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Le député européen Aymeric Chauprade en butte aux actions de certains qui souhaiteraient limiter sa liberté de parole de parlementaire.

5 Juin

Convoqué par la Police Judiciaire française pour avoir critiqué l’islamisme qui menace l’Europe dans une vidéo enregistrée au Parlement européen durant une session du Parlement, Aymeric Chauprade annonce qu’il ne se rendra pas à cette convocation.

Cher Monsieur,

Je fais suite à votre courriel du 2 juin dernier dans lequel vous entendez me convoquer dans le cadre de l’enquête diligentée à la demande de Mme Annabelle PHILIPPE, Vice-Procureur près le Tribunal de Grande Instance de Paris, référencés P15023000639 et concernant des propos publiés sur YouTube à l’adresse https://youtu.be/aEUruaIUKqI et sous le titre “La France est en guerre”.

Je tiens à vous informer que je ne me rendrai pas à cette convocation.

En effet, les propos pour lesquels je suis poursuivi ont été tenus dans le cadre de mon activité de député au Parlement Européen et alors que je me trouvais dans l’enceinte des locaux de l’Union Européenne à Bruxelles.

Par conséquent, j’entends à ce titre invoquer le bénéfice des dispositions de l’article 9 du Protocole sur les privilèges et immunités du 8 avril 1965 des parlementaires européens.

Cet article dispose en effet que : ” les membres de l’Assemblée ne peuvent être recherchés, détenus ou poursuivis en raison des opinions ou votes émis par eux dans l’exercice de leurs fonctions”.

Par ailleurs, l’article 10 dispose que l’immunité couvre également les députés européens “lorsqu’ils se rendent au lieu de réunion de l’Assemblée ou en reviennent”. Tel était le cas en l’espèce.

Enfin, je tiens à préciser que je n’entends pas céder aux désidératas des ligues de vertu qui, à l’instar de la LICRA, prétendent fixer les limites de la liberté d’expression à des députés légitimement élus par le peuple français.

Je vous prie de croire, cher Monsieur, en l’assurance de mes sincères salutations.

Aymeric CHAUPRADE
Député français au Parlement européen

http://aymericchauprade.com/aymeric-chauprade-convoque/

L’incommensurable orgueil de l’Union Européenne, Union qui n’a pas compris la morale de la Tour de Babel.

12 Avr

LE PRESIDENT HOLLANDE EST BIEN UN FRANCAIS NORMAL… Il connait peu de choses en géographie. À Ljubljana, il ainsi inventé la « Macédonie »

27 Juil

375px-Blason_ville_si_Ljubljana_(Slovénie).svg<——  Armoiries  de Ljubljana

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flag_of_Ljubljana.svg

À Ljubljana, Hollande invente la « Macédonie »

Le Point.fr – Publié le 26/07/2013 à 21:33 – Modifié le 27/07/2013 à 09:05

Après avoir placé l’Égypte en Tunisie et confondu Chinois et Japonais, le président de la République montre qu’il est décidément fâché avec la géographie !

C’est la troisième gaffe géographique de François Hollande en moins de deux mois. En déplacement jeudi à Ljubljana, en Slovénie, pour un sommet des pays des Balkans occidentaux, le président français a inventé un nouveau pays : la « Macédonie ». Il s’exprimait en français (NDLRB. Ah! Ah!) lors d’une conférence de presse (à 18’30 ») avec Borut Pahor, son homologue slovène, et évoquait le processus d’adhésion à l’Union européenne de Skopje. L’hôte de l’Élysée n’a pas paru s’émouvoir de son erreur et a poursuivi son propos, indiquant que la France était disposée à chercher « une solution » aux différends avec la Grèce qui bloquent l’intégration de la république de Macédoine dans l’Union européenne. 

Le président avait commis un impair de ce type lors d’une conférence de presse en Tunisie, mais avait cette fois tenté de rattraper son erreur. Interrogé sur les événements en Égypte, il avait assuré prendre acte « de la situation en Tunisie. » « Pardon, je prends acte aussi de la situation en Tunisie qui celle-là permet d’engager la transition démocratique« , avait-il ajouté. Mais la bourde la plus embarrassante est sans doute celle que François Hollande a commise à Tokyo le 7 juin dernier. Évoquant la tragédie de l’attaque d’un site gazier en Algérie dans laquelle dix Japonais avaient trouvé la mort, il a rappelé avoir présenté ses condoléances « au peuple chinois« .

http://www.lepoint.fr/politique/a-ljubljana-hollande-invente-la-macedonie-26-07-2013-1708853_20.php

images3  Ce Que le Roi fera Demain. Rappelons sans nous lasser  que  diriger un pays est un mêtier et qu’il vaudrait  cent  fois mieux – au moins pour notre pays -que  son dirigeant  suprême soit  formé  dés son age plus tendre à l’exercer, exactement  come l’est le  fils du roi plutôt que  de faire  courir le risque à son pays d’être l’objet grandissant d’un certain  nombre  de sarcasmes  d’origines variées . En effet, alors  que pour un grand nombre d’activités  professionnelles la « mention  » de Père en fils »  est  pour  beaucoup un gage de qualité pour cette activité là ( je parle celle de  chef  de la France) on accepte sans sourciller – que le poids du hasard  ( car enfin, il faudra  bien se résoudre à appeler les  choses par leur nom) et des engagements ruineux et   dangereux en ce  qu’ils ont pour objet de s’attacher les voies d’une minorité – soit déterminant.

Pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, Alain TEXIER. CJA. Garde des Sceaux ,Conseiller à la Justice, aux Libertés publiques, aux devoirs et aux droits des Citoyens et Conseiller aux réformes institutionnelles.

Financement des budgets des Etats, Ils sont prêts à tout*.

9 Jan

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L’Etat est en faillite. Il lui faut donc tenter de sauver ce qui peut encore l’être et la loi de finances 2013 vous a montré de quoi l’oligarchie au pouvoir est capable. Vous avez sans nul doute mesuré et apprécié à leur juste valeur les méthode employées et que l’on peut qualifier d’ « orthodoxes« : quelques économies budgétaires (largement insuffisantes cependant) et de considérables prélèvements fiscaux. Le résultat ne se fait pas attendre: l’économie est asséchée et la récession s’installe.

Comme la plupart d’entre vous s’en doutent, ces moyens s’avèreront donc rapidement insuffisants. Aussi, attendez-vous à ce que d’autres méthodes nous soient imposées. Nous les qualifierons de « non orthodoxes« .

En Europe, en particulier, les gouvernements, qui se sont engagés sur la voie de l’assainissement budgétaire alors que leurs économies étaient encore faibles, sont maintenant aux prises avec les répercussions sur la croissance. En conséquence, la stabilisation de la dette semble être une cible de plus en plus difficile à atteindre.

Aux États-Unis, l’assainissement a à peine commencé. Parce que l’économie privée est maintenant plus forte, le pays peut bénéficier de conditions plus favorables en terme de croissance, mais l’ampleur de l’austérité budgétaire nécessaire – plus de dix points de pourcentage du PIB, selon le FMI – est effrayante. Au Japon, rien n’a été fait à ce jour et l’importance de l’effort requis défie l’imagination.

Officiellement, tous les gouvernements des pays avancés restent engagés à accepter la douleur de l’ajustement. Mais combien d’entre eux s’épuiseront avant que ce programme soit réalisé dans son intégralité ?

En vérité, tôt ou tard, volontairement ou non, certains auront besoin de recourir soit à l’inflation soit à des mesures administratives destinées à capturer l’épargne nationale en vue de financer l’Etat et de garder des taux obligataires faibles (ce que les économistes appellent la répression financière). Sans exclure pour autant, de manière ultime, de recourir à la restructuration pure et simple de la dette voire à prononcer le défaut de remboursement.

Chacun de ces trois remèdes a été utilisé durant des crises de la dette antérieures. Ils peuvent être considérés comme des formes de taxation, même s’il s’agit d’une taxation plutôt implicite qu’explicite. En fin de compte, ce sont différentes méthodes pour forcer les générations actuelles et futures à assumer le fardeau de la dette qui s’est accumulée (pour les raisons que vous savez et qui ne sont pas de la responsabilité des peuples mais de leurs gouvernants).

Est-il préférable de choisir un ajustement complet ? Ou, est-il conseillé de mélanger l’assainissement avec une dose de remède alternatif ?

Sur ce point, la discussion est souvent formulée en termes moraux. L’ajustement, nous dit-on, est moralement louable, tandis que toutes les alternatives impliquent de répudier les contrats que les gouvernements ont conclus avec les créanciers obligataires.

Cela peut être vrai, mais les gouvernements se soucient plus de leur réélection que des principes moraux. Il est donc utile de discuter en termes purement économiques ce qu’impliquent les choix orthodoxes et non orthodoxes du point de vue de l’équité et de l’efficacité.

Commençons avec l’équité. De ce point de vue, l’ajustement est difficile à battre. La combinaison de la fiscalité et des réductions de dépenses permet de distribuer avec précision la charge de l’ajustement. La décision appartient au législateur. Certains ajustements, comme en France aujourd’hui, pèsent surtout pour le moment (mais ne rêvons pas) sur les individus à gros et moyen revenus; d’autres, comme en Italie, pèsent sur les retraités. Ces choix ont été faits démocratiquement, au sein des parlements, dans le cadre de décisions budgétaires. Encore faut-il en avoir le temps et les moyens. L’exemple de la Grèce est édifiant sur ce plan.

Par contre, les techniques non orthodoxes sont moins précises et plus opaques. L’inflation affecte toutes les personnes qui détiennent des actif (liquidités, obligations) ou des revenus (salaires, revenus de comptes d’épargne) qui ne sont pas indexés (ou sont imparfaitement indexés) par rapport au niveau des prix. En revanche elle allège les dettes personnelles. La répression financière est essentiellement une forme de taxation administrative de l’épargne intérieure. Quant à la restructuration, elle correspond à un prélèvement sur la richesse des obligataires, y compris l’épargne-pension de la classe moyenne: la restructuration concentre le poids de l’ajustement sur les personnes qui détiennent des obligations émises avant une certaine date limite et provoque ce que Keynes appelait « l’euthanasie du rentier ». Mais, lorsque le poids de la turpitude passée est trop lourd, il peut s’agir de la seule solution pour protéger les générations futures.

En revanche, pour les contribuables, c’est une formule alléchante, surtout quand une part importante de la dette est détenue en-dehors du pays !

Passons à présent à l’efficacité. Des ajustements à grande échelle peuvent affaiblir la capacité d’une économie à générer de la croissance, parce que des impôts élevés découragent les investissements ou parce que des coupes dans les dépenses publiques érodent la qualité des infrastructures et de l’éducation. Toutefois, tout cela s’applique également aux remèdes non orthodoxes.

La répression financière introduit des distorsions en canalisant l’épargne vers le financement du budget et au détriment des investissements. L’inflation implique une augmentation des taux d’intérêt à long terme, jusqu’à ce que les marchés reprennent confiance dans la banque centrale (à condition que celle-ci soit efficiente et non pas assujettie à la BCE par exemple). Quant à la restructuration, elle affaiblit les banques, qui détiennent généralement d’importants portefeuilles d’obligations d’état, ce qui les rend moins aptes à financer l’économie.

Cependant, une exception peut être présentée. Lorsque les secteurs public et privé sont tous deux surchargés de dette, l’ajustement conduit à une spirale de déflation par la dette, en particulier lorsqu’il est réalisé sous un régime de taux de change fixe. Dans ces conditions, un ajustement complet risque de devenir autodestructeur, ou au moins déraisonnablement difficile, comme l’illustre le cas de la Grèce. En dépit de leurs coûts économiques, la restructuration de la dette publique ou l’érosion de toutes les dettes publiques et privées à travers l’inflation peuvent se révéler des options moins néfastes.

En fin de compte, les alternatives à l’ajustement ne sont pas tendres. A part dans des situations extrêmes, elles sont moins performantes que l’ajustement budgétaire du point de vue de l’équité et ne sont pas préférables en termes d’efficacité. Par conséquent, l’idée qu’elles offrent un moyen facile de sortir de situation actuelle que connaissent les pays avancés est discutable. Mais pourra-t-on y échapper ?

En réalité, il ne faut pas s’y tromper. Nos gouvernants sont moins scrupuleux qu’on pourrait l’espérer et ils sont, pour la plupart, prêts à tout pour conserver leurs prébendes. Tant qu’ils seront assujettis aux règles imposées par l’Union européenne et la zone euro, ils en resteront aux méthodes « orthodoxes ». Mais si les circonstances économiques et financières devenaient insupportables, ils se tourneraient à coup sûr vers les méthodes « non orthodoxes ». Toutefois, il faut être conscient que, dans tous les cas, une de ces méthodes reste « un fer au feu », applicable brutalement et sans préavis, la répression financière. C’est à dire la captation administrée de notre épargne et sa dévolution au budget de l’Etat. Ce vol ne les effraie pas. Aussi, restez méfiants vis-à-vis de vos assurances-vie par exemple…

* Communiqué rédigé à partir des éléments d’un entretien de Jean Pisani-Ferry, Directeur de l’Institut Bruegel.

Le 9 janvier 2013.

Conseil dans l’Espérance du Roi.

Réflexions sur la nouvelle stratégie navale.

7 Jan

 

Le XXI° siècle qui vient de s’ouvrir a connu bien des évolutions pour ne pas parler de révolutions : guerre multilatérale au terrorisme international, abandon/suspension de la conscription et passage à « l’armée de métier » dans plusieurs pays d’Europe, élargissement des missions de l’Union européenne et avènement des drones. Ces « drôles d’engins », dont les pilotes ne sont pas absents mais bien distanciés du champ de bataille, sont d’ores et déjà employés sur les théâtres par un certain nombre de pays, notamment les Etats-Unis, Israël mais aussi l’Italie et pourraient bien révolutionner le concept d’emploi des forces, y compris dans le domaine naval.

1/ L’avènement des drones maritimes dans le double rôle de surveillance et de combat

L’avènement du drone aérien est déjà bien connu avec les Predator et autres Pointer, de fabrication américaine, en dotation aux Etats-Unis mais aussi en Italie, premier Etat d’Europe à les mettre en œuvre (notamment sur les théâtres irakien[1] mais aussi afghan) mais également à avoir pourvu à leur fournir un cadre juridique en vue de leur emploi dans l’espace aérien[2] et qui, par le biais de Galileo Avionica, société du groupe Finmeccanica, développe elle aussi des drones tels que le Falco[3].

Le drone maritime (de surface), quant à lui, est déjà connu des lecteurs de revues spécialisées françaises qui faisaient état, en janvier 2005[4], de la fin des essais du Protector réalisé par l’entreprise israélienne Raphaël. Basé sur un canot pneumatique de 9 mètres, il dispose d’une version de reconnaissance – équipée seulement de senseurs – et d’une version de combat – armée d’une mitrailleuse de 20 à 25 mm. En janvier 2013, une nouvelle version plus perfectionnée de ce drone de surfaice, toujours destinée à effectuer des patrouilles dans les eaux littorales a été lancée.

De plus, existent des systèmes de bouées radars fixes permettant de repérer, dans un rayon de 15 nautiques, les mouvements de navires, constituant ainsi des « gardiens » à moyenne distance des côtes [5].

Devant l’avènement de tels moyens et grâce au concept de « sauvegarde maritime », qui a remis au goût du jour les sémaphores[6] – qui sont confiés partiellement à des jeunes dans le cadre de postes sous ESR[7], malheureusement présentés comme « jobs d’été » – la stratégie maritime de la France, et plus généralement de l’ensemble des Etats dotés d’une Marine, pourrait être amenée à changer. C’est dans cette perspective que nous tenterons désormais d’analyser ce que pourrait être la Marine de demain, sachant que certains matériels sont déjà disponibles et d’autres le deviendront seulement à l’horizon 2020[8].

2/ L’élargissement du concept de Sauvegarde maritime : vers une Marine de guetteurs ?

L’ensemble des Marines pourra se doter – et peut d’ores et déjà se doter – de systèmes de bouées radar, permettant de relever la présence et l’activité de navires dans un périmètre de quelques nautiques. Le concept de sauvegarde maritime peut ainsi s’adapter aux Etats ne possédant pas de sémaphores et ne disposant pas de sites pour leur édification.

Ces forces pourraient également se doter d’un équivalent du drone maritime Protector en version d’observation, permettant ainsi de surveiller directement les zones caractérisées par un trafic plus important et pouvant donc poser des problèmes de reconnaissance précise aux bouées radars susmentionnées[9]. L’utilisation de ce type de drone naval de surface pourrait par ailleurs se doubler ou se voir remplacé par la mise en œuvre de drones aériens de surveillance tels que les Protector et autres Falco[10].

A ces moyens de surveillance de zone, pourrait venir s’adjoindre une composante armée, destinée à repousser des attaques terroristes provenant de la mer mais également à dissuader les embarcations de trafiquants (de drogue, de cigarettes ou d’êtres humains), dans l’attente de l’arrivée sur place d’une unité navale de type classique (patrouilleur de service public ou unité de présence), capable de prendre en compte directement les besoins des immigrés clandestins et/ou de procéder à l’arrestation de trafiquants[11]. Le déploiement sur zone d’une Unité navale classique pourrait permettre, notamment aux Marines disposant de peu de navires, de ne pas les soumettre à de longues patrouilles et de préserver ainsi leur disponibilité au moindre coût. Cette tactique nécessite cependant la mise en alerte de deux « patrouilleurs » par zone d’action de drones maritimes, de manière à ce qu’une fois parti le premier dans le cadre d’une intervention d’interception, un second navire (de trafiquants ou autres terroristes) puisse échapper à l’action en question.

Telle pourrait être la physionomie des forces navales de l’ensemble des pays désireux de ne pas déployer sur zone un nombre de militaires jugé excessif. Ceci représente sans doute le dispositif de sauvegarde maritime – et donc de sécurisation des frontières maritimes – de l’avenir.

3/ La nécessité d’un choix politique : frappe et projection de puissance

            Dès lors, la possession d’autres unités navales, telles que les frégates anti-aériennes et de lutte anti-sous-marine (AA et ASM) ainsi que des traditionnels bâtiments de projection de force, du porte-avions aux transports de chalands de débarquement/Bâtiment de protection et de commandement (TCD/BPC), aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), en passant par les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et éventuels « Frappeurs »[12] devient un acte politique d’une importance fondamentale, qui doit donc s’accompagner d’un choix stratégique en l’absence duquel elle ne saurait être que vaine. A ce propos, on ne saurait qu’être particulièrement attentif au choix de non choisir effectué par l’actuel gouvernement en ce qui concerne la construction d’un second porte-avions, pourtant nécessaire à garantir la présence constante à la mer d’un groupe aéronaval, à moins de ne vouloir troquer ce dernier par un ersatz, comme cela a eu lieu lors de la campagne contre la Libye du Col. Kadhafi (remplacement du Charles De Gaulle par un BPC équipé notamment d’hélicoptères d’attaque de l’ALAT -Aviation Légère de l’Armée de terre-).

La possession de la part de certains Etats de flottes de combat composées notamment de frégates AA et ASM ainsi que de bâtiments de projection (de force et de puissance) dépendra donc de leur volonté d’exister d’une certaine manière sur la scène internationale et d’imprimer leur marque à l’avenir du monde. Et cela ne pourra se faire que sur une base nationale, tant il est vrai que la France se doit de pouvoir intervenir là où elle le souhaite sans dépendre pour ce faire de ses partenaires de l’Union européenne ou de l’OTAN, notamment du fait des accords internationaux qu’elle a signé avec bon nombre d’Etats…

La mise en œuvre d’une dissuasion nucléaire, basée essentiellement sur l’arme sous-marine, comme c’est le cas de la nôtre, laisserait présager que l’adoption de drones sous-marins[13] pourrait constituer une perspective intéressante[14]. Cependant, déjà en termes théoriques, une telle éventualité viendrait sans aucun doute se heurter à la possibilité que ces drones soient interceptés voire même retournés contre leurs légitimes détenteurs, grâce à la découverte des codes de commandes des véhicules en question et à leur remplacement par des codes alternatifs de la part d’ennemis classiques, ou, pire encore, de terroristes. Avec ce que représenterait le risque de voir le véhicule être lancé avec une charge explosive à bord, sous forme de « bombe sale » en direction d’une zone balnéaire ou d’un port, pas nécessairement militaire, par les personnes ayant détourné l’AUV en question. Le drone sous-marin devrait donc voir son application limitée à des opérations d’accompagnement du déploiement de SNLE[15], de protection de forces de haute mer (projection de forces ou de puissances) ou encore de guerre des mines.

Pour ce qui est des drones aériens, ils pourraient être déployés, à l’horizon 2030 et dans une version spéciale, sur des PA et autres BPC, de manière à préparer l’intervention des forces de l’aviation embarquée, tant sous la forme d’observation que d’interception, en particulier de « slow-movers », pouvant représenter un danger pour le groupe aéronaval, protégeant ainsi au mieux les ressources humaines, fondamentales. On les trouve déjà employés à titre d’expérimentation, depuis l’an dernier, sur le Patrouilleur expérimental l’Adroit de la Marine nationale et sur certaines frégates italiennes[16].

En guise de conclusion : L’homme, toujours au centre.

Il reste à dire que les choix qui seront faits en ce qui concerne l’usage naval des drones – maritimes et aériens –, s’ils conditionneront fortement les possibilités de chaque Nation d’intervenir sur la scène internationale, ne doivent pas faire oublier que « ces drôles d’engins » sont et demeureront l’œuvre d’hommes qui, même si à distance, devront continuer à les mettre en œuvre et resteront donc en définitive, dans la Marine comme dans toutes les forces armées, l’élément central de la Défense, qui est, fondamentalement, au service de l’homme. N’en déplaise aux antimilitaristes et pacifistes de tout poil.

Le 7 janvier 2013.

pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, CC (r) François Romain, Conseiller aux Armées.


[1] De leur déploiement, au début de 2005 à la fin mai 2006, les drones en question ont effectué 1.260 heures de vol sous cocarde italienne en Irak (cf. ANSA 28/01/2005 mais également Volare Luglio 2006 – n° 271 p. 57).

[2] Loi n° 178/2004 portant sur l’utilisation de drones aériens à l’intérieur de l’espace aérien national dont on trouve une bonne synthèse in Air Press 19/09/2005.

[3] Drone de reconnaissance actuellement déployé en Bulgarie, à Chesnegirovo, et qui a également effectué des vols en Grande-Bretagne dans le cadre de l’exposition ParcAberporth Unmanned Systems 2006, de prochains essais de vols hivernaux près la base de Bardufoss, en Norvège ayant alors été annoncés (cf. Air Press 19/06/2006 et 10/07/2006).

[4] Le Protector, bon pour le service in « Marine », n°206, janvier 2005, p. 4.

[5] Cf. notamment celles de fabrication australienne proposées au gouvernement maltais en octobre 2005 dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine par une délégation commerciale en visite dans l’île (cf. The Times of Malta 15/10/2005). Un réseau dénommé Malta Vessel Traffic Management and Information System (VTMIS), acquis auprès de la société britannique Transas, devrait être installé à Malte d’ici novembre 2006. Basé à Gozo, Madliena, Dingli et Marsaxlokk, il comprendra au minimum quatre radars de surveillance côtière (installés à terre), quatre radiogoniomètres, ainsi qu’un réseau de stations de base et un CO intégré au Centre opérationnel des Forces Armées maltaises (AFM). (The Times of Malta 24/02/2006). Son assemblage devait commencer au début juillet (cf. The Times of Malta 21/06/2006), le système devant être armé par 32 personnels, partiellement militaires, actuellement en cours de formation.

[6] Cf. l’article du CC Gonella, Sémaphores de la Marine: des yeux sur l’Océan, in « Marine » n° 204, juillet 2004, p. 28.

[7] Engagement à servir dans la réserve, contrat introduit en 1999 avec la loi de réforme de la réserve militaire et l’abolition du contrat de réserve active.

[8] En particulier les drones de combat aériens, selon une étude du groupe italien Finmeccanica (cf. Air Press 03/10/2005). Ce point de vue doit être décidément remis en cause après qu’un MQ-1 Predator de l’US Air Force ait été équipé, le 14/06/2006 de deux missiles anti-char à guidée laser Hellfire sur le théâtre irakien (cf. Air Press 19/06/2006) et depuis lors employé régulièrement en Afghanistan, avec des « effets collatéraux » négatifs non nuls…

[9] ou éventuellement aux relèvements des satellites…

[10] On notera qu’une telle stratégie est envisagée, à l’horizon 2020, par la Royal Australian Air Force qui envisage de se doter de 12 patrouilleurs et de six drones de type Global Hawk ou Predator modernisés – et donc dotés de radars à scansion électronique AESA – en remplacement de ses P-3C Orion (cf. Volare, Luglio 2006 – n° 271, pp. 36-37).

[11] Une telle stratégie serait particulièrement adaptée à la situation présente dans les DOM-TOM/COM où les bâtiments sont en nombre limité voire insuffisants et où les trafics illicites, outre les pêches illégales, sont en hausse…http://www.stripes.com/news/navy/navy-debuts-unmanned-robotic-boats-with-new-swarm-capability-1.306741?utm_source=Stars+and+Stripes+Emails&utm_campaign=Daily+Headlines&utm_medium=email

[12] Cf. Le Frappeur, Navire missileur pour l’Age des Réseaux de M. Loire, in « Marine », n°196, juillet 2002, pp. 21-23.

[13] Il est évident que les drones ici évoqués ne sont pas ceux déjà employés par l’US Navy dans le cadre de la guerre des mines, engins qui devraient venir remplacer les bâtiments classiques dédiés à la lutte contre cette menace (cf Marine américaine, de l’hyper puissance à la superpuissance du CV (R) Bernard Prézelin in « Marine », n° 210, janvier 2006, p. 24).

[14] On notera que des véhicules-drones sous-marins autonomes (AUV), développés en Italie par le Centre de recherche sous-marin de l’OTAN (NURC) ont fait l’objet de récents exercices internationaux, notamment du 2 au 21 novembre 2005 et au début avril 2006 dans le Golfe de La Spezia (cf. ANSA 31/10/2005 et Notiziario della Marina Militare Italiana marzo-aprile 2006) mais seulement dans le cadre de missions de découverte de menaces de type mine.

[15] Avec cependant certains risques en termes de renseignement en cas d’acquisition des codes de conduite et/ou des données reçues par le drone sous-marin.

[16] Dans l’un comme dans l’autre cas, les drones employés sont de type Camcopter de fabrication autrichienne.