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Pour le roi à venir « Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation.

18 Fév

NDLRB . Je ne suis pas d’accord avec tout  ce  qui est exposé  ci-après mais  ce texte ne m’en a pas moins paru intéressant  à vous  communiquer.

Pour le roi à venir

« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation. »

L’assassinat du roi Louis XVI était une rupture nécessaire afin d’instaurer un contre-modèle au baptême de Clovis. En remplacement du lieutenant du Christ, intermédiaire entre le Ciel et ses sujets, le nouveau système issu de 1789 instaurait un paradigme rompant ce lien au profit d’un nouveau Décalogue – les droits de l’homme, fruit du maçonnisme -, principe inspiré du judaïsme talmudique dans le cadre d’un noachisme ou « catholicisme d’Israël » en formation, selon l’expression du rabbin Elie Benamozegh.

Cette bascule fondamentale prit du temps. La Renaissance et la Réforme préparèrent les esprits en faveur de la promotion de l’homme appelé à être son propre maître, sa propre loi, son propre juge. Cet esprit naturaliste s’épanouit au siècle des Lumières, contaminant jusqu’au sommet du royaume les élites du pays. Louis XVI n’échappa pas à cette refonte des mentalités. Cet homme intelligent et cultivé, comme l’ont prouvé les travaux de Paul et Pierrette Girault de Coursac, était aussi le fruit de plusieurs générations d’esprits contaminés par un idéal philosophique d’inspiration maçonnique. Comme le rappelle Mgr Delassus dans La Conjuration antichrétienne, l’aumônier du roi Louis XVI, l’abbé de Vermondans, était officier du Grand Orient de France.

De profondes réformes politiques s’avéraient nécessaires et le monarque en était parfaitement conscient. Cependant, le passé pesait lourd en la personne du père de Louis XVI, lui-même héritier des idéaux de Saint-Simon et de Fénelon. Ce dernier était d’ailleurs le précepteur du duc de Bourgogne, arrière-grand-père de Louis XVI. Ces personnages défendaient une monarchie idéalisée mettant à l’honneur une féodalité aristocratique toute-puissante encadrant et soumettant le pouvoir royal. Les Parlements, représentant cet idéal dont le pouvoir judiciaire et législatif avait bloqué une grande partie du règne de Louis XV, avaient finalement été cassés et réorganisés par ce roi quatre ans avant sa mort en 1774. Leur rappel par le jeune Louis XVI permit le retour d’une féodalité aristocratique toute-puissante et revancharde qui bloqua toute réforme souhaitée par le monarque. Dans sa préface accordée à Herbert Van Leisen, Mirabeau et la révolution royale, Jacques Bainville n’hésite pas à écrire : « […] On s’explique ainsi ce que la politique de Louis XVI eut de décousu et d’irritant, de déconcertant et de contradictoire. Ce fut aussi puérilement réactionnaire que puérilement progressif. »

Outre ces principes contraires aux intérêts de la monarchie, Louis XVI était marqué psychologiquement par sa mère, Marie-Josèphe de Saxe. Celle-ci était la fille d’Auguste III de Pologne, qui fut le parrain de Jacob Frank, juif faussement converti au catholicisme, et dont l’idéal à la tête de sa communauté était la « rédemption par le péché » (le frankisme). Cette perversion de l’âme doublée de l’esprit des Lumières propre au XVIIIe siècle contamina la cour de Pologne dans laquelle baignait la mère de Louis XVI. Malgré sa droiture d’intention, cette femme transmit à ses enfants une mentalité libérale conduisant à un amoindrissement de l’idéal monarchique hérité du baptême de Clovis et rappelé par sainte Jeanne d’Arc lors de la fameuse « triple donation » (Christ vrai roi de France). Tout ce passif entrait en opposition avec les grâces accordées lors du sacre à Reims, provoquant une forme de court-circuit dans le psychisme et l’âme de Louis XVI.

Le martyre du roi épura tout cet héritage toxique et, le 21 janvier 1793, ce fils de saint Louis alla droit au Ciel. Alors que la France s’enfonce dans les tourments conduisant à la mort de sa civilisation, que les cœurs haut placés soient assurés du renouveau en se rappelant cette phrase d’espoir du pape saint Pie X, le 29 novembre 1911 : « Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation. »

Pierre Hillard

https://lacontrerevolution.wordpress.com/2016/02/15/pour-le-roi-a-venir/

 

Gérard de Villèle, CJA . Ce que je reproche à la muséographie versaillaise c’est d’être disparate, par impossibilité de trancher.

27 Jan

Nous sommes heureux de porter  à votre  connaissance ce texte de Gérard de Villèle, membre du Conseil dans l’Espérance du Roi , CJA, en date  du 18 août 2015.

Gérard de Villèle  étant  en charge de la  culture parmi nous en tant  que Conseiller aux Beaux- Arts , il a paru logique de mettre en ligne dans nos colonnes ce  texte  qui ne l’avait jamais encore été.

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La France est muséifiée pour que l’on ne remarque pas qu’elle existait avant 1789. Cela fait partie du jeu républicain.

J’avoue que je m’embête un peu à Versailles. Le summum étant la galerie des batailles aux mauvaises peintures de style louis-philipard. Mais, je ne suis pas d’accord, Louis XIV en détruisant ce qu’il avait conçu auparavant n’a fait que ce qu’il fallait faire pour exister pleinement : la grotte de Thétis et l’appartement des bains avec ses motifs alchimiques étaient devenus inutiles. Il les a donc remplacés par autre chose. Car Versailles de son temps était vivant… Quand Louis XV modifie encore le palais pour créer un autre style de vie (d’ailleurs plus proche de nous…) il a cassé pour reconstruire et réaménager selon ses besoins. Ce que je reproche à la muséographie versaillaise c’est d’être disparate, par impossibilité de trancher. Le ministère de la Culture devrait imposer un style et reconstruire Versailles suivant une date précise du règne de Louis XIV. Pour en faire un vrai musée où l’on irait voir du Louis XIV 1710, par exemple, ou du Louis XV 1745… ou du Louis XVI 1788. Faire en sorte que Versailles soit un instantané représentatif d’une époque et non pas un assemblage hétéroclite rénové au gré des conservateurs ou des goûts d’un ministre… Avec tout, des salles de réception aux chiottes en passant par les salles d’eau, les offices, les cuisines, les galetas de la noblesse et des laquais… etc.

Les représentants de l’art financier contemporain (de Buren à Kapoor…) ne font que des montages pour choquer les lecteurs du FigMag et de Points de Vue.

Même engeance inculte. Quand je vois une œuvre qui m’indiffère, je passe à côté. C’est valable aussi bien pour Koons, Kapoor, Picasso et d’autres barbouilleurs de toiles, de plastique et d’idées… Si l’on en parlait moins, la cote baisserait. Mais on en cause… la cote monte…

A Versailles, ce qui me gêne c’est qu’on dérive vers n’importe quoi à partir de la vision et de la réalisation de Louis XIV, de ce vers ailleurs qu’il a voulu et qui se déchire avec le truc de Kapoor… Parce que cela n’a pas de rapport réel avec ce qui existe à l’intérieur du palais : cette idée de faire partir tout de la Chambre royale vers le point cardinal légèrement décalé avec les pièces d’eau, les allées, la statuaire etc. Avec tous ces touristes c’est impossible.

Ah, et ne confondons pas un enseignement un peu trop académique avec celui de l’Académie royale etc., comme il ne faut pas mélanger un dessin académique de la fin du XIXe et une académie traditionnelle du XVIIIe. Une Suzanne au bain et une Olympia, un sujet à méditer et un prétexte à grivoiserie…

Finalement, il n’y a pas de mémoricide car il manque d’avoir choisi une mémoire.

Publication initiale  dans le forum de discussion Vexilla regis.

L’hôpital royal de Versailles (78000) au service des Pauvres et des malades afin de leur soigner le corps et l’âme.

28 Avr

En 1781, Louis XVI ordonne la construction d’un  nouvel établissement hospitalier (plans de Charles-François d’Arnaudin, architecte de Louis XVI) , pour remplacer le vieil hospice datant de Louis XIV. Un siècle plus tôt, en 1670, pour répondre à l’accroissement de la population et à la main d’œuvre abondante travaillant à la construction du château, le roi Louis XIV avait établi une «  maison de charité » tenue par les religieuses de Saint Vincent de Paul ; celles-ci étaient chargées de nourrir, de préparer les médicaments et d’apporter les premiers soins aux malades. Toutes les opérations étant assurées par les médecins de la Cour.

Ce fut au début un simple dispensaire, placé en haut de la rue de la Paroisse ; puis on l’établit sur un terrain d’abord loué au grand père de l’abbé de L’Epée, puis acheté en 1707 par Louis XIV qui alloua une rente annuelle. A sa mort, la cour ayant quitté Versailles, la dotation cessa, mais cinq ans plus tard, Louis XV, par lettre patente, rétablit la dotation sur le domaine de Versailles et érigea l’établissement en hôpital royal. En 1722, une première aile abrite l’infirmerie, en 1724, Tannevoie ajoute une deuxième aile. Mais en 1761 Gabriel détruit les vieux bâtiments pour en édifier de plus adaptés, mais les travaux sont interrompus par la guerre. Ce n’est que vingt ans plus tard que l’hôpital est reconstruit selon  les dessins et les plans de Charles-François d’Arnaudin, inspecteur des Bâtiments du Roi, par ordre de Louis XVI. L’hôpital prend la forme d’un H et s’articule autour d’un corps central réservé aux vieillards, flanqué de deux ailes destinées aux malades. La chapelle d’inspiration néo-classique s’inspire du panthéon de Rome avec son plafond à caissons, et la galerie de l’étage communique directement avec les chambres ce qui permet aux malades d’assister aux offices sans se déplacer.

Le Roi Louis XVI a affecté à l’établissement une dotation à prendre sur les revenus des domaines de Versailles, Marly et Meudon  et crée un véritable hôpital d’avant-garde avec de vastes salles balayées trois fois par jour, des couchettes individuelles à deux matelas isolées par des rideaux et pourvues de couvertures de laine et de courtepointes. L’ordinaire comporte de la viande  trois fois par semaine et souvent de la volaille et du gibier offert par le roi. Le fonctionnement étant toujours assuré par les Filles de la Charité. Les grands noms de la médecine viennent y opérer, comme Mauger médecin des Enfants de France.

La Révolution interrompit encore les travaux, et de 1790 à l’an VII, l’hôpital ne subsista qu’à l’aide d’aumônes et des crédits obtenus difficilement par la Commission administrative. La loi  du 14 Messidor an VII( 1799) autorisa la ville de Versailles à établir un octroi municipal de bienfaisance dont le produit devait être affecté notamment à l’entretien de l’hôpital. En 1813 les travaux d’achèvement des bâtiments furent repris puis cessèrent pour reprendre grâce à l’argent accordé par Louis XVIII , puis Charles X, puis de nouveau cesser jusqu’en 1853 date à laquelle la ville  finança les derniers travaux qui s’achevèrent en 1860, l’hôpital royal ayant pris le titre d’Hospice civil de Versailles en 1858.
Le 24 mai 1971, le Ministère de la Santé autorisa la réalisation d’un nouvel établissement au Chesnay, l’hôpital André Mignot –maire de Versailles de 1947 à 1977- et seuls les services de spécialité chirurgicale et la psychiatrie demeurèrent dans les vieux locaux.

Avec l’aimable autorisation de Bénédicte Deschard et du journal VERSAILLES+

http://www.les-amis-de-richaud.fr/content/view/79/4/

Château de Versailles. Secrétaire à cylindre mécanique du roi Louis XV.

29 Jan

Secrétaire à cylindre mécanique (vidéo à surprise, comme le secrétaire )-1759.

Découvrez tous les mécanismes du secrétaire à cylindre commencé par Oeben  et achevé par Riesener présenté jusqu’au 22 février 2015 dans l’exposition « 18e, aux sources du design, chefs-d’œuvre du mobilier 1650 à 1790 ».

Vidéo de 2 minute

https://www.youtube.com/watch?v=75pEbWv1db0

Et aussi :

http://www.dailymotion.com/video/x2912tr_versailles-le-bureau-du-roi-rares-images-rare-footage-le-secretaire-a-cylindre-du-roi-louis-xv_creation

http://www.dailymotion.com/video/xx9ywm_le-bureau-du-roi-de-france_creation

 

L’église Saint-Louis-des-Français (San Luigi dei francesi en italien) est une église romaine située entre le Panthéon et la place Navone, à Rome.

21 Déc

1908474_823730437669405_85585108151827398_n10881931_823730207669428_1824231344325642195_nDessinée par Giacomo della Porta et principalement réalisée par Domenico Fontana, l’église fut construite entre 1518 et 1586 sur des terrains appartenant aux Médicis avant d’être consacrée en 1589. Ce fut le cardinal Jules de Médicis, le futur pape Clément VII, qui en posa la première pierre et ce fut grâce aux Valois Henri II, Henri III, Catherine de Médicis et au Duc Charles III de Lorraine que sa construction put être menée à bien sous la direction du cardinal Matthieu Contarelli.Elle fut consacrée l’année de son achèvement comme l’église nationale des Français à Rome. Elle est dédiée à la Vierge Marie, à saint Denys l’Aréopagite et à saint Louis roi de France.

On perçoit le caractère français dès la façade où l’on trouve plusieurs statues rappelant l’histoire de France : Charlemagne, saint Louis, sainte Clotilde et sainte Jeanne de Valois, œuvres de Pierre l’Estache. L’intérieur possède des fresques racontant l’histoire de saint Louis (par Charles-Joseph Natoire), saint Denis de Paris et Clovis. On y trouve également la salamandre de François Ier.

L’intérieur, composé d’une nef, de deux bas-côtés et de chapelles latérales, est décoré en grande partie dans le style baroque par Antoine Derizet, et montre une profusion de marbre, de dorures et de stucs. Le Dominiquin a peint dans la deuxième chapelle de la nef de droite un de ses chefs-d’œuvre, des fresques racontant la légende de sainte Cécile. D’autres artistes œuvrèrent à la décoration de Saint-Louis-des-Français comme le Cavalier d’Arpin, Francesco Bassano le Jeune, Girolamo Muziano, Giovanni Baglione, Siciolante da Sermoneta, Jacopino del Conte, Pellegrino Tibaldi.

Cependant, l’œuvre la plus célèbre de l’église est sans conteste le cycle de peinture ornant la cinquième chapelle de gauche, la chapelle Contarelli. Cet ensemble, réalisé par le maître du baroque Michelangelo Merisi dit Caravage de 1599 à 1602 sur une commande du cardinal Matthieu Contarelli[2] , est consacré à la vie de saint Matthieu. Trois tableaux illustrent ce cycle : à gauche La Vocation de saint Mathieu, en face Saint Mathieu et l’Ange qui constitue le retable, et à droite le Martyre de saint Matthieu. Une fresque au plafond représente un autre épisode de la vie de saint Mathieu, la Résurrection de la fille d’un roi ; cette fresque est due au Cavalier d’Arpin, ancien maître de Caravage.

L’orgue (Merklin, 1881, dans un buffet baroque antérieur) fait partie des quelques instruments de Joseph Merklin intégralement préservés. Voir le lien externe pour plus de détails.

L’église, ensemble avec les autres églises françaises de Rome, est gouvernée par un administrateur nommé par l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège au sein d’une structure nommée les Pieux Établissements de la France à Rome et Lorette.

Saint-Louis des Français est également un titre cardinalice habituellement porté par le cardinal archevêque de Paris.
Mitoyen de l’église, le palais San Luigi dei Francesi, de style baroque tardif, fut construit par le cardinal de Polignac de 1709 à 1716 pour être un lieu d’accueil de la communauté religieuse française et des pèlerins sans ressources. Son porche montre un buste du Christ dont le visage est identifié traditionnellement à celui de César Borgia. L’intérieur comprend notamment une galerie de portraits des rois de France et une salle de musique célèbre.

Lieux de sépultures.

De hauts prélats et des membres de la communauté française de Rome l’ont choisie comme lieu de sépulture : on peut y voir la tombe (érigée par Chateaubriand et sculptée par Joseph Charles Marin) de Pauline de Beaumont, morte de consomption à Rome en 1803, celle de l’économiste libéral Frédéric Bastiat, et celle du Cardinal de Bernis, ambassadeur de Louis XV et de Louis XVI auprès du Saint-Siège. La sépulture du peintre Claude Gellée dit Claude Le Lorrain y a été transférée en 1840 par décision de Thiers. Initialement sa dépouille reposait à la Trinité des Monts. On y voit également le monumental mausolée de Louise Cheuvreux-Guillemin (1828-1859), œuvre du sculpteur Charles Gumery, prix de Rome en 1850.

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Louis XV. Jean-Christian PETITFILS. Perrin (2014)

8 Nov

imagesUn règne immense et contrasté, une personnalité secrète, réévalués par l’un des meilleurs biographes des rois de France des XVIIe et XVIIIe siècles.

A cinq ans, en 1715, Louis XV succède à son arrière-grand-père Louis XIV dans une France affaiblie. Après la Régence et le ministère du vieux cardinal de Fleury, ce n’est qu’en 1743 qu’il commence à gouverner. Le « Bien-Aimé » devient rapidement le Mal-Aimé et le restera longtemps aux yeux des historiens, qui lui reprocheront sa faiblesse devant ses ministres et favorites, ses frasques du Parc-aux-Cerfs, la perte du Canada et de l’Inde… « Il faut l’exécrer », disait encore le manuel Lavisse au début du xxe siècle.

De nos jours, on ne peut plus soutenir un tel point de vue. Ce souverain timide, secret, eut sans doute du mal à assumer son métier de roi, mais il était bon, sensible, cultivé, ouvert, passionné par les sciences et non dépourvu d’énergie et d’autorité.

Cette biographie présente ainsi une approche profondément renouvelée du monarque qui fit face avec intelligence à l’opposition d’une société bloquée, animée par les parlements, les jansénistes et sa propre noblesse. Elle brosse en outre une vaste fresque du royaume de France qui, malgré les lourdes défaites de la guerre de Sept Ans, connut un prodigieux développement économique et s’accrut de deux belles provinces, la Lorraine et la Corse.

En ce siècle des Lumières, où l’esprit public évolue fortement, où les idées nouvelles foisonnent, Louis XV, rayonnant à Versailles d’un éclat incomparable, demeure le souverain le plus prestigieux d’Europe jusqu’à sa mort en 1774. Après cinquante-neuf années de règne, la monarchie semble solide, en dépit des nuages menaçants qui s’amoncellent à l’horizon.

Parfait connaisseur de la France de l’Ancien Régime, Jean-Christian Petitfils a publié près de trente essais et biographies, notamment un Louis XIII, un Louis XIV et un Louis XVI couronnés par de grands prix littéraires et qui ont rencontré un large succès. Il livre ici le fruit d’un vaste travail de recherche et de réflexion, soutenu par un vrai talent d’écriture. Cette biographie sans équivalent parachève ainsi une entreprise entamée depuis vingt ans.

Louis XV

Jean-Christian PETITFILS

ISBN : 9782262029883

900 pages

Biographies

06/11/2014

http://www.editions-perrin.fr/ouvrage/louis-xv/9782262029883

 

Charles-Edouard Stuart (1720-1788), prétendant Stuart aux couronnes anglaise et écossaise. Le roi au-delà de la mer

31 Jan

220px-Prince_Charles_Edward_Stuart_by_Antonio_DavidBien loin des Highlands, c’est à Rome que Charles-Edouard Stuart s’éteint le 31 janvier 1788, exilé et presque oublié comme un roi sans royaume. La disparition du dernier rejeton des Stuart sonne le glas d’une lignée de rois maudits ; Jacques II d’Angleterre, son grand-père, s’est fait renverser lors de la Glorieuse Révolution de 1689 pour « intransigeance religieuse », Charles Ier, son arrière-grand-père a été exécuté en 1649 à l’instar de Marie Stuart, son arrière-arrière-grand-mère en 1584.

  <———–  http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Prince_Charles_Edward_Stuart_by_Antonio_David.jpg

« Prince Charlie », comme on le surnomme naît en 1720 à Rome, où son père Jacques-François a trouvé refuge. Héritier du trône d’Angleterre, d’Irlande et d’Ecosse, le Chevalier de Saint-George ou le Vieux prétendant est un roi fantôme. C’est en 1701, au château de Saint-Germain en Laye où il demeure avec sa cour principalement écossaise et irlandaises (les « oies sauvages »), qu’il est proclamé roi alors que son cousin protestant Guillaume III d’Orange-Nassau règne sur le futur Royaume-Uni, dont hérite Anne, la sœur aînée du Vieux prétendant l’année suivante. Soutenu par le Saint-Siège, la France et l’Espagne, les interventions armées pour le restaurer sont toutes vouées à l’échec. Jacques-François Stuart reste le roi virtuel d’une dynastie d’exilés.

Charlie qui a tout du prince charmant chevaleresque, d’où son surnom de « Bonnie », présente, tant pour son père que pour ses partisans, un nouvel espoir, un nouveau souffle après tant d’années d’insuccès. Manifestant audace et fougue, Jacques-François baptise son fils le « Jeune prétendant », et l’autorise à agir en son nom pour reprendre le royaume de ses pères. Lorsque le cardinal de Tencin lui insuffle ce conseil : « Que ne tentez-vous de passer sur un vaisseau vers le nord de l’Ecosse ? Votre seule présence pourra vous former un parti et une armée ; alors il faudra bien que la France vous donne des secours », le jeune prince ne se sent plus de témérité et prépare son équipée.

Il s’assure d’abord du soutien des Jacobites écossais (partisans de Jacques II et Jacques-François Stuart). Ces Clans qui alimentent une haine profonde pour le roi George Ier de Hanovre, cet usurpateur, qui en plus d’être luthérien ne parle pas l’anglais, et encore moins le gaélique, cet imposteur qui a évincé cinquante prétendants catholiques légitimes, sont acquis à sa cause. Depuis 1707 et la signature du Pacte d’Union, l’Ecosse est rattachée à la couronne d’Angleterre et doit  subir une politique bien éloignée de ses intérêts. 
Il compte également sur l’aide de Louis XV et de la flotte française.

Les navires français sur lesquels il embarque pour mener à bien son raid se confrontent à une flotte anglaise belliqueuse et puissante. Force est de faire marche arrière. Trop motivé pour renoncer, Charlie débarque en Ecosse le 25 juillet 1745. Il a vingt-quatre ans et compte seulement sept compagnons, dits les « sept de Moidart ». Huit hommes pour reconquérir un royaume, cela ne pèse pas lourd. 
Vision romantique par excellence, la carrure assurée d’un jeune premier déchire le brouillard ambiant, et foulant la grève grise s’avance d’un pas décidé sur la terre spectaculaire du loch Nam Uamh. Une terre écorchée, dépouillée, féérique. Le domaine de ses ancêtres. Chez lui. 
Bonnie descendant du bateau sur les côtes écossaises, incarne le mythe du héros idéaliste à tel point qu’Alexandre Dumas confessera : « J’aimerais avoir inventé cette histoire »… 
Rallier à sa cause des armées n’est pas compliqué tant que les clans influents lui sont tout dévoués ; Les Mac Donald, Cameron, Stewart, Atholl, Mackintosh, tous acclament l’étendard rouge des Stuart qui flotte au vent au son des cornemuses qui résonnent dans la brume écossaise.

Les six premiers mois de reconquête sont victorieux et prometteurs. Les Catholiques bien sûr, mais aussi les Protestants défendent le  jeune prétendant. La bataille de Prestonpans en septembre 1745 est un triomphe. Bonnie parvient à lever des troupes suffisamment étoffées pour marcher sur Edimbourg, qui cède.

Si le roi George a mis la tête de Charlie à prix, ses fidèles ont foi en leur suzerain et veulent le voir gagner le trône qu’il brigue et qui lui revient. Fidélité et loyauté transpirent des témoignages de ses hommes, à l’image de celui-ci rapporté par Jean Raspail : « Dès que je vis Son Altesse Royale, notre prince si longtemps désiré mon cœur se gonfla de joie dans ma poitrine ». Mais la chance tourne. Alors qu’ils avancent vers Londres, les Clans désirent retrouver leurs Highlands, tandis que les Anglais fidèles à leur roi germanique ne lâchent rien. A Londres, pour le couronnement de George III, il s’entend dire par un quidam de la foule : « V. A. R. est le dernier être vivant  que je me serais attendu à trouver ici ». Et sa réponse princière : «  C’est la curiosité qui m’y conduit, mais je vous assure que l’homme qui est l’objet de toute cette pompe est celui que j’envie le moins ». Ou encore : « Mais je suis chez moi ! ».

L’année 1746 est celle des défaites, de l’écrasement. C’est l’hécatombe côté écossais. Les corps des Highlanders gisent sur les champs de bataille ténébreux, les cornemuses expirent dans un dernier souffle d’espoir condamné. Bonnie Prince Charlie parvient à réchapper au massacre.  Mais la cause et le rêve des Stuart de reprendre la couronne sont bel et bien perdus ; l’Ecosse est définitivement rattachée au trône d’Angleterre.
Recherché de toutes parts, le héros vaincu doit regagner la France incognito pour sauver sa peau. 
Il lui faut des alliés. Grâce à la protection de quelques familles amies et fidèles – les Walsh installés en France qui devaient soutenir sa traversée mais qu’un tempête avaient bloqués   –  Bonnie parvient à échapper à ses  poursuiveurs, et malgré mille menaces de prises, survit.

La belle Flora Mac Donald (sous le charme du beau prince ?) joue le rôle de l’Ariane de Thésée. Elle déguise Charlie en femme de chambre irlandaise et l’emmène à bord de son bateau sous le nom de Betty Burke, et en fait « le roi au-delà de la mer ». Une équipée romanesque qui a marqué les esprits et les livres d’histoires  avec ces vers de Sir Harold Boulton (1859-1935) devenus célèbres : « Speed, Bonnie boat, like a bird on the wing… »

Bonnie a échoué, certes, mais entre dans la légende populaire et littéraire. Après avoir gagné La France, son Italie natale l’attend. 
Que dire ? Un destin brisé par manque de moyens ? La roue qui devait tourner ? Un prince abandonné ? Un héros sans lendemain ? Laissons à François-René de Chateaubriand le mot de la fin, parce que c’est lui, et lui : « Il avait l’intelligence, le courage et la séduction; que lui a-t-il manqué ? La main de Dieu », Mémoires d’Outre-Tombe, 1848.

Albane de Maigret

http://www.bottin-mondain.fr/chronique-hebdo/n/Lettre-du-31%252F01%252F2014-%253A-Charles-Edouard-Stuart%252C-le-roi-au-del%25C3%25A0-de-la-mer_153/