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Billet d’Argolide : la boite de Pandore.

1 Juil

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Depuis aujourd’hui, la Grèce est officiellement en défaut de paiement.

C’est ce que nous avions prévu dès notre Bulletin climatique du 22 novembre 2012 (Lire « Ils n’auront pas le choix, le défaut sera la solution« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/11/22/bulletin-climatique-quotidien-22-novembre-2012-de-la-republique-francaise/

Le résultat en est aujourd’hui ce grand gâchis auquel vous assistez et les conséquences qui s’annoncent déjà et auxquelles le Conseil dans l’Espérance du Roi est le seul à vous préparer.

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Nos élites auto-proclamées n’ont pas encore compris  » l’effet papillon  » ou la théorie du chaos de Lorentz. Et ce qui semblait inimaginable est désormais très sérieusement envisagé : faute d’accord avec ses créanciers, la Grèce va se retrouver en faillite et exclue de la zone euro. Mais exclure la Grèce de la zone euro « serait une erreur dramatique, historique. On est tout près d’une grande catastrophe« , vient de dire l’économiste Thomas Piketty. « Personne ne peut savoir ce qu’il se passerait ensuite, il y a de forts risques qu’à chaque élection, au Portugal ou ailleurs, on se demandera alors quel pays va sortir. Tous ceux qui disent que la sortie est possible se trouveront évidemment renforcés », a-t-il poursuivi.

Et l’économiste de pointer les partisans d’une ligne dure vis-à-vis d’Athènes, Allemagne en tête. « Les apprentis sorciers qui s’imaginent qu’on va apporter la stabilité dans la zone euro en expulsant un membre pour discipliner les autres sont extrêmement dangereux. L’idéal européen est en passe d’être très sérieusement écorné, et peut-être même détruit, par ces décisions d’apprentis sorciers. Donc l’urgence, c’est surtout que Hollande prenne ses responsabilités et vienne dire que la restructuration de la dette, ce n’est pas pour après-demain, c’est pour maintenant« .

Pour Thomas Piketty, toute réforme grecque sera vaine si ses créanciers ne consentent pas à un nouvel effacement de sa dette. « On a perdu six mois dans cette négociation où on n’a toujours pas abordé la question importante qu’est la restructuration d’ensemble de la dette grecque et d’ailleurs d’autres pays européens très endettés comme le Portugal, l’Italie. C’est vraiment l’ensemble des dettes de la zone euro qui doit être restructurée« , a-t-il martelé.

Pour nous, ce n’est pas six mois qui ont été perdus mais plus de deux ans… Puisque nous c’est ce que nous annoncions dès le mois de novembre 2012.

Et Thomas Piketty d’ajouter : « Là, il y a une espèce d’amnésie et d’ignorance historiques de la part de nos dirigeants qui est absolument consternante parce que l’Europe dans les années 50 s’est construite justement sur l’effacement des dettes publiques du passé pour investir dans l’avenir, dans les infrastructures, dans la croissance. L’Allemagne avait une dette extérieure considérable qui a été annulé par la conférence de Paris et de Londres de 1953 et 1954 pour justement investir dans l’avenir parce qu’on pensait que les jeunes générations d’Allemands, et même de Français, n’avaient pas à payer éternellement pour les dettes accumulées par les gouvernements précédents. Et pourtant, dieu sait si les gouvernements précédents avaient fait des bêtises bien plus graves que celles des gouvernements grecs en 2009« .

« Je veux juste rappeler la situation, a-t-il précisé : la Grèce part en 2009 d’un niveau de déficit considérable, qu’ils avaient d’ailleurs nié en manipulant leurs comptes. Ensuite, on part en 2010 d’une politique d’austérité sans précédent qui finalement a un peu tué le malade. Quand vous avez un niveau d’activité économique, de PIB, qui a chuté de 25% entre 2009 et 2015, c’est bon pour personne, y compris pour les créanciers : ça n’aide pas à rembourser la dette« . « Les Grecs ont fait une cure d’austérité sans précédent et sont passés au cours de l’année 2014 dans une situation d’excédent primaire. Cela veut dire que les Grecs, à partir de 2014, ont commencé à payer plus d’impôts que ce qu’ils reçoivent en dépenses publiques. Effectivement, c’est tout à fait raisonnable de demander aux Grecs, compte tenu des erreurs passées, d’être en situation d’excédent primaire, c’est-à-dire d’autofinancer leurs dépenses et de dégager un surplus. Toute la question est de savoir si on peut se contenter d’un léger surplus. Je pense que oui, jusqu’à ce qu’au moins l’économie grecque retrouve son niveau d’activité économique d’avant les chocs. Cela parait être le bon sens minimal. Au lieu de cela, alors que les Européens avaient promis aux Grecs en 2012 que lorsque la Grèce serait en situation d’excédent primaire, alors enfin on renégocierait le niveau de la totalité de la dette, les Européens ont refusé cela. C’est pour cela que le précédent gouvernement grec a chuté, c’est pour cela que Tsipras a gagné les élections en janvier 2015. Et depuis six mois, les Européens refusent toujours de parler de cette question« .

Mais rassurez-vous tout de même, c’est grâce à cet aveuglement que la zone euro va finir par imploser et que nous pourrons commencer à espérer retrouver notre liberté et la renaissance de la France.

 

Le 1er juillet 2015.
J-Y Pons, CJA, pour le CER.