Tag Archives: Valérie Pécresse

Cette obscure clarté qui tombe des propos de Valérie Pécresse.

30 Avr

         Je préconise  un plan de bataille en deux étapes. Il faut  battre Marine Le Pen  à la présidentielle  et se donner  comme objectif de faire triompher les idées de la droite et  du centre aux  législatives , pour  viser  la  cohabitation  dans la clarté  et sans ambiguïté  face à la gauche  et  face au Front national.  Ni compromission  avec Marine Le Pen à la présidentielle , ni compromission  avec Emmanuel Macron  aux législatives. Le Figaro . 28 avril 2017 p. 4

Vous avez  compris ? Non !

C’est pourtant limpide…

A l’élection présidentielle, la droite  doit  voter à gauche

Aux législatives, la  droite devra  voter à droite

     Apparement, Valérie Pécresse ne  s’interroge  pas sur la fidélité  à des idéaux guidant les votes et   qui ne devraient pas permettre des allers et retours entres des  convictions que  tout   (devrait) oppose(r). Elle ne  s’interroge pas non  plus  sur le succès  du « Front républicain » * qu’elle promeut  sans le dire au Législatives et  dont les expériences précédentes ont dé jà permis au FN de passer de 17,79 % des voix  en 2002 à peut -être  plus de 40 % des  suffrages en 2017. La République  a donc  bien atteint  son bût : la décérébration du cerveau des Français , eux  qui , jadis,  avaient un double objectif : servir Dieu et le roi.

    Aux personnes  qui pourraient s’interroger  sur la  contradiction entre ces deux votes successifs prônée par Mme Pécresse , à la ville Présidente du Conseil régional d’île de France depuis décembre 2015,  l’on répondra que cette leçon vaut  bien un fromage sans doute avec mes remerciements pour l’amicale collaboration de Jean de La Fontaine.

       Pour  le Conseil  dans l’Espérance du Roi, Alain TEXIER, CJA,Docteur en Droit, Diplômé de de Science Politique ,Garde des Sceaux ,Conseiller à la  Justice, aux Libertés  publiques, aux devoirs et  aux droits des  Citoyens et Conseiller aux réformes institutionnelle.

CQFD. Ce Que le Roi  Fera Demain     

    

Prétez- vous suffisamment attention à ce que ce  blog  nomme les  » étiquettes »  et   que l’on peut  comprendre  , sans doute plus clairement , comme des mots clefs. Il s’agit là d’une intelligente façon d’analyser le  contenu des analyses  qui vous sont offertes et de les mettre en relation avec  des articles au contenu voisin. Mettons aujourd’hui l’accent  sur  deux  concepts  fondateurs du blog du CER, celui de CITH et  celui de CQFD.

Concept de CITH

Voir le Consilium – Consulte n° 2013/002 , portant création de la Chambre d’Instruction pour le Tribunal de l’Histoire (CITH).  https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/02/10/consilium-consulte-n-2013002-portant-creation-de-la-chambre-dinstruction-pour-le-tribunal-de-lhistoire-cith/

Concept de CQFD

Voir  le post- page  intitulé : Et après la République? De la notion de CITH et de celle de CQFD

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/et-apres-la-republique-de-la-notion-de-cith-et-de-celle-de-cqfd/

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (10 avril 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

10 Avr

*  La « Hessel attitude » :

Nous citions hier les propos de Bruno Roger-PetitChroniqueur politique au  Nouvel Observateur, concernant les révélations d’Audrey Pulvar sur son passé socialiste. Il insistait sur le fait qu’elles lui apparaissaient comme «  l’incarnation de la réduction par l’émotion de tout ce qui touche à notre vie publique. Acteurs et commentateurs privilégiés des événements ne vivent plus que par la passion, hors la raison. D’abord l’émotion, avant toute chose, et tant pis pour la réflexion. Acteurs et commentateurs politiques sont tous devenus des « hesseliens » : de l’indignation avant toute chose.« 

Ne pourrait-on voir dans le projet de loi sur la « moralisation de la vie politique« , qui sera débattu ce mercredi en Conseil des ministres (avant d’être présenté le 24 avril), un phénomène analogue ? N’y a-t-il pas, dans cette précipitation, une démarche purement émotionnelle éloignée de ce que devrait être la réflexion politique : un fait divers, une loi ! En d’autres termes, l’éternel choc entre le temps court des oligarques au pouvoir et le temps long de l’Histoire.

Sans attendre et devant le risque d’une décrédibilisation encore plus profonde du pouvoir et de la classe politique, onze mois après l’élection de François Hollande à l’Elysée, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé par ailleurs la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres d’ici au 15 avril.

Pour le chef du gouvernement, cet exercice de transparence est «de nature à recréer de la confiance». «C’est bien que ceux qui exercent une responsabilité publique, ministres, parlementaires ou encore élus de grandes collectivités territoriales, rendent public leur patrimoine», a naïvement déclaré à la presse M. Ayrault, lors d’un déplacement à Tours.

A l’Elysée, on est conscient du risque de cette opération de transparence. «Psychologiquement ça va être dur et politiquement ça peut être ravageur», affirmait ainsi un conseiller.

«La marge est très étroite entre la dissimulation d’un côté et le déballage de l’autre. La solution intermédiaire c’est la transparence», plaidait-on. «Ca va dépendre beaucoup de la situation des parlementaires chez eux» mais «on sait que pour la gauche c’est toujours plus dur» commence-t-on à dire dans les rangs du PS.

Pour l’UMP Valérie Pécresse, qui avait précédé Jérôme Cahuzac au ministère du Budget, «toutes les propositions (de moralisation de la vie publique, ndlr) qui sont sur la table ne servent qu’à faire diversion face à la gravité du séisme».

 Mais de la « moralisation politique » (superbe oxymore !) au « voyeurisme hypocrite« , il n’y a qu’un pas .

C’est ainsi que, détonnant avec les propositions de son camp, l’écologiste Noel Mamère a estimé qu’il s’agit « d’une espère de course à la vertu qui peut être à terme dangereuse pour la société » (s’éloignant ainsi, manifestement, de son maître à penser…Robespierre). L’ancien ministre appelle en revanche à renforcer les pouvoirs de la Commission pour la transparence financière de la vie politique. Son collègue Daniel Cohn-Bendit a livré le même constat sur RTL :

« Je ne crois pas que d’étaler la fiche d’impôt sur la place publique ça fasse avancer quoi que ce soit. Si quelqu’un a quelque chose à cacher, l’opération transparence il en a rien à cirer ! »

Le député européen s’est par ailleurs dit favorable à ce que parlementaires et ministres déclarent leur patrimoine et leurs avoirs auprès d’une institution publique, à condition que celle-ci puisse vérifier les déclarations.

Daniel Cohn-Bendit n’est pas le seul à regarder avec scepticisme cette nouvelle quête de transparence. « Une fausse bonne solution » selon le chef de file des députés du Front de Gauche, André Chassaigne. La publication des déclarations de patrimoine a « un côté un peu malsain qui peut conduire à livrer à la vindicte populaire des élus qui sans être fortunés ont parfois des biens de famille (sic) alors qu’une partie des Français se trouve dans les pires difficultés », estime le député PCF du Puy-de-Dôme. Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites…. D’autant que « le problème n’est pas là« , ajoute-t-il. Il est « ultra-prioritaire de s’attaquer avec courage et fermeté à la fraude et à l’évasion fiscale avec des actes forts. » (pour les autres sans doute)

A l’UMP, pas d’unanimité. Si François Fillon a dévoilé lundi soir sur France 2 les grandes lignes de son patrimoine, Jean-François Coppé  refuse de prendre partà un « numéro de voyeurisme, d’hypocrisie« . Tout en accusant le gouvernement d’orchestrer une opération transparence pour occulter l’affaire Cahuzac, le maire de Meaux déclare qu’il ne dévoilera son patrimoine que si la loi en fait une obligation.

« Irons-nous jusqu’aux enfants, jusqu’aux conjoints qui n’ont pas choisi de faire de la politique », demande Nadine Morano. Et d’ajouter, évoquant François Fillon : « Je regrette qu’il soit tombé dans cette démarche ».

Interrogé sur itélé, Gilbert Collard (Rassemblement Bleu Marine) s’inquiète quant à lui « d’une France du trou de serrure« . « Demain, j’enlève le bas« , a-t-il ironisé, moquant « une grande opération de nudité« .

Le socialiste Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, fait part de la même réserve dans une interview donnée au Parisien. « Publier son patrimoine n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Ce n’est pas mon patrimoine personnel : il remonte pour une part à avant mon élection et ma conjointe n’est pas élue. Si la loi m’impose cette publication, je m’y soumettrai. A défaut, je ne la publierai pas« , avance-t-il.

En résumé, nous voici de nouveau face à l’une de ces « usines à gaz » dont la République a le secret pour lui permettre de détourner l’attention des problèmes sociaux dramatiques que connaît le pays vers des questions sociétales qui ne sont que quelques os qu’on donne à ronger aux chiens.

* Il y avait « l’avant-Chypre »…

…il y a désormais « l’après-Chypre ». Car personne n’a plus la garantie que l’argent déposé en banque est disponible.

La principale conclusion de l’après-Chypre est qu’une banque n’est pas un coffre-fort dans lequel votre argent serait à la fois à l’abri et disponible.

« Déposer 10 000 euros au guichet de sa banque, c’est échanger de beaux et bons billets contre un jeu d’écriture, de la data informatique, et quoi d’autre ? Rien à voir avec le dépôt de liasses de billets dans un coffre ; chacun sait que le dépôt en compte sert à garantir les crédits que vend la banque« , nous dit Hervé Juvin, président de l’Eurogroup Intitute dans l’Agefi Hebdo du 28 mars.. Le problème est justement que « chacun » ne le sait pas…

Une banque est un établissement qui achète et vend de la dette. Votre banque prête votre argent, celui que vous lui avez confié, mais pas que celui-là. Mais elle ne fait pas que prêter votre argent, elle en prête bien plus. Elle emprunte sur les marchés. Cet argent, elle va le prêter plus cher que ce qu’elle l’a emprunté. En effet, une banque passant pour plus fiable qu’une entreprise ou n’importe quel autre quidam, elle bénéficie de conditions de prêt favorables.

Une banque fréquente aussi le grand casino boursier. Votre banque emprunte donc de l’argent pour des « activités de marché en compte propre« . Quand la banque a trop de pertes par rapport à ses fonds propres, elle fait faillite. Soit elle s’est fait escroquer par un débiteur qui ne rembourse pas, soit elle a trop perdu à l’une des tables du grand casino.

Tout ce que la banque fait travailler sont ses « actifs ». Le ratio fonds propres sur total des actifs – ou effet de levier – est la seule façon fiable de mesurer la fragilité d’une banque.

Plus l’effet de levier est important, plus la banque est vulnérable aux pertes

L’une des banques chypriotes, Laiki, avait un effet de levier de 34. En d’autres termes, pour 1 € de fonds propres, elle avait 34 € d’engagement. Donc 2,9% de pertes sur ces 34 euros détruisent ses fonds propres. Comme le rappelait un article du Wall Street Journal du jeudi 27 mars (Greek Bets Sank Top Lenders), les banques chypriotes passèrent pourtant les stress tests de 2010 puis 2011 sans encombre.

L’effet de levier des banques françaises est du même ordre, même s’il est un peu inférieur. Pour les grandes banques françaises, dont le bilan total représente quatre fois le PIB de notre pays, il se situe entre 20 et plus de 30. Cet effet de levier a augmenté durant l’année 2012 pour les grandes banques européennes.

Les instances de régulation elles-mêmes reconnaissent que les calculs de risque ne recouvrent aucune réalité. En face de chacun de ses engagements (prêts), une banque doit mettre de côté  -immobiliser- une partie de ses fonds propres (l’argent qui lui appartient en propre).

La quantité de fonds propres à immobiliser dépend du risque du prêt consenti. Si la banque prête à un État, elle ne met rien du tout de côté. Un État ne fait pas faillite, c’est bien connu… Si elle prête à une autre banque, surtout une grosse banque, elle ne met presque rien de côté. Une banque ne fait presque jamais faillite, c’est bien connu…

Évidemment, si elle prête à une entreprise en difficulté, elle met bien plus d’argent de côté. Les banques ont mis en place leurs propres calculs (ou modèles) de risque. Elles ont donc une certaine latitude pour déterminer l’argent qu’elles immobilisent. Puisque moins elles ont à immobiliser de fonds, plus elles peuvent prêter, elles ont intérêt à minimiser les risques.

Les mises en garde officielles se multiplient en ce début d’année. En mars, le Fonds monétaire international indiquait que la stabilité financière n’est pas assurée : « Stress et dislocation sur les marchés de la dette ; une perte de confiance des marchés dans la dette souveraine ; des mouvements ultérieurs de baisse de prix des actifs ; des chocs baissiers sur la croissance. Ces vulnérabilités sont exacerbées par la concentration du secteur bancaire« .

Nos banques françaises sont très exposées à l’Italie (comme les banques chypriotes étaient exposées à la Grèce). En mars toujours, BNP Paribas est radiée des 50 banques les plus sûres au monde selon le classement établi par le magazine Global Finance et Standard & Poor’s.

Les « survaleurs », ces estimations de plus-values potentielles sur d’anciennes acquisitions, sont de plus en plus souvent dénoncées, au fur et à mesure que la croissance se fait attendre. Les activités de spéculation boursière sont dangereuses alors que les marchés affichent record sur record, principalement en raison du dopage à la planche à billets américaine. Les banques regorgent de la dette souveraine de leur État de tutelle. Trois vulnérabilités qui, loin d’être soignées, empirent.

La question des garanties des dépôts se résume de façon très simple. Soit ces garanties s’actionnent et vous serez remboursé en monnaie de singe car la mutualisation du coût par le contribuable s’avérera exorbitante et il faudra bien imprimer (ou sortir de l’euro). Soit elles ne seront pas actionnées car on ne pourra pas imprimer l’argent nécessaire et, dans ce cas, on vous confisquera une partie de vos dépôts. Rappelons sommairement la garantie des dépôts en France : 100 000 euros – par déposant et par banque – et 70 000 euros pour les comptes-titres et l’assurance-vie.

En France, les dépôts moyens représentent 37 800 euros et le total des dépôts éligibles à cette garantie se montent à 1 760 milliards d’euros. Avec deux milliards d’euros dans le montant de garantie des dépôts, il y a un euro disponible pour 880 euros de dépôts. Dans le cas de la faillite d’une grosse banque, il faudra donc imprimer de la monnaie. Mais si les garanties de dépôts ne fonctionnent pas, nous verrions s’instaurer des mesures de contrôle des retraits et des mouvements de capitaux, à la chypriote. Qu’adviendra-t-il alors de vos comptes courants, de vos livrets, de vos assurances-vie si le pays ou votre banque sont en proie à une crise de liquidité ou…de solvabilité ?

Jérôme Cahuzac avait trouvé la réponse !

* Dans 20 jours :

Le prince héritier Willem-Alexander d’Orange-Nassau deviendra roi des Pays-Bas, succédant naturellement et sans polémique à sa mère la reine Béatrix. Un exemple que la France pourrait utilement suivre si elle ne demeurait pas prisonnière des tyrans de la pensée conforme et obligatoire et si les Français acceptaient enfin de faire le bilan de leur triste république.

http://www.dailymotion.com/video/xx3hr9_la-reine-beatrix-des-pays-bas-cede-le-pouvoir-a-son-fils_news#.UWUxbzlOPJw

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

RAPPEL

2013-04-14_le-testament

Le Testament

Une page d’histoire qu’il nous faut entendre

Méconnu du public, ce testament mérite l’attention de toutes les générations qui y découvriront la profondeur du message délivré par la plume du roi Louis XVI

En présence de Mgr. le duc d’Anjou,
Chef de la Maison de Bourbon

14 avril 2013 à 16h

Eglise de la Trinité
Place d’Estienne d’Orves, 75009 Paris
Métro 12 Trinité d’Estienne d’Orves

Entrée libre

Paradoxe surprenant qu’est cette ode à la vie, le testament du Roi Louis XVI nous transmet les derniers vœux du monarque.

Avec ce message d’espoir, dénué de toute aigreur et flambeau transmis dans l’infortune à son fils, ce grand roi nous offre à entendre la simple beauté de l’amour d’un père.

Méconnu du public, ce testament mérite l’attention de toutes les générations qui y découvriront la portée du message délivré par la plume du monarque.

Pour commémorer les 220 ans de la mort de Louis XVI, la compagnie Astoë, menée par Alexis Rocamora, a choisi de faire partager, en toute simplicité, cette page d’histoire qu’il nous faut absolument entendre.

Mise en scéne :
Alexis RocamoraActeurs :
Auriane Orinel (chant) 
Constance Fortin
Chloe Mouchoux
Alexis Rocamora
Emilie Gaumard
Florent Martin
Houdia Ponty
Jean-Nicolas Aitte
Pauline Lena
Anais Cohen
Cécile Gaujal
Thomas Baratte

 

Le 10 avril 2013.
Jean-Yves Pons.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (1er mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

1 Mar

*  Faut-il s’indigner ?

Disons-le sans ambages, la démarche qui s’esquisse à l’égard des plus pauvres d’entre nous non seulement nous indigne (car pourquoi eux et pas l’ensemble des consommateurs) mais aussi nous inquiète (compte tenu des incertitudes qui règnent encore).

Les plats cuisinés qui ont été retirés de la vente en raison de la fraude sur la viande de cheval pourront être redistribués aux associations caritatives, qui seront informées de leur contenu, a indiqué jeudi le ministre de la Consommation, Benoît Hamon. Interrogé sur RMC, Benoît Hamon a précisé qu’il existait «une disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage». Mais c’est là jouer sur les mots car il s’agit de bien plus que d’un défaut d’étiquetage. Ces plats contiennent en effet de la viande de cheval à la place de viande de boeuf, ce qui n’est pas en soi un obstacle à la consommation. Malheureusement nul ne sait aujourd’hui d’où viennent les chevaux utilisés ni s’ils étaient propres à la consommation (maladies, administration de médicaments, etc.). Les découvertes très récentes de viandes avariées chez certains fournisseurs de ces plats posent d’ailleurs question sur ce plan. Les distribuer avant d’être formellement rassurés sur leur qualité sanitaire n’est pas acceptable, même pour des raisons économiques.

«Ensuite, c’est aux associations de décider si oui ou non elles acceptent ces dons», a poursuivi le ministre. Mais «ceux qui bénéficieront de ces produits alimentaires ont droit à la réalité sur ce qu’ils mangent», a insisté le ministre. Il a reconnu qu’un tel don pouvait être coûteux pour ces associations, notamment dans le cas des produits surgelés qui nécessitent un transport frigorifique. «On peut aussi comprendre que les associations refusent», a-t-il admis. Bref, lançons un ballon d’essai, ça ne mange pas de pain, si l’on ose dire…

La semaine dernière, plusieurs associations avaient indiqué qu’elles seraient intéressées par ces produits à la condition que les garanties sanitaires soient réunies. «On reste sur la même position» ont confirmé jeudi les Restos du Cœur. «On ne ferme pas la porte, mais on attend des assurances», selon une porte-parole. «C’est aux professionnels de veiller à ce que le produit soit conforme à la règlementation sanitaire», a déclaré jeudi une porte-parole de la Direction générale de la concurrence, la consommation et de la répression des fraudes.

Mardi, la ministre de la lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti rencontrera les associations en charge de l’aide alimentaire (Croix Rouge, Secours Populaire, Banques alimentaires et Restos du Cœur) «pour discuter de l’opportunité de récupérer ces produits». «Si un consensus est trouvé, il serait inutile d’ajouter le gaspillage à la fraude», précise la ministre dans un communiqué.

«L’ensemble des produits retirés des rayons ont été conservés et non détruits. Ils ont été stockés dans des chambres froides (…), respectant toutes les conditions sanitaires nécessaires», a assuré la Fédération du Commerce et de la distribution . «On est actuellement en discussions avec les associations caritatives et les administrations pour voir dans quelle mesure ces produits peuvent être donnés», a déclaré une porte-parole.

Ne nous donnons pas rendez-vous au prochain scandale sanitaire !

*  Une loi d’amnistie qui « interpelle » :

Le Sénat a adopté une proposition de loi communiste d’amnistie sur les délits commis dans le cadre de mouvements sociaux depuis 2007. Le PS en a limité la portée mais, comme on pouvait s’y attendre, le Medef dénonce « un appel au cassage » et la droite un geste « clientéliste ».

Une semaine après l’abrogation du jour de carence sur les arrêts maladie des fonctionnaires, l’adoption au Sénat, hier soir, de la proposition de loi communiste d’amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvement sociaux, relance les critiques sur les arbitrages d’un gouvernement soucieux d’apaiser les tensions croissantes avec les syndicats.

Lors des débats, le sénateur UMP Pierre Charon, ex proche conseiller de Nicolas Sarkozy, a donné le ton en accusant la gauche d’ « excuser ce qui ne doit pas l’être pour des raisons idéologiques et clientélistes. » Les sénateurs centristes se sont aussi opposés en vain à une « proposition inopportune, dangereuse » qui donne « un signal de mauvaise augure à tous les manifestants professionnels »« La violence devient excusable ? Silence assourdissant et irresponsable de François Hollande », a ajouté Valérie Pécresse (UMP) dans un tweet, ce matin !

Le patronat est aussi monté au front. Très prompte à donner de la voix à l’approche des élections au Medef, Laurence Parisot s’est insurgée dès hier soir, sur BFM TV, contre « un signal en faveur de l’antagonisme, du conflit, un appel au cassage » alors que « c’est exactement le contraire dont nous avons besoin.» « La violence ou la dégradation de l’outil de travail ne sont pour finir, au regard de ce texte, pas si graves que cela et ne méritent plus en France en 2013 de sanctions ! Clémence pour les syndicalistes ! », a abondé ce matin la CGPME, évoquant une justice à deux vitesses et réclamant, « si ce texte scandaleux doit être maintenu, son élargissement aux dirigeants d’entreprises notamment pour les délits d’entrave ».

Anticipant ces attaques, le PS s’est attaché, lors des débats au Sénat, à chercher « un équilibre » entre « droit syndical » et « respect de la légalité républicaine », comme l’annonçait la veille, sans rire, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Ou, autrement dit, entre un geste assez marqué pour envoyer un signal à la gauche de la gauche et aux syndicats, CGT en tête, mais assez limité pour ne pas trop braquer l’opinion. Ne sont ainsi concernés que les faits commis entre le 1er janvier 2007 et le 1erfévrier 2013, période à laquelle la gauche estime que la concordance de la montée de la crise et de la mise en oeuvre par le précédent gouvernement d’une « politique pénale très répressive » a pu conduire à des condamnations excessives. Une exception symbolique et historique a toutefois été ajoutée : le texte amnistie les mineurs condamnés lors des grèves de 1948 et 1952, dont sept sont encore vivants.

Cette amnistie ne concernera que les faits passibles de 5 ans de prison au plus. Cela exclut du champ de l’amnistie les violences physiques, que les sénateurs socialistes et écologistes ont jugé central de ne pas cautionner. Pas de clémence non plus pour les atteintes volontaires aux personnes et les infractions commises à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité publique -menaces ou outrages à agents par exemple. Même logique de filtrage resserré dans le champ des bénéficiaires potentiels. Sont concernés les faits commis par des salariés, du privé comme du public, lors de conflits du travail et d’activités syndicales, y compris lors de manifestations, mais les professions libérales et les exploitants agricoles ont été exclus du champ de la loi. Les salariés licenciés pour une faute ayant fait l’objet d’une amnistie devront être réintégrés sauf, autre mesure tempérant le texte initial, s’il s’agissait d’une « faute lourde constituant une atteinte à l’intégrité physique ou psychique des personnes. » De même, les infractions commises lors de mouvement lié au logement seront amnistiables, mais pas celles intervenues dans le cadre d’actions liés à l’éducation, la santé, l’environnement et le droit des migrants.

« Exit donc les faucheurs d’OGM, désobéissants, antipubs, militants antinucléaires, Notre Dame des Landes, ligne THT, Base Elèves et RESF… », regrette dans un communiqué le Front de gauche. Il salue toutefois ce « premier geste » après que Jean-Luc Mélenchon a mis une forte pression sur les sénateurs socialistes, avec l’appui de la CGT, en manifestant hier devant le Sénat avant l’ouverture des débats. Pierre Laurent, leader du PC, se félicite d’un « acte de justice, de réparation qui va être entendu par les salariés qui veulent faire valoir leur droit à l’expression syndicale sans avoir la peur au ventre » mais appelle à « un élargissement de la loi dans les prochaines semaines. » Ben voyons !…

Anticipant aussi les accusations de laxisme et soucieuse de ne pas voir le débat tomber dans « la démagogie » et les « simplifications outrancières », la sénatrice socialiste Virginie Klès a aussi rappelé la portée réelle limitée d’une loi d’amnistie : « Une loi d’amnistie efface l’infraction mais n’efface pas les faits. Et surtout n’éteint pas l’action en civil et n’empêche donc pas la réparation en civil. Si une personne s’est contentée de briser une vitre, cette personne sera amnistiée. Elle devra payer une vitre neuve mais il n’y aura plus d’inscription sur son casier judiciaire ».

Le texte doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale. Le Front de gauche réclame son inscription rapide à l’ordre du jour.

En tout état de cause, il est évident que le pouvoir socialiste n’a pas mesuré la portée symbolique de cette loi. Dans le contexte économique et social où se trouve notre pays elle est un signal puissant et pourtant inconscient en direction des révoltes qui s’annoncent. Une brèche vient d’être ouverte dans les dernières lignes de protection de l’Etat républicain.

Dans notre Histoire, nombreux furent ces « petits faits », ces « décisions marginales » ou simplement « légères » qui firent sauter les verrous et favorisèrent les chocs les plus violents. Chacun devrait ici se souvenir de la métaphore de Benjamin Franklin:

 » À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou. « 

*  Ils ont appelé ça « une chance », c’est une honte pour la France :

Une fois encore des coups de feu ont été tirés à bout portant et ont blessé trois ouvriers d’une entreprise de BTP, le 18 février dans une cité de Pierrefitte-sur-Seine. La préfecture de Seine-Saint-Denis, maintes fois alertée sur les agressions subies sur les chantiers de rénovation urbaine dans les cités du département, a fini par réagir. Il était temps : c’est en effet la troisième agression grave en trois mois qui intervient dans le département. Tous les acteurs parlent d’une escalade de violences à l’égard des chantiers de rénovation lancés dans le cadre de la « politique de la ville ».

L’agression de Pierrefitte, dans ce quartier au doux nom de cité des Poètes, a été particulièrement traumatisante. Sur la vidéo filmée par les caméras de surveillance, un homme gros, casqué et cagoulé, entre dans l’Algeco où se préparent les ouvriers et ouvre le feu à quatre ou cinq reprises avant de s’enfuir en scooter, raconte leur employeur, la Coredif, une entreprise de travaux publics. Le chef de chantier et un conducteur de travaux ont été blessés aux jambes et hospitalisés. « On a l’habitude des insultes et des menaces mais c’est la première fois qu’on atteint ce niveau de violence », assure le directeur général de la société de BTP. Le chantier a été aussitôt interrompu, tout comme celui de l’entreprise GTM, filiale du groupe de Vinci, à quelques rues de là.

Dans cette même cité, en décembre 2012, deux agressions – un vol d’ordinateur et de portable, puis l’incendie de deux engins de travaux – avaient révélé le regain de tension autour de ce chantier de construction de logements HLM. Et voici deux ans, la première tranche de ce projet de réhabilitation avait été le théâtre d’une opération de racket organisé : quatre jeunes, d’origine étrangère, avaient été arrêtés et trois incarcérés pour extorsion de fonds sur cinq entreprises du bâtiment dont Coredif, la société à nouveau visée.

Alors voila où nous en sommes, en France: avec ses 42 milliards d’investissement en travaux, la rénovation urbaine a constitué depuis son lancement en 2003 une aubaine pour les quartiers. Les pressions sur les chantiers de rénovation ont toujours existé tant ces derniers constituent un enjeu pour les petits caïds : faire embaucher quelques jeunes ou prélever sa dîme sur le matériel de chantier est monnaie courante. Et les entreprises l’ont intégré dans leur budget.

Mais le chantage a changé d’échelle. Depuis quelques mois, les tensions et intimidations sont devenues systématiques et plus violentes. « Cela a pris des proportions inquiétantes et c’est devenu un système très organisé comme on peut le connaître en Corse », assure Stéphane Peu, président de Plaine commune habitat, office de HLM. Rares pourtant sont les entreprises qui portent plainte. Par prudence pour leurs salariés. Et aussi parce que, la rénovation urbaine étant vitale pour leurs carnets de commandes, elles préfèrent payer« Tant que ça ne touche pas l’intégrité des salariés, les entreprises n’en parlent pas et préfèrent s’arranger », reconnaît le dirigeant d’une entreprise de travaux publics et ancien patron du Medef local.

Dans ces quartiers miséreux et détériorés de la banlieue parisienne, les opérations de réhabilitation dérangent certaines activités souterraines. Le schéma est classique : c’est souvent dans ces cités enclavées, bâties comme des lieux clos dont les accès peu nombreux sont facilement contrôlables (un peu sur le modèle des médinas de la rive sud de la Méditerranée !) que les dealers installent leurs trafics. Quand, dans un quartier, il est décidé d’ouvrir une voie, d’aménager les halls ou simplement de revoir les parcelles de jardins, les travaux bouleversent les habitudes, les repères. Les dealers n’aiment pas le changement ni les intrusions dans leur monde« J’ai déjà vécu ça en 2000 en Seine-et-Marne et à Montfermeil. C’est fréquent dans le 93 », remarque le dirigeant de Coredif. Depuis quelques mois, plusieurs autres attaques de chantier ont défrayé la chronique locale, provoquant l’arrêt des travaux.

En octobre 2012, à la cité Karl-Marx (ça ne s’invente pas mais, après, on s’étonne…) au centre de Bobigny, un ouvrier est frappé de plusieurs coups de marteau. Quinze jours plus tard, des jeunes menacent à nouveau sérieusement les ouvriers. Le chantier est arrêté.

Aux Francs-Moisins à Saint-Denis, le 30 janvier, c’est aussi sous la menace d’une arme blanche que deux individus font descendre un ouvrier de son tractopelle. Engins incendiés ou ouvriers molestés, le mois de janvier a été particulièrement violent sur les chantiers de Saint-Denis. Les entreprises sont par ailleurs soumises à un racket systématique. Dans un quartier, c’est une société de gardiennage « locale » que les caïds locaux conseillent pour surveiller le matériel. Coût annoncé : 150 euros la nuit pour protéger une machine à goudron.

Sur un autre quartier, l’entreprise doit changer l’ensemble des fenêtres des 450 logements. « Les racketteurs ont touché 80 000 euros après avoir revendu les châssis à un ferrailleur »témoigne un élu. Les noms des cités sont tus, « par sécurité pour les salariés », dit la ville. Même les sociétés d’éclairage ont pris des mesures de prudence et ne travaillent que « de 5 heures du matin, moment où les dealers se couchent, à midi, heure à laquelle ils se lèvent »témoigne un patron local. Car les mesures de rétorsion sont devenues plus violentes : « On ne raye plus les voitures ni ne crève les pneus, on tire »raconte un adjoint municipal.

Les entreprises victimes de ces chantages ne souhaitent pas témoigner. Ni Vinci, Eiffage, Bouygues, ni ISS Espaces verts « ne souhaitent réagir sur le sujet ». Les élus se sont aussi longtemps tus. « De la police aux patrons en passant par les bailleurs et les élus, tout le monde a fermé les yeux. Il faut aujourd’hui réagir et une vraie réponse policière et judiciaire face à cette dérive mafieuse » a-t-on entendu dire récemment sur le sujet !

Jusqu’où iront la lâcheté et l’impéritie du pouvoir républicain qui sévit en France ?

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

 
La Oración en el huerto con el donante Luis I de Orleans (después de la restauración), ¿Colart de Laon? Temple graso, 56,5 x 42 cm, 1405 -07 – 1408. Madrid, Museo Nacional del Prado

La Oración en el huerto con el donante Luis I de Orleans (después de la restauración), ¿Colart de Laon? Temple graso, 56,5 x 42 cm, 1405 -07 – 1408. Madrid, Museo Nacional del Prado

Le 11 février, le Musée du Prado a dévoilé avec fierté La Oracion en el huerto con el donante Luis I de Orleans [« La Prière dans le jardin des oliviers avec le donateur Louis Ier d’Orléans »], « l’une des plus importantes découvertes de la peinture primitive française, a annoncé l’institution madrilène. Le nombre de peintures françaises de cette époque est très faible. Et très peu, voire aucune, n’atteignent la qualité et l’importance de celle-ci. D’où son caractère exceptionnel. »

Cette peinture, qu’aucun musée n’a jamais exposée, trônait jusqu’à l’année dernière dans le salon d’une famille madrilène d’origine française. Elle aurait été réalisé quelques mois à peine avant ou après la mort du duc d’Orléans, en 1407, assassiné dans les rues de Paris sur ordre de son cousin et rival politique, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur.

Rien ne laissait présager que le tableau, déposé au Prado en février 2011 pour une expertise, avant une possible mise aux enchères, recélait tant de surprises. Sa propriétaire a toujours vu l’oeuvre chez elle. Elle ne sait ni quand ni comment elle est arrivée dans sa famille installé en Espagne à l’époque napoléonienne.

Quoi qu’il en soit, l’oeuvre a tout de suite attiré l’attention de Pilar Silva et de la restauratrice Maria Antonia Lopez de Asiain. Dans la moitié supérieure, le Christ agenouillé sur une colline adresse une prière au Seigneur. Dans la moitié inférieure, sur le quart droit, se trouvent les apôtres Jacques, Pierre et Jean. Sur la gauche, en revanche, rien. Ou, plutôt, une masse de terre. Une épaisse couche de peinture marron qui contraste avec la finesse du reste de l’oeuvre. « J’ai tout de suite pensé qu’il y avait quelque chose sous la peinture, et nous l’avons donc passée sous infrarouge », raconte Pilar Silva. Et son intuition est bonne.

Grâce à une radiographie de l’oeuvre, l’équipe du laboratoire technique du Prado découvre que sous l’épaisse couche de peinture marron sont dessinés deux personnages : un homme agenouillé au sol et une femme qui le protège.

La figure féminine est rapidement identifiée comme sainte Agnès, reconnaissable à la brebis qui l’accompagne. L’homme doit être le commanditaire du tableau, celui à qui il est dédié. Mais qui est-il ? Pilar Silva se plonge dans une étude documentaire et historiographique. Le cadre est en chêne baltique, un bois noble qui laisse penser que le donateur est une personne très importante. Le ciel d’un bleu dense, constitué de pigment lapis-lazuli, représente un autre signe de la richesse du commanditaire. Ses habits, avec de larges manches recouvertes de feuilles d’or, correspondent à la mode en vigueur à la cour royale française dans les années 1400-1415, où, entouré de son frère le duc d’Orléans, règne le roi Charles VI, qui a sombré dans la folie.

Pendant ce temps, l’analyse scientifique du tableau débouche sur une très bonne nouvelle pour Maria Antonia Lopez de Asiain. « Une couche de vernis séparait la peinture originale de l’aplat marron, ajouté sans doute deux siècles plus tard,explique la restauratrice qui travailla durant un an sur l’oeuvre. Ce vernis était essentiel pour permettre de restaurer la peinture originale sans l’endommager. Il garantissait aussi que cette partie du tableau était en bon état, et même en meilleur état que le reste. »

Pour découvrir l’identité du donateur, Pilar Silva s’intéresse à sainte Agnès. Elle apprend qu’elle fut la patronne des ducs de Milan, mais aussi la protectrice du roi Charles V. « J’ai eu une intuition : le donateur devait être Louis Ier d’Orléans (1372-1407), fils de Charles V et marié à Valentine Visconti, fille du duc de Milan. Par son père et son épouse, il avait une double raison d’être sous la protection de sainte Agnès. »

Une intuition n’est pas suffisante. Aucun tableau de Louis Ier d’Orléans n’existe. Pilar Silva finit par trouver une preuve lors d’un voyage à Paris, en épluchant les ouvrages sur l’époque à la Bibliothèque nationale de France. Sur une miniature, elle reconnaît la forme particulière des feuilles qui se trouvent sur les manches des habits du donateur : des feuilles d’ortie.

Tout concorde alors pour désigner le donateur comme étant Louis Ier d’Orléans. « Il avait pris pour devise l’ortie, symbole héraldique de l’épine de la mort, à mesure qu’augmentaient ses ambitions politiques et ses désaccords avec les ducs de Bourgogne, son oncle Philippe le Hardi et son cousin Jean sans Peur. »

Restait à déterminer qui en fut l’auteur. Pilar Silva est convaincue qu’il provient de l’école parisienne car la ligne, le style, le rythme et la composition du tableau sont très différents des tableaux bourguignons ou flamands. Il est « plus élégant », les personnages sont « plus fins », les plis des vêtements plus « délicats ». Une chose est sûre : aucun des rares tableaux de l’époque n’est réalisé par la main qui a peint cette oeuvre conservée à Madrid.

Pilar Silva penche alors pour Colart de Laon« peintre reconnu et valet de chambre de Louis Ier d’Orléans de 1391 jusqu’à sa mort ». Mais aucune peinture de cet artiste ne nous est parvenue. Son nom est donc accompagné d’un point d’interrogation sur le cartel qui accompagne l’oeuvre accrochée dans le musée.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (30 novembre)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

30 Nov

(dessin de Rayclyd)

*  Manuel Valls et le renseignement intérieur :

Après le naufrage policier de l’affaire Merah, le ministre de l’intérieur avait annoncé son souhait de réformer significativement les services de renseignements intérieurs. On peut dire aujourd’hui que cette réforma avance…à pas comptés, tant la question est épineuse et les conservatismes tenaces.

D’abord parce qu’elle touche la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), dont toutes les activités sont couvertes par le secret. Mais aussi parce que le ministre de l’intérieur avait promis d’attendre le rapport de la mission du président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, prévu pour mars 2013. Alors Manuel Valls patiente pour les annonces officielles, et son administration avance lentement. « Le champ est miné », résume un proche du ministre. Il y a la partie émergée de l’iceberg : l’application des propositions du rapport commandé par M. Valls sur les dysfonctionnements de l’affaire Merah, publié le 23 octobre. Le nouveau patron de la DCRI, M. Calvar,travaille à la création d’une inspection interne et à la meilleure circulation de l’information au sein de son service. Mais, au delà, la DCRI envisage aussi de fermer les bureaux départementaux jugés inutiles, notamment dans l’Ouest, et d’abandonner certaines missions pour se recentrer sur le terrorisme. M. Calvar est un ancien de la direction de la surveillance du territoire (DST), le service de contre-espionnage qui, en fusionnant avec une partie des RG, a donné naissance à la DCRI en 2008. Il est l’homme fort de la réforme qui se dessine. D’ailleurs, une quarantaine de ses hommes devraient rejoindre leurs collègues de la sous-direction de l’information générale (SDIG, les ex-RG) dès le 1er décembre, pour faciliter l’échange d’informations.« Dans les deux sens », assure-t-on Place Beauvau. Mais les policiers en doutent : le secret qui couvre les activités des fonctionnaires de la DCRI empêche un échange entre égaux. Depuis 2008, le renseignement intérieur français est divisé en plusieurs entités, issues de la DST et de l’éclatement des RG. La DCRI a hérité du contre-espionnage, du terrorisme, de la « surveillance des communications » et de la surveillance des individus et groupes radicaux, ce qu’on appelle le « milieu fermé ». A l’inverse, le rôle de la SDIG, rattachée à la direction centrale de la sécurité publique (DCSP), n’a jamais été défini. Pour compliquer le tout, ce schéma ne s’applique pas à la préfecture de police de Paris (et petite couronne), qui a conservé un service unique, la direction du renseignement (DRPP). Par ailleurs, les gendarmes ont développé leurs propres cellules, sources de conflits avec les policiers. Menée au pas de charge, la réforme de 2008 a donné naissance à de nombreuses (autres) aberrations. Des bureaux de la DCRI ont ouvert dans près de 70 départements où la DST n’était pas présente. Au total, la DCRI est implantée dans 120 villes, alors que la DST avait moins de 40 bureaux. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la DCRI ouvre même deux bureaux… pour trois policiers au total car les effectifs sont affectés en fonction des choix des fonctionnaires, et non de leur utilité !« Comme ils ne sont pas débordés par le « milieu fermé », ils ont toujours tendance à venir enquêter sur nos terres », estime un patron de la SDIG dans le midi de la France. « Nos interlocuteurs ne savent plus à qui s’adresser, tout le monde se présente comme les RG, même les gendarmes », confie un autre policier. Membres de la DCRI et de la SDIG peuvent ainsi se croiser aux prêches dans les mosquées, ou aux « stages de désobéissance » menés par les militants alternatifs. Un protocole de coopération avec la DCSP, signé en 2010, fait de la DCRI« l’unique service français de renseignement intérieur » et lui confie la responsabilité exclusive « du suivi des phénomènes de radicalisation ». La notion est floue. Et, s’agissant des dérives des extrêmes, gauche ou droite, un vide s’est créé. D’autant plus que les policiers de la SDIG se voient régulièrement rappeler qu’ils ne doivent plus suivre les mouvements politiques. Abrités derrière le secret de leurs activités, les fonctionnaires départementaux de la DCRI se sont en fait refermés sur eux-mêmes. Ils ne participent plus aux réunions opérationnelles, n’ont pas accès à la main courante informatisée qui rassemble tous les événements, petits et grands, des commissariats. « On a laissé dans des bureaux des gens coupés de tout », dénonce un directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Nous rapportions la semaine dernière une note du procureur de Bastia qui traduisait durement cette critique :  l’« éparpillement » du renseignement, les « retours jugés insuffisants par l’autorité préfectorale et quasi inexistants pour l’autorité judiciaire » et les « relations insuffisantes avec les services d’enquêtes spécialisés ». Dans ce contexte tendu, la réforme poussée par l’administration déçoit les policiers. Elle correspond à une alliance objective entre deux directeurs, du renseignement intérieur et de la sécurité publique, qui souhaitent garder toutes leurs prérogatives dans le cadre des éternelles féodalités que la république a si bien su installer sur le territoire national. Attendons une prochaine « affaire Merah » et croisons les doigts pour ne pas en être victimes.

*  Nous ne résisterons pas…

au plaisir de vous faire part de la dernière chronique de Dominique Jamet sur l’excellent site Boulevard Voltaire (www.bvoltaire.fr), consacrée à Iznogoud ! Pas celui qui voulait être calife à la place du calife. Mais le nouvel Iznogoud, celui qui veut être président à la place du… calife, comme nous l’annoncions ici-même le 19 novembre:

*  Quand l’UMP se prend les pieds dans le tapis…

…rouge de la démocratie, c’est la fracture assurée ! Et ses élections internes ne laissent en place, au petit matin, qu’un « capharnaüm », pour reprendre l’expression imagée de Valérie Pécresse (vous savez, celle qui ne croit qu’en une France métissée et polyglotte). Résultat brillant de ce naufrage ? le mariage pour tous !  Puisque, à l’heure qu’il est, l’UMP a deux papas : Copé et Fillon, chacun revendiquant la victoire Imprimeret accusant l’autre de fraude ! Qui, dans tout cela, se préoccupe du bien commun qui est, paraît-il, l’essence même de la République ? Un tel spectacle est déshonorant.

Ces gens-là n’ont qu’une seule préoccupation : devenir calife à la place du calife.
Pour nous, une seule solution : le Roi.

Les dernières facéties de l’Iznogoud de Seine-et-Marne

Retrouvez chaque jour de la semaine le bloc-notes de Boulevard Voltaire. «  Qu’on se rassure, et que se rassurent d’abord ceux de nos visiteurs qui aiment entre tous Jean-François Copé pour sa grande bravoure, pour sa haute taille, pour sa stature d’homme d’État, pour la rectitude de ses principes, pour son indéfectible attachement aux plus hautes valeurs de la morale, pour son respect, qui va jusqu’au scrupule, de toutes les règles du droit et de l’impartialité, et qui pardonnent tout à leur champion puisqu’il est « de droite », et, qui plus est, « décomplexée ». On n’évoquera pas ici, au risque de heurter une prédilection qui n’est pas sans rappeler celle que Chimène témoigne à l’assassin de son papa, les dernières facéties de l’Iznogoud de Seine-et-Marne, on ne commentera pas ses plus récentes facéties, son dernier revirement, le torpillage du referendum dont il avait accepté le principe après que Nicolas Sarkozy eut tapé sur la table, le caractère volontairement inacceptable de l’ultimatum adressé à son adversaire, on n’épiloguera pas sur les révélations qui affluent de toute part et qui projettent une lumière crue sur l’organisation méthodique, « industrielle », du système de fraude et de trucages qui a permis au secrétaire général de l’UMP de se carrer dans le fauteuil usurpé de président du parti auquel il vient de porter de si rudes coups. La trêve imposée par l’homme dont il se proclamait depuis quelques semaines le plus loyal, le plus féal des vassaux a volé en éclats moins de vingt-quatre heures après son entrée en vigueur. Le feuilleton continue, et ce n’est pas à la demande générale. On n’aura que trop l’occasion d’y revenir.

Dès à présent, voyons les choses du point de vue de cette gauche, de ce gouvernement, de ce président socialiste dont le paladin de la rue de Vaugirard se proclame le plus déterminé et le plus efficace des opposants. Le duel sans merci que se livrent Jean-François Copé et François Fillon, en monopolisant l’attention d’un public distrait par ce Guignol pour adultes, aura permis à François Hollande et Jean-Marc Ayrault de traverser sans encombre et pour ainsi dire à pied sec la décade la plus calamiteuse depuis le début de l’alternance. Cafouillages, bafouillages et catastrophes sont passés quasiment inaperçus. On a pourtant entendu le président de la République, président-girouette, président-éolienne, tournant avec le vent, assurer successivement devant l’assemblée des maires de France que, naturellement, la liberté de conscience des élus municipaux qui récusent le « mariage pour tous », serait de plein droit, puis, sermonné par son propre parti, jurer aux représentants du lobby LGBT qu’il n’était pas question de transiger avec le respect de la loi encore à venir. On a vu le Premier ministre annoncer qu’il n’était pas dans son intention d’imposer autoritairement le projet d’aéroport qui lui tient à cœur, qu’en conséquence rien ne se ferait sans concertation et sans consultation, et envoyer dans le même temps des cohortes de gendarmes débusquer sans ménagement les adversaires de son projet tandis qu’un porte-parole du gouvernement déclarait que Notre-Dame-des-Landes se ferait « dans tous les cas de figure ». Sèchement démenti par le providentiel groupe industriel libyen qui était censé renflouer Pétroplus, le ministre du Redressement productif, avec l’aval de sa hiérarchie, a tenu des propos de nature à décourager tout investisseur étranger de venir s’installer en France, voire à ruiner ce qu’il nous reste d’industrie sidérurgique sans pour autant avoir dégagé les moyens de la nationalisation dont il fait planer la menace ni garantir la pérennité de Florange. L’enlèvement d’un nouvel otage français a confirmé que nous nous sommes attiré la haine et que nous sommes dès à présent vulnérables aux représailles des terroristes qui occupent le Nord du Mali en brandissant la menace d’une intervention militaire dont les principaux intéressés et éventuels bénéficiaires ne semblent plus vouloir. Alors que, sur le terrain, la situation du régime de Bachar el Assad semble se détériorer, nous accentuons notre aide politique, financière, technique et militaire à une insurrection qui paraît de plus en plus largement animée et contrôlée par les djihadistes. Un salafiste, pourtant, n’a jamais annoncé le printemps… Enfin, et pour couronner le tout, le cancer du chômage, autrement malin que celui de l’assistanat, étend encore ses métastases dans le corps social. Les derniers chiffres publiés sont tout simplement désastreux et tout indique que la tendance n’est pas près de s’inverser. Eh bien, tout cela qui, en temps normal, aurait fait l’objet de débats, de controverses, de commentaires dont le gouvernement ne serait pas sorti indemne, tout cela, autrement dit l’actualité de ces derniers jours, est passé comme une lettre à la poste, dans l’indifférence générale et ceux qui, comme ils aiment à dire, sont aux responsabilités, peuvent s’éponger le front et pousser un soupir de soulagement. Les deux lutteurs de foire qui occupent depuis le 18 novembre le devant de la scène seraient-ils payés par le Parti socialiste ? Merci Copé, merci Fillon ! Si l’U.M.P. n’existait pas, dans ses rêves les plus fous, François Hollande n’aurait même pas osé l’inventer. «  Nous n’aurions su mieux dire !

*  Le secret de la contraception des mineures fait réagir :

Après le vote, par les députés, du secret de la contraception pour les mineures dans le cadre du projet de budget de la sécurité sociale, plusieurs voix se sont fait entendre. Un amendement au projet de loi de budget de la sécurité sociale (PLFSS) prévoit en effet que « la délivrance et la prise en charge de contraceptifs sont protégées par le secret pour les personnes mineures »

Christine Boutin, présidente du parti chrétien-démocrate, y voit une nouvelle attaque contre l’autorité parentale ; d’autres estiment que cela ne suffira pas à prévenir les grossesses non désirées. Pour l’ancienne ministre Christine Boutin, c’est une nouvelle charge contre la famille et le rôle des parents. « Si on enlève aux parents la possibilité d’avoir un regard sur des sujets aussi graves que la contraception de leurs enfants, comment garder la cohésion de cette famille déjà fragilisée par autant d’attaques ? », s’est-elle insurgée mercredi 28 novembre. Selon Christine Boutin, « les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants » et « aucune loi ne peut leur reprendre ce rôle, sous peine de menacer gravement le développement » de ces derniers. L’ancienne candidate à la présidentielle (dans les conditions financières que l’on sait et qui l’ont beaucoup déconsidérée) n’est pas la seule à réagir. Pour Jean-Marie Andrès, de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), « ce n’est pas en déresponsabilisant les parents que l’on améliorera les choses ». Mais pour ce responsable associatif, le véritable problème est dans le manque d’éducation à la sexualité des jeunes. « La sexualité est le seul domaine où il n’y a aucune pédagogie », déplore-t-il, en y voyant une des causes du nombre important de grossesses non désirées et d’avortements chez les adolescentes (reportez-vous à nos article de ce blogue intitulés: « Sur la contraception et les avortements, du 8 avril 2012, et Baisse de l’usage de la contraception orale en France, du 14 septembre 2012). Jean-Marie Andrès fait d’ailleurs remarquer avec pertinence que ce sont « souvent les mères qui emmènent leurs filles chez le gynécologue pour une prescription de pilule », ce qui limite l’intérêt du secret. Gynécologue, auteur d’un livre sur la sexualité des adolescents, le docteur Sylvain Mimoun estime pour sa part que « moins il y a d’obstacles pour accéder à la contraception, moins il y a d’IVG »(ndcer: cette idée reçue a la vie dure ! Nous avons montré dans plusieurs articles sur ce blogue combien elle est fausse), mais que cela ne suffit pas.  » Le secret est une mesure parmi d’autres qui a son intérêt car certains jeunes n’osent pas aborder ces questions ». Pour autant, de manière générale, le rôle des parents reste important. Selon lui : « L’idéal, c’est quand le parent accompagne les questions de son adolescent », sans le décourager et sans être intrusif. Avouez que c’était plus simple lorsque les jeunes mariées n’avaient pas honte d’arriver vêtues de blanc à l’autel…

*  Enfin, un peu d’humour en ces temps maussades :

Voici, glané sur le site du Salon beige (www.lesalonbeige.blogs.com/), le nouvel organigramme de l’UMP (ou qui fait quoi ?). A mourir de rire ! Bravo à l’auteur. Le 30 novembre 2012. Jean-Yves Pons.