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Le moment est venu.

25 Sep

Nul n’ignore plus que nous exigeons l’arraisonnement et la saisie du navire négrier aujourd’hui le plus emblématique, l’Aquarius, affrété par les ONG immigrationnistes et esclavagistes SOS-Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF).

Parti de Marseille la semaine dernière après une remise en état de ses machines, il a fait route vers les côtes libyennes et y a recueilli, malgré l’interdiction des autorités navales libyennes, 58 migrants clandestins. Mais, déclaré interdit d’accostage en Italie et à Malte et ayant perdu ses deux pavillons de complaisance successifs (Gibraltar puis Panama), il fait actuellement route vers la France à laquelle ses commanditaires prétendent imposer l’accueil de ses passagers. Mais, de fait,

l’Aquarius est devenu un bateau pirate.

Au nom du Conseil dans l’Espérance du Roi, nous exigeons des autorités françaises qu’elles prennent enfin les décisions qui s’imposent pour mettre un terme aux honteuses tergiversation de l’Union européenne en matière migratoire. Nous exigeons par conséquent qu’elles saisissent le navire, qu’elles le mettent sous séquestre, qu’elles mettent aux fers les marins qui se sont aventurés dans cette scandaleuse opération et qu’elles renvoient aussitôt vers leurs pays d’origine les migrants qui sont à bord.

Nous ne tolèrerons aucune alternative.

Le 25 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Le bourbier sahélien de la France.

25 Sep

Plus rien ne va depuis longtemps déjà pour nos intérêts en Afrique subsaharienne. Nous en payons le prix au travers de l’irruption de hordes migrantes venues des pays du Sahel et même au-delà. Mais le plus inquiétant est l’impuissance de nos forces armées, qui pourtant ne déméritent pas, à s’opposer à la diffusion du cancer islamiste dans ces pays. Mais le peuvent-elles seules ?

Après le Mali puis le Niger voici que le Burkina Faso s’embrase. L’enlèvement d’un prêtre missionnaire italien, lundi 17 septembre au soir, dans un village situé à 125  km au sud-ouest de Niamey (Niger), est une mauvaise nouvelle pour les autorités nigériennes, déjà confrontées, plus au nord, aux débordements des groupes djihadistes opérant de part et d’autre de la frontière avec le Mali. Mais c’est surtout une très mauvaise nouvelle pour le Burkina Faso voisin, qui voit apparaître, depuis quelques mois, dans sa partie orientale, un nouveau  » front djihadiste « , selon les mots employés par les services de sécurité burkinabés.

Les ravisseurs de Pier Luigi Maccalli sont arrivés en moto du Burkina Faso, tout proche du village de Bamoanga où résidait le prêtre, avant d’y retourner avec leur otage. L’est du Burkina semble échapper au contrôle de Ouagadougou. Le 15  septembre, neuf personnes y ont été tuées dans une double attaque. Un mois plus tôt, sept membres des forces de défense et de sécurité (FDS) avaient perdu la vie dans l’explosion d’un engin improvisé au passage de leur véhicule. Fin juillet, cinq militaires et un civil avaient péri dans des circonstances analogues.

A ce jour, ces attaques n’ont pas été revendiquées. A la différence de celles, hautement symboliques, du 3  mars à Ouagadougou contre l’ambassade de France et l’état-major de l’armée burkinabée, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida) avait clamé la responsabilité.  » L’identité des groupes agissant dans l’est du Burkina Faso demeure mystérieuse, confie une source diplomatique française. Le processus d’identification est en cours. « 

La question se pose de savoir si ces combattants étaient préalablement dans le nord, d’où ils seraient partis sous la pression des opérations militaires conduites dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso) par les Français de l’opération  » Barkhane  » et la force conjointe du G5-Sahel (FC-G5S), ou s’il s’agit d’un nouveau groupe.

Dans un entretien publié le 5  septembre sur Le Monde Afrique, Mahamoudou Savadogo, chercheur au Centre de recherches pour le développement international, avançait une hypothèse mêlant les deux éléments. Selon lui,  » certains militants de l’Etat islamique au Grand Sahara – EIGS – se seraient repliés dans l’est du Burkina « .  » La cellule s’est formée en s’appuyant sur des chefs influents des communautés locales. Ses leaders seraient des fils de dignitaires de la région, radicalisés après un séjour au Mali « , ajoutait cet ancien gendarme.

D’où qu’ils viennent, ces groupes prospèrent dans une région forestière et peu peuplée, abandonnée par l’Etat, notamment sur le plan sécuritaire. Cette zone frontalière du Togo, du Niger et du Bénin se trouve également dans un angle mort de  » Barkhane  » et de la FC-G5S, dont les yeux et les armes sont tournés plus au nord. Linsuffisance de la riposte militaire burkinabée ne concerne pas que la région orientale. A tel point que la France et les Etats-Unis – qui disposent de bases dans le pays et sont engagés dans des programmes de formation de militaires locaux – tirent la sonnette d’alarme.

 » Il y a de nouvelles alertes terroristes dans l’est, et nous nous inquiétons de la faiblesse de la réponse des autorités « , confie une source diplomatique française. L’armée et les services de sécurité ne se sont pas encore relevés de la chute du président Blaise Compaoré, en octobre  2014. Le Régiment de sécurité présidentielle a ainsi été démantelé. Et cette élite des forces spéciales burkinabées n’a jamais été remplacée.

 » La faiblesse de l’appareil sécuritaire burkinabé est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le pays est devenu une cible plus facile « , notait au mois de mars Rinaldo Depagne, directeur du projet Afrique de l’Ouest au sein du groupe de réflexion International Crisis Group. Longtemps, pourtant, le Burkina Faso a été épargné par les violences qui déstabilisaient le Mali et le Niger voisins. Mais en deux ans, trois attaques contre la capitale ont provoqué la mort d’une soixantaine de personnes, et la situation dans le nord ne cesse de se détériorer.

Le 8  septembre, le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a promis de nouvelles  » dispositions sécuritaires pour éradiquer le fléau du terrorisme « . Une déclaration qui n’a pas convaincu tout le monde.  » On sent les autorités dépassées par les événements. Elles n’étaient pas préparées à ça « , commente une source française. L’interdiction de la circulation nocturne des motos dans l’est du pays, instaurée mercredi, semble ainsi dérisoire.

Tout cela ne sent pas bon. Et quand vous pensez que Jean-Yves Le Drian refuse de militariser la gestion des flux migratoires…*

Le 25 septembre 2018.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire : « Au moins les Français sauront ce qui les attend si nous ne prenons pas les choses en main » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/24/au-moins-les-francais-sauront-ce-qui-les-attend-si-nous-ne-prenons-pas-les-choses-en-main/).

En hommage et en soutien à l’une de nos fidèle lectrices brésilienne : feu le Musée national du Brésil.

25 Sep

Certains le savent sans doute, le Musée national du Brésil, à Rio de Janeiro, a été presque intégralement détruit par un incendie le 2 septembre dernier.

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L’incendie s’est déclaré dans le palais de Saint-Christophe, lequel hébergeait le Musée national du Brésil. La perte sur le plan du patrimoine historique et culturel est considérable — « incalculable » selon les termes du président brésilien Michel Temer, les collections du musée comptant en effet quelque vingt millions d’objets. La cause du sinistre n’a pas encore pu être déterminée mais dès à présent d’aucuns sont tentés d’établir un lien avec l’insuffisant financement de l’institution tout au long des années précédentes. Fondé en 1891, il occupe l’ancien palais impérial. Nous ne détaillerons pas l’inestimable patrimoine qu’il abritait tant la douleur de nos amis brésiliens est immense et leur colère incommensurable. Mais les cendres du Musée national de Rio de Janeiro  étaient encore fumantes quand la bataille des commentaires et des critiques a démarré. Il est vrai que la campagne électorale pour les élections présidentielles (qui se tiendront dimanche prochain) battait son plein dans la nuit du 2 au 3 septembre, favorisant la récupération politique de la tragédie.

En quelques heures, le musée bicentenaire de Rio, ancienne résidence de la famille impériale, a brûlé comme un feu de paille. Selon les premières estimations, 90 % des 20 millions de pièces de collections ont été réduites en cendres. Quand les employés du musée, de même que les anthropologues, les scientifiques et les historiens du monde entier, pleuraient la disparition de Luzia, le plus vieux squelette Homo sapiens d’Amérique latine, et se désespéraient de la perte de momies égyptiennes, d’enregistrements de dialectes indigènes ou de carcasses de dinosaures, certains politiciens juraient qu’avec eux une telle tragédie ne serait jamais arrivée. Une joute sans pitié s’est engagée entre la droite brésilienne, accusée de négligence coupable, et la gauche, vilipendée pour son inconséquence budgétaire.

Prêts à tout pour arracher, en octobre, un poste de sénateur, de député, de gouverneur, voire de président de la République, les candidats ont d’abord attaqué le gouvernement de Michel Temer. Une proie facile : haï, le président bat des records d’impopularité, et son désintérêt pour la chose culturelle est notoire. Par souci d’économies, le chef de l’État, lors de sa prise de fonctions, en mai 2016, avait pensé fusionner le ministère de la culture avec celui de l’éducation. Ce qui, après tout, n’était pas une aberration. Mais, devant une bronca sans précédent, le président a finalement reculé. Michel Temer a eu beau évoquer une  » perte incalculable pour le Brésil « , un  » jour tragique  » qui a vu s’effacer  » deux cents ans de travail, de recherche et de connaissance « , personne n’a oublié que la culture est, à ses yeux, une dépense frivole.

Guilherme Boulos, candidat pour le Parti  » socialisme et liberté (PSOL) « , a été le plus incisif, attaquant frontalement les  » coupes criminelles de Temer « , tandis que Ciro Gomes, du  » Parti démocratique travailliste (PDT, centre gauche) « , s’engageait à atténuer  » cette tragédie que le non-gouvernement avait laissé faire « . Fernando Haddad, du  » Parti des travailleurs (PT, gauche) « , fustigeait plus largement le  » mépris  » des gouvernements pour la culture.

Un seul homme n’a pas semblé participer au deuil national de ce joyau du patrimoine lusophone : Jair Bolsonaro. Le représentant de la droite dure, dont le nom complet est Jair Messias ( » messie « ) Bolsonaro, affirmait le lendemain du drame :  » C’est déjà fait, il a déjà pris feu, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Mon nom est Messie, mais je ne peux pas faire de miracle. «  L’attaque au couteau dont il a, le 6 septembre, fait l’objet, a ensuite occulté l’incendie : Jair Bolsonaro a alors occupé le devant de la scène médiatique et politique.

La préoccupation des candidats pour un monument représentant la mémoire du pays n’aura ainsi duré que quelques heures. Une illustration de l’hypocrisie des politiciens en campagne et de leur désintérêt profond pour la culture et le patrimoine ? Au cours des dix dernières années, le feu a dévoré pas moins de huit monuments brésiliens : musées, théâtres ou instituts, notamment à São Paulo. Ainsi de l’Institut Butantan, en 2010, du Mémorial de l’Amérique latine, en 2013, ou du Musée de la langue portugaise, en 2015. » Les gouvernements changent mais rien ne bouge. La culture est toujours le parent pauvre de l’État, et nous assistons à ce naufrage sans réagir. Comme si la mémoire n’avait pas d’importance ici « , déplore Emilio Kalil, organisateur de la Semaine des arts à São Paulo et ex-directeur de théâtres nationaux. À en croire Carlos Marun, le secrétaire du gouvernement, surnommé le  » pitbull  » de Michel Temer, le gouvernement n’est pas le seul à se moquer de la culture.  » Maintenant que c’est arrivé  – l’incendie – , il y a beaucoup de veuves en larmes, mais, en réalité, ces veuves ne l’aimaient pas tant que ça, ce musée.  » Une allusion au désintérêt des Brésiliens pour leur patrimoine. En 2017, le musée avait enregistré 192 000 visiteurs, selon le site de la BBC Brésil, soit moins que le nombre de Brésiliens venus visiter le Louvre cette année-là…

Il aura fallu le communiqué de la maison impériale du Brésil pour mettre les points sur les i et un peu de dignité dans cette sinistre affaire. Ce communiqué, signé des princes de la maison d’Orléans et Bragance, s’intitule  » Une histoire réduite en cendres  » :

Citons, pour terminer, les quelques mots de notre amie brésilienne qui remettent les pendules à l’heure :

« Das profundezas clamo a Vós, Senhor! »

(Des profondeurs je crie vers Vous, Seigneur! – Psaume 129 -)

Le 25 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Le média numérique de la légitimité de stricte obédience (Vexilla Galliae) ne vous dira pas tout.

24 Sep

Il ne vous parlera pas de l’hommage rendu, sur sa page Facebook (https://fr-fr.facebook.com/LuisAlfdeBorbon/), par le prince Louis Alfonse de Bourbon, duc d’Anjou et chef de la maison de Bourbon, à la Légion espagnole à l’occasion du 98e anniversaire de la création de l’institution :

#Felicidades a la #LegiónEspañola en su 98 aniversario.
Firmado: un #cientounero

#Félicitations à la #LégionEspagnole à son 98e anniversaire.
Signé: un “centurion”

#Congratulations to the #SpanishLegion on its 98th anniversary.
Signed: a “cientounero”

Car, une fois encore, les cheveux se dressent (quand il en reste) sur la tête de l’entourage du prince, au sein de l’Institut de la maison de Bourbon ! Alors, faîtes-vous plaisir, écoutez ou réécoutez cet hymne magnifique de la Légion espagnole, intitulé « El Novio de la Muerte » (Le Fiancé de la Mort) :

Le 24 septembre 2018.

Au moins les Français sauront ce qui les attend si nous ne prenons pas les choses en main.

24 Sep

Chers amis,

Ouvrez les yeux et les oreilles. Vous ne mettrez pas longtemps à comprendre que si nous ne mettons pas un terme définitif à l’invasion dont notre pays est la proie par la lâcheté, les faiblesses, l’incurie et, pour tout dire, la complicité de nos élites et de nos dirigeants politiques de tous bords, nous sommes perdus. La France disparaîtra inéluctablement.

Pensez-vous que cette reprise en main de notre sort se fera par la diplomatie voire de petits arrangements et quelques compromissions ? Pensez-vous que les plus graves difficultés apparues dans l’histoire de l’humanité aient été résolues autrement qu’avec force et détermination ? Pensez-vous donc que nous pourrons échapper à l’emploi de la première avec l’aide de la seconde pour que la France renaisse et que le  » Grand Remplacement « , tant désiré par ceux qui haïssent notre pays, ne soit plus qu’un mauvais souvenir ?

Eh bien sachez que le ministre des Affaires étrangères de la République, lui, ne veut même pas en entendre parler.

Voici, en effet, ce que déclarait il y a deux jours Jean-Yves Le Drian en réponse à la question d’un journaliste. Lisez bien car vous devez savoir à quoi vous attendre :

«  Il n’y aura pas de militarisation de la gestion des flux migratoires. Nous aidons des Etats à se doter des outils classiques de surveillance de leurs frontières aux points de passage, il s’agit d’un accompagnement de leurs services de police, de gendarmerie, de douane. Nous avons commencé à fournir cette assistance, qui n’est en aucun cas de la substitution, par exemple à Agadez, au Niger. Nous souhaitons également renforcer notre collaboration avec les autres pays concernés, la Tunisie et le Maroc notamment. Au-delà, la logique est que dans les lieux où existent des camps de migrants, nous développions une action commune de l’UE, de l’Union africaine et des pays concernés, pour respecter le droit d’asile et raccompagner les migrants dans leur pays d’origine lorsqu’ils ne peuvent y prétendre. On l’a fait en Libye, en relation avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés et l’Organisation internationale des migrations. Les pays d’origine, de transit et de destination ont un rôle à jouer. Les principes sont ceux de la responsabilité et de la solidarité.

Pour l’UE, le sujet principal est celui de la mise en œuvre des conclusions du Conseil européen de juin, notamment de ce qu’il appelle les  » centres contrôlés « . Les principes de base ont été fixés pour la maîtrise des migrations à la fin de juin : renforcement de Frontex – agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes – avec dix mille hommes et meilleure protection des frontières européennes ; coopération avec les pays de transit et de départ ; solidarité et responsabilité dans l’accueil et le traitement des migrants. Ils ont été acceptés par tout le monde. Certes la mise en œuvre n’est pas aisée. Mais la réponse nationale ne permet pas de gérer le problème. « 

Et le journaliste, imaginant peut-être qu’une intervention militaire sur le terrain même de départ pourrait avoir une certaine utilité à défaut d’interdire aux migrants d’embarquer sur les rafiots des passeurs Libyens, de lui demander : « En France on ne demandera pas à  » Barkhane  » de stopper les flux de migrants ? « 

La réponse fut aussi simple que cinglante :  » Non.« 

Désormais les choses sont dites. Elles sont claires. Nous ne pourrons compter que sur nous mêmes, comme l’annonçait Jean Raspail dans Le Camp des Saints.

Le 24 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Avant qu’il soit trop tard.

24 Sep

Il est urgent de s’interroger sur le rôle néfaste du transport aérien dans la destruction de l’environnement.

Car bien peu de gens en parlent. Comme si le sujet était tabou. Mais pourquoi ? Parce qu’il est TABOU.

Il l’est parce qu’en parler c’est d’abord toucher à l’un des principaux privilèges de nos élites : se déplacer en avion (on estime que 3  % de la population mondiale prend l’avion au moins une fois chaque année, et que 18  % est déjà montée dans un avion). Les migrants, eux et dans la plupart des cas, ne se déplacent pas en avion !

Il l’est aussi parce qu’en parler c’est faire de l’ombre à une activité qui se veut aussi florissante que tyrannique : le tourisme. Dont nous savons pourtant, depuis la judicieuse remarque de Jean Mistler, qu’il s’agit en réalité de  » l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux chez d’autres qui seraient mieux sans eux ! « 

Il l’est aussi par le nombre considérable d’acteurs impliqués dans ce domaine, du lobby du transport jusqu’à celui des énergies fossiles en passant par celui…des pilotes de ligne.

Mais le pire, c’est que cela ne devrait pas s’arranger, en partie en raison du développement des vols low cost et de la hausse des revenus des classes moyennes encore privilégiées dans le monde. Au rythme actuel, le nombre de passagers va doubler d’ici à 2035, pour dépasser les 7  milliards par an. Une manne qui fait briller les yeux de tous ceux que nous citions plus haut.

Résultat : le secteur de l’aviation a été explicitement exclu du protocole de Kyoto sur le changement climatique. Jouissant d’une dérogation permanente pour tout ce qui touche à la taxation des carburants (le kérosène n’est pas taxé, en vertu d’une convention datant de 1944) et des billets (TVA zéro dans la plupart des pays), le transport aérien est aujourd’hui, de fait, un secteur où les émissions de CO2 sont subventionnées !

L’aviation est responsable de 2 % des émissions de CO2. Mais ce chiffre ne dit rien de ce qu’il va devenir avec le doublement du trafic annoncé. Dans la perspective de  » zéro émission nette  » durant la seconde moitié du XXIe  siècle décidée par l’accord de Paris, cette hausse conduira à reporter sur d’autres secteurs les efforts d’atténuation. Les représentants de la profession ont proposé les premiers objectifs climatiques de leur histoire il y a tout juste deux ans. 191 pays ont pris l’engagement de réduire de 50  % les émissions en  2050 comparativement à leur niveau de 2005.

Mais comment atteindre ces objectifs dans un secteur en pleine expansion ? Quatre solutions sont mises en avant par les professionnels. La première est l’usage de biocarburants ou de carburants alternatifs, déjà incorporés en mélange au kérosène à hauteur de 10  % dans les flottes de certains pays (Brésil, Indonésie, Etats-Unis notamment). L’inconvénient des carburants alternatifs actuels est qu’ils sont consommateurs de terres et entrent en concurrence avec l’alimentation. La deuxième solution réside dans la compensation des émissions de CO2 par le financement d’activités d’atténuation. Mais l’Arabie saoudite, avec le soutien des Etats-Unis, a obtenu d’inclure la production de  » pétrole propre  » (parce que produit par des raffineries alimentées en électricité renouvelable) afin de contourner l’obligation de compensation…

Les deux dernières voies consistent à augmenter les performances énergétiques des moteurs et à optimiser les trajets afin de contribuer à la création de formations nuageuses à pouvoir refroidissant. Mais ces solutions, qui semblent surtout destinées à allumer des contre-feux face à la pression environnementale, ne changent pas les termes de l’équation : l’aviation demeure un secteur dont le poste de coût essentiel est le carburant, lequel est aujourd’hui fossile à plus de 90  %.

La réduction de la consommation d’énergie est une nécessité intégrée désormais dans les scénarios de l’Union européenne (UE) pour tous les autres secteurs. Appliquée à l’aviation, elle signifie à terme très concrètement de….moins prendre l’avion. Et donc de remettre en cause son modèle économique low cost, dont le coût n’est d’ailleurs pas si bas si tant est qu’on y inclue le coût pour l’environnement.

Or, on ne connaît pas d’autre solution pour changer les comportements que de mettre un vrai prix aux services que l’on consomme. Alors, à quand un plafond d’émissions pour les vols de courte distance en Europe ?

Le transport ferroviaire s’en porterait sans doute mieux.

Le 24 septembre 2018.

Pour le CER, le Conseiller  chargé  de l’économie, des finances et de l’industrie.

L’Aquarius va-t-il enfin être arraisonné ?

24 Sep

Le navire négrier de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF) est sur le point de se voir retirer son pavillon par l’Etat du Panama, alors même qu’il patrouille actuellement au large des côtes libyennes, dans le cadre de sa mission de recherche et de sauvetage.

L’Etat d’Amérique centrale justifie sa démarche en expliquant que l’Italie lui a signalé un comportement de l’Aquarius contrevenant au droit international. « L’autorité maritime panaméenne a engagé le processus de retrait du pavillon du navire Aquarius 2, ex-Aquarius, explique le Panama dans un communiqué publié vendredi, en raison des rapports internationaux reçus, selon lesquels le bateau ne respecte pas les procédures juridiques internationales en matière d’immigrants et de réfugiés secourus en mer Méditerranée. La principale plainte provient des autorités italiennes, qui ont rapporté le fait que le navire a refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine. »

Jeudi 20 septembre, au matin, dix Pakistanais – dont un mineur isolé de 14 ans – et un Ivoirien ont été récupérés en mer par le navire négrier (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/16/il-faut-interdire-laquarius-de-navigation/). Ils ont été repérés à 28 milles marins des côtes libyennes, à bord d’une barque en fibre de verre. Ils avaient quitté la ville côtière de Zouara, en Libye, la veille, aux alentours de 23 heures, et se trouvaient à plus de 120 milles marins du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa.

Les autorités maritimes libyennes, chargées depuis juin de la coordination des secours dans cette partie des eaux internationales, avaient demandé à l’Aquarius de transférer les migrants à bord d’une navette des gardes-côtes libyens. L’Aquarius a refusé, en se prévalant des conventions maritimes internationales.

Réussirons-nous à nous débarrasser de ce pirate des mers ?

Le 24 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.