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Drogues : alerte rouge.

25 Juin

C’est un tableau toujours plus affligeant que dresse le rapport mondial sur les drogues 2017, publié jeudi 22 juin par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et dont nous avions donné un premier aperçu dans l’un de nos récents articles intitulé  » L’usage récréatif, l’autre nom de la toxicomanie  » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=opiacés&submit=Recherche).

Le rapport estime ainsi que plus de 250 millions de personnes, soit environ 5 % de la population adulte mondiale, auraient consommé des drogues au moins une fois en 2015. Plus inquiétant encore : environ 29,5 millions d’entre elles, soit 0,6 % de la population adulte mondiale, présentent des symptômes de dépendance et nécessitent un traitement.

Les auteurs soulignent plus particulièrement la percée des nouvelles substances psychoactives qui se développent et se diversifient « à une vitesse effrayante » et, plus encore, la « crise » des opioïdes, qui était l’objet principal de notre article en référence. Au total, les stupéfiants ont entraîné 190 000 décès prématurés dans le monde en 2015, parmi lesquels les opioïdes portent une lourde responsabilité puisqu’ils en sont la première cause. Leur production et leur consommation explosent : sur 255 millions d’usagers de drogue dans le monde, 35 millions ont eu recours à ces substances au cours de l’année 2015, soit 2 millions de plus que l’année précédente.

Le phénomène est double : il concerne à la fois les toxicomanes usagers de drogues dures dérivées du pavot – opium, héroïne, morphine, etc. – et les patients qui tombent dans de sévères dépendances pour avoir pris de façon répétée des médicaments à base d’opioïdes de synthèse, généralement des antidouleur ou des antitussifs. Si l’épidémie est mondiale, elle touche plus gravement les Etats-Unis.

Qu’ils se présentent sous forme de sirops contre la toux (codéine), de comprimés antalgiques (dextropropoxyphène et tramadol), de produits anesthésiants (morphine), en solution buvable et injectable, les opioïdes présentent des risques élevés de développer des crises de manque (crampes, sueurs, anxiété, impression de ne plus rien contrôler), avant que la dépendance ne soit diagnostiquée.

La consommation abusive d’opioïdes s’avère la plus nocive pour la santé : elle est à l’origine de 70 % des dommages graves (maladies infectieuses, dépendances et décès prématurés) chez les usagers de drogues. Pour donner la mesure des méfaits de leur impact dans la société, l’ONUDC indique qu’au total, 12 millions d’années de vie en bonne santé ont été perdues à cause des opioïdes rien qu’en 2015.

« On trouve à la fois des substances placées sous contrôle international – notamment de l’héroïne –, et des médicaments soumis à prescription, qui sont soit détournés de leur destination légale soit contrefaits à grande échelle », explique l’ONUDC. Et c’est bien ce mélange des genres caractéristique des prises d’opioïdes qui rend particulièrement complexe la réglementation en la matière. Dans certains pays, aux Etats-Unis en particulier, les patients-consommateurs ont facilement accès à ces médicaments. En France, certains multiplient les ordonnances et les visites à de multiples pharmacies pour se procurer leur dose.

« Le problème tient au fait que le marché pharmaceutique et le marché noir s’alimentent l’un l’autre », déplore pour sa part Ruth Dreifuss, présidente de la Commission globale sur les politiques en matière de drogues, une organisation constituée d’anciens chefs d’Etat et secrétaires des Nations unies qui à pour mission de réduire les préjudices causés par les drogues au niveau international. « Pour mener une politique de prévention plus efficace, il faudrait cesser la publicité pour ces médicaments dangereux pour la santé et arrêter la prise systématique d’antalgique à la moindre douleur ressentie », propose-t-elle.

Les opioïdes « offrent » en outre toute une palette de mode de consommation. Certains pilent des comprimés avant de les mélanger à d’autres substances et s’injectent cette mixture directement à travers la peau. Résultat : les cas d’infection sont nombreux.

C’est ainsi que, dans le monde, 1,6 million des usagers de drogues injectables vivent avec le VIH et 6 millions avec l’hépatite C ! Sans compter la tuberculose qui frappe de plein fouet la population toxicomane. Enfin, les mauvais mélanges peuvent être mortels, « l’usage de différents opioïdes synthétiques associés à d’autres substances psychoactives provoque de nombreux décès », prévient l’ONUDC.

Le directeur exécutif de l’ONUDC, Yuri Fedotov, formule le souhait que les Etats sauront « compliquer la tâche des criminels » en restreignant l’arrivée de certains de ces produits sur le marché. Et freiner ainsi la « tragique augmentation des surdoses d’opioïdes ». Mais les auteurs du rapport s’inquiètent, eux, de voir la production mondiale d’opium exploser. Elle a augmenté d’un tiers en 2016 par rapport à l’année précédente. L’amélioration des rendements en Afghanistan y est pour beaucoup, sous la houlette des talibans (le pays est le principal producteur de pavot à opium dans le monde). Ils savent très bien pourquoi ils le font : alimenter leurs caisses d’une part, détruire l’Occident d’autre part. Ajoutez à cela les mensonges sémantiques des utilisateurs et de leurs complices médiatiques (lorsqu’ils osent nous parler d’usage « récréatif » en lieu et place de toxicomanie) ainsi que la lâcheté des pouvoirs publics (qui prétendent aujourd’hui dépénaliser l’usage des stupéfiants*) et l’on aboutit irrémédiablement à cette tragédie.

Le secteur des drogues ne cesse de toute façon de se diversifier. L’ONUDC lance une deuxième alarme sur la multiplication des nouvelles substances psychoactives (NSP). Une fois encore, ils notent que l’apparition incessante de ces molécules de synthèse va bien plus vite que la réglementation et, pour l’heure, les données scientifiques sur le sujet sont quasi inexistantes, leurs effets mal connus.

Il en au moins en tout cas, le fentanyl, qui s’est fait récemment remarquer. Cette substance psychoactive de types opioïde fait actuellement des ravages aux Etats-Unis. Quarante fois plus forte que l’héroïne, c’est elle qui a causé la mort du chanteur Prince, décédé le 21 avril 2016 d’une surdose. La Commission des stupéfiants des Nations unies l’a placée « sous contrôle » ! Vous apprécierez sans doute l’efficacité de la démarche.

* Lire « Certains ont choisi Emmanuel Macron ? Ils ont donc voté pour la légalisation progressive de l’usage du cannabis » : 

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/05/25/certains-ont-choisi-emmanuel-macron-ils-ont-donc-vote-pour-la-legalisation-progressive-de-lusage-du-cannabis/

Avec Xavier Bertrand une chose est sûr :  » c’est pas lui, c’est les autres « .

25 Juin

Le besoin d’exister est, chez le président de la région des Hauts-de-France, une raison d’être. C’est pourquoi, face à la déconfiture de son parti Les Républicains (LR), il s’est offert une interview dans Le Journal du Dimanche (JDD) d’aujourd’hui, intitulée « On n’a peut-être plus grand-chose à faire ensemble » !

Invoquant sa volonté de faire de sa région sa « priorité« , M. Bertrand a annoncé qu’il « ne serai(t) pas candidat à l’élection de novembre« , à la tête du parti et se dit prêt à soutenir Valerie Pécresse qui « serait une très bonne candidate« . Car « Je ne crois plus aux partis politiques à l’ancienne« , a-t-il poursuivi en déplorant un fonctionnement « parisien, centralisé alors qu’il faudrait donner le pouvoir au terrain« . « Les idées ne sont jamais débattues« , a-t-il encore grincé en évoquant une « hémorragie de militants » aux Républicains. « Même si j’ai conscience que je peux l’emporter, je ne serai pas le responsable d’une nouvelle guerre des chefs« , a encore relevé celui qui incarne une ligne centrale dans son parti, notamment face à celle de Laurent Wauquiez, davantage conservatrice, identitaire et qui « court après l’extrême droite« , selon M. Bertrand.

Et d’ajouter : « Pour gagner, la droite et le centre doivent rassembler, et pas cliver, se réinventer, renouer avec la France populaire, parler à la fois à l’ouvrier et au chef d’entreprise, à l’infirmière et au chirurgien, à l’agriculteur et au fonctionnaire, au rural et à l’urbain« , dressant un sombre tableau de son parti actuel, traversé par d’importantes lignes de fractures idéologiques.

« En réalité, il n’y a plus grand-chose en commun entre nous. Nous continuons à vivre ensemble, mais ça fait bien longtemps qu’on ne s’aime plus. Et on a peut-être plus grand-chose à faire ensemble« , a lancé M. Bertrand.

Par ailleurs, tout en rappelant avoir été en contact avec l’entourage d’Emmanuel Macron à la fin de la campagne présidentielle, M. Bertrand a marqué sa différence avec le chef de l’Etat dont il n’est « pas sûr qu’il ait envie de s’ouvrir aux idées des autres« , précisant, au cas où on ne l’aurait pas compris, « Il a fait venir des gens de droite parce qu’il applique un adage connu: diviser pour régner« . Enfin un peu de lucidité…

Hélas, Xavier Bertrand ne se souvient plus qu’il fut l’un des élus LR (avec Christian Estrosi en PACA) qui ne réussit à emporter les élections régionales de 2015, face au Front national, que grâce au désistement en sa faveur des candidats de la gauche ni que cette élection ne fut acquise que par le travail de fourmi des militants de gauche (qui allèrent jusqu’à imprimer et distribuer sur les marchés et chez les électeurs les tracts de M. Bertrand) ! Un comportement honteux qui n’a pas manqué être porté au débit de son parti par les électeurs français, ajoutant ainsi à d’autres innombrables désillusions (Lire « La dernière imposture de l’UMPS » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/12/16/bulletin-climatique-quotidien-16-decembre-2015-de-la-republique-francaise/ ou encore -car ce sont les mêmes- « Natacha Bouchart, la fausse ingénue » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/27/bulletin-climatique-quotidien-27-septembre-2016-de-la-republique-francaise/).

Tous se paie, M. Bertrand. Et, avant de chercher à donner des leçons aux autres, ne serait-il pas souhaitable de balayer devant votre porte…dont le paillasson est bien crotté.

Le 25 juin 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : quand l’AFP manipule l’information pour plaire à ses nouveaux maîtres.

25 Juin

Le syndicat SNJ-CGT accuse l’agence de presse (AFP) d’avoir censuré des informations gênantes pour le pouvoir. Selon eux, l’AFP aurait pu sortir l’affaire des Mutuelles de Bretagne avant le Canard enchaîné, mais la direction de l’agence s’y serait opposée.

«L’Affaire Richard Ferrand, sortie par le Canard enchaîné dans son édition du 24 mai, aurait pu être révélée par l’AFP», dénoncent les journalistes de l’AFP du syndicat SNJ-CGT dans un communiqué publié ce 22 juin 2017.

Afin d’étayer cette lourde accusation, au mieux de favoritisme, au pire de collusion avec le pouvoir, les journalistes font valoir que, selon eux, l’AFP était en possession des informations. «Mais la rédaction en chef France [de l’AFP] n’a pas jugé le sujet digne d’intérêt», affirment-ils, poursuivant : «Qu’un possible scoop sur une affaire politico-financière impliquant le numéro deux du nouveau parti au pouvoir ne soit pas jugé intéressant, voilà qui est troublant. Surtout après les affaires Fillon et Le Roux qui ont émaillé la campagne présidentielleEt surtout quand on connaît la célérité avec laquelle l’AFP diffuse des informations hostiles aux associations patriotes ou identitaires !

 Mais ce n’est pas tout. Les journalistes affirment que l’AFP a eu une chance de se rattraper avec le témoignage, très embarrassant, de l’avocat chargé de la vente de l’immeuble à Sandrine Doucen, maîtresse de Richard Ferrand. Un immeuble que ce dernier avait recommandé à la location aux Mutuelles de Bretagne… dont il était alors le directeur général. «Mais avant même qu’une dépêche ait été écrite [à ce sujet par des journalistes de l’AFP], la rédaction en chef France a refusé le sujet

Or, semble-t-il, ce n’est pas la première information qui aurait été étouffée selon le SNJ-CGT. En effet, selon le communiqué, le 17 mai 2017, jour de l’annonce de la composition du premier gouvernement d’Edouard Philippe, une dépêche révélant que François Bayrou est convoqué le 19 mai suivant devant le juge dans le cadre d’une affaire de diffamation est prête à être diffusée aux médias qui bénéficient d’un abonnement à l’AFP. Mais la direction de l’agence – la rédaction en chef France – s’y oppose. «La rédaction en chef France trouv[ait] son intérêt trop limité», rapportent les journalistes du SNJ-CGT. Et de déplorer : «Deux jours plus tard, l’info sera en bonne place dans les médias nationaux. L’AFP décidera alors de la reprendre !»

 Aussi les journalistes s’interrogent : «L’Agence France Presse, l’une des trois grandes agences d’informations mondiales, dont le statut rappelle l’indépendance, a-t-elle peur de diffuser des informations sensibles quand celles-ci risquent de nuire au nouveau pouvoir politique élu ?»

L’AFP, comme Reuters ou Associated Press, est en effet une agence à vocation mondiale qui a pour mission de collecter, vérifier, recouper et diffuser des informations à destination des journalistes. Ses dépêches dictent la hiérarchie de l’information pour de nombreux médias en France.

L’Elysée est bien devenu le siège d’un pouvoir jupitérien…

Le 25 juin 2017.

Du Plessis

Mais ne vous laissez pas abuser par les statistiques de l’Insee.

24 Juin

L’Insee nous a habitués à ses statistiques qui sont, plus que toutes,  » la forme la plus élaborée du mensonge « *. Nous avons relevé à de nombreuses reprises ce fait au cours du quinquennat de François Hollande alors que l’Institut servait de caution aux manipulations chiffrées des résultats catastrophique du précédent gouvernement.

Eh bien sachez, comme nous le rappelons souvent, que…plus ça change et plus c’est la même chose !

Car, que nous dit l’Insee ? Que, dans trois décennies, la population française aura augmenté dans toutes les régions, atteignant 74 millions d’habitants, mais que son vieillissement va s’accentuer avec l’entrée des baby-boomers dans des âges avancés, ce qui entraînera davantage de décès que de naissances. « Si les tendances démographiques se poursuivaient, la France compterait en 2050 74 millions d’habitants« , soit 7 millions de plus qu’au 1er janvier 2017 (66,9 millions), indiquait jeudi dernier une étude de l’Institut national de la statistique. Rappelons tout de même aux éminents spécialistes de cet organisme que nous refusons de confondre, comme ils le font la plupart du temps, POPULATION FRANÇAISE avec POPULATION VIVANT EN FRANCE.

Ajoutez-y les deuxièmes et troisièmes générations et vous aurez une idée de la tragédie

Toutes les régions, à l’exception de la Guadeloupe et de la Martinique, verraient leur population augmenter, en moyenne de 0,3% par an. Dans l’ouest et le sud du pays (Corse, Occitanie, Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes), l’augmentation serait plus prononcée. A l’inverse, la Normandie et le Grand-est progresseraient plus faiblement.Ainsi, l’Occitanie compterait plus d’habitants que les Hauts-de-France. Les deux régions les plus peuplées, l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes, conforteraient leur statut. Avez-vous compris pourquoi ? Non ? Alors, c’est simple, reportez-vous à la carte de France du  » Grand Remplacement  » !

Densité de population d’origine allogène: plus c’est foncé plus il y en a

Néanmoins, l’Insee prétend qu’avec l’arrivée des générations du baby-boom (entre 1945 et 1975) aux âges de forte mortalité, les décès dépasseraient les naissances dans de nombreuses régions. Le solde naturel (différence entre le nombre de naissances et de décès enregistrés chaque année) resterait positif en 2050 dans seulement quatre régions: l’Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Pays de la Loire. Au 1er janvier 2050, la France compterait plus de 20 millions de personnes de 65 ans ou plus, soit 8,6 millions de plus qu’en 2013. La population des seniors augmenterait nettement plus que l’ensemble de la population, +1,5% en moyenne par an. Les plus de 75 ans représenteraient 16,4% de la population, 12,1 millions de personnes, contre 9% en 2013. La population en âge d’être active (20-64 ans) baisserait de 588 000 personnes d’ici à 2050 et ne représenterait que la moitié de la population. La part des jeunes (moins de 20 ans) va augmenter pour représenter 22,3% de la population. Mais faites confiance à nos banlieues et à leur taux de natalité pour que tout cela ne corresponde pas tout à fait aux projections de l’Insee, basées sur des chiffres…de l’Ancienne France.

À l’échelle nationale, le ratio entre population âgée et population jeune s’établirait en 2050 à 122 personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes de moins de 20 ans. En 2013, il était de 71 seniors pour 100 jeunes, précise l’Insee. Néanmoins, quelle que soit la région, cette hausse du ratio serait surtout marquée jusqu’au début des années 2030. Elle serait ensuite moins prononcée, compte tenu de la fin progressive des effets du baby-boom et, qui sait, de l’entrée en scène des préconisations de Jacques Attali sur l’euthanasie des vieux…

En résumé, heureusement que nous sommes encore là.

Le 24 juin 2017.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* William Ewart Gladstone (29 décembre 1809 – 19 mai 1898), Chancelier de l’échiquier puis Premier ministre britannique.

Les statistiques de l’ONU annoncent des lendemains qui ne chanteront pas.

24 Juin

La population continue d’augmenter et nous devrions être près de 10 milliards en 2050 – 9,77 milliards exactement –, soit une augmentation de près de 30 % par rapport aux 7,55 milliards actuels. Selon un rapport des Nations unies publié mercredi 21 juin, la planète compterait 11,18 milliards d’individus en 2100.

« La population mondiale augmente mais la croissance décélère, observe Gilles Pison, professeur au Muséum d’histoire naturelle et chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques. La croissance a atteint son taux maximal, à plus de 2 % par an, il y a cinquante ans, et elle se situe à un peu plus de 1 % aujourd’hui. Mais le véritable défi porte sur la modification du mode de vie plus que sur le nombre d’habitants. On n’arrêtera pas la croissance de la population mondiale mais nous sommes capables de modifier rapidement et durablement nos modes de consommation. » Car, ne vous y trompez pas, ce dont les populations les plus expansionnistes ont besoin et ne trouveront pas chez elles…elles iront le chercher chez les autres. Mais, C’EST QUI LES AUTRES ? Devinez.

D’ailleurs, chaque année, la population mondiale croît de 83 millions d’habitants, et ceux-ci vont être de plus en plus nombreux en Afrique, alors que l’Europe va régresser et l’Asie perdre du terrain. En 2017, ce dernier continent représente 60 % de la population mondiale (4,5 milliards), mais ce pourcentage tombera à 43 % à l’horizon 2100. A l’inverse, l’Afrique connaîtra une importante croissance, passant de 1,256 milliard d’habitants (17 % de la population mondiale) actuellement, à 4,468 milliards (40 %). « Et la tendance à l’urbanisation devrait se poursuivre plus particulièrement en Asie et en Afrique », précise M. Pison. Nos dirigeants politiques vont-ils comprendre ce que cela signifie ? Nous, sans aucun doute…

A l’horizon 2030, le trio des pays les plus peuplés sera composé de l’Inde, qui aura dépassé la Chine avec 1,51 milliard d’habitants contre 1,44 milliard de Chinois. Le Nigeria aura évincé les Etats-Unis de la troisième marche du podium avec 410 millions d’habitants. Entre 2017 et 2050, plus de la moitié de l’augmentation de la population mondiale se trouvera concentrée dans une dizaine de pays : Inde, Nigeria, République démocratique du Congo, Pakistan, Ethiopie, Tanzanie, Etats-Unis, Ouganda, Indonésie et Egypte. NOS GARDES-CÔTES VONT AVOIR DU PAIN SUR LA PLANCHE EN MÉDITERRANÉE !

Autre tendance marquante, la proportion de personnes âgées de 60 ans ou plus ne cesse d’augmenter. En 2017, elles sont 962 millions, soit près de 13 % de la population mondiale. En 2030, on comptera 1,4 milliard de personnes au moins sexagénaires, avant d’atteindre 3,1 milliards à la fin du siècle. Elles représenteront alors près du tiers de l’humanité. Et, là, apparaît un autre problème que nous évoquerons dans l’article qui suit : l’avenir des retraites en balance avec l’euthanasie des vieux.

Ce vieillissement de la population mondiale est dû à une baisse de la fécondité constatée dans presque toutes les régions du monde. « Même en Afrique où les taux de fertilité sont les plus élevés du monde, la fertilité totale est tombée de 5,1 naissances par femme (2000-2005) à 4,7 au cours de la période 2010-2015 », écrit l’ONU. C’est encore trop mais ça laisse augurer un possible ralentissement naufrages en Méditerranée ! L’Europe, quant à elle, connaît le plus faible taux, avec 1,6 naissance par femme. « Quand la fertilité tombe au-dessous du seuil de 2,1 naissances par femme, le nombre de bébés chaque année est insuffisant pour remplacer la génération des parents », rappelle John Wilmoth, directeur de la division population du département des affaires économiques sociales des Nations unies.

Alors, permettez-nous un conseil : PROCREONS, PROCREONS…

Le 24 juin 2017

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

Chronique d’une imposture annoncée : combien de temps l’idylle durera-t-elle ?

24 Juin

Est-ce l’effet du  » new boy «  Emmanuel Macron, comme l’a appelé le premier ministre hongrois, Viktor Orban ? Les dirigeants européens ont voulu profiter du premier Conseil européen de leur nouveau collègue de 39 ans, jeudi 22  juin à Bruxelles, pour tenter un bain de jouvence collectif et faire croire aux peuples ébahis que l’Union européenne est sortie de la crise, sur la voie des réformes et, enfin, capable d’annoncer des bonnes nouvelles. Une opération de communication rondement menée, copilotée en amont par Paris et Berlin. Nous en avions eu d’ailleurs la prémonition dans un article publié ici-même il y a tout juste un mois, à propos de la crise grecque, et intitulé « Et si c’était un coup monté » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/05/23/et-si-cetait-un-coup-monte/). Voici quelle était alors notre conclusion :

 » Et si tous ces prétendus atermoiements n’étaient en réalité qu’un tour de passe-passe pour donner de l’épaisseur à Emmanuel Macron face aux créanciers de la Grèce et lui permettre d’apparaître en démiurge aux yeux des peuples fascinés ?…Nous serons bien vite fixés.« 

Interrompant leur réunion à 17 h 30 alors qu’elle venait à peine de commencer, Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, mais aussi les présidents du Conseil, Donald Tusk, et de la Commission de Bruxelles, Jean-Claude Juncker, ont tenu des conférences de presse simultanées pour vanter les  » décisions conséquentes de l’Union  européenne – UE – «  dans les domaines de la défense et de la lutte antiterroriste. Et voilà pour la phase suivante du coup monté…

D’habitude, ces échanges avec la presse n’ont lieu qu’à une heure trop tardive pour les  » directs  » TV et radio. Ce nouveau timing a permis une belle exposition médiatique, et surtout, d’escamoter les potentiels sujets de discorde, pourtant à l’agenda du reste de la journée : l’immigration, la Turquie… L’opération était concertée entre la France et l’Allemagne qui ont voulu montrer à quel point, depuis l’élection de M.  Macron, les deux pays se sont remis à travailler en concertation permanente sur les sujets communautaires.

En vérité, la brève séance de travail de jeudi se sera limitée à quelques engagements sur la lutte antiterroriste – faire pression sur les grands acteurs du Web pour qu’ils limitent la diffusion de la propagande radicale – et la relance de la défense européenne. Du pipo.

Ils ont aussi évoqué un projet phare : la  » coopération structurée permanente « , la possibilité pour des pays volontaires de mutualiser leurs efforts pour faire de l’Europe un acteur autonome et majeur. Porté par Paris et Berlin, le dossier a une forte portée symbolique mais ces modalités ne seront fixées que dans trois mois au mieux.  » Un délai très ambitieux « , souligne déjà Angela Merkel.

Car le débat n’est pas tranché. Le projet doit-il privilégier l’inclusivité (un maximum de pays associés) ou l’ambition (constituer une force militaire robuste et exigeante) ? La France préférerait la seconde option.En clair,  » il faudra accepter aussi la possibilité de perdre des vies humaines « , résume un diplomate. L’Allemagne appuie Paris, mais sans dire jusqu’où pourrait aller son engagement concret.

Qualifiant le projet de fonds pour la défense d’ » avancée réelle « , M.  Macron s’est félicité de conclusions  » à la hauteur des enjeux « . Il a rendu hommage au président Juncker, qui a œuvré en ce sens :  » Je ne viens pas devant vous pour expliquer que c’est mon œuvre « , a-t-il ainsi lancé, tout en ajoutant qu’il avait mis sur tous ces sujets européens  » du capital politique « . Ça fait plaisir et ça ne mange pas de pain…

 » Je n’ai jamais eu une conviction aussi forte que les choses vont dans une bonne direction « , déclarait de son côté Donald Tusk, le président (Polonais) du Conseil. Reprise de la croissance, ressac du populisme anti-européen et maintien de l’unité face au Brexit : les éléments de l’argumentaire étaient nombreux jeudi soir.  » Ce Conseil sera une remontada, glissait un diplomate jeudi matin. L’Europe avait perdu face aux populistes, comme le Barça face au PSG. Aujourd’hui, elle prend sa revanche.  » Mais, se sentant manifestement visée, la première ministre polonaise, Beata Szydlo, a vivement réagi aux propos d’Emmanuel Macron et de son compatriote Donald Tusk :  » La Pologne est ouverte à la coopération avec la France. Mais cela va dépendre du président Macron, s’il veut étaler dans les médias son antipathie à l’égard des pays d’Europe centrale ou bien s’il veut parler des faits. « 

L’opération de communication est habile pour le président français, qui avait soigné sa venue à Bruxelles, accordant une longue interview à un groupe de journaux européens sur son projet d’ » Europe qui protège «  jeudi matin. Il se devait de réussir ses premiers pas sur la scène bruxelloise, lui qui a mis au cœur de sa campagne son attachement à l’UE, mais aussi sa volonté de la réformer.

Emmanuel Macron entend faire précisément l’inverse de son ex-mentor, François Hollande : tout en maintenant la presse à  distance, il a peaufiné sa stratégie de communication.: tout par l’image et dans l’aura !  » La voix de la France est importante, elle peut changer beaucoup de choses, a-t-il fait valoir. Mais cela suppose qu’elle soit exemplaire, qu’elle dise clairement ce qu’elle veut et qu’elle fasse ce qu’elle dit. « 

Emmanuel Macron aura donc besoin de davantage que les belles déclarations d’intention de quelques partenaires européens intéressés pour parvenir à ses fins. Ses projets de durcir un projet de révision de la directive sur les travailleurs détachés, ou d’établir un mécanisme destiné à  surveiller les investissements étrangers au sein de l’UE, divisent déjà fortement au sein des Vingt-Huit.

Pas sûr donc que l’idylle soit de longue durée. Nous serons certainement édifiés après les élections législatives allemandes de septembre et il se peut que le réveil soit douloureux.

Le 24 juin 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : et si les Afrikaners avaient eu raison avant tout le monde ?

24 Juin

 » C’est avoir tort que d’avoir raison avant tout le monde « , disait Marguerite Yourcenar. C’est hélas ce que ces cinq dernières années nous ont appris, au sein du Conseil dans l’Espérance du Roi, tant nous eûmes le sentiment de prêcher dans un désert non seulement pendant le quinquennat de François Hollande que (et surtout) pendant la dernière campagne présidentielle et les récentes élections législatives. Mais c’est aussi ce que pourraient penser tous les promoteurs afrikaners de l’apartheid s’ils revenaient dans ce bas monde !

En voici un exemple particulièrement démonstratif.

La fin de l’année scolaire approche au lycée Langkaer, dans la banlieue ouest d’Aarhus, deuxième ville du Danemark, dans la province de Jutland. Pour le proviseur, Yago Bundgaard, c’est l’heure des comptes. A 44 ans, ce diplômé de philosophie vient de vivre l’année la plus mouvementée de sa carrière. Son bilan est en demi-teinte.

A la rentrée prochaine, le lycée va devoir fermer trois des neuf classes de première année car une centaine d’élèves manquent à l’appel. Yago Bundgaard, pourtant, ne regrette pas sa décision, soutenue par les enseignants, qui a fait de Langkaer le symbole d’une ségrégation scolaire de plus en plus manifeste au Danemark. L’initiative a déclenché un débat national qui se poursuit encore aujourd’hui.

L’histoire a commencé le 6 septembre 2016, quand le quotidien conservateur Jyllands-Posten a dénoncé en « une » « l’apartheid » pratiqué à Langkaer. Depuis la rentrée, relate le journal, les élèves de première année y sont répartis dans les classes en fonction de leur origine ethnique : trois groupes sont composés pour moitié au moins d’élèves d’origine danoise ; les quatre autres sont constitués exclusivement de jeunes nés à l’étranger ou bien au Danemark de parents étrangers.

Les associations immigrationnistes montent bien sûr au créneau. « C’est de la pure discrimination que de trier les Danois selon qu’ils sont blancs ou noirs », s’insurge la présidente de SOS Mod Racisme, Jette Møller. A Copenhague, le ministère de l’éducation ouvre une enquête. L’Institut pour les droits de l’homme porte l’affaire devant le Conseil pour l’égalité.

De son côté, la ministre de l’immigration et de l’intégration, Inger Stojberg, connue pour sa défense des Danois  » natifs « , défend la direction du lycée. Elle assure que, si elle avait eu à s’en occuper, elle aurait fait de même. « Cela n’a rien à voir avec de l’apartheid, écrit-elle sur sa page Facebook. La question est de savoir si les élèves danois peuvent être dans une classe où ils peuvent mener une vie de jeune Danois ordinaire, avec tout ce que cela implique. »

Des lycéens de Langkaer lors de la récréation. Un ça va. Plus…bonjour les dégâts.

Pendant longtemps, Yago Bundgaard, en poste depuis quatre ans, a préféré se taire, parce qu’« à chaque fois que la question de la ségrégation scolaire est posée elle est prise en otage par le débat sur l’intégration et utilisée par chaque camp pour provoquer et diviser, sans que personne ne cherche de solution ». Alors que l’année scolaire se termine, il accepte enfin d’expliquer sa décision, « prise en dix minutes », parce qu’il ne voyait pas d’autre possibilité.

Plafonds bas, murs en brique rouge apparente, sol en pierre sombre… Situé dans le quartier de Tilst à une dizaine de kilomètres du centre d’Aarhus, l’établissement a été construit en 1975 dans un style brutaliste. Il compte aujourd’hui 1 400 élèves. « Dans les années 1970, l’école se démocratisait, raconte le proviseur. Le lycée accueillait les enfants de la campagne, dont les parents n’étaient pas allés à l’université. Aujourd’hui, nous avons surtout des fils et des filles d’immigrés, qui sont souvent les premiers de leur famille à faire des études. »

En 2009, ces derniers représentaient 20 % des effectifs de première année. En mai 2016, quand Yago Bundgaard a examiné les nouvelles inscriptions avec son adjoint, il a découvert que 82 % des élèves avaient « une origine étrangère ». Cela n’a pas été une surprise. Cette tendance n’a fait que s’accélérer depuis la suppression, en 2006, de la carte scolaire au Danemark.

A la fin du collège, dans le pays, les élèves établissent en effet une liste de leurs préférences. Leur affectation dépend du nombre de places libres dans les lycées souhaités, qui doivent donner la priorité aux élèves vivant dans un rayon de quelques kilomètres autour de l’établissement. A Tilst, où près d’un tiers des habitants sont immigrés de première ou deuxième génération, les élèves ont pris l’habitude d’opter pour Langkaer, à côté de chez eux, dont les effectifs reflètent en partie la ségrégation urbaine. Mais l’établissement, qui jouit d’une assez bonne réputation, attire également des élèves d’autres quartiers.

C’est le cas d’Alaa, 16 ans, née au Danemark d’une mère tunisienne et d’un père franco-tunisien, qui passe quarante-cinq minutes dans le bus, matin et soir. La tête couverte d’un foulard, la jeune fille explique qu’elle a fait toute sa scolarité, jusqu’alors, dans une école privée turque, où les élèves étaient musulmans. « J’ai choisi Langkaer parce que je ne voulais pas me retrouver dans un lycée seulement musulman. Mais je ne souhaitais pas non plus être la seule à porter le voile et devoir m’expliquer en permanence sur ma religion, alors qu’ici je peux étudier tranquillement. »

Mais, à mesure que le nombre de jeunes d’origine étrangère a augmenté, la fuite de leurs camarades d’origine danoise s’est accélérée. Comme chez nous.

Quand il a mis en évidence le phénomène, il y a dix ans, Niels Egelund, professeur à l’Institut pédagogique danois, a été vivement critiqué. Les études, affirme-t-il, montrent que, « lorsque le pourcentage d’élèves d’origine étrangère dépasse 30 % dans une école, les parents les mieux informés, danois ou étrangers, transfèrent leurs enfants. Car, quand on arrive à 40 %, les notes commencent à baisser. À 50 %, elles sont de deux points inférieures à la moyenne ». La qualité des enseignants ne suffit pas : « Les élèves apprennent aussi grâce aux discussions qu’ils ont entre eux et aux questions posées par leurs camarades », estime le chercheur.

Le phénomène s’est accentué, alors que les jeunes issus de l’immigration, qui n’étaient que 50 % à accéder au secondaire en 2000, sont désormais 75 %. A Langkaer, personne n’explique pourquoi le basculement s’est produit plus vite qu’ailleurs. Fin avril, une dizaine de proviseurs d’autres établissements ont tiré à leur tour la sonnette d’alarme, réclamant que les élus mettent un terme aux lycées « blancs et bruns » – un vocable fréquemment utilisé dans le débat danois. Selon le ministère de l’éducation, quatorze des cent quarante lycées généralistes danois comptent désormais plus de 20 % d’élèves d’origine étrangère, alors qu’ils ne représentent que 9 % des lycéens du pays.

« Les années précédentes, nous n’avions pas pris en compte l’origine des élèves quand nous avons formé les classes, ce qui a accéléré la ségrégation », estime Yago Bundgaard. A l’automne 2015, une quarantaine d’élèves, sur les 75 d’origine danoise inscrits en première année, ont ainsi changé d’établissement pendant le premier trimestre. « Ils trouvaient que c’était dur de se retrouver seul dans une classe de 40, alors que, s’ils allaient dans un lycée à 7 kilomètres, les proportions s’inversaient »,constate le proviseur.

Yago Bundgaard

Myam, 16 ans, a obtenu son transfert pour Katedralskole, un lycée du centre-ville, où les élèves issus de l’immigration ne représentent que 4,5 % des effectifs. « A Langkaer, témoigne-t-elle, les élèves se regroupent en fonction de leur origine : il y a les Somaliens, les Arabes, les Danois. En classe, on parle, mais, le reste du temps, c’est très divisé. La culture des élèves musulmans est très dominante dans la façon dont ils s’habillent, parlent et même agissent. » Signe, 18 ans, habite à Tilst, où elle a fait toute sa scolarité. La jeune fille, mince, aux cheveux clairs, a elle aussi préféré Katedralskole. « Mon frère m’avait dit que je regretterais de ne pas pouvoir vivre l’expérience du lycée pleinement. » C’est-à-dire les sorties entre copains, aller boire une bière après la classe, la célébration de remise des diplômes, souvent très arrosée.

« Chacun a une idée différente de ce qu’être lycéen signifie, reconnaît Jens Philip Yazdani, ancien président du conseil des élèves de Langkaer. Pour les Danois, c’est souvent les fêtes, les copains et les copines, ils expérimentent… Tandis que certains des élèves musulmans sont fiancés à la fin de l’année. » Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas se retrouver, assure-t-il : « Cette année, nous avons décidé de ne pas servir d’alcool au repas de Noël pour que les musulmans puissent venir. Nous avons aussi retardé de deux semaines la fête de fin d’année afin qu’elle ne tombe pas en plein ramadan. » Mais plus vous leur en donnez et plus il leur en faut…

En rassemblant les lycéens d’origine danoise dans trois classes, Yago Bundgaard espérait qu’« ils se trouvent des alliés et qu’avant Noël, au moment du choix des options, quand les classes seraient recomposées, ils auraient réalisé qu’ils étaient tous assez semblables ». Le prix à payer était quatre classes sans mixité : « Nous étions prêts à l’assumer si cela évitait de nous retrouver, quatre mois plus tard, sans aucun élève d’origine danoise. »

Gizem, 16 ans, née elle aussi au Danemark de parents turcs, a été blessée : « Je suis née ici, je parle danois, je me sens danoise et pourtant c’est comme si on me disait que je ne l’étais pas ! » Elle n’a pas compris qu’il ne suffit pas de vivre au Danemark pour prétendre être Viking. Le conseil des élèves, néanmoins, a apporté son soutien à la direction. « C’était une mauvaise solution, mais c’était la moins pire », souligne son président, Carl Buhr.

Dans le centre d’Aarhus, la directrice du lycée Katedralskole, fréquenté par 95,5 % d’élèves d’origine danoise, reconnaît elle aussi que le déséquilibre n’est pas bon. « L’idéal serait que nous reflétions la société », estime Lone Eibye Mikkelsen. Mais son lycée, lui, peine à recruter les jeunes issus de l’immigration…Elle ne s’en porte pas plus mal.

Maria Ventegodt Liisberg, directrice chargée de l’égalité à l’Institut pour les droits de l’homme, un organisme indépendant financé par l’Etat, révèle sa surprise face à « l’étendue de la ségrégation au sein de la société danoise et le rôle de l’ethnicité qui semble être crucial dans la définition de l’identité et la perception de soi et des autres ». Elle regrette aussi le consensus pragmatique qui a très rapidement émergé autour de la méthode adoptée par Langkaer, « alors qu’il est illégal de discriminer sur la base de l’ethnicité ». Il était temps qu’elle ouvrit les yeux…

« Ce n’est pas du racisme mais de l’ignorance », commente le conseiller pédagogique Peter Kennebo, qui a créé un groupe de parole pour en discuter. Une dizaine d’élèves y participent, la plupart originaires du Moyen-Orient. « On a demandé aux Asiatiques s’ils voulaient venir, mais apparemment ils n’ont pas de problème », précise-t-il, illustrant un peu plus la complexité du sujet. Bizarre, non ?

Sans livrer de détails, le ministère a promis un plan d’action d’ici au 1er décembre. La question est sensible. Pour la rentrée 2017, les lycées d’Aarhus ont obtenu une dérogation leur permettant de se partager les élèves en difficulté sur la base de leur bulletin scolaire. Si Langkaer perd trois classes, il devrait commencer l’année avec autant d’élèves d’origine danoise que de jeunes issus de l’immigration en première année. C’est une victoire en soi, reconnaît Yago Bundgaard, même si, chaque jour, « du matin au soir », il reçoit les appels d’élèves désespérés, placés à Langkaer, qui demandent à être transférés. « Tous ont des patronymes danois. » Bizarre, non ?

En Afrique du Sud, avec le développement séparé, c’était simple. Chacun devait être à sa place…et les vaches étaient bien gardées. Mais personne ne l’avait compris et l’Afrique du Sud a disparu ou presque.

Le 24 juin 2017.

Du Plessis.