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Les amis d’Edouard Philippe ne sont pas nos amis.

27 Mai

Lundi 18 mars Philippe Mazet, administrateur du Sénat, réunissait au restaurant du Palais du Luxembourg quelques « copains« , tous issus de la promotion Marc-Bloch de l’ENA, cuvée 1997, pour fêter (avec deux ans de retard) les vingt ans de leur délivrance. On y chanta du Johnny Hallyday, on rigola (à huit jours des élections européennes), on se glissa une carte de visite…

A la surprise de beaucoup des convives, Edouard Philippe participa à cette communion du souvenir. Le premier ministre avait tenu à être présent, malgré les « Gilets jaunes » qui grondaient et le Grand débat national qui s’achevait à peine. Il était venu flanqué de deux de ses collaborateurs, estampillés « Marc-Bloch », comme lui : Emmanuel Lenain, conseiller diplomatique et l’incontournable Benoît Ribadeau-Dumas, directeur de cabinet.

Quelques anciens camarades lui réclament des selfies, qu’il accorde volontiers, mais le locataire de Matignon veut signifier que la vraie star de la soirée se trouverait à côté de lui. « On dit que mon poste est impossible, mais celui de directeur de cabinet du premier ministre est pire encore », déclare-t-il en désignant Benoît Ribadeau-Dumas. Son bras droit est, de fait, tout autant que lui la cible de critiques nourries.

Le duo a fêté, le 15 mai, ses deux ans d’exercice de l’Etat, à Matignon (ce qui est encore bien peu par rapport aux hommes de Jean-Yves Le Drian – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/05/25/lentourage-de-jean-yves-le-drian-sent-le-souffre/ -. Quoi qu’il en soit, certaines voix réclament déjà le départ du Premier ministre dans le cas d’une défaite de La République en Marche aux élections européennes. Le principal collaborateur du chef du gouvernement a fini par s’habituer à ce flot de critiques. Depuis le déclenchement de la crise des « Gilets jaunes », en novembre 2018, de nombreux représentants de la majorité attribuent en effet les insuffisances du pouvoir à la supposée rigidité des « technos » – lui, donc –, qui ne se plieraient pas assez à la volonté des hommes politiques ou lorgneraient trop souvent sur le compteur de la dépense publique.

Avec sa longue mèche brune de jeune homme, sa récente barbe de trappeur finement taillée et son humour, « Ribadeau », 46 ans, n’a pourtant pas l’air d’un croque-mitaine obsédé par la rigueur budgétaire. « Il a toujours la banane, une vivance générale et intellectuelle hors norme », soutient Philippe Mazet, son camarade de promo. Il n’empêche, le procès tourne en boucle.

Allons crescendo dans la gamme des critiques. Une députée de La République en marche (LRM), par exemple, joue de l’euphémisme : « Il ne fait pas partie du peloton de tête de ceux qui sont convaincus de la nécessité de la transition écologique. » Un secrétaire d’Etat, qui accuse le directeur de cabinet de Matignon d’avoir cherché à rendre « moins coûteux » les 10 milliards d’euros débloqués en décembre par Emmanuel Macron pour calmer les « Gilets jaunes« , embraye : « Tout est abordé chez lui sous le prisme de la dépense, son logiciel n’est pas dans l’ADN du macronisme. Il ne se lève pas le matin en pensant à la disruption. » Enfin, selon un ministre venu de la gauche (suivez mon regard), il conviendrait carrément de mettre toute l’équipe de Matignon dans le même sac, celui d’une droite comptable et coupée des réalités : « La moitié du cabinet vient de chez Raffarin et l’autre de chez Juppé, ils considèrent le peuple comme de la piétaille ! » Plus grand est le pouvoir, plus durs sont les coups…

A Matignon, le directeur de cabinet voit passer sur son bureau l’ensemble des dossiers de l’exécutif, des plus anodins aux plus brûlants. C’est lui qui se charge de délivrer la plupart des arbitrages pour n’en faire remonter qu’une partie au niveau supérieur. « Le directeur de cabinet est celui qui sait, dans 90 % des cas, comment le premier ministre arbitre », explique l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a connu Benoît Ribadeau-Dumas comme conseiller technique dans son cabinet à Matignon, entre 2002 et 2004. « C’était déjà une formule 1, un jeune très brillant de mon équipe », assure-t-il. Le haut fonctionnaire, par ailleurs, « gère les ministres au quotidien, les appelle, rattrape les conneries », précise un bon connaisseur des arcanes ministériels. D’où, sans doute, certaines crispations évoquées plus haut…

« C’est un homme de l’ombre, il ne parle pas, indique-t-on dans l’entourage d’Edouard Philippe. Toutes les décisions prises à Matignon le sont au nom du Premier ministre. » Le chef du gouvernement, néanmoins, tient à faire passer un message. « Je déteste qu’on tape sur mes collaborateurs, on s’adonne beaucoup trop à leur critique « , s’agace Edouard Philippe. « C’est l’homme le plus intelligent et le plus droit que je connaisse, poursuit-il. Il fait un job redoutablement difficile, et le fait très bien. Il a toute ma confiance. » Raison de plus pour s’en méfier comme de la peste !

Les deux hommes se sont connus sur les bancs de l’ENA au mitan des années 1990. A l’époque, leurs camarades savaient qu’Edouard Philippe était un homme (prétendument) de droite, même s’il revendiquait lire Libération tous les jours (mais en doutiez-vous ?). Benoît Ribadeau-Dumas, pour sa part, déjà auréolé d’un diplôme de Polytechnique, se montrait moins enclin à parler comme le premier ministre, même si son orientation à droite ne faisait guère de doute. Mais la même droite que celle d’Edouard Philippe…

Fils d’un avocat et enfant de la bourgeoisie traditionnelle du 7e arrondissement de Paris, il a voté Jacques Chirac en 1995. « Je ne suis pas l’exemple type de la démocratisation de l’ENA », reconnaissait-il dans un portrait que Libé lui consacrait, en 1997, en sa qualité de major de promotion. Si l’on devait d’ailleurs puiser dans les références politiques des années 1990 pour chercher à définir l’homme, il serait au fond plus Balladur que Chirac, à en croire un ami.

Outre le Conseil d’Etat – au côté d’Edouard Philippe, encore lui –, puis le cabinet Raffarin, donc, l’énarque a passé le plus clair de son temps dans le privé. Une dizaine d’années, réparties entre Thales, CGG Veritas (une entreprise du secteur parapétrolier) et Zodiac Aerospace (un équipementier aéronautique). Des expériences qui ne sont pas sans influence sur sa vision de la politique, ou sa manière de travailler.

« L’impact du passage dans le privé, c’est la rigueur de la gestion du budget », estime ainsi Alexandre de Juniac, ancien PDG d’Air France-KLM, qui connaît l’homme de longue date pour l’avoir aidé à réviser son concours d’entrée de l’ENA. « Ribadeau est brillantissime, mais c’est un bulldozer, ajoute une députée qui a travaillé avec l’intéressé sur certains dossiers-clés du quinquennat. Ils se ressemblent avec Edouard Philippe : manches retroussées, bras de chemise, très énergique. Il y a peu de place pour la négociation et l’écoute, c’est très entrepreneurial. Et il y a peu de femmes dans cet univers masculin. »

Le quatuor qu’il forme avec Emmanuel Macron, Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, et Edouard Philippe fonctionnerait en tout cas à merveille, à en croire ce dernier. Au début du quinquennat, Emmanuel Macron avait pourtant cherché à imposer l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée, Nicolas Revel, comme directeur de cabinet à son Premier ministre. Mais le juppéiste a su convaincre le chef de l’Etat de renoncer à cette idée après lui avoir fait rencontrer Benoît Ribadeau-Dumas. « L’essayer, c’est l’adopter », lui glisse-t-il alors.

Pour combien de temps encore ? Selon Le Canard enchaîné, Benoît Ribadeau-Dumas chercherait à rejoindre l’entreprise Naval Group. Il nie. « J’ai tout laissé tomber pour donner un coup de main à Edouard, ce n’est pas pour me débiner au milieu », a-t-il juré récemment à un conseiller de Matignon.

Ou la technocratie au pouvoir. Que peuvent comprendre ces élites au pays réel et, à fortiori, aux « Gilets jaunes » ?

Le 27 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

En ce jour d’élections européennes…

26 Mai

Le charme de Tatiana Ventôse* n’est certes plus à vanter mais que dire alors de la pertinence de ses analyses de l’état mi-désopilant, mi-consternant  de l’Union européenne et de son Parlement, renouvelé ce dimanche 26 mai ? A ne manquer sous aucun prétexte.

Le 26 mai 2019.

(merci à Hervé Volto)

* Lire ce Billet d’Humeur du sieur Du Plessis : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/23/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-le-jeunisme-maladie-senile-de-lhistoire/

L’évolution de la dette italienne est la nouvelle bombe à retardement attendue au sein de l’Union européenne.

26 Mai

A la suite de la gigantesque crise monétaire de 2008, il y eut la quasi-faillite de la Grèce, aujourd’hui en convalescence mais dont nul ne peut être certain qu’elle ne rechutera pas. Mais le poids économique du pays étant somme toute assez modeste, les risque pour l’Union européenne (UE) et sa monnaie unique ne furent jamais vitaux. Plus préoccupantes furent les situations de l’Espagne et du Portugal, également en convalescence au prix d’énormes sacrifices pour leurs concitoyens.

Mais désormais, une crise bien plus grave et potentiellement mortifère s’annonce avec la situation de l’Italie qui, ne l’oublions pas, pèse d’un autre poids au sein de l’économie européenne.

C’est d’ailleurs le sujet empoisonné par excellence, celui que tous les partis politiques en lice pour les élections européennes ont soigneusement évité de mettre en avant. Comment s’en étonner ? A-t-on déjà vu quelqu’un remportant une élection en parlant de la dette ? Le problème, c’est que quelle que soit l’issue du scrutin du 26 mai et la configuration européenne qu’il créera, cette donnée s’imposera à tous : la situation des comptes publics italiens s’est tellement dégradée au fil des mois qu’elle engendrera nécessairement, à brève échéance, une situation très dangereuse.

Mercredi 22 mai, à Rome, Vincenzo Boccia dirigeait pour la dernière fois l’assemblée annuelle des industriels de Confindustria, le Medef italien. Pour son ultime discours en tant que président, en présence des représentants des plus hauts responsables institutionnels (le chef de l’Etat Sergio Mattarella, le premier ministre Giuseppe Conte, la présidente du Sénat, Maria Elisabetta Casellati, et celui de la Chambre des députés, Roberto Fico), celui-ci s’est offert le luxe de prononcer un véritable réquisitoire contre les choix économiques de l’actuel gouvernement italien.

Tout d’abord, a-t-il asséné, il faudra trouver au bas mot 32 milliards d’euros, dans le prochain budget, pour que l’Italie respecte sa trajectoire budgétaire, et « il n’y aura pas de solution indolore ». Alors que la croissance est à l’arrêt, le déficit public initialement prévu en 2019 à 2,04 % du produit intérieur brut (PIB) a déjà été réévalué par le gouvernement à 2,4 %, et les privatisations massives auxquels s’était engagé le pouvoir italien (18 milliards d’euros) n’ont même pas été ébauchées. « Il faut arrêter de se diviser sur des promesses qui ne peuvent être tenues et se concentrer sur ce qui reste à faire », a poursuivi M. Boccia, allant même jusqu’à évoquer le besoin que « gouvernement et opposition travaillent ensemble » pour éviter la catastrophe. Ces propos, ouvertement dirigés contre l’actuel gouvernement, ont été accueillis par un tonnerre d’applaudissements.

Le vice-premier ministre et chef politique du Mouvement 5 Etoiles, Luigi Di Maio, présent dans la salle, n’a pas bronché. Dans son intervention, il a affirmé que « la réduction du déficit doit arriver grâce à des investissements et non grâce à des coupes brutales », et que « rigueur et croissance doivent être compatibles ». Son partenaire de coalition, Matteo Salvini, ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, n’était pas là.

Le 14 mai, en assurant qu’il était prêt à assumer de dépasser les 3 % de PIB de déficit ou « les 130 %-140 % de dette », et voulait avant tout baisser les impôts, M. Salvini avait provoqué un regain de tension sur les marchés financiers. Le spread, à savoir l’écart entre les taux d’emprunt à dix ans allemands et italiens, considéré comme le baromètre du risque, s’était dangereusement rapproché de la barre symbolique des 300 points.

Mais au fond, le problème est que, volontairement ou pas, le dérapage des comptes publics italiens paraît désormais inévitable. « La Péninsule se dirige droit vers un nouveau clash avec la Commission européenne sur le sujet », estime Jack Allen, chez Capital Economics. Comme ses confrères, il a retourné les chiffres dans tous les sens, avant d’en conclure que l’équation auquel fait face le gouvernement est insoluble.

Selon les diverses estimations, la croissance ne dépassera pas 0,3 % cette année. Soit un niveau insuffisant pour que la décrue du chômage se poursuive : celui-ci devrait remonter à 11 % l’an prochain, contre 10,6 % en 2018, prévoit la Commission. Surtout : la croissance sera trop basse pour permettre au gouvernement de tenir la cible de déficit public fixée avec Bruxelles fin 2018, à savoir 2 % du PIB cette année et 1,8 % en 2020. « Si aucune mesure supplémentaire n’est prise, il dépassera les 3,5 % en 2020 », estime la Commission, dans ses dernières prévisions. L’Italie serait alors le seul pays à franchir le seuil européen des 3 %.

A moins que le gouvernement ne revienne sur sa promesse de ne pas augmenter la TVA en janvier prochain. « S’il la relevait tout de même, la hausse du déficit serait moindre, mais cela amputerait la croissance de 0,5 % en 2020 en 2021 en pesant sur la consommation des ménages », calcule Nicola Nobile, chez Oxford Economics. Et ce, sans apaiser vraiment les inquiétudes. Car à 2,66 %, les taux d’emprunt à dix ans du pays sont aujourd’hui supérieurs à la croissance, ce qui alimente mécaniquement la hausse de l’endettement. « L’Italie est le seul Etat membre où cet effet boule de neige continuera d’alimenter la dette », prévient la Commission : à 133,2 % du PIB en 2018, elle pourrait dépasser les 135 % d’ici deux ans.

Dans ces conditions, Bruxelles pourrait placer Rome en procédure de déficit excessif à l’automne, au moment de la présentation du budget 2020. Ou avant, en juin, lorsqu’elle se penchera de nouveau sur les comptes publics italiens. « Reste à savoir si le gouvernement tiendra jusque-là, où s’il sera recomposé dans la foulée des élections européennes », s’interroge Jack Allen.

Dans tous les cas, le coup de semonce viendra probablement des marchés. De nouvelles tensions sur le budget pourraient faire décoller le spread au-delà des 300 points. Or, à l’automne dernier, le gouvernement avait fini par plier et revoir sa copie budgétaire lorsque les taux d’emprunt à dix ans avaient frôlé les 4 %, ravivant le douloureux souvenir de la crise des dettes de 2010.

N’en doutez pas, si l’Italie boit la tasse, l’UE se noiera. Car la banque centrale européenne sera dans l’incapacité de lui venir en aide comme elle le fit pour la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Un véritable cataclysme financier.*

Le 26 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/10/je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette/

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : il est nécessaire de remettre les pendules à l’heure.

26 Mai

Nathalie Loiseau, tête de liste macroniste est sous le joug du lobby LGBT : son directeur de campagne et 5ème colistier Stéphane Sejourné est pro-GPA. « Marié » à Gabriel Attal, secrétaire d’Etat à la jeunesse (décidément ce gouvernement est un ramassis de malades) , il souhaite un bébé via la GPA. Il milite pour la légalisation de la GPA en Europe !

En haut, à droite, Stéphane Séjourné. Au centre, Bernard Guetta, ancien gauchiste devenu macroniste et eurolâtre, ex-chroniqueur de géopolitique sur France Inter, soutien de tous ces malades. Ce qui en dit long sur les liens de ce mouvement avec les médias officiels.

Pouvez-vous imaginer un instant voter aujourd’hui pour ces gens-là ? 

DEHORS !

Le 26 mai 2019.

Du Plessis

L’entourage de Jean-Yves Le Drian sent le souffre !

25 Mai

Jean-Yves Le Drian est l’expression presque caricaturale en politique de Raminagrobis, tel que le voyait Jean de La Fontaine. « Tout fourré, tout bénin, toutes griffes rentrées. » Mais ne vous y fiez pas. Il fut certes l’excellent ministre de la Défense de François Hollande avant d’être, aux Affaires éreangères (un peu moins brillant mais essentiellement du fait de l’omnipotence du chef de l’Etat), celui d’Emmanuel Macron. Mais il est aussi le seul ministre en exercice ayant réussi à cumuler l’exercice de ses fonctions ministérielles avec la présidence d’une région (Bretagne), envers et contre toute décence, entre décembre 2015 et juin 2017.

Depuis, M. Le Drian, dépossédé de ses pouvoirs par Jupiter, a décidé d’étendre ses réseaux dans la plus grande discrétion et sans chercher à apparaître sur le devant de la scène.

C’est ainsi que, pour la première fois dans son histoire, la direction du parc nucléaire français ne sera pas confiée à un ingénieur. Le PDG de l’entreprise publique, Jean-Bernard Lévy, a nommé en effet Cédric Lewandowski au poste très stratégique de directeur du parc nucléaire et thermique, en remplacement de Philippe Sasseigne, qui va partir à la retraite.

C’est peu dire que cette annonce a surpris les observateurs du monde de l’énergie. Cédric Lewandowski n’a jamais occupé de fonction dans le nucléaire. Il a fait une grande partie de sa carrière à EDF, mais est surtout connu pour avoir occupé pendant toute la durée du quinquennat Hollande le poste stratégique de directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense. Souvent considéré comme un « ministre bis », il est le seul directeur de cabinet à être resté en poste pendant cinq ans lors du quinquennat précédent. 

Ce Lyonnais récupère la direction qui chapeaute le parc des 58 réacteurs français du groupe – le plus important du monde – en plus des centrales à gaz et des deux centrales à charbon qu’exploite encore EDF. La tâche est immense : le parc nucléaire français est vieillissant et est engagé dans de coûteux travaux de « grand carénage » pour pouvoir assurer la prolongation de sa durée de vie – qui devra être acceptée ou non par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

M. Lewandowski était précédemment à la tête de la direction dite innovation, responsabilité d’entreprise et stratégie. Mais au cours de l’année écoulée, il a surtout été chargé de rédiger la position d’EDF sur la feuille de route énergétique de la France, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La présentation de la PPE par Emmanuel Macron s’est finalement révélée relativement conforme aux souhaits d’EDF, en repoussant la réduction du parc nucléaire à 2035 et ne s’engageant sur aucune fermeture de réacteur avant 2027.

Mais ce n’est pas tout. Car le conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian au ministère des affaires étrangères, Jean-Claude Mallet, devrait devenir dans les prochaines semaines le directeur des affaires publiques du groupe Total, selon des informations de la lettre spécialisée Intelligence Online. Un poste-clé pour défendre les intérêts du groupe pétro-gazier, puisque M. Mallet va chapeauter les relations de ce dernier avec les pouvoirs publics en France et à l’international, ainsi que ses activités d’intelligence économique. Et quand on connaît les liens de Total avec les producteurs d’énergies fossiles et les pétroliers-monarchies en particulier…

A 64 ans, ce fidèle de Jean-Yves Le Drian, qu’il a, lui aussi, servi au ministère de la défense de 2012 à 2017 (comme Cédric Lewandowski), met ainsi fin à une longue carrière dans la haute fonction publique et la sécurité nationale. Pour être effectif, ce départ doit être acté par la commission de déontologie dans les prochains jours. Il devrait être accepté, les cas de refus ou d’accord avec réserves étant assez rares. La commission vérifie que l’agent public concerné n’était pas en situation de donneur d’ordre à la société qui va l’embaucher et qu’il n’y a aucun conflit d’intérêts.

En revanche, beaucoup de ceux qui connaissent Jean-Claude Mallet s’interrogent sur ce que sera sa nouvelle vie aux côtés du PDG de Total, Patrick Pouyanné, connu pour son tempérament véhément. « Ils sont l’un et l’autre aussi volcaniques et aussi exigeants ; ce sera le grand amour ou très rapidement un clash », relève un haut fonctionnaire qui les connaît bien l’un et l’autre. De longue date, Total mène sa propre diplomatie, en particulier en critiquant les politiques de sanctions – contre la Russie ou contre l’Iran par exemple.

Le transfert étonne certains observateurs, tant le conseiller d’Etat Mallet a consacré sa vie à la cause publique. Anglophile et atlantiste, adepte de la real politique, l’homme a des connexions avec le monde du renseignement et de la dissuasion nucléaire. Il est jusqu’alors resté dans l’ombre, acquérant une réputation de grande intégrité autant que d’arrogance éruptive. Plusieurs diplomates évoquent des raisons personnelles, mais aussi une forme de lassitude devant le manque de reconnaissance du pouvoir à l’égard des hauts fonctionnaires. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, Jean-Claude Mallet n’était plus en cour et ne sortait guère du Quai d’Orsay, peu convié aux réunions interministérielles – qu’il avait pu dominer jusqu’à l’excès sous le quinquennat Hollande.

Chez Total, il retrouvera plusieurs anciens diplomates ou détachés du Quai d’Orsay, dans une entreprise familière de ces allers-retours. Ainsi, la Franco-Tunisienne Ahlem Gharbi a été directrice adjointe des affaires internationales chez Total avant de devenir conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient auprès d’Emmanuel Macron entre 2017 et 2019. Et parmi ses dernières prises de guerre, Total avait embauché l’ancien patron star de la gendarmerie Denis Favier en 2016, pour prendre en charge la sûreté du groupe pétrolier.

Jean-Claude Mallet est connu pour être un travailleur acharné, lui aussi homme des réunions nocturnes et des SMS de 2 heures du matin ! Arrivé par le biais des réseaux protestants au cabinet de Pierre Joxe en 1991, il devient le penseur incontournable de toutes les réformes de l’appareil de défense des vingt-cinq années suivantes. Il fut ainsi le premier directeur des affaires stratégiques du ministère. Puis, entre 1999 et 2004, un secrétaire général pour la défense nationale (SGDN) qui a laissé son empreinte sur cette discrète mais essentielle administration placée auprès du premier ministre, en l’ouvrant aux problématiques du terrorisme et de la cyberdéfense.

Après une participation au Livre blanc de la défense de 1994, il s’impose en outre, non sans attirer les critiques, sur tous ces exercices de réflexion stratégique destinés à calibrer les moyens de la sécurité nationale. Nicolas Sarkozy lui confie en effet la responsabilité du Livre blanc de 2008. Et en 2013, il réécrit sèchement celui rédigé par la commission du diplomate Jean-Marie Guéhenno, qu’il juge irréaliste.

Il tisse des liens forts avec Jean-Yves Le Drian dès 2007, quand les deux hommes nourrissent le programme défense de Ségolène Royal pour la présidentielle, puis celui de François Hollande en 2012. C’est donc tout naturellement que Jean-Yves Le Drian l’emmène avec lui comme conseiller spécial au ministère en 2012. Pendant le quinquennat Hollande, il obtient non sans frictions avec Bercy des arbitrages favorables sur ses sujets favoris – le renseignement, la cyberdéfense et les technologies militaires – dans un contexte de coupes budgétaires drastiques dans les armées.

 L’hypothèse d’un départ de Jean-Yves Le Drian, lui même (et à la façon de Gérard Collomb l’an dernier) est pourtant démentie dans son entourage. Car le Breton J-Y Le Drian n’est pas un homme qui part. Ce serait plutôt un homme…qui reste (ainsi qu’il l’a montré à la région Bretagne). Sauf à y être contraint. 

Mais, avec Emmanuel Macron, tout est possible. Pour le moment !

Le 25 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Quand une officine mondialiste et immigrationniste vous donne ses directives pour voter…

25 Mai

À seulement vingt-quatre heures des élections européennes (en France) voici le message de l’ONG Avaaz, bien connue pour ses actions en faveur de l’établissement du grand « Village mondial » et en faveur aussi, pour y parvenir, d’une immigration libre et débridée. Sa vidéo, portée par Facebook, est accompagnée du texte suivant :

 » Chères amies, chers amis,

Les élections européennes ont commencé!

L’extrême droite espère réaliser des progrès historiques; ses candidats ont même reçu l’aide de l’ancien chef de campagne électorale de Donald Trump!

Mais nous pouvons les arrêter, en convainquant le plus de monde possible de se rendre aux urnes. Avaaz a lancé une avalanche de messages et de vidéos à travers l’Europe pour inciter les citoyens à aller voter — voilà la vidéo qui a eu le plus de succès! Elle fait moins de 2 minutes: cliquez pour la regarder, puis partagez-la avec tout le monde pour aider à sauver l’Europe!

Final hours to save Europe

L’heure est grave. Ces élections vont déterminer la politique européenne des cinq prochaines années! Qu’il s’agisse du changement climatique, des droits des femmes, ou même d’éviter une guerre nucléaire avec l’Iran, une Europe unie veut dire une planète plus sûre pour chacun d’entre nous. Nous ne pouvons pas attendre les bras croisés!

Notre formidable communauté a contribué ces dernières semaines à retirer des réseaux sociaux des centaines de comptes qui diffusaient des fausses informations auprès de centaines de millions de personnes! Ce week-end, nous pouvons faire quelque chose de très simple: aller voter, et encourager nos amis et nos proches à faire de même.

De nombreuses études montrent qu’une personne est plus susceptible de se rendre aux urnes lorsqu’elle sait que ses amis et sa famille iront aussi. Alors cliquez pour regarder cette incroyable vidéo et partagez-la partout pour convaincre le maximum de personnes d’aller voter pour ces élections cruciales!

À de nombreuses reprises, notre mouvement s’est rassemblé pour résister aux forces qui cherchent à nous diviser. Nous sommes des citoyens du monde entier, et c’est pour répondre à de tels défis que nous nous sommes ensemble, alors donnons tout pour que, dans les jours à venir, l’Europe soit plus unie que jamais.

Avec espoir,

Antonia, Mike, Rewan, Bert, Melanie et toute l’équipe d’Avaaz « 

 

Toutes ces bonnes personnes ignorent l’existence du…boomerang ! Qui va leur revenir au visage.

MAIS IL NE TIENT QU’À VOUS DE LES RENVOYER À LEURS LUBIES ET QUE VIVE LA FRANCE.

Le 25 mai 2019.

(Merci à FR pour son information)

L’Europe a mis à mort les paysans pour les remplacer par des « clients », au sens antique* du terme.

24 Mai

Le monde paysan dans les années 1960 était un monde à part, marginalisé par le début des excès de l’urbanisation et, surtout, par un déclassement orchestré par l’intelligentsia des villes pour qui il n’y avait pire injure que de crier « PAYSAN ! » mais qui, ayant perdu ses racines, oubliait d’où elle venait…

Avec l’organisation politique et économique de l’Europe, les agriculteurs ont retrouvé temporairement  un rang, la place qu’ils n’avaient plus. Ils ont représenté le symbole de l’horizon européen quand il s’agissait ,croyaient-ils, avec la mise en place de la politique agricole commune (PAC), de moderniser un ensemble de pays aux populations majoritairement rurales et d’assurer la souveraineté alimentaire de l’Europe. En prétendant les faire passer du statut de paysan à celui d’agriculteur, en les transformant en secteur économique à part entière, l’Europe était, croyaient-ils encore, en capacité de dire ce qu’elle voulait de son agriculture, d’offrir une stratégie et un horizon.

En réalité, il s’agissait d’un gigantesque quiproquo.

Avant tout, parce que l’objectif véritable de la PAC était d’inscrire l’agriculture dans la vision mondialiste des pères de la Communauté économique européenne puis…de leurs fils. Or la PAC, de ce fait, a été pensée pour un type d’agriculture familiale, qui était, à ses débuts, largement répandu sur le territoire européen. C’était beaucoup plus simple alors de construire, pour les professionnels comme pour les politiques, une ambition partagée.

Aujourd’hui, ce n’est plus vrai et le boomerang revient à la tête des idéologues de l’UE. Car cette population est désormais très hétérogène : qu’y-a-t-il de commun entre des fermes de très petite taille en situation de survie qui relèvent plus de politiques sociales, des exploitations de taille moyenne pour lesquelles des politiques territorialisées seraient plus adaptées et des grandes entreprises qui relèvent de la firme ? La PAC n’est pas seulement confrontée à un changement d’échelle mais à un éclatement des modèles qu’elle a engendré et qui invalide beaucoup de dispositifs de politique publique et rend beaucoup plus compliquée la construction d’un discours et d’un projet politiques sur l’agriculture. Voilà où nous ont mené les utopies européennes du XXe siècle !

Cette situation (qui résulte autant de la naïveté des paysans que d’une certaine fourberie des dirigeants politiques, aidés dans leur manoeuvre par le système bancaire qui en a tiré d’énormes profits) nourrit désormais une grande défiance chez les agriculteurs envers l’Europe. Mais l’hétérogénéité du monde rural crée, vis-à-vis de l’UE, un sentiment paradoxal voire  contradictoire. Comme dans l’ensemble de la population française, il y a des agriculteurs adeptes d’une politique libérale, des partisans du protectionnisme ou des « à-quoi-bonistes ». Mais, contrairement à la majorité des Français, tous ont un lien concret à Bruxelles : ils doivent annuellement rédiger une déclaration PAC et font appel à des services de l’Etat pour recevoir les subventions qui, désormais, permettent le maintien de leur revenu. Après avoir été l’archétype de l’indépendance, le monde agricole est devenu, comme d’autres avant lui dans l’antiquité, le « client« * de l’Union européenne.

Toutes les organisations, de la Confédération paysanne à la Coordination rurale et la FNSEA, savent en effet que 80 % des revenus des agriculteurs français sont liés aux subventions de Bruxelles. Hélas, aujourd’hui, les agriculteurs ne savent plus comment cette PAC peut les aider à construire leur propre projet. L’Europe est incapable de leur fixer un cap pour une bonne raison : ELLE N’EN A PAS.

Le monde agricole  redoute aussi les effets des grands accords commerciaux mis en place sans autre vision générale que celle du marché. Il s’inquiète à juste titre des distorsions de concurrence et considère que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous.

Cela contribue à une situation d’anomie, où, bousculés avec des pratiques professionnelles controversées, les agriculteurs ne savent pas où ils vont ; ils ne voient pas se dessiner une stratégie qui leur offre un horizon. Ils en arrivent même à penser qu’on peut désormais se passer d’eux, qu’une agriculture sans agriculteur est possible. Ce sentiment qu’ils peuvent disparaître demain est nouveau pour eux et n’a même jamais été envisagé dans l’histoire. Cela les plonge non seulement dans une grande indétermination quant à l’avenir de l’Europe mais aussi, et de plus en plus souvent, dans un profond état d’anxiété. Pas étonnant, dans ces conditions, que le monde agricole soit frappé comme jamais par un terrible taux de suicides.

Un autre résultat de l’échec d’une authentique politique agricole européenne est aussi, comme nous ne manquerons pas de l’observer dimanche 26 mai, une grande versatilité électorale des agriculteurs.

La droite républicaine molle s’était attaché cet électorat après la guerre quand les équipes de De Gaulle et Michel Debré ont répondu à leurs attentes à travers la loi d’orientation agricole en 1960-1962. Jacques Chirac, quand il était ministre de l’agriculture, a conforté ce positionnement. On les pensait donc acquis à cette droite, mais le verrou a sauté en 2002. Même la France agricole catholique de l’Ouest, qui s’interdisait depuis toujours de voter pour Le Pen, s’est sentie d’un coup autorisée à le faire.

Depuis, il est devenu de plus en plus difficile pour les conservateurs de convaincre des mondes agricoles de plus en plus éclatés économiquement mais aussi décillés – on ne parle même pas de la gauche, qui, en dehors de quelques microfoyers socialistes ou communistes, a toujours eu du mal à pénétrer les milieux paysans. A la dernière élection présidentielle, les thèses économiques d’Emmanuel Macron, en ralliant un électorat de droite, ont pu séduire aussi de nombreux agriculteurs. Deux ans plus tard, la plupart a ouvert les yeux.

Dans la plupart des territoires, les partis politiques ont compris que les agriculteurs ne sont pas forcément une clientèle électorale mais que 15 % d’électeurs en France ont un lien direct ou indirect avec le monde agricole et que leur discours politique sur ce sujet a un impact sur eux.

Qu’ils se méfient cependant car, si les votes agricoles ne font pas forcément gagner une élection, ils peuvent en faire perdre.

Le 24 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Voir « Clientélisme (Rome) » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clientélisme_(Rome)