Agriculture : où en sommes-nous ?

13 Déc

Le ministère de l’Agriculture a publié, vendredi dernier, les résultats provisoires du recensement agricole. Opération décennale européenne obligatoire, il a pour objectif d’actualiser les données sur l’agriculture des pays de l’UE et de mesurer le poids de la France dans l’agriculture européenne. Voici donc un tour d’horizon en cinq chiffres fous.

* 100.000

C’est le nombre d’exploitations françaises… disparues au cours de ces dix dernières années. Au total, l’Hexagone recense aujourd’hui 389.000 exploitations agricoles, contre 490.000 en 2010. Soit une chute de 21% en dix ans.

Cette baisse est continue depuis les années soixante-dix. Elle est néanmoins un peu moins marquée que lors du précédent recensement. En moyenne, chaque année entre 2010 et 2020, 2,3 % des exploitations françaises ont disparu, contre 3 % entre 2000 et 2010.

* 26.700.000

Paradoxalement, la baisse du nombre d’exploitations ne s’accompagne pas d’une réduction de la surface agricole française. Stable, celle-ci représente 26,7 millions d’hectares, soit une baisse de 1 % par rapport à 2010. Rendant ainsi compte d’une concentration de plus en plus forte dans un nombre de mains moins nombreuses.

Cette surface représente près de 50 % du territoire métropolitain. « Nos agriculteurs cultivent, gèrent, protègent, aménagent près de la moitié de notre territoire métropolitain », a souligné le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, pointant le rôle primordial des agriculteurs dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ce qui place la France en tête des pays européens.

* 69

Mécaniquement, si le nombre d’exploitations diminue mais que la surface agricole reste stable, la taille des exploitations française augmente. En 2020, elles mesurent en moyenne 69 hectares. C’est 14 hectares de plus que qu’en 2010 et 27 de plus qu’en 2000. A titre de comparaison, les exploitations américaines s’étendent en moyenne sur 178 hectares, tandis que les exploitations britanniques occupent 81 hectares (https://flo.uri.sh/visualisation/8090462/embed)

« L’extension des surfaces est plus marquée pour les éleveurs que pour les exploitations spécialisées en production végétale », note le ministère de l’Agriculture. En moyenne, en 2010, les élevages bovins mixtes (lait et viande) occupaient une surface de 102 hectares. En 2020, leur taille moyenne est de 123 hectares. Ces exploitations sont aussi celles dont les effectifs se réduisent le plus. Entre 2010 et 2020, leur nombre a diminué de 41 %.

De leur côté, les surfaces moyennes des producteurs de céréales et oléoprotéagineux sont passées de 80 à 96 hectares entre 2010 et 2020. « Le nombre d’exploitations spécialisées en production végétale diminue moins fortement que le nombre total d’exploitations », explique le ministère de l’Agriculture. Actuellement, 52 % des exploitations sont spécialisées en production végétale, contre 45 % dix ans plus tôt.

* 162

Entre 2010 et 2020 la part des exploitations en agriculture biologique a triplé, passant de 4 % à 12 %. « Avec désormais plus de 47.000 exploitants, la hausse du nombre d’exploitation bio est de 162 % », détaille le ministère. Ces exploitants sont en moyenne plus jeunes et plus diplômés que les autres.

Depuis 2017, la surface en agriculture biologique en France a doublé en cinq ans, se hissant à 2,5 millions d’hectares. La taille moyenne de ces exploitations est de 61 hectares.

La part des exploitations engagées dans un circuit court est, elle aussi, en augmentation (+6 points par rapport à 2010). La tendance est aussi à la hausse (+3 points) pour les exploitations ayant au moins une production sous signe de qualité ou d’origine (Label rouge, IGP, AOC-AOP…).

* 759.000

En 2020, 759.000 personnes occupent un emploi permanent dans les exploitations agricoles, soit l’équivalent de 583.000 emplois permanents à temps plein. Mais ce chiffre est en baisse de 12 % sur dix ans. Dans le détail, la part des aidants familiaux diminue (-3 points entre 2010 et 2020), tandis que celle des salariés permanents non familiaux augmente (+4 points entre 2010 et 2020).

Quelque 58 % des chefs d’exploitations et co-exploitants ont 50 ans ou plus, un chiffre en augmentation de 6 points depuis 2010. « Cela montre un vieillissement certain de la population agricole », reconnaît le ministère. La proportion de jeunes exploitants de moins de 40 ans reste, quant à elle, stable (20 %) en 2020. Dans le même temps, la part des femmes à la tête des exploitations agricoles se stabilise à 27 % en 2020 (soit un 1 point de moins en comparaison à 2010) en France métropolitaine. Le ministère identifie deux enjeux : « le besoin d’engager une politique volontariste encourageant le renouvellement des générations » et la nécessité de rendre le secteur plus attractif pour les femmes.

Et c’est là que se pose la question vitale de la place, de l’ampleur et de l’efficacité réelle de la Politique agricole européenne commune. Il nous faudra nécessairement revenir sur ce point dont les résultats ne sont peut-être pas ceux que l’on nous dit…*

Le 13 décembre 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

(*) La France, principale bénéficiaire de la nouvelle PAC ?

Une Réponse vers “Agriculture : où en sommes-nous ?”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 13, 2021 à 8:46 #

    Pour la survie du monde agricole, il faudrait:

    1. Favoriser l’équilibre financier des entreprises.
    2. Procurer de nouveaux débouchés à l’agriculture.
    3. Améliorer la situation des agriculteurs.
    4. Faire revivre le monde rural.

    ____

    1. Favoriser l’équilibre financier des entreprises agricoles.

    -rétablir la préférence communautaire dans l’attente de rétablir la préférence Française,
    -assurer la succession des exploitants,
    -accepter le caractère pluraliste de l’agriculture,
    -créer un satut de pluri-actif agricole,
    -instituer un moratoire des dettes.
    -prix de soutien minimaux rétablis (notamment un prix minimal garanti pour le lait), assortis si besoin de quotas pour éviter les surproductions
    -réintroduction des prix de soutien afin de permettre aux pêcheurs de vivre de leur travail.

    2. Procurer de nouveaux débouchés à l’agriculture.

    -rechercher l’autosuffisance alimentaire,
    -miser sur la qualité du produit,
    -développer les cultures à vocation industrielle,
    -permettre aux producteurs agricoles d’écouler leur surplus de production sur les marchés locaux et dans les commerces de proximité en zone rurale,
    -créer ou recréer et développer les foires et marchés agricoles et les commerces ruraux,
    -favoriser le commerce de proximité et les circuits courts.

    3. Améliorer la situation des agriculteurs.

    -engager une politique de prix permettants des revenu agricoles dignes,
    -supprimer l’impôt sur le foncier non-bati,
    -revaloriser les retraites,
    -réduire la bureaucratie agricole,
    -réduire la chaine de distribution alimentaire,
    -rendre la liberté aux agriculteur (fin du système syndical, proportionelle intégrale pour les élections aux chambres d’agriculture).
    -supprimer les droits de succession et de donation sur les propriétés agricoles.
    -mettre fin auscandale scandale sanitaire et environnemental perdurant depuis plus de dix ans autour du Parc éolien des 4 Seigneurs sur la commune de Nozay, combattre pour rétablir dans leur droit les victimes de l’éolien et notamment les éleveurs et les habitants riverains du parc des 4 seigneurs. 

    4. Faire revivre le monde rural.

    Le plan Royaliste pour la ruralité aborde toutes les thématiques de la vie quotidienne : 

    -le soutien au petit commerce, l’emploi et la formation, aux entreprises agricoles et aux animaux domestiques et de ferme,
    -la protection de l’environnement, de la faune et de la flore,
    -la présence des services publics et l’accès à des services essentiels comme la santé et les moyens de communication. 
    -mettre en valeur le patrimoine chatelain Français sur l’exemple des Chateaux de la Loire,
    -freiner la pratique des remembrements qui sont trops souvent à l’origine du saccage de nos paysages et de la pollution de nos terres,
    -valoriser les forêts,
    -promouvoir la pêche sportive.
    -règlementer la chasse sans l’interdire, sortir la tutelle de la chasse des griffes du Ministère de l’Écologie pour un véritable Secrétariat d’Etat aux ressources renouvelables incluant la chasse, la pêche, la mer et la forêt au sein du Ministère de l’Agriculture ou/et de la Ruralité.
    -tout acte d’éco-terrorisme contre les éleveurs, les chasseurs, les bouchers, les charcutiers sera considéré comme un crime et un délit.
    -demander que le cheval soit reconnu comme animal de compagnie. Et que les sauvagerie animales soient sévèrement réprimées.
    -création d’un ministère de la ruralité à coté celui de l’agriculture,
    -dénoncer la mouvance écolo en culotte courte qui, à défaut de cibler les responsabilités politiques, culpabilise le citoyen.

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