est un établissement qui achète et vend de la dette. Votre banque prête votre argent, celui que vous lui avez confié, mais pas que celui-là. Mais elle ne fait pas que prêter votre argent, elle en prête bien plus. Elle emprunte sur les marchés. Cet argent, elle va le prêter plus cher que ce qu’elle l’a emprunté. En effet, une banque passant pour plus fiable qu’une entreprise ou n’importe quel autre quidam, elle bénéficie de conditions de prêt favorables.

Une banque fréquente aussi le grand casino boursier. Votre banque emprunte donc de l’argent pour des « activités de marché en compte propre« . Quand la banque a trop de pertes par rapport à ses fonds propres, elle fait faillite. Soit elle s’est fait escroquer par un débiteur qui ne rembourse pas, soit elle a trop perdu à l’une des tables du grand casino.

Tout ce que la banque fait travailler sont ses « actifs ». Le ratio fonds propres sur total des actifs – ou effet de levier – est la seule façon fiable de mesurer la fragilité d’une banque.

Plus l’effet de levier est important, plus la banque est vulnérable aux pertes

L’une des banques chypriotes, Laiki, avait un effet de levier de 34. En d’autres termes, pour 1 € de fonds propres, elle avait 34 € d’engagement. Donc 2,9% de pertes sur ces 34 euros détruisent ses fonds propres. Comme le rappelait un article du Wall Street Journal du jeudi 27 mars (Greek Bets Sank Top Lenders), les banques chypriotes passèrent pourtant les stress tests de 2010 puis 2011 sans encombre.

L’effet de levier des banques françaises est du même ordre, même s’il est un peu inférieur. Pour les grandes banques françaises, dont le bilan total représente quatre fois le PIB de notre pays, il se situe entre 20 et plus de 30. Cet effet de levier a augmenté durant l’année 2012 pour les grandes banques européennes.

Les instances de régulation elles-mêmes reconnaissent que les calculs de risque ne recouvrent aucune réalité. En face de chacun de ses engagements (prêts), une banque doit mettre de côté  -immobiliser- une partie de ses fonds propres (l’argent qui lui appartient en propre).

La quantité de fonds propres à immobiliser dépend du risque du prêt consenti. Si la banque prête à un État, elle ne met rien du tout de côté. Un État ne fait pas faillite, c’est bien connu… Si elle prête à une autre banque, surtout une grosse banque, elle ne met presque rien de côté. Une banque ne fait presque jamais faillite, c’est bien connu…

Évidemment, si elle prête à une entreprise en difficulté, elle met bien plus d’argent de côté. Les banques ont mis en place leurs propres calculs (ou modèles) de risque. Elles ont donc une certaine latitude pour déterminer l’argent qu’elles immobilisent. Puisque moins elles ont à immobiliser de fonds, plus elles peuvent prêter, elles ont intérêt à minimiser les risques.

Les mises en garde officielles se multiplient en ce début d’année. En mars, le Fonds monétaire international indiquait que la stabilité financière n’est pas assurée : « Stress et dislocation sur les marchés de la dette ; une perte de confiance des marchés dans la dette souveraine ; des mouvements ultérieurs de baisse de prix des actifs ; des chocs baissiers sur la croissance. Ces vulnérabilités sont exacerbées par la concentration du secteur bancaire« .

Nos banques françaises sont très exposées à l’Italie (comme les banques chypriotes étaient exposées à la Grèce). En mars toujours, BNP Paribas est radiée des 50 banques les plus sûres au monde selon le classement établi par le magazine Global Finance et Standard & Poor’s.

Les « survaleurs », ces estimations de plus-values potentielles sur d’anciennes acquisitions, sont de plus en plus souvent dénoncées, au fur et à mesure que la croissance se fait attendre. Les activités de spéculation boursière sont dangereuses alors que les marchés affichent record sur record, principalement en raison du dopage à la planche à billets américaine. Les banques regorgent de la dette souveraine de leur État de tutelle. Trois vulnérabilités qui, loin d’être soignées, empirent.

La question des garanties des dépôts se résume de façon très simple. Soit ces garanties s’actionnent et vous serez remboursé en monnaie de singe car la mutualisation du coût par le contribuable s’avérera exorbitante et il faudra bien imprimer (ou sortir de l’euro). Soit elles ne seront pas actionnées car on ne pourra pas imprimer l’argent nécessaire et, dans ce cas, on vous confisquera une partie de vos dépôts. Rappelons sommairement la garantie des dépôts en France : 100 000 euros – par déposant et par banque – et 70 000 euros pour les comptes-titres et l’assurance-vie.

En France, les dépôts moyens représentent 37 800 euros et le total des dépôts éligibles à cette garantie se montent à 1 760 milliards d’euros. Avec deux milliards d’euros dans le montant de garantie des dépôts, il y a un euro disponible pour 880 euros de dépôts. Dans le cas de la faillite d’une grosse banque, il faudra donc imprimer de la monnaie. Mais si les garanties de dépôts ne fonctionnent pas, nous verrions s’instaurer des mesures de contrôle des retraits et des mouvements de capitaux, à la chypriote. Qu’adviendra-t-il alors de vos comptes courants, de vos livrets, de vos assurances-vie si le pays ou votre banque sont en proie à une crise de liquidité ou…de solvabilité ?

Jérôme Cahuzac avait trouvé la réponse !

* Dans 20 jours :

Le prince héritier Willem-Alexander d’Orange-Nassau deviendra roi des Pays-Bas, succédant naturellement et sans polémique à sa mère la reine Béatrix. Un exemple que la France pourrait utilement suivre si elle ne demeurait pas prisonnière des tyrans de la pensée conforme et obligatoire et si les Français acceptaient enfin de faire le bilan de leur triste république.

http://www.dailymotion.com/video/xx3hr9_la-reine-beatrix-des-pays-bas-cede-le-pouvoir-a-son-fils_news#.UWUxbzlOPJw

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

RAPPEL

2013-04-14_le-testament

Le Testament

Une page d’histoire qu’il nous faut entendre

Méconnu du public, ce testament mérite l’attention de toutes les générations qui y découvriront la profondeur du message délivré par la plume du roi Louis XVI

En présence de Mgr. le duc d’Anjou,
Chef de la Maison de Bourbon

14 avril 2013 à 16h

Eglise de la Trinité
Place d’Estienne d’Orves, 75009 Paris
Métro 12 Trinité d’Estienne d’Orves

Entrée libre

Paradoxe surprenant qu’est cette ode à la vie, le testament du Roi Louis XVI nous transmet les derniers vœux du monarque.

Avec ce message d’espoir, dénué de toute aigreur et flambeau transmis dans l’infortune à son fils, ce grand roi nous offre à entendre la simple beauté de l’amour d’un père.

Méconnu du public, ce testament mérite l’attention de toutes les générations qui y découvriront la portée du message délivré par la plume du monarque.

Pour commémorer les 220 ans de la mort de Louis XVI, la compagnie Astoë, menée par Alexis Rocamora, a choisi de faire partager, en toute simplicité, cette page d’histoire qu’il nous faut absolument entendre.

Mise en scéne :
Alexis RocamoraActeurs :
Auriane Orinel (chant) 
Constance Fortin
Chloe Mouchoux
Alexis Rocamora
Emilie Gaumard
Florent Martin
Houdia Ponty
Jean-Nicolas Aitte
Pauline Lena
Anais Cohen
Cécile Gaujal
Thomas Baratte

 

Le 10 avril 2013.
Jean-Yves Pons.

Quand Le nouvel Observateur épingle Audrey Pulvar…

9 Avr

…crachant dans le potage ! Ou l’imposture ordinaire de la gauche caviar.

 » Les aveux de Cahuzac ont engendré deux moments de télévision qui feront date pour ce qu’ils disent de l’époque. Le désarroi de Gérard Filoche, sur LCI, militfrançoisnt socialiste de toujours découvrant la réalité des faiblesses humaines, et la colère d’Audrey Pulvar, éditorialiste moderne, cinglant la gauche française pour ses errements des 30 dernières années.

Ces deux moments de télévision sont l’incarnation de la réduction par l’émotion de tout ce qui touche à notre vie publique. Acteurs et commentateurs privilégiés des événements ne vivent plus que par la passion, hors la raison. D’abord l’émotion, avant toute chose, et tant pis pour la réflexion. Acteurs et commentateurs politiques sont tous devenus des « hesseliens » : de l’indignation avant toute chose. La « Hessel attitude » a fini par supplanter la « Aron attitude ». C’est ainsi.

La passion avant la réflexion

Passons vite sur la prestation de Gérard Filoche sur LCI. Tout a été dit, tant par Michel Field que par François Jost, décrypteurs lucides de notre vie médiatique.

L’émotion de Filoche a une vertu, elle excuse ceux des socialistes qui sont pris au dépourvu par Cahuzac, mais elle est aussi porteuse d’un terrible vice : comment un responsable politique du PS, membre de la direction du premier parti de la gauche française, peut-il à ce point afficher tant de candeur ?

Comme le dit François Jost, « même si je comprends le choc de Gérard Filoche, il ne faudrait pas que les larmes qui se sont répandues à flots sur la télévision contemporaine deviennent la seule marque de vérité face au mensonge ». Un temps pour l’émotion, un temps pour la réflexion, sinon on n’affiche plus que de la faiblesse et de l’impuissance.

La prestation d’Audrey Pulvar est toute aussi intéressante. Cette dernière, et c’est tout à son honneur, ne cache pas d’être une commentatrice engagée. C’est au nom de cet engagement, du reste, que dans une diatribe d’une rare violence empreinte d’émotion et de colère, qu’elle s’est livrée à un impitoyable réquisitoire contre la gauche de gouvernement à l’œuvre dans ce pays depuis 1981.

De la même façon que l’acteur politique Filoche, le commentateur politique Pulvar en appelle à l’émotion, à la passion. Audrey Pulvar n’a pas de mots assez sévères pour fustiger les mensonges de Jérôme Cahuzac, et à travers lui tous les manquements de la gauche au pouvoir en matière d’exigence de vérité depuis les deux septennats de François Mitterrand.

« Depuis 30 ans, la gauche n’a cessé de nous cocufier », assène Audrey Pulvar. Et pour donner plus de légitimité à ces propos, elle use d’un argument d’autorité censé être irréfragable :

« J’étais place de la Bastille le soir du 10 mai 1981… C’est à ce moment que j’ai compris ce que la politique pouvait changer dans la vie des gens, j’ai cru que les socialistes allaient changer la vie, c’est ce qu’ils avaient promis »

L’exploit politique considérable de Pulvar

L’argument est en effet, à bien des égards, accablant pour la gauche. Une petite mise en perspective s’impose afin de bien appréhender le sens et la portée des propos d’Audrey Pulvar.

En 1981, Audrey Pulvar avait 9 ans, elle résidait d’ordinaire en Martinique, sa terre de naissance, à 7.000 km de Paris, Paris où elle ne commencera à résider, par intervalles plus ou moins longs, qu’à partir de l’âge de 14 ans (un portrait d’elle paru en 2008 dans « Libération » en atteste).

Il lui fallait déjà être dotée d’une conscience politique de gauche particulièrement développée pour se retrouver, le soir de l’élection de Mitterrand à l’Élysée, place de la Bastille, le soir du 10 mai, afin de saisir, si vite, si jeune, les aspirations du peuple de gauche enfin victorieux.

C’est un exploit politique considérable, hors du champ commun de l’humanité, d’autant qu’à 9 ans elle devait avoir école le lendemain. La modestie de chacun de nos parcours respectifs, à nous tous, sans exception, impose le respect devant tant de mérite républicain.

L’éveil de la conscience de gauche d’Audrey Pulvar n’a pas attendu la majorité légale, c’est à ce point rare que c’en est exceptionnel, donc méritoire. Il est donc normal, évident, inéluctable que 32 ans après, l’enfant trahi devenu adulte en vienne demander des comptes à la gauche.

Un mensonge ?

Quand on a célébré, à 9 ans, la victoire de Mitterrand place de la Bastille, à 7.000 km de son domicile de l’époque, une veille de jour d’école, quand la conscience de gauche s’éveille si tôt, alors oui, on est fondé à exiger la vérité des politiques de gauche !

Oui, on est en droit de dénoncer ces mensonges inadmissibles, proférées devant l’Assemblée nationale, de la part d’un ministre de gauche ! Oui, on a le devoir même de vilipender ces postures factices prises par des personnalités qui se prétendent de gauche ! Oui, on a l’obligation de s’en prendre à ces mensonges de gauche qui nous font tant de mal quand on vit dans la vérité de l’esprit du peuple de gauche depuis l’âge 9 ans !

Pascal Jardin avait découvert la Guerre à 9 ans. Audrey Pulvar a découvert la gauche au même âge. De son point de vue, on peut comprendre, compte tenu du tort immense et irréparable qui lui a été causé, que le commentaire qu’elle consacre ainsi à un événement politique mettant en jeu l’éthique de la gauche en politique, soit aussi empreint de passion et d’émotion que la réaction d’un Gérard Filoche.

Le mensonge qui n’a d’autre but que de promouvoir des intérêts égoïstes et narcissiques, il n’y a rien de pire. Comme le disait Edmond Rostand :

« En politique, on ne flétrit le mensonge d’hier que pour flatter celui d’aujourd’hui ».

Ces règlements de compte entre gauchistes des beaux quartiers de Paris sont décidément pathétiques. Heureusement qu’ils ne trompent désormais plus personne. Ils sont morts.

Et nous,  » Messieurs, sommes la jeunesse du monde !… »  

Le 9 avril 2013.
Conseil dans l’Espérance du Roi.

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : Hessel , du bon usage de l’anti-mythe !

7 Mar

Une cérémonie solennelle d’hommage national à Stéphane Hessel, décédé la semaine dernière à l’âge de 95 ans, s’est tenue ce jeudi matin dans la cour d’honneur des Invalides en présence du président François Hollande et du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Peu après 10h30, le cercueil recouvert du drapeau français a été porté au centre de la cour d’honneur des Invalides, au son de la marche funèbre. La cérémonie a ensuite débuté par les honneurs militaires rendus à l’ancien résistant et déporté, Grand officier de la Légion d’honneur, en présence de sa famille, de nombreux membres du gouvernement et d’anciens combattants.

François Hollande a salué en Stéphane Hessel, résistant, intellectuel et militant, un «homme libre», «un grand Français», «un juste».

«Stéphane Hessel était un homme libre : libre de ses choix, libre de ses engagements, libre de sa vie», a poursuivi M. Hollande devant une assistance nombreuse: la famille de Stéphane Hessel, plusieurs Premiers ministres d’aujourd’hui ou d’hier, de Jean-Marc Ayrault à Michel Rocard, en passant par Lionel Jospin et le Belge Elio di Rupo.

«La liberté, c’était sa passion, son idéal»,  a-t-il dit en rappelant l’action de résistant du défunt.

Une liberté qu’il exerça «par son action mais aussi par sa plume», a relevé le président, en notant que c’est «par une brochure qu’il connut la célébrité bien au-delà de nos frontières et à un âge exceptionnel». «Il lança à la face des fatalistes, des résignés, des frileux son slogan – Indignez-vous ! – ».

Il a rappelé son engagement auprès de Pierre Mendès France puis de Michel Rocard, «dont il partageait la conception de la gauche», son action de diplomate.

Stéphane Hessel a été inhumé en fin de matinée au cimetière Montparnasse.

Mais d’autres sons de cloche se sont aussi fait entendre. Citons en particulier les propos de Gilles-William Goldnadel, sur le site Atlantico et qui ne manquent pas de perspicacité démystifiante ( http://www.atlantico.fr/decryptage/soumettez-indignes-sont-vraiment-disciples-gauchisme-gnangnan-et-dominant-stephane-hessel-gilles-william-goldnadel-657759.html#koRbTSuSmSiSpqcJ.99 )

 » L’étonnement de l’unanimité admirative des commentaires qui ont suivi la mort de Stéphane Hessel m’étonne. 
Après tout, l’homme avait été canonisé de son vivant, embaumé bien avant l’heure ultime et c’est bien la béatitude bêtifiante de son encensement par les petits marquis de la médiatitude qui m’avait fait écrire que « Le vieil homme m’indigne ».

Le triomphe hesselien n’est rien d’autre que celui du gauchisme gnangnan qui aura, par capillarité, arrosé l’humus de la société française.
Il se caractérise d’abord et avant tout par le refus de toute distance et de tout sens critique qu’aura opposé une classe médiatique pourtant prompte à détruire et à démystifier jusqu’à l’excès.

Hessel Stéphane n’était qu’un homme. Tout aura été fait sous l’empire de la religion post-chrétienne et xénophile « des droits de l’homme » pour en faire un saint laïc désincarné.

Il faut dire qu’il incarnait idéalement l’ancêtre suprême à enterrer de son vivant dans le Panthéon idéal de l’inintelligentsia en majesté : co-rédacteur de la déclaration des droits de l’homme, intellectuel, juif de gauche, pacifiste et anti-sioniste, quand bien même chaque qualité aurait pu être soumise à vérification, exceptée la dernière.

Ainsi, il ne détestait pas, comme beaucoup, prendre la singulière distance avec la vérité qu’on appelle le mensonge : contrairement à ce qu’il avait soutenu, il n’avait jamais été co-rédacteur de la déclaration des droits de l’homme de l’ONU.

Aucune gazette, généralement avide de dénoncer les fakes des people,  n’aura rapporté la contre-vérité. Au moins aurons-nous eu la consolation dérisoire de constater qu’elles auront acté implicitement la vantardise en n’osant plus la reprendre dans leurs nécrologies.

« Indignez-vous ! » aura représenté, au plan de l’édition, l’écart le plus vertigineux entre la vacuité du propos et des idées et le succès phénoménal des ventes. À ma connaissance, et en dehors de M. Etienne de Montéty du Figaro, aucun critique littéraire de la grande presse n’aura eu le courage de l’écrire et peut-être d’y penser.

À un journaliste de Télérama, extatique, qui le complimentait pour son combat en faveur des sans-papiers, le glorieux défunt, satisfait comme souvent, lui répondit : « que voulez-vous ? J’ai toujours été du coté des dissidents ! ». L’imposture de la geste hesselienne est toute là : quelque soit le regard que l’on porte sur la question de l’immigration, il fallait une bonne dose de culot indécent pour considérer que ceux qui en France soutiennent le combat des immigrés illégaux risquent de se retrouver arrêtés à l’heure du laitier ou expédiés dans un hôpital psychiatrique.

La dissidence appartient en vérité à ceux qui, bravant la mort civile, rament à contre-courant de la doxa médiatique… »

On ne saurait mieux dire. Nous, royalistes, en savons quelque chose.

Le 7 mars 2013.

Du Plessis.

Résistance, vous avez dit résistance ?

1 Mar

Nous vous proposons de lire l’avant-dernier éditorial politique de Thomas Legrand sur France Inter. Il revenait sur la disparition de Stéphane Hessel mais se risquait à donner son opinion sur la notion de « résistance ». Mais pas n’importe laquelle, la résistance vue par l’un des membre les plus ardents du clergé de la pensée conforme et obligatoire.

 » Oui le succès d’« Indignez-vous » prouve que Stéphane Hessel avait su formuler (après la crise de 2008) ce besoin de résistance face à la logique dominante de la performance et de la rentabilité, de la compétition dans tous les domaines de la vie, avec l’argent comme seul étalon. Une logique qui a raison de nos systèmes de solidarité élaborés dans la clandestinité par la génération de Stéphane Hessel. Son message est radical et fait en même temps référence à des figures humanistes modérées : Jean Moulin, René Cassin, Pierre Mendès-France. Mais la  notion de résistance est ambigüe en démocratie. Hessel nous enjoint de nous indigner, de retrouver l’esprit de résistance tout en convenant que l’interdépendance des problèmes du monde actuel rend les motifs d’indignation moins évidents à déceler qu’à son époque plus binaire. Résister nous dit-il !… mais contre quoi ? Contre qui ?… Les tyrannies contre lesquelles il faudrait lutter aujourd’hui sont vaporeuses, insaisissables… Souvenez-vous de la tirade de François Hollande : « Il n’a pas de nom, pas de visage, mon adversaire c’est le monde de la finance »… cette envolée lyrique et engageante, directement inspirée du message d’Hessel nous reste sur les bras aujourd’hui… Justement parce que l’adversaire « n’a pas de nom, ni de visage ! ». Stéphane Hessel en 40 avait su choisir le camp du bien, risquer sa peau. Il a subi la torture. De nos jours, c’est à la fois plus complexe et moins dangereux. Le concept de résistance, qui imprègne encore les générations d’après-guerre est-il vraiment adapté à ce que nous vivons ? La résistance, mythifiée, ne peut se concevoir que comme une lutte contre une domination majoritaire et oppressante. Or en démocratie, de nombreux minoritaires radicaux, qui se sentent écrasés brandissent l’étendard de la résistance et en détournent le sens. De prétendus « résistants » affirment souvent s’opposer au politiquement correct, à l’idéologie dominante, à la pensée unique, c’est-à-dire en réalité à la majorité. Le mot de « résistance » cache souvent une forme de conservatisme quand ce n’est pas une attitude purement réactionnaire.

La résistance dont parle Stéphane Hessel ne peut donc pas s’entendre dans le champ de la politique classique ?

De nos sociétés démocratiques et ouvertes, non ! Mais plutôt dans le champ des expériences de vie alternative. Les ouvriers qui tentent de sauver leur entreprise en formant des Scop sont les vrais résistants, ils prennent des risques pour eux même, les activistes de mouvements alternatifs, de Notre-Dame des Landes, de certains squats, ceux qui s’interrogent sur les folies de la croissance et du toujours plus en adaptant leur propre mode de vie à leur idées, ceux qui tentent produire différemment, de façon plus respectueuse de la nature, ceux qui prennent des risques pour aider des migrants, ceux et celles qui s’opposent frontalement, ici ou dans les révolutions arabes aux nouveaux fondamentalistes religieux, obscurantistes et sexistes. C’est souvent, hors des partis qui font l’actualité politique et parmi une population très jeune que se trouvent les précurseurs et les résistants d’aujourd’hui. Et ça tombe bien que l’occasion nous soit donnée de le souligner ici, à Toulouse, ville à forte tradition de mouvements alternatifs. »

Vous l’aurez compris, vous n’avez aucune chance d’être reconnus comme « RESISTANTS » puisque , citons l’auteur de ces lignes, « La résistance, mythifiée, ne peut se concevoir que comme une lutte contre une domination majoritaire et oppressante« . Et que « en démocratie, de nombreux minoritaires radicaux (c’est-à-dire vous et nous), qui se sentent (sic) écrasés brandissent l’étendard de la résistance et en détournent le sens« … Et qu’enfin, cerise sur le gâteau, « De prétendus ‘résistants’ affirment s’opposer au politiquement correcte, à l’idéologie dominante, à la pensée unique, c’est-à-dire en réalité à la majorité. Le mot de ‘résistance’ cache souvent une forme de conservatisme quand ce n’est pas une attitude purement réactionnaire ». Vous avez bien entendu. La majorité c’est bien l’idéologie dominante. Et les mêmes iront jusqu’à prétendre que « La force prime le droit » (Bismarck) ou, comme André Laignel, le 13 octobre 1981, que « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires » ! Vous n’avez aucune chance car vous n’appartenez pas à la caste dominante (dans laquelle on accepte cependant, et devinez pourquoi, de mettre pêle-mêle les Scop, Notre-Dame-des-Landes, les apôtres de la décroissance, l’aide aux migrants ou les adeptes des « printemps arabes »). Vous devez être préalablement reconnus et adoubés. Vous devez recevoir un brevet de bien-pensance, pour prétendre résister.

Alors, faites comme nous, souvenez-vous des fortes paroles du prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et de Cadix : « Je ne prétends pas, je suis« . Et résistez.

Le 1er mars 2013.
Pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, Jean-Yves Pons, Ministre de la Maison du Roi, Conseiller aux Affaires intérieures, à la Sécurité publique et à l’Organisation du Territoire.

Dommage… Ces vrais motifs d’indignation qui n’intéressaient pas Stéphane Hessel.

28 Fév

Nous avons apprécié le billet d’humeur de Serge Féderbusch, publié aujourd’hui sur Atlantico. fr et dont nous partageons la plupart des litanies. Il rappelle quelques unes des postures et des impostures de Stéphane Hessel que nous stigmatisions ici même hier.

Consternez-vous !

Publié le 28 février 2013

«Des morts on ne dit rien ou on dit du bien» enseignaient sagement les anciens Romains.

Nous n’aurons donc rien à dire de Stéphane Hessel, laissant la gauche germanopratine , c’est -à-dire  qui se réfère à Saint-Germain-des-Prés- lui organiser des funérailles alternationales.

Mais, puisqu’il vaut mieux être indigné que niais indigne, nous recenserons quelques scandales que la prose stigmatisante d’Hessel et ses acolytes ont passé étonnamment sous silence ces dernières années.

Quelle ironie de voir un ennemi numéro 1 de la finance et président de la République danser du ventre devant les agences de notation pour obtenir 0,1 % de rabais sur des taux d’intérêt afin de payer son armada de fonctionnaires !

Quelle misère que ces bobos circulant sur des Vélib’ ultra-subventionnés pendant qu’on ferme l’usine PSA d’Aulnay et que les prolos s’entassent dans des embouteillages ou des rames de métro pour lesquels on n’a rien investi depuis des années !

Quelle injustice que le sort de ces employés précaires du secteur privé travaillant 60 heures par semaine comme prestataires de service pour des administrations où l’on travaille 60 heures par mois !

Quel scandale que le prix des billets de train devenus inabordable car il faut payer pour les avantages en tout genre des salariés de la SNCF, en particulier leur comité d’entreprise !

Quel autre scandale que le prix de l’électricité augmentant pour les mêmes raisons que celui du train !

Quelle disgrâce que le destin de ces Roms que Valls expulse sans presque aucun murmure associatif ni émotion dans la presse de gauche !

Quel outrage que ces centaines de morts au Mexique, victimes des cartels qui approvisionnent en dopants et stupéfiants des consommateurs occidentaux qu’il ne faut pas stigmatiser !

Quelle aberration que cet oubli des victimes de Castro dont nul ne s’étonne que le frère prenne les commandes d’un Cuba misérable !

Quel drame que ces cités délitées malgré les dizaines de milliards d’euros dilapidés depuis 30 ans en politiques dites de la ville !

Quelle ineptie que cette crise du logement due au malthusianisme des maires de «gauche» qui refusent les permis de construire aux immeubles pour bourgeois risquant de mal voter sur «leurs» territoires !

Quelle étrange dyslexie que celle qui ne remarque jamais les roquettes s’abattant sur Israël mais toujours les actions de riposte israéliennes auxdites roquettes !

Quelle vergogne que ces politiciens qui, sous prétexte de défendre de prétendus acquis sociaux, font des enfants de France un futur lumpenprolétariat qui devra s’expatrier pour servir de domestiques en Asie ou ailleurs !

Quelle injustice que ces subventions coulant à flots en direction des mêmes théâtres et quel grotesque spectacle que celui des directeurs de ces établissements, tel Jean-Michel Ribes du Rond-Point, se tortillant devant Hollande, serré dans un costume rose ! Et que dire du système de l’avance sur recettes qui profite à une petite minorité de pistonnés ! Ou de l’endogamie et du népotisme généralisé dans le cinéma français qui fait que tant de jeunes acteurs de talents ne perceront pas, éliminés au profit des fils et filles de.

Quel mépris pour le peuple que ce choix systématique de lui mentir sur la gravité de la crise financière dans laquelle se débat l’Etat en prétendant que tout ira mieux par miracle l’an prochain, puis l’an prochain, puis l’an prochain !

Quelle stupidité que ce soutien aux Espagnols qui défilent contre les marchés financiers sans protester contre les investissements et embauches délirants des «généralités» socialistes !

Quel étrange aveuglement que de ne pas s’alarmer qu’un gouvernement soit constitué de professionnels de la politique et qu’aucun de ses membres ou presque n’ait eu à remplir des feuilles de paie et déclarations de salaires !

Les Indignés d’hier font les Consternés de demain …

* Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d’informations en ligne sur l’actualité politique parisienne.
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/dommage-ces-vrais-motifs-indignation-qui-interessaient-pas-stephane-hessel-serge-federbusch-653300.html#gAw69138Fh3mypu7.99