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BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (29 juillet 2015)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

29 Juil

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Le Conseil dans l’Espérance du Roi a pris date

Il y a trois ans déjà…

Dès le 25 juillet 2012, nous avons publié un Consilium Consulte très explicite, relatif à la création monétaire, mettant en place les premières étapes de la sortie de la zone Euro par la France (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/07/25/consilium-consulte-n-2012005-du-25-juillet-2012-relatif-a-la-creation-monetaire/) . Il était suivi, le 30 juillet 2012, de la publication de la méthode que nous préconisions alors pour appliquer cette décision (Lire « Quand les Français retrouveront le Franc« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/07/31/quand-les-francs-retrouveront-le-franc/). En voici le détail :

« Pour la France, il n’y a pas d’alternative si l’on veut réduire les risques et leurs conséquences: c’est la surprise. Mais une surprise « organisée« . Voici quelques suggestions, en huit points, que le Conseil dans l’Espérance du Roi peut proposer après réflexion et en tenant compte de l’opinion des récents finalistes du Prix Wolfson d’Economie:

* préparer secrètement la décision de notre pays (en commençant par la mise en route de la fabrication de la nouvelle monnaie, ainsi que le Consilium-Consulte n° 2012/005 du 25 juillet l’instituait) et ne la révéler que du jour au lendemain;

* instaurer immédiatement la monnaie nationale, avec une convertibilité de 1 pour 1 (1 euro = 1 franc) mais en acceptant de descendre au-dessous de cette parité sur les marchés financiers;

* dévaluation rapide et significative (probablement de l’ordre de 10 à 15%) de la monnaie nationale, permettant de stimuler notre production et de faciliter nos exportations mais qui renchérira fatalement nos importations (en particulier énergétiques *). Des mesures protectionnistes sévères devront donc être prises, impliquant le civisme des Français, tandis que la production d’énergie sur le territoire national devra être rapidement développée, sous les formes les plus diverses);

* conservation temporaire (six mois par exemple) de la circulation de l’euro parallèlement au franc, pour les transactions de faible volume;

* limitation sévère mais provisoire des retraits d’espèces aux guichets des banques en même temps que l’instauration d’un contrôle drastique des changes et des mouvements financiers;

* accepter les risques du refus d’honorer une partie significative des dettes souveraines du pays, ce qui mettra forcément en péril certaines de nos banques voire d’autres en faillite, nécessitant la nationalisation et/ou la recapitalisation des plus méritantes qui accepteront de séparer leurs activités financières (privatisation des risques) et strictement bancaires (mutualisation des risques);

* définition d’un objectif acceptable d’inflation;

* et, pourquoi pas, l’instauration d’une collaboration négociée avec d’autres pays européens, dans le cadre d’une nouvelle union monétaire, plus ouverte et plus souple, qui serait de l’intérêt bien compris de chacun ? « 

* notion à réviser aujourd’hui en période de baisse importante des prix du pétrole et du gaz

Nous savons aujourd’hui que Yanis Varoufakis avait lu notre blogue avant de prendre en charge le ministère grec des Finances en janvier dernier ! 

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C’est en tout cas ce que laisse à penser la révélation, dimanche dernier, du projet pour son pays de l’ex-ministre grec de quitter la zone euro et de retourner par surprise à sa monnaie historique, la drachme.

Face aux exigences de l’Union Européenne et du Fonds monétaire international pour gérer la crise qui frappe son pays, l’ancien ministre grec des Finances avait tout prévu. Y compris de créer un système bancaire parallèle qui aurait permis à Athènes de continuer à fonctionner si la BCE mettait un terme à son aide d’urgence.

Cet incroyable plan B a été dévoilé dimanche 26 juillet dans la matinée par le quotidien grec I Kathimerini qui rapporte des propos attribués à Yanis Varoufakis lors d’une conférence téléphonique organisée à Londres par des fonds souverains et fonds de pensions principalement asiatiques le 16 juillet.

Au menu de ces révélations : groupe de travail secret en comité très restreint, piratage de la plateforme de l’administration fiscale grecque, possibilité de revenir à la drachme d’un instant à l’autre. L’OMFIF, qui organisait la fameuse conférence téléphonique, a d’ailleurs rendu public lundi 27 juillet – avec l’accord de Varoufakis – cet enregistrement .

Le journal grec assure que Yanis Varoufakis a raconté avoir été chargé par Alexis Tsipras en décembre 2014, avant l’élection de Syriza, de se pencher sur une plan de secours en cas d’échec des négociation avec l’UE.

« Le premier ministre, avant de gagner l’élection en janvier, m’a donné son feu vert pour trouver un plan B. J’ai donc assemblé une petite équipe qui est restée secrète pour des raisons évidentes« .

L’objectif ? Trouver un moyen de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations sans avoir à passer par les banques, au cas où ces dernières aient à fermer faute de liquidités fournies par la BCE. « Nous voulions créer, discrètement, des comptes de réserve rattachés à chaque numéro fiscal, et permettre ensuite à chacun d’y accéder facilement avec un code« .

« Imaginons par exemple que l’État doive un million d’euros à un laboratoire pharmaceutique pour l’achat de médicaments pour le compte de la Sécu. Nous aurions pu immédiatement faire un virement vers le compte de ce laboratoire grâce à son numéro fiscal puis lui y donner accès avec un code pour qu’il l’utilise ensuite comme un mécanisme de paiement parallèle pour n’importe quel autre versement vers n’importe quel autre numéro fiscal« , a précisé l’ex-ministre.

Si l’accès aux bâtiments et machines qui auraient permis la manipulation a été possible une fois Yanis Varoufakis devenu ministre des Finances, la mission de ce dernier est devenue plus compliquée quand il s’est aperçu que la direction générale des impôts était en fait sous le contrôle d’un représentant de la troïka. Ce qui donne une idée de la mise sous tutelle de la Grèce par ses créanciers, avec la complicité des gouvernements précédents, et de la justesse de nos propos lorsque nous parlions de « Gauleiters » (Lire « De la reddition à l’humiliation, il n’y a qu’un pas » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/14/bulletin-climatique-quotidien-14-juillet-2015de-la-republique-francaise/).

Pour ne pas éveiller les soupçons de la BCE, du FMI et de la Commission européenne, Varoufakis aurait alors recruté un ami d’enfance, expert informatique et devenu professeur d’IT (technologie de l’information) à l’Université Columbia, pour pirater la plateforme fiscale.

« Une semaine plus tard, il m’appelle et me dit: ‘Je contrôle les machines mais pas le logiciel, il appartient à la troïka. Je fais quoi?’ On s’est vus, sans que personne ne le sache, et je lui ai dit que si je demandais une autorisation, la troïka serait immédiatement au courant que nous tentons de créer un système parallèle. Et nous avons décidé de pirater le logiciel de notre propre ministère juste pour copier les numéros fiscaux enregistrés sur la plateforme pour ensuite pouvoir travailler à la mise en place de ce système parallèle« .

I Kathimerini écrit que le projet est même arrivé à un stade très développé et cite Varoufakis assurant que le système aurait pu rapidement être très étendu avec des applications sur smartphones. « Bien évidemment, il aurait été calibré en euros mais aurait pu être changé en drachmes nouvelles en un instant« .

« J’ai toujours dit à Tsipras que ce ne serait pas une partie de plaisir mais que c’était le prix à payer pour la liberté. Mais quand le moment fatidique est arrivé, il a pensé que ce serait trop compliqué à mettre en place. Je ne sais pas exactement quand il est arrivé à cette conclusion mais je l’ai su explicitement le soir du référendum et c’est pourquoi j’ai présenté ma démission.  »

Chapeau Varoufakis ! Et merci d’avoir su faire si bon usage de nos recommandations, même si pour la conclusion et son succès ce n’est que partie remise…

 

Rien ne va plus

Le Conseil constitutionnel a validé le 23 juillet dernier (à l’exception de trois articles mineurs) la loi sur le renseignement, votée par le Parlement le 24 juin.

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Nous sommes donc entrés dans une période à très haut risque pour nos libertés et, particulier, celle que nous revendiquons avant toutes les autres : mettre un terme à la République et nous débarrasser définitivement de l’oligarchie qui s’est emparé du pouvoir pour le plus grand malheur de la France *. Sachez par conséquent que le Conseil dans l’Espérance du Roi peut disparaître du jour au lendemain et ses animateurs finir leur vie dans les geôles républicaines. Mais sachez aussi que nous livrerons bataille jusqu’au bout et que nous vendrons très cher notre peau.

Rappelons tout de même que, quelques heures avant la Décision du Conseil constitutionnel, le Comité consultatif du conseil des droits de l’homme, une instance de l’ONU basée à Genève, s’était lui-même déclaré « préoccupé par les pouvoirs conférés aux services de renseignement en matière de surveillance digitale à l’intérieur et à l’extérieur de la France« . Dans son rapport du 23 juillet, il reproche notamment à la future loi sur le renseignement de donner des pouvoirs « excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation préalable d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant« .

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Nous avons, vous avez de très bonnes raisons d’être inquiets quant à l’usage que la République ne manquera pas de faire de cette loi particulièrement liberticide quand on a lu le dernier rapport d’activité (portant sur 2014 et les quatre premiers mois de 2015) de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), rendu public le 22 juillet. Cette Commission étant appelée à disparaître au profit d’une nouvelle Commission davantage « aux ordres » du pouvoir.

Son président, le conseiller d’Etat Jean-Maris Delarue, y exprime en particulier beaucoup de craintes quant au devenir des contrôles des écoutes non judiciaires. Il insiste en particulier sur le fait que dans les quatre premiers mois de 2015, « la part des avis défavorables (de la Commission) qui n’ont pas été suivis par le Premier ministre s’est accrue nettement plus substantiellement« . Ce qui revient à montrer du doigt l’installation d’une forme sournoise de tyrannie.

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Sur la période, des 32 avis défavorables formulés par l’autorité qu’il préside, 9 n’ont pas été suivies, soit « plus du quart d’entre eux » et déjà plus, en valeur absolue, que sur toute l’année 2014.

En plus de cette tendance de Matignon à « passer outre » ses avis, la CNCIS s’inquiète d’un « affaiblissement des contrôles » de ces interceptions induit par la fameuse loi sur le renseignement. Elle aborde enfin la légalisation d’instruments permettant la surveillance d’un grand nombre de personnes et s’inquiète d’une extension considérable du périmètre de surveillance à travers l’apparition de « la notion cruciale d’entourage« .

Et tout cela sous couvert de la lutte contre le terrorisme…Mais l’empressement du pouvoir à communiquer après la validation par le Conseil constitutionnel en dit long sur l’enjeu politique que représente pour lui et sa majorité parlementaire, un texte que ses détracteurs persistent à juger attentatoire à la protection des libertés et de la vie privée.

En somme, trop poli pour être honnête !

* En commençant par l’abrogation du dernier alinéa de l’article 89 de la Constitution d’octobre 1958 qui précise que « La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision. ».

 

Et pendant ce temps-là…

Le chômage en France reste à des sommets, sans aucune amélioration, à la différence de plusieurs pays de l’Union européenne (et en particulier l’Espagne : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/27/bulletin-climatique-quotidien-27-juin-2015de-la-republique-francaise/) : Pôle emploi recensait en juin 3,55 millions de chômeurs en métropole, une statistique sans aucune fiabilité car obtenue à partir de données différentes des mois précédents, rendant toute comparaison impossible. C’est la dernière astuce du gouvernement pour manipuler les chiffres et tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

A compter de cette publication, Pôle emploi accède à des données administratives que l’on prétend plus complètes mais qui lui permettent de mieux jongler avec la situation des demandeurs d’emploi et qui conduit à faire changer de catégorie certains d’entre eux.

Avec cette nouvelle donne, l’opérateur a comptabilisé 3,82 millions de demandeurs en incluant l’outre-mer, 5,70 millions en y ajoutant ceux ayant exercé une activité réduite au cours du mois, a annoncé lundi le ministère du travail.

Ce qui n’a pas empêché le ministre du travail de se  risquer au jeu des comparaisons. Il a noté une « stabilisation » en juin par rapport à mai (3,55 millions) et s’est réjoui d’un « ralentissement » de la hausse du chômage sur l’ensemble du premier semestre 2015 (+ 8 800 par mois en moyenne, soit deux fois moins qu’au second semestre 2014), y voyant un « signe encourageant« .

François Hollande s’est dit déterminé lundi soir à « agir jusqu’au bout » de son quinquennat, faisant fi de son impopularité, mais conditionnant de nouveau sa candidature en 2017 à ses résultats contre le chômage. « J’avais pris un engagement, cet engagement devra être tenu« , a  insisté le chef de l’Etat. « S’il n’y a pas de résultat, il ne peut pas y avoir de crédibilité sur une candidature. » Vu les résultats de ses autres engagements, nous sommes tranquilles !

Comme chacun devrait le savoir, les promesses n’engagent que ceux qui les entendent.

 

 Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Vous ne le visiterez pas mais admirez-le

Le Cabinet de Garde-robe de Louis XVI à Versailles

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Réalisé à la demande du roi en 1788, dans le prolongement de la chambre du roi, il est situé derrière une petite porte à peine visible qui se confond avec la tenture et les moulures. La pièce qu’elle cache n’est absolument pas accessible au public. Elle est bien trop petite et bien trop fragile pour accueillir des millions de visiteurs. D’autant qu’elle vient d’être merveilleusement restaurée grâce au mécénat de Lady Michelham of Hellingly.

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Il s’agit du cabinet de garde-robe de Louis XVI, qu’il utilisait comme bureau privé. Le malheureux souverain n’a pas pu en profiter bien longtemps puisqu’il lui fut livré au début de l’été 1789, quelques mois avant son expulsion du palais par la foule révolutionnaire. C’est en juin 1788 qu’il ordonne à ses architectes de transformer la garde-robe jouxtant sa chambre en cabinet de travail. La surface est doublée pour passer à 13 mètres carrés et la hauteur dédoublée pour créer un entresol. Deux fenêtres donnant sur un balcon ouvrent sur la cour des Cerfs. Les deux frères sculpteurs Jean-Siméon et Jean-Hugues Rousseau créent un sublime décor de boiseries blanches et or, réalisant là leur plus beau chef-d’œuvre dans le style néo-classique.

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Le très sérieux souverain, épris de sciences, de commerce, d’agriculture et de marine, a voulu un décor illustrant ces thèmes. Aussi peut-on, aujourd’hui, découvrir avec ravissement les plus belles réalisations technologiques de cette fin du XVIIIe siècle : une machine électrique constituée d’un disque en verre dont la rotation produisait de l’électricité statique. Plus loin, c’est un graphomètre à pinnules utilisé par les arpenteurs pour mesurer des angles, une pompe à vide, une grue. La marine est représentée par un cadran solaire et une boussole, l’agriculture par une charrue, une herse et une brouette. Le commerce est illustré par différents accessoires, dont un livre de comptes montrant des additions.

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On imagine Louis XVI assis à son bureau, au milieu de la pièce. Le souverain a tenu que soient installés des lieux d’aisance à l’anglaise, constitués de toilettes avec évacuation et chasse d’eau. Elles sont dissimulées derrière une porte taillée dans la boiserie. Aucun espace pour mettre les pieds, aussi le roi ne pouvait-il s’asseoir sur le trône que la porte ouverte. Un espace certes moins grandiose que la galerie de Glaces, mais bien plus émouvant.

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Le 29 juillet 2015.

Jean-Yves Pons, CJA.

Billet d’Argolide : la boite de Pandore.

1 Juil

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Depuis aujourd’hui, la Grèce est officiellement en défaut de paiement.

C’est ce que nous avions prévu dès notre Bulletin climatique du 22 novembre 2012 (Lire « Ils n’auront pas le choix, le défaut sera la solution« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/11/22/bulletin-climatique-quotidien-22-novembre-2012-de-la-republique-francaise/

Le résultat en est aujourd’hui ce grand gâchis auquel vous assistez et les conséquences qui s’annoncent déjà et auxquelles le Conseil dans l’Espérance du Roi est le seul à vous préparer.

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Nos élites auto-proclamées n’ont pas encore compris  » l’effet papillon  » ou la théorie du chaos de Lorentz. Et ce qui semblait inimaginable est désormais très sérieusement envisagé : faute d’accord avec ses créanciers, la Grèce va se retrouver en faillite et exclue de la zone euro. Mais exclure la Grèce de la zone euro « serait une erreur dramatique, historique. On est tout près d’une grande catastrophe« , vient de dire l’économiste Thomas Piketty. « Personne ne peut savoir ce qu’il se passerait ensuite, il y a de forts risques qu’à chaque élection, au Portugal ou ailleurs, on se demandera alors quel pays va sortir. Tous ceux qui disent que la sortie est possible se trouveront évidemment renforcés », a-t-il poursuivi.

Et l’économiste de pointer les partisans d’une ligne dure vis-à-vis d’Athènes, Allemagne en tête. « Les apprentis sorciers qui s’imaginent qu’on va apporter la stabilité dans la zone euro en expulsant un membre pour discipliner les autres sont extrêmement dangereux. L’idéal européen est en passe d’être très sérieusement écorné, et peut-être même détruit, par ces décisions d’apprentis sorciers. Donc l’urgence, c’est surtout que Hollande prenne ses responsabilités et vienne dire que la restructuration de la dette, ce n’est pas pour après-demain, c’est pour maintenant« .

Pour Thomas Piketty, toute réforme grecque sera vaine si ses créanciers ne consentent pas à un nouvel effacement de sa dette. « On a perdu six mois dans cette négociation où on n’a toujours pas abordé la question importante qu’est la restructuration d’ensemble de la dette grecque et d’ailleurs d’autres pays européens très endettés comme le Portugal, l’Italie. C’est vraiment l’ensemble des dettes de la zone euro qui doit être restructurée« , a-t-il martelé.

Pour nous, ce n’est pas six mois qui ont été perdus mais plus de deux ans… Puisque nous c’est ce que nous annoncions dès le mois de novembre 2012.

Et Thomas Piketty d’ajouter : « Là, il y a une espèce d’amnésie et d’ignorance historiques de la part de nos dirigeants qui est absolument consternante parce que l’Europe dans les années 50 s’est construite justement sur l’effacement des dettes publiques du passé pour investir dans l’avenir, dans les infrastructures, dans la croissance. L’Allemagne avait une dette extérieure considérable qui a été annulé par la conférence de Paris et de Londres de 1953 et 1954 pour justement investir dans l’avenir parce qu’on pensait que les jeunes générations d’Allemands, et même de Français, n’avaient pas à payer éternellement pour les dettes accumulées par les gouvernements précédents. Et pourtant, dieu sait si les gouvernements précédents avaient fait des bêtises bien plus graves que celles des gouvernements grecs en 2009« .

« Je veux juste rappeler la situation, a-t-il précisé : la Grèce part en 2009 d’un niveau de déficit considérable, qu’ils avaient d’ailleurs nié en manipulant leurs comptes. Ensuite, on part en 2010 d’une politique d’austérité sans précédent qui finalement a un peu tué le malade. Quand vous avez un niveau d’activité économique, de PIB, qui a chuté de 25% entre 2009 et 2015, c’est bon pour personne, y compris pour les créanciers : ça n’aide pas à rembourser la dette« . « Les Grecs ont fait une cure d’austérité sans précédent et sont passés au cours de l’année 2014 dans une situation d’excédent primaire. Cela veut dire que les Grecs, à partir de 2014, ont commencé à payer plus d’impôts que ce qu’ils reçoivent en dépenses publiques. Effectivement, c’est tout à fait raisonnable de demander aux Grecs, compte tenu des erreurs passées, d’être en situation d’excédent primaire, c’est-à-dire d’autofinancer leurs dépenses et de dégager un surplus. Toute la question est de savoir si on peut se contenter d’un léger surplus. Je pense que oui, jusqu’à ce qu’au moins l’économie grecque retrouve son niveau d’activité économique d’avant les chocs. Cela parait être le bon sens minimal. Au lieu de cela, alors que les Européens avaient promis aux Grecs en 2012 que lorsque la Grèce serait en situation d’excédent primaire, alors enfin on renégocierait le niveau de la totalité de la dette, les Européens ont refusé cela. C’est pour cela que le précédent gouvernement grec a chuté, c’est pour cela que Tsipras a gagné les élections en janvier 2015. Et depuis six mois, les Européens refusent toujours de parler de cette question« .

Mais rassurez-vous tout de même, c’est grâce à cet aveuglement que la zone euro va finir par imploser et que nous pourrons commencer à espérer retrouver notre liberté et la renaissance de la France.

 

Le 1er juillet 2015.
J-Y Pons, CJA, pour le CER.

Encore un diagnostic accablant de la Commission européenne.

11 Avr

salle-du-conseil1.jpgParu dans Le Figaro.fr :

Les entreprises françaises sont les moins profitables de la zone euro, d’après la Commission européenne.

De notre correspondant à Bruxelles

Le «made in France» n’est pas au bout de ses peines: le coût du travail, le poids de l’impôt et la résistance aux réformes ont fait de la France le pays où les marges bénéficiaires des entreprises sont les plus faibles de la zone euro, d’après la Commission européenne.

C’est le bilan inquiétant que dressent les experts de Bruxelles au bout de leur exercice annuel d’enquête sur les «déséquilibres macroéconomiques» dans les pays de la monnaie commune. Le chapitre consacré à la France décrit une économie qui a perdu 11,2% de ses parts de marché à l’exportation de 2006 à 2011 et s’enfonce dans un cercle vicieux où des charges croissantes laminent la capacité des entreprises à investir et à innover.

Menace pour la compétitivité

«La résistance du pays aux chocs extérieurs diminue et ses perspectives de croissance à moyen terme sont de plus en plus entravées par des déséquilibres de longue date, écrivent les auteurs dans le document rendu public mercredi. La faible profitabilité des entreprises, en particulier dans le secteur industriel, couplée à leur endettement, est une menace pour la compétitivité de l’économie française tout entière.»

Avant de préciser fin mai ses prescriptions économiques et budgétaires au gouvernement Ayrault pour 2013 et 2014, l’exécutif européen salue les réformes engagées, en particulier le pacte pour la compétitivité et l’accord sur la «flexisécurité». Mais il s’empresse d’ajouter qu’elles «ne seront pas suffisantes pour résoudre le problème» et que «d’autres réponses seront nécessaires».

Le 10 avril 2013.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (11 mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

11 Mar

*  Non seulement la crise de l’euro n’est pas derrière nous…

…mais elle est probablement devant ! Alors n’écoutons pas ce que nos hommes politiques racontent et regardons devant. Que se passe-t-il ?

1. Près de 15 jours après l’élection de son nouveau président, Chypre doit relancer son processus de sauvetage . Menacée par la faillite, ainsi que par celles de ses banques, elle a dû accepter un audit sur les fonds qui y transitent et sur des accusations de blanchiment d’argent sale (provenant principalement de Russie et de Grèce).

Alors, les autorités européennes et du FMI veulent imposer des règles drastiques qui ne sont évidemment pas du goût des Chypriotes :
une restructuration de la dette de l’île, qui non seulement inquiète Chypre, mais aussi les pays du sud de la Zone euro, qui craignent une poussée de fièvre obligataire. Car la restructuration de la dette grecque l’année dernière avait créé bien des remous qui n’avaient été apaisés que grâce à la promesse que cette restructuration serait unique. Or voilà qu’une nouvelle opération de ce genre est aujourd’hui évoquée…

des pertes imposées aux plus gros déposants des banques chypriotes. Une nouvelle qui a fait bondir NiKo puisque les principaux déposants sont souvent d’origine étrangère, russe et grecque. Commentaire du ministre des Finances chypriote : “Ce serait à la limite du racisme de distinguer les déposants selon leur origine ethnique” ( Pour rappel, le pays, déjà endetté à près de 90% de son PIB, doit se refinancer à hauteur de 17,5 milliards d’euros , l’équivalent de son PIB).

2. En Italie, la crise politique entamée avec les dernières élections législatives n’a toujours pas été résolue. En attendant, aucun gouvernement n’est formé… et la menace d’une crise obligataire, avec des taux d’emprunt qui s’élèveraient, plane toujours.
Deux des trois principales forces politiques du pays (le PDL de Berlusconi et le M5S de Beppe Grillo) ont fait toute leur campagne sur des thèmes anti-euro et anti-austérité. Ce qui exclut, pour le moment du moins, le recours à la BCE, via les Outright Monetary Transactions (OMT), un mot barbare derrière lequel se cache la possibilité de rachats d’obligations souveraines par la BCE, en échange de mesures de rigueur. Dans un pays qui a ouvertement affirmé son refus de la rigueur, cela risque d’être problématique.

3. L’Irlande essaie de repasser une partie de ses dettes à l’Europe. En particulier les actifs pourris de ses banques menacées par la faillite et qu’elle avait acheté en 2008 pour 64 millions d’euros. Aujourd’hui, après la fermeture de plusieurs de ces banques, l’Irlande conserve toujours 28 milliards d’euros de dettes “bancaires”. Et ce sont ces dettes qu’elle voudrait, en partie, transférer au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui est censé pouvoir recapitaliser les banques qui en ont besoin. Mais, pour le moment, ni l’Allemagne ni la BCE ne semblent accepter cette idée, arguant que le sauvetage irlandais a eu lieu avant la mise en place du FESF ou du MES, et que celui-ci ne peut pas intervenir de manière rétroactive.

Alors l’Irlande essaie de faire passer en force son problème bancaire ! En début de mois, elle a liquidé en une nuit une de ses « bad banks », l’Irish Bank Resolution Corporation (IBRC), obligeant ainsi la BCE à accepter des obligations souveraines à 40 ans plutôt que des liquidités. La BCE s’est défendue en expliquant que l’Irlande était un “cas particulier”. Comme la Grèce quand il a fallu restructurer sa dette. Comme l’Espagne, comme l’Italie, comme…

4. l’Espagne a difficilement réussi à faire passer son déficit de 9,4% en 2011 à 6,7% en 2012. L’objectif était pourtant  à 6,4%. Mais à quel prix ? Celui d’une croissance en berne (-1,37%), une consommation intérieure catastrophique et un chômage en hausse constante (plus de 26 %).

Le rapprochement entre les chiffres du chômage espagnol (où plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans n’ont pas de travail) et la confiance affichée par l’UE au sujet de la solvabilité des banques du pays est préoccupant. “Bruxelles satisfait de la réforme du secteur bancaire espagnol”, titrait Le Monde. Les banques ibériques seraient à nouveau suffisamment capitalisées et ne nécessiteraient pas une nouvelle aide européenne. La réalité est que plus de 41 milliards d’euros leur ont déjà été versés, et que l’Europe n’a aucune intention de payer davantage.

Mais comment peut-on être assuré que les banques espagnoles n’ont pas de problèmes de capitalisation alors que l’économie devrait encore être en récession cette année et que le taux de chômage record et la baisse de la consommation entretiennent le nombre de défaut sur prêt aussi bien de la part de particuliers que d’entreprises ? Un mystère auquel les autorités bruxelloises se gardent bien de répondre.

Le FMI est d’ailleurs bien plus réaliste sur l’état de santé des banques ibériques, comme nous l’apprend L’Agefi : “Dans un rapport publié mardi, le Fonds monétaire international (FMI) souligne les progrès accomplis pour remettre sur les rails les banques de la Péninsule, mais l’institution met aussi en garde sur les risques qui continuent de peser sur l’économie du pays ce qui nécessite de maintenir une surveillance accrue des établissements financiers”.

5. Et à tout cela il faut ajouter la France, très observée car deuxième économie de la zone euro. Le gouvernement a reconnu récemment que ses objectifs de croissance pour cette année devraient être revus à la baisse et que l’objectif des 3% de déficit serait intenable. Entre réformes impossibles, économie en berne et taxations en hausse, la France inquiète et sera probablement le prochain « homme malade » de l’Union européenne. Le problème, pour la zone euro, réside dans le fait que la France est un bien plus « gros poisson » et qu’un défaut financier de notre pays signerait immanquablement l’explosion de l’union monétaire européenne.

*  Et pourtant…

La France continue d’emprunter à des taux étonnamment bas ! Dans son éditorial des Echos, Jean-Marc Vittori (Jean-Marc Vittori) nous explique pourquoi. Mais il nous dit aussi la fragilité de cette situation paradoxale, qui rejoint nos préoccupations précédentes.

  

 » La vie des marchés ressemble souvent à une comptine enfantine. Le régulateur assoupi pendant que les cloches de la finance s’emballent est à n’en pas douter un cousin de Frère Jacques. Le crédit immobilier du pauvre Américain devenu titre AAA par la grâce de la titrisation a eu droit au même coup de baguette magique que la souris verte muée en escargot tout chaud après un trempage dans l’huile. Et les obligations émises par le Trésor français font penser au matou d’une chanson entonnée avec gourmandise par Steve Waring. C’est l’histoire du vieux fermier Thompson qui cherche à se débarrasser de son gros chat gris par toute une série de moyens – colis postal, coup de fusil, moulinette du boucher, fusée spatiale. Mais invariablement, « le matou revient le jour suivant ». La France perd des parts de marché, sa croissance disparaît, elle porte au pouvoir une gauche à l’ancienne, la notation de ses titres publics est dégradée, son Etat ne parvient pas à contenir son déficit public à 3 % du PIB, ses dépenses publiques augmentent encore et toujours. Mais, invariablement, l’Agence France Trésor revient le jour suivant placer ses obligations à prix toujours plus élevé – ou à taux d’intérêt toujours plus bas, ce qui est équivalent. Bien sûr, le taux des emprunts à 10 ans a remonté ces dernières semaines ; il dépasse aujourd’hui 2,1 % après être descendu au-dessous de 2 % en décembre dernier. Il reste cependant extraordinairement, incroyablement bas, au regard des niveaux observés ces deux derniers siècles. Il y a là un mystère, comme dans la vitalité du matou de Waring. Un mystère qui s’explique par au moins quatre raisons.

La première explication se trouve dans l’Agence France Trésor elle-même. C’est un modèle du genre, qui fait des envieux dans d’autres capitales. Elle est remplie d’esprits brillants qui éblouissent les investisseurs du monde entier en leur projetant de magnifiques PowerPoint. L’Allemagne fait travailler ses meilleurs éléments dans l’entreprise, les Etats-Unis envoient les siens (et ceux qu’ils importent du reste du monde) dans la Silicon Valley, avec l’idée étrange que l’argent n’est pas forcément une mesure de l’impureté humaine. La France, elle, les fait grimper dans son administration. Ayant les meilleurs vendeurs de dette publique au monde, nous avons ici un avantage comparatif que nous exploitons à fond.

Au-delà, la France a de la chance – et c’est la deuxième explication du mystère des taux bas. Les investisseurs ont commencé par s’inquiéter d’un petit pays qui avait truqué ses chiffres, la Grèce. Puis ils se sont souciés de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Italie. Pour les rassurer, les gouvernements de ces pays ont brutalement serré la vis budgétaire, plongeant leurs économies dans une profonde récession (baisse de production autour de 5 % en quatre ans, et même 20 % en Grèce). Si les investisseurs souffrent de nombreux défauts comme la myopie ou la cyclothymie, ils ne sont pas fous. Intégrant les effets désastreux de la rigueur pratiquée ces dernières années, ils ont changé de raisonnement. Au lieu de s’obnubiler sur le respect des cibles budgétaires, ce qui aurait dû les pousser à vendre leurs titres français, ils évaluent désormais les trajectoires des finances publiques à l’aune de trois critères : poursuite de l’assainissement (c’est le cas pour la France avec un déficit qui diminue), capacité à éviter la spirale dépressive (c’est aussi le cas pour l’instant), perspectives à moyen terme (là, c’est moins clair).

Même si les investisseurs voulaient vendre leurs obligations françaises, ils auraient du mal à les remplacer – et c’est la troisième raison de la faiblesse des taux français. Ils raisonnent en grandes classes et en grosses masses. A leurs yeux, il y a les obligations totalement sûres – les T-bonds américains et les Bunds allemands. Ensuite, il y a le deuxième choix – les OAT françaises et les Gilts britanniques. Après viennent les produits de troisième zone, italiens, espagnols, voire japonais, qui sont ou redeviennent des marchés locaux. Si les fonds de placement vendent des dizaines de milliards d’euros d’OAT, ils chercheront des produits équivalents pour équilibrer leur portefeuille… et ils n’en trouveront pas beaucoup sur le marché. La masse énorme des OAT détenue par des étrangers (près des deux tiers du total) constitue paradoxalement une protection et non une faiblesse.

Enfin, les gros propriétaires français d’obligations du Trésor n’ont a priori pas de raisons de vouloir les vendre, car ils sont plutôt en bonne santé. Les assureurs AXA et CNP, premiers détenteurs au monde d’OAT, ont des comptes solides. Les grandes banques nationales comme BNP Paribas et la Société Générale ont bien résisté dans la succession de crises de ces dernières années. Elles ont certes dû vendre des paquets d’OAT à l’été 2011 pour compenser leurs pertes sur les obligations italiennes, mais elles ont depuis fait le ménage dans leurs portefeuilles.

Mais si le gros matou français revient encore et toujours, il se promène au bord du toit. L’efficacité de l’Agence France Trésor, le virage des investisseurs, l’absence d’alternative et la santé des banques, qui ont assuré sa survie sont des raisons à la fois puissantes et fragiles. Le vent peut vite tourner. Le consultant financier américain John Mauldin, dont la lettre hebdomadaire compte plus d’un million de lecteurs, annonce la dégringolade de la France après avoir prédit celle de la Grèce il y a quatre ans et celle de l’Italie il y a deux ans. Rien ne dit qu’il a raison. Mais personne ne peut garantir que la France continuera pendant des années à emprunter à des taux d’intérêt ridiculement bas. »

 

*  A Rome, le conclave débutera demain mardi 12 mars :

« La huitième congrégation générale des cardinaux a décidé que le conclave pour l’élection du pape débutera le mardi 12 mars 2013. La messe « pro eligendo Pontifice » sera célébrée dans la matinée dans la basilique Saint-Pierre et dans l’après-midi les cardinaux entreront en conclave », précise le Vatican dans un communiqué.

Malgré le suspense et les pressions de certains pour ne pas laisser trop longtemps « vacant » le fauteuil du pape, plusieurs princes de l’Eglise avaient souhaité prendre tout le temps nécessaire pour réfléchir aux problèmes de l’Eglise, à la gouvernance du Vatican, objet de critiques, et pour choisir le successeur de Joseph Ratzinger.

Jusqu’à présent, une centaine de cardinaux, ont pris la parole aux réunions de pré-conclave. Parmi les sujets abordés vendredi, le père Lombardi, porte-parole du Vatican, a cité le rôle des femmes dans l’Eglise, le dialogue interreligieux, les questions de bioéthique, venus s’ajouter aux thèmes des jours précédents (évangélisation, oecuménisme). L’exigence d' »une plus grande collégialité » dans la gouvernance de l’Eglise a en outre été discutée une nouvelle fois.

Mais, avant d’accueillir les 115 cardinaux qui voteront pour désigner le nouveau pape qui succèdera à Benoît XVI, la chapelle Sixtine de Rome se pare et se prépare pour l’évènement. Car les cardinaux ne sont pas les seuls à jouer un rôle important dans l’élection du nouveau pape.

Les deux poêles du Vatican, enfin arrivés, auront aussi leur rôle à jouer. Fait d’argent et de bronze, le premier brûlera les bulletins de vote des cardinaux. Le deuxième, lui, servira à créer la fumée qui fera connaître au monde entier le résultat de l’élection papale. Si la fumée est noire, cela signifiera qu’aucun accord n’a été trouvé. Si elle est blanche, c’est que les cardinaux sont parvenus à une majorité des deux tiers.

Tant qu’aucun d’entre eux n’aura été désigné à la succession de Benoît XVI, tous resteront enfermés dans la chapelle. Le lieu a donc été préparé pour l’occasion: les ouvriers du Vatican ont installé un parquet pour protéger le sol, et préparent déjà les gradins.

Quant aux portes vitrées menant à la salle, elles ont été couvertes, pour éviter que des curieux observent la réunion des cardinaux. En effet, pendant toute la durée du conclave, et depuis mardi après-midi, l’accès à la chapelle Sixtine est interdit au public.

Emblème du Saint-Siège pendant la vacance. A la place de la tiare figure l’ombrellino.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :


MATHURIN MÉHEUT est au Musée de la Marine à Paris, du 27 février au 30 juin 2013
  :

Affiche exposition Mathurin Méheut
© lot64 ©Adagp, Paris, 2012

En 2013, le musée national de la Marine consacre son exposition temporaire annuelle à Mathurin Méheut (1882, Lamballe – 1958, Paris), le plus populaire des artistes bretons du XXe siècle. La mer a été l’une de ses premières sources d’inspiration. Nommé peintre de la Marine en 1921, ce grand voyageur a tout au long de sa vie collaboré avec le milieu maritime, à la fois comme dessinateur, illustrateur, décorateur, sculpteur et graveur. Sur 1000 m², des œuvres variées – grand décors, études, dessins, croquis, livres illustrés – proposent une lecture chronologique et thématique de ce talent aux mille facettes.

 

Le peintre de la Bretagne et d’ailleurs

L’œuvre de Mathurin Méheut célèbre la mer et les activités maritimes. Né à Lamballe, formé à l’École des Beaux-arts de Rennes puis à l’Ecole des Art Décoratifs à Paris, Mathurin Méheut collabore, très tôt, avec les initiateurs de l’Art Nouveau à la prestigieuse revue Art et Décoration. Etabli à Paris, l’artiste reste très attaché à la Bretagne qu’il sillonne inlassablement au fil de sa carrière et ses voyages. En 1914, grâce à une bourse de la fondation Albert Kahn, Mathurin Méheut se rend à Hawaï et au Japon où il trouve une confirmation de ses choix iconographiques et techniques : la représentation de l’essentiel, la traduction de l’instantané par un trait vif et précis, l’usage de l’aplat et le choix de cadrages originaux.

Le dessinateur, le décorateur, le sculpteur

Artiste prolifique, chercheur infatigable, Mathurin Méheut met en œuvre tout au long de sa vie des techniques très variées. Après son voyage dans le Pacifique, l’artiste réalise, dans l’urgence, des milliers de croquis pendant la guerre, de 1914 à 1919. Décorateur et céramiste, il collabore avec la Manufacture nationale de Sèvres, comme avec les faïenceries de Quimper, créant un service de table baptisé La Mer et la vaisselle du restaurant parisien Prunier. Sur le thème de la mer, il réalise une tapisserie pour la manufacture des Gobelins dont on possède encore le carton et des croquis préalables. C’est également un des illustrateurs majeurs du XXe siècle dans le domaine du livre, pratiquant la gravure sur bois, la lithographie et la zincographie, illustrant Colette, Dorgelès ou encore Loti.

Quarante années après la première rétrospective dédiée à Mathurin Méheut, le musée de la Marine rend un nouvel hommage à ce grand peintre français de la mer et des marins.

 

Détail d'une tapisserie, manufacture des Gobelins, 1939-1946.

Commissariat : Denis-Michel Boëll, conservateur général du patrimoine, directeur- adjoint du musée national de la Marine.

AU PALAIS DE CHAILLOT À PARIS,
DU 27 FÉVRIER AU 30 JUIN 2013
UNE EXPOSITION ÉVÉNEMENT À NE PAS MANQUER!
Musée national de la Marine17, place du Trocadéro
75116 Paris

Le 11 mars 2013.

Jean-Yves Pons.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (7 mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

7 Mar

*  « El golpe » , le retour !

Lu dans La Tribune, publication économique :

Le risque d’un coup d’Etat en Espagne n’est plus totalement illusoire et pourrait chambouler les marchés.

Jusqu’à il y a quelques années, le risque politique était considéré comme quasiment inexistant en Europe. Cependant la crise de la dette souveraine est venue changer brutalement la donne. Le spectre des défauts de paiement sur le Vieux-Continent est réapparu et avec lui les mesures d’austérité qui entraînent toujours les mêmes fléaux: mouvements sociaux, rejet de la démocratie et repli sur des solutions autoritaires…pouvant aller jusqu’à un changement de régime.  

On a tort de croire que la paix et la démocratie sont définitivement installées dans la zone euro. C’est une croyance qui fait fi des nombreux défis de l’Union. Il suffit par exemple de s’arrêter sur la situation de l’Espagne pour se rendre compte qu’un changement de paradigme est possible à tout moment.

Le taux de chômage dans le pays est autour de 26%, avec un taux de chômage des jeunes qui est à près de 60% selon les derniers chiffres. L’actuel gouvernement est aux prises avec un scandale massif de corruption qui semble toucher tous les niveaux de décision au sein du Partido Popular et, enfin, le 23 janvier dernier, l’Assemblée de Catalogne a déclaré solennellement que la région est une « entité légale et politique souveraine ». En d’autres termes, la Catalogne est prête à faire sécession. Bref, l’Espagne est au bord du précipice même si on l’oublie trop souvent.

De nombreux observateurs pourront toujours affirmer que les principes démocratiques sont bien ancrés dans le pays et que le risque d’un changement de régime est infinitésimal. Pourtant, c’est faire l’impasse sur l’histoire récente de la péninsule que de croire cela. Le dernier coup d’Etat remonte en effet au début des années 80 et a échoué seulement grâce à l’aura du roi Juan Carlos qui a beaucoup terni depuis.

Ainsi, une conférence organisée le 6 février dernier par un centre de réflexion à Madrid et qui portait sur les forces armées et la Constitution a mis en lumière un certain malaise au sein d’une partie des officiers supérieurs de l’armée, notamment face à la gestion de la question catalane. Plusieurs officiers à la retraite ont pris la parole à l’occasion de ce colloque. Rien d’inhabituel à cela jusqu’à l’intervention du Général Juan Antonio Chicharo qui a commandé le corps d’élite de la marine jusqu’en 2010 et fait désormais partie de la réserve.

Il a notamment fait part « d‘un sentiment général de préoccupation, de peur, d’incertitude et de confusion » au sein de l’armée espagnole au sujet la sécession possible de la Catalogne, allant jusqu’à regretter la démission en 2006 du Général José Mena qui s’était publiquement prononcé en faveur de la possibilité d’une intervention militaire afin de mettre un terme aux demandes d’autonomie plus importante de la région.

Il a demandé ensuite, pendant son discours, d’imaginer un scénario qui a de grandes chances d’arriver: si le parti au pouvoir perd sa majorité absolue lors des prochaines élections générales et que les Catalans, en échange de leur soutien, demandent à abroger dans la Constitution la doctrine de « l’indissoluble unité » de l’Espagne, que pourra-faire alors l’armée, s’est-il interrogé. Il n’a pas apporté de réponse mais tout le monde a plus ou moins compris ce qu’il sous-entendait.

Depuis, le général a été réprimandé par sa hiérarchie mais, les propos qu’il a tenu montrent en tout cas une déstabilisation évidente du cadre institutionnel dans le pays sous l’effet des manifestations quasi-quotidiennes contre l’austérité, d’un rejet grandissant de la Maison Royale et du gouvernement et sous les coups de boutoir de la Catalogne. Une situation tout simplement explosive.

Le pays est entré dans une ère de difficultés croissantes et l’évolution actuelle de la situation n’augure rien de bon. Jusqu’à présent, la figure du roi Juan Carlos servait d’unité à la Nation mais ce n’est désormais plus le cas puisque même la monarchie constitutionnelle est de plus en plus critiquée en tant que système de gouvernement. L’armée qui est garante de l’unité de la Nation et du respect de la Constitution pourrait tout à fait intervenir en cas de total discrédit des gouvernants et de risque réel d’implosion de l’unité espagnole. Ce n’est évidemment pas le scénario le plus probable mais, dans tous les cas, on aurait tort de croire que l’Espagne est sur le chemin de la stabilisation. Le pays peut à tout moment s’enflammer, et faire avec lui basculer toute la zone euro dans un cycle infernal.

Sera-ce le premier coup d’Etat et doit-on en attendre ailleurs, y compris en France ?

Nous avons une alternative de bon sens pour la France : la fin de la république et le retour du Roi. Se fera-t-elle évidence ?

*  Confirmation :

Le taux de chômage en France a atteint le taux de 10,2% de la population active au quatrième trimestre 2012, soit 0,3 point de plus qu’au trimestre précédent, franchissant les 10% de la population active en métropole pour la première fois depuis la mi-1999, a annoncé jeudi l’Insee.

Avec l’Outre-mer, le chômage a atteint 10,6%. Le taux de chômage, qui mesure la proportion de chômeurs parmi les actifs, est en hausse depuis six trimestres (mi-2011).

L’Institut national des études statistiques considère désormais que 2,9 millions de personnes sont au chômage en France au sens des normes du Bureau international du travail (BIT).

Sur un an, le chômage a augmenté de 0,8 point en métropole. Pour les jeunes (15-24 ans), la hausse accuse 3,4 points sur l’année 2012. Le taux de chômage des jeunes marque ainsi un nouveau record à 25,7% des actifs de cette classe d’âge, soit 730.000 personnes.

Comme vous le constatez, plus ça va et moins ça va. Aux drames personnels et familiaux que ne peut manquer d’engendrer une telle situation, il faut ajouter pour l’Etat la diminution des rentrées fiscales ainsi que le coût des prestations sociales liées aux pertes d’emploi. Vous pouvez facilement imaginer la suite…

*  La pseudo-réforme bancaire du gouvernement :

Présentée comme une victoire sur le lobby bancaire, la réforme dudit système s’avère un cautère sur une jambe de bois. En tout cas beaucoup de bruit pour rien. Tel est l’avis du Père Gaël Giraud*, membre éminent de la Compagnie de Jésus mais aussi économiste très distingué qui fait trembler Pierre Moscovici. Il a présenté, en ce sens, deux notes fondamentales sur le sujet que l’on peut très succinctement résumer ainsi:

Alors que le projet de loi de « Séparation et régulation des activités bancaires » est en discussion à l’Assemblée nationale, il est pour lui nécessaire d’aller beaucoup plus loin pour réaliser ce qui constituait l’une des promesses majeures de campagne de François Hollande .

Le projet de loi entend « séparer » les banques commerciales (qui accordent des crédits et collectent des dépôts) des banques de marché (qui opèrent sur les marchés financiers). Loin d’atteindre cet objectif, c’est le projet le plus timide de tous ceux actuellement envisagés sur la planète (Volcker, Vickers, Liikanen). Il ne « sépare » quasiment rien. Les activités financières des banques qui seraient cantonnées dans une filiale sont économiquement marginales. Auditionné par la commission des finances de l’Assemblée nationale le 30 janvier dernier, le PDG de la Société Générale expliquait ainsi que la « séparation » concernait  » entre 3 et 5% de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15% des revenus totaux de la banque« , soit 0,75% de l’activité du groupe !

Pourtant, il est essentiel de scinder les banques mixtes dont l’existence pénalise l’activité économique pour au moins cinq grandes raisons :

    • l’activité de crédit et de collecte des dépôts apporte des liquidités à la spéculation ;
    • l’accès aux marchés financiers internationaux modifie le métier de banque commerciale ;
    • la combinaison d’activités de dépôt et de marché au sein de la même institution conduit à une extension de la garantie de l’Etat aux activités de marché ;
    • les activités du département marché font peser des risques sur les dépôts ;
  •         °  la coexistence des deux activités dans une même structure, induit une concurrence dans l’attribution des crédits qui se fait au détriment du financement de l’économie réelle.

Le modèle de la banque mixte est, par ailleurs, un frein à la transition écologique. Il renforce de fait l’instabilité financière et donc les crises économiques qui sont des périodes de mise de côté du long terme et de l’écologie. En période de rémission, il n’est pas non plus favorable au financement des projets de transition, car il facilite les opérations à haute rentabilité et défavorise les activités de prêts à l’économie et tout particulièrement aux opérations de long terme.
Gaël Giraud propose donc de mettre en place en France une véritable séparation des activités bancaires sur le modèle du Glass-Steagall Act (GSA), promulgué par le président américain Roosevelt en 1933 suite à la crise de 29. Il serait tout à fait possible de mettre en place rapidement dans notre pays une telle mesure moyennant quelques ajustements pour faire face au contexte économique et financier de ce début de XXIème siècle.

Et voici la conclusion cruelle de Gaël Giraud dans un entretien accordé à l’Expansion : « C’est un projet qui a été rédigé sous la dictée des grands banquiers français. Il y a une collusion d’intérêt évidente entre le Trésor, Bercy et les banques. Et ce pour une raison qui tient de la sociologie de l’administration : autour de 45 ans, les hauts fonctionnaires brillants voient généralement leur carrière stagner. Pour progresser, il faut donc qu’ils aillent pantoufler dans le privé, et, dans les banques, ils peuvent multiplier leur salaire par dix, voire par cent. Il est très difficile de résister… Face à cela, le gouvernement est très mal à l’aise, car il a face à lui toute la haute fonction publique. Il faudrait une volonté politique très forte de l’Elysée pour infléchir les choses. Pour l’instant, je ne vois rien venir… »

Lire la première note de Gaël Giraud

Lire la réponse à sa note

Lire la seconde note de Gaël Giraud

Ces éléments de réflexion sont déterminants aujourd’hui car ils démontrent la permanence et la pertinence de la doctrine sociale de l’Eglise face au capitalisme financier, apatride et sans scrupule, qui prétend gouverner le monde.

Gaël Giraud, né en 1970, est un jésuite français, économiste spécialisé en économie mathématique (Chercheur en économie au CNRS, membre de l’Ecole d’Economie de Paris) .

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

A la Villa Torlonia de Rome

La villa Torlonia est une ancienne villa de la famille Torlonia, construite au début du XIXème siècle. Elle est localisée dans le quartier Nomentano de Rome et est devenue en 1978 un parc municipal qui abrite trois petits musées : le musée de la villa dans le Casino Nobile, le musée de la Casina delle Civette, et le Casino dei Principi.

On pourra y visiter du 6 au 17 mars 2013 une superbe exposition consacrée aux

Trésors de Louis XIV. Tapisseries du Raphaël, Vouet, Rubens et Le Brun.

Cette exposition présente des tapisseries tissées sur des cartons de Raphaël, Simon Vouet, Pierre-Paul Rubens et Charles Le Brun aux Manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie. Cette présentation exceptionnelle s’inscrit dans le programme de la semaine de la culture française, intitulée « Le Jour de France à Rome » et est placée sous la direction de Marc Bayard et Giovanna Alberta Campitelli.

(Samson au festin des Philistins, de Vouet)

(Constantin et Crispus, de Rubens)

(La guérison du paralytique, de Raphaël)

(L’aveuglement d’Elymas, de Raphaël)

(L’audience du Légat, de Lebrun)

Copyright photo : site de la Villa Torlonia

Informations

Villa Torlonia (Casino Noble)

Via Lazzaro Spallanzani, 1, 00161 Roma, Italie
De 09:00 h à 19:00 h
Téléphone: 06 4423 1185
Le 7 mars 2013.
Jean-Yves Pons.

BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (16/17 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

16 Fév

*  La paille et la poutre :

Nous présentions, dans notre Bulletin climatique du 14 février, les derniers résultats de l’Insee concernant la croissance de la France durant l’année 2012. Ces résultats s’avéraient catastrophique par rapport aux objectifs du gouvernement.

Avec une baisse de 0,3% au quatrième trimestre 2012, la croissance est finalement nulle pour l’ensemble de l’année. Mais, ce qui est encore plus inquiétant, si l’on peut dire, est le fait que neuf autres pays de la zone euro sont désormais « dans le rouge » sur le plan économique. Il faut en effet en déduire que nos échanges commerciaux avec ces pays vont davantage se dégrader dans les mois qui viennent, ce qui aggravera ainsi la situation déjà peu favorable de notre commerce extérieur.

Les neuf pays dans le rouge sont surtout méditerranéens. Le plus malade, la Grèce, a vu son PIB plonger de 6,5% l’an dernier. 2012 a été la 5eme année de récession pour les grecs. Aujourd’hui, la Grèce crée environ 20% de richesse en moins qu’il y a cinq ans.
Derrière la Grèce, le Portugal (-3,5%), l’Italie (- 2,7%), Chypre (-2,3%), la Slovénie (-2%) et l’Espagne (-1,4%).
Mais, des pays plus au nord sont également frappés sévèrement par la crise économique européenne : la Belgique, les Pays-Bas et la Finlande.

Seuls sept sont « dans le vert » mais de très peu.  L’Allemagne, poids-lourd de l’Europe, n’a gagné que 0,7 % de croissance en 2012 et elle a mal terminé l’année, avec une activité en contraction au dernier trimestre.

(Zone euro © Radio France Stéphanie Berlu-Vigné)

Nous avons encore aux oreilles les propos oh! combien lucides de François Hollande en décembre dernier: « La crise de la zone euro est derrière nous ! » Nous vous le rappelons régulièrement: vous pouvez leur faire confiance, nous somme dans de bonnes mains…

*  Géopolitique du Sahel :

Notre ami Aymeric Chauprade publie sur son blogue (blog.realpolitik.tv) une longue analyse en trois parties de la crise au Mali et dans les autres pays du Sahel. Elle mérite toute votre attention:

Aymeric-Chauprade« La bande Tchad/Niger/Mali/Sénégal doit rester sous contrôle sécuritaire français. Il en va des intérêts stratégiques de la France (hydrocarbures, uranium, or, et autres ressources) comme du maintien de son influence (la France conservera son intérêt aux yeux des Africains, à la condition de garantir à ceux-ci leur sécurité). Puissance francophone et historiquement liée à tous les États de la région (Afrique du Nord et Sahel), la France est légitime pour aider les pays de la zone à se débarrasser des groupes islamistes mafieux et à restaurer la stabilité. »

Partie 1 : Réalités géopolitiques

Partie 2 : Les intérêts de la France

Partie 3 : Les intérêts de la France…et des autres

*  Après la vache folle…

Glané sur le blogue d’Yves Daoudal (yvesdaoudal.hautetfort.com/):

« Elle s’appelle Delphine Batho. Il paraît qu’elle est ministre. De l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Ce matin, sur Canal Plus, on lui demande ce qu’elle pense de l’autorisation donnée par la Commission européenne de nourrir de nouveau les poissons d’élevage avec des farines animales. Réponse :

« J’avais pas vu cette autorisation ».

Sic.

Et quand on lui apprend que c’est une décision qui a été rendue publique la veille, elle ajoute :

« Bizarre, bizarre, oui, je vais regarder. »

Sic.

Non seulement elle ne savait pas, ce qui est le comble de l’incompétence pour un ministre, mais en outre  elle est incapable d’avoir la seule réaction, immédiate, qui s’impose pour quelqu’un qui prétend être en charge de l’écologie : c’est monstrueux de nourrir des poissons avec du bœuf, du porc et du poulet. Comme si on n’avait pas suffisamment vu le résultat avec la vache folle…

Faut dire que Delphine Batho était secrétaire du PS à la sécurité. Pas à la sécurité alimentaire, manifestement…

Peut-être aussi applique-t-elle à la lettre la consigne donnée hier par Harlem Désir, que « le PS doit être le parti le plus européen de France ». Donc on ne fait même pas attention aux décisions de la Commission européenne : elles sont très bonnes par principe…

Batho : un sommet d’incompétence et de nullité…

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Le terme d’enluminure désigne les ornements peints ou dessinés sur les manuscrits, textes écrits à la main. Sur une pleine page, une marge, une lettre, ils mettent le texte en lumière ; enluminure vient du latin illuminare qui signifie éclairer.

Les manuscrits enluminés les plus anciens remontent à l’Egypte pharaonique, on utilise du papyrus avec lequel on forme des rouleaux. A la fin de l’Antiquité on lui préfère le parchemin fabriqué à partir de peaux d’animaux. Plus résistant, il est assemblé en cahiers ou codex, ce qui permet d’écrire sur le recto et le verso de la page.

Le Moyen Age est la grande période de l’enluminure. Les manuscrits byzantins reprennent les codes de représentation développés dans l’art grec pour illustrer des textes religieux, c’est le cas du Psautier de Paris, orné au Xe siècle. En Occident, l’enluminure se développe d’abord au VIIe siècle en Irlande et en Angleterre. Les motifs forment des entrelacs géométriques inspirés par l’art celte. Cette production est associée à la création d’abbayes et de monastères qui possèdent des ateliers d’écriture, les scriptoria, où l’on fabrique les livres. La figuration se développe avec les manuscrits carolingiens puis romans, mais c’est surtout à l’époque gothique que l’enluminure prend son essor. L’espace, le modelé, deviennent de plus en plus naturalistes et les décors atteignent un degré de raffinement extrême.L’enluminure n’est plus réservée au domaine religieux et les manuscrits profanes se développent comme les Très riches heures du duc de Berry vers 1413-1416.

Mais peut-être pensiez-vous que cet art est d’un autre temps. Visible seulement dans les musées ou dans des salles des ventes ! Et bien vous vous trompez car il existe de merveilleux enlumineurs dans ce vingt-et-unième siècle désacralisé autant d’ailleurs que déshumanisé. Ils ont le courage de porter encore ce message de lumière et de nous en offrir les diverses expressions.

Jean-Yves Pons.Le 16 février 2013.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (19 octobre 2012)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

19 Oct

nuage, météo, la pluie, tempête, douches, douche

*  La Cnaf n’est pas d’accord :

La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a rendu jeudi un avis défavorable au projet de loi relatif au mariage des homosexuels, déplorant une « remise en cause de la famille ». Selon un communiqué, 11 administrateurs ont voté contre, 8 pour, 2 ont « pris acte » et les 12 restants n’ont pas pris part au vote.

Les administrateurs ayant exprimé un vote défavorable se sont notamment déclarés en désaccord avec la méthode employée – « une saisine du conseil d’administration de la Cnaf dans un délai d’urgence ». Certains se sont opposés à la suppression dans le projet de loi des termes de « père » et de « mère », d’autres ont évoqué un projet remettant en cause la famille et la société française. Certains administrateurs ont enfin regretté le manque d’études d’impact.

Cet avis n’est que consultatif. Hélas !

Notons cependant un allié de poids dans cette affaire, le pédopsychiatre et psychanalyste Pierre Lévy-Soussan. Dans un article publié par l’hebdomadaire Le Point et intitulé « Un psy qui dérange », ce spécialiste de l’adoption regrette d’abord que les experts comme lui n’aient pas été consultés pour l’élaboration du projet de loi sur le mariage homosexuel.

Il précise ensuite sa pensée, qui sera difficile à entendre par les partisans du mariage gay :  l’amour ne suffit pas à faire une famille, et on confond dangereusement dans cette affaire l’éducation, qui est une chose, et la filiation, qui en est une autre.

« Oui dit-il, il y a toujours eu mille façons d’éduquer un enfant, mais jamais aucune société depuis deux mille ans n’a validé la filiation homosexuelle. » Pour ce spécialiste de l’adoption, rien ne peut, dans l’intérêt de l’enfant, remplacer le statut inattaquable de père et de mère, ce qu’il appelle la crédibilité filiative.

Cet argument a d’ailleurs été repris par Le Midi Libre dont la Une s’interroge  sur les questions de filiation, sur l’adoption et la procréation mais relaye néanmoins, air du temps et lobbying obligent, la profonde déception des associations puisque le gouvernement a confirmé la semaine dernière que le projet de loi sur le mariage homosexuel ne prévoit pas d’ouvrir l’accès à la procréation médicalement assisté.

Enfin, un autre aspect du débat à la Une du Progrès, avec « ces maires qui sont contre le mariage homo ». Les maires qui expriment leurs doutes ou leur malaise dans Le Progrès sont à la tête de petites communes rurales, et parmi les premiers à avoir signé la pétition nationale des élus contre le mariage gay.

Pour ce qui nous concerne plus directement que les médias de la république, voici un communiqué de Dominique Fitremann, l’une des dirigeantes de l’Alliance royale:

Les homosexualistes comptent bien à ce que les catholiques s’habituent au « mariage » gay, et en cela, ils ont le nez fin : ne se sont-ils pas ralliés honteusement à la république qui les a génocidés sous Léon XIII ? N’ont-ils pas accepté leur génocide et ne le déclarent-ils même pas « utile » , sous la persuasion de l’école de Jules Ferry ? Ne croient-ils pas indûment que l’école obligatoire et gratuite vient de ce même Jules Ferry et qu’ils doivent donc tout à la république qui les déteste alors qu’en vérité, l’école a été rendue obligatoire par Louis XIV et que l’école n’est pas gratuite vu que nous la payons tous indirectement par l’impôt ? Les catholiques ne se sont-ils pas soumis à une autre religion que la leur : le laïcisme, pudiquement nommé la « laïcité », religion de la république, imposée de force au moyen de l’école ? N’ont-ils pas accepté l’avortement, condamné par la Bible ? N’ont-ils pas accepté le PACS, alors que les « relations hors mariage » sont condamnées par l’Évangile ? C’est la raison pour laquelle les homosexualistes savent d’avance que les catholiques, en bons dhimmis républicains, s’habitueront au « mariage » homosexuel, quand bien même Dieu interdit les « relations contre nature ». Tous les partis républicains sans exception, qui crient aujourd’hui haut et fort qu’ils sont contre la dénaturation du mariage, retourneront leur veste une fois passée la loi républicaine, contraignante s‘il le faut. Il ne leur faudra que quelques mois pour s’habituer à la dénaturation du mariage imposée au forceps à un peuple trop crédule auquel la république a, paraît-il, octroyé la « souveraineté ». Le « mariage républicain homosexuel » sera la dernière étape avant que tous les cultes soient obligés d’obéir au diktat de la loi républicaine et de marier en grande pompe dans les églises, les synagogues, les mosquées et les temples, « au nom de l’égalité », les couples d’invertis. Voilà où la république entraîne une France terriblement soumise malgré l’appel de Jean-Paul II qui lui a dit :« France, Fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton Baptême ? »À bas la république !                          Dominique Fitremann

 

*  Ils vont nous faire le coup de « l’amalgame » :

Après les ballons d’essai de Cécile Duflot puis de Vincent Peillon (et de quelques autres) en vue de la dépénalisation de l’usage du cannabis et compte tenu du tollé que ces opinions « à titre personnel » (comme c’est l’usage politique) ont déclenché, voici venu le temps de l’amalgame ! Une arme désormais classique mais qui s’apparente surtout au « Coup de Jarnac ».

S’appuyant sur un colloque récent, à Strasbourg, consacré à l’emploi du cannabis en médecine, Daniel Vaillant, député-maire socialiste du XVIII ème arrondissement de Paris, relance la polémique sur la légalisation du cannabis: « Il s’agit de soulager des hommes et des femmes lorsqu’ils souffrent de maladies neurodégénératives, de certains cancers ou du sida », a annoncé Daniel Vaillant aux journalistes de Libération.

En 2011, l’ancien ministre de l’Intérieur présidait un groupe de travail de députés de gauche avec lequel il préconisait une « légalisation contrôlée du cannabis »  avec une « reconnaissance rapide de l’usage thérapeutique du cannabis ». A l’époque, l’idée avait fortement divisé le Parti socialiste.

Aujourd’hui, Daniel Vaillant veut relancer le débat et déposer une contribution à la fin du mois d’octobre, au Congrès de Toulouse. « J’essaierai de convaincre le groupe socialiste de la déposer. Ensuite, dans les trois ans, je veux que le PS et le gouvernement ouvrent le débat plus largement » a-t-il confié.

Le principe du cannabis thérapeutique et de se servir des composant positifs de cette drogue, pour en faire un traitement contre certaines maladies. Le cannabis thérapeutique peut se présenter sous différentes formes: tisanes, spray, sirop, inhalations ou gélules. Il peut aussi être fumé mais a des conséquences nocives sur les poumons, il est donc moins prescrit sous cette forme.

Le cannabis médical possède des propriétés antidouleur, anti-spasmodiques, anti-vomitives et pourrait stimuler l’appétit. Les médecins, adeptes du traitement, recommandent le cannabis thérapeutiques à des patients souffrant de sclérose en plaque, de cancer ou encore, du sida.

Le Canada, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Australie et plusieurs états des Etats-Unis se sont laissés convaincre par l’utilisation du cannabis thérapeutique. Mais l’utilisation du cannabis est strictement interdite en FranceSeul, le Marinol* dérivé du cannabis, est autorisé dans le cadre d’une « autorisation temporaire d’utilisation nominative ».

Aux Pays-Bas la consommation de cannabis est légale mais l’Etat a choisi de mettre en vente un cannabis médical, en pharmacie. Ainsi le gouvernement fait une réelle distinction entre les consommateurs qui se soignent et ceux qui se font plaisir.

Ils nous le disaient bien. Puisque c’est bon pour la santé, ça ne peut pas faire de mal.

Et vous les voyez revenir !…Avec une nouvelle forme de compassionisme. Ces gens sont pervers.

*  L’art de privatiser les gains et de communautariser les pertes :

Le sommet européen d’hier légalise, d’une certaine manière, cet adage financier qui revient à faire assumer par les citoyens et leurs impôts les risques (quand ce ne sont pas de véritables délits) pris par les banques. Et ce, au nom de l’intérêt général !

Contrairement à tous ceux qui l’avaient précédé depuis le krach de Wall Street en 2008, le Conseil européen d’hier soir n’était pas un « sommet de la dernière chance », pas un drame haletant où se jouait la survie de l’Union et de sa monnaie unique, mais une réunion de travail sans grand suspens.

Comme cela était prévu la France et l’Allemagne ont rapidement trouvé un compromis sur la question de la supervision bancaire et l’ont ensuite proposé au Conseil qui s’y est rallié. Angela Merkel a finalement accepté que ce soit toutes les banques européennes, y compris les banques régionales allemandes, qui soient soumises à un contrôle qu’il faut bien qualifier de fédéral et François Hollande a accepté, pour sa part, que la mise en place de cette supervision ne soit pas effective au 1er janvier mais étalée sur l’année 2013 après que son cadre légal aura été défini par le Conseil de la fin décembre.

L’Union s’achemine ainsi bel et bien vers une union bancaire dans laquelle tous ses établissements financiers seront soumis à un contrôle commun chapeauté par la Banque centrale européenne. Mais en vérité il s’agit là d’un leurre car, ne vous y trompez pas, la finance dispose de multiples moyens pour neutraliser toute tentative de réduction de la nocivité de ses pratiques. Elle s’est « immunisée » contre les efforts engagés par la communauté pour la protéger d’un effondrement (efforts motivés par le souci de se prémunir contre les conséquences économiques et sociales d’une catastrophe bancaire). Et toute mesure préventive étant systématiquement désamorcée, le désastre deviendra inéluctable… Il aurait surtout fallu engager les deux mesures principales nécessaires: démanteler les vastes ensembles financiers en unités de plus petite taille et interdire le mélange de leurs activités bancaires et spéculatives. Rien de tout cela n’est fait et la montagne, comme d’habitude, a accouché d’une souris.

Parallèlement, autre grand sujet de ce Conseil, l’Union et la zone euro ont accordé un satisfecit particulièrement chaleureux à la Grèce dont le maintien dans la monnaie unique ne paraît désormais plus en question et en faveur de laquelle une nouvelle tranche d’aide devrait être bientôt débloquée. C’est là le moins qu’ils pouvaient faire car ce prétendu sauvetage laisse aux Grecs un goût amer: l’austérité à laquelle il a été conditionné est brutale, excessive, presque inhumaine, et laisse ce pays sans grands moyens de rebondir avant longtemps.

Les manifestants qui avaient envahi, au même moment, les rues d’Athènes pour protester contre le prix social de cette aide n’en remercieront pas pour autant l’Union européenne

A suivre…

Le 19 octobre 2012.

Jean-Yves Pons.